Saint Marcel de Die

Évêque de Die

Fête : 9 avril 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire d'Avignon et frère de saint Pétrone, Marcel devint évêque de Die au VIe siècle malgré sa résistance initiale. Son épiscopat fut marqué par la lutte contre l'arianisme, des miracles comme l'apparition d'une colombe lors de son sacre, et un exil dont il revint triomphalement. Il mourut à Barjols lors d'un retour de pèlerinage à Rome.

Biographie

SAINT MARCEL, ÉVÊQUE DE DIE (VIe siècle).

Saint Pétrone et saint Marcel naquirent à Avignon d'une famille illustre par sa noblesse. Ils furent de bonne heure destinés l'un et l'autre à l'état ecclésiastique et s'y disposèrent par la pratique de toutes les vertus.

Pétrone, qui était l'aîné, fut élevé au sacerdoce vers le milieu du VIe siècle, et son éminente piété le fit bientôt juger digne des honneurs de l'épiscopat. Il fut donc élu par le peuple et le clergé de Die, et il gouverna cette église durant quelques années avec tant de sagesse que sa mémoire y est restée en bénédiction jusqu'à nos jours.

Saint Marcel était encore jeune lorsque son frère saint Pétrone fut élevé sur le siège de Die ; il l'accompagna dans cette ville et profita si bien de ses leçons et de ses exemples, qu'il devint, en peu de temps, un ecclésiastique accompli. Il reçut le diaconat des mains de son bienheureux frère ; et, en attendant que son âge lui permît d'être élevé au sacerdoce, il se perfectionna dans la pratique des vertus et s'excita surtout à la ferveur par la méditation continuelle de la parole de Dieu ; « se remplissant ainsi de la vérité », dit l'auteur de sa légende, « pour la répandre sur les autres comme une pluie féconde dans le temps que Dieu avait destiné pour l'appeler à l'épiscopat ».

Marcel n'était diacre que depuis quelques jours lorsque saint Pétrone mourut. Les fidèles et le clergé de Die, convaincus de sa sainteté, résolurent aussitôt de l'élire à la place de son frère. Il y avait seulement dans la ville un petit nombre de personnes qui demandaient un autre prélat.

Leur choix était tombé sur un intrigant qui souhaitait la dignité épiscopale avec autant d'ardeur que Marcel en témoignait pour l'éviter ; car, dès que notre Saint eut appris qu'on voulait le faire évêque, il s'enfuit précipitamment et alla se cacher dans une montagne voisine. Il y fut découvert après douze jours d'actives et incessantes recherches ; le peuple se saisit de lui, et le ramena dans la ville, pendant que quelques factieux se réunissaient sur les bords de la Drôme, pour l'enlever à son passage.

Le Saint devait, en effet, traverser cette rivière pour revenir à Die, et aurait pu facilement tomber entre leurs mains, mais l'escorte nombreuse qui l'accompagnait intimida ses ennemis. Ils en vinrent cependant à l'injurier ; quelques-uns eurent même l'audace de le poursuivre à coups de pierre. Le Saint endura cet affront avec une patience angélique, et se contenta de prier pour eux, jusqu'à ce qu'il entra dans la ville, où son retour excita de véritables transports d'allégresse.

On croit assez communément que les factieux, qui s'opposaient à son élection, étaient sondoyés par Gondiec, roi de Bourgogne, lequel, étant arien, voulait faire élire pour évêque de Die, un prêtre arien comme lui ; mais que saint Mamert, archevêque de Vienne, accourut promptement sur les lieux, ordonna saint Marcel et prévint ainsi les funestes effets d'une ambition soutenue par la puissance de ce prince.

Quoi qu'il en soit, « il paraît que Dieu ne permit la division des habitants de Die que pour les réunir tous plus glorieusement par un miracle », car, pendant la cérémonie de la consécration de saint Marcel, une colombe apparut tout à coup dans l'église, et, voltigeant autour de la tête du

9 AVRIL.

nouveau Prélat, le suivit jusqu'à la chaire épiscopale, ce que l'on regarda comme un prodige, par lequel Dieu attestait son innocence et ratifiait le choix que l'on avait fait de lui. Ce fait est consigné dans l'oraison qu'on récitait autrefois en l'honneur du saint Évêque le jour de sa fête, 9 du mois d'avril.

Cependant, les ariens ne pardonnèrent point au saint Prélat l'enthousiasme que son élection avait excité dans la ville ; ils suscitèrent contre lui de violentes persécutions et parvinrent même à se saisir de sa personne et à l'enfermer dans un cachot où il eut à souffrir toutes sortes de mauvais traitements ; « mais son supplice fut sa gloire et son honneur, car il endura tout avec beaucoup de douceur, de patience et de paix ».

Quelque temps après, Gendine l'ayant tiré de sa prison pour l'envoyer en exil, le saint Évêque ne se vengea de ce nouvel outrage qu'en guérissant, par ses prières, le fils de son persécuteur, qu'une maladie violente avait déjà conduit aux portes du tombeau.

Désabusé par ce prodige, le prince reconnut sa faute, rappela saint Marcel et le fit conduire à Die, où il fut reçu avec de telles démonstrations de joie que son entrée dans cette ville fut un véritable triomphe.

Dès lors le bienheureux Évêque put se dévouer sans réserve au soin de son troupeau. L'ancien office, composé pour le jour de sa fête, donne les plus grands éloges à la sagesse de sa conduite, à son zèle, à sa piété, à toutes ses vertus épiscopales. Saint Grégoire de Tours l'appelle « un homme d'une éminente sainteté ». Les hymnes que l'église de Die chantait autrefois en son honneur marquent en particulier plusieurs miracles « qui rendirent son nom célèbre par toute la terre », et dont il est aussi fait mention dans le martyrologe romain.

On assure qu'avant sa mort il voulut faire un pèlerinage à Rome, et que, en revenant à Die, il tomba malade dans le monastère de Saint-Maurice, non loin de Barjols ou Barjoux, au diocèse de Fréjus. Il mourut, dit-on, entre les bras des religieux de ce monastère, et fut enseveli dans leur église, où son corps fut conservé précieusement pendant de longues années. L'église collégiale de Barjols prit le titre de Saint-Marcel, et aujourd'hui encore il est le Patron de la paroisse.

En 1562, les hérétiques, s'étant emparés de Barjols, dévastèrent l'église, brûlèrent le corps du saint Prélat, et en jetèrent les cendres au vent. Apprenant ce sacrilège, le pape Pie IV, pour réparer autant que possible la grande perte que cette église venait de faire, et afin qu'elle continuât d'être visitée par un grand concours de peuple, accorda, par une concession perpétuelle, que les fidèles vraiment pénitents, qui y viendraient prier le premier dimanche après Pâques, obtiendraient la grâce de l'indulgence plénière.

Mais il n'était pas juste que les fidèles de Die fussent éternellement privés des reliques de leur Pasteur. À une époque qu'il est impossible de préciser, une partie des saintes dépouilles de Marcel fut rendue à son église de Die.

Les habitants de cette ville lui érigèrent un magnifique tombeau dans leur cathédrale, et de nouveaux prodiges ne tardèrent pas d'y attirer beaucoup de pèlerins. Grégoire de Tours dit que la lampe, suspendue devant son tombeau, était alimentée miraculeusement par une huile qui brûlait sans se consumer et guérissait de nombreuses maladies.

Il fut profané par les Huguenots, qui enlevèrent le saint corps et le brûlèrent au milieu de la place publique. Cet acte de sacrilège impie souleva l'indignation des fidèles, qui regardaient saint Marcel comme l'un de leurs plus chers protecteurs ; mais il n'altéra point leur respect pour sa mémoire, ni la confiance qu'ils avaient en sa puissante intercession. L'église de Die l'honora toujours d'un culte solennel, et sa fête, autorisée récemment par le souverain pontife Pie IX, se célèbre, dans tout le diocèse de Valence, le 9 du mois d'avril. Il en est de même à Fréjus.

Avant les guerres de religion, il y avait à Die un monastère, un hôpital et une porte de la ville sous le nom de Saint-Marcel. Le monastère et l'hôpital furent ruinés, comme tous les autres éta-

SAINTE CASILDA. 305

blissements religieux, en 1567. La porte existe encore de nos jours. C'est un arc-de-triomphe, auquel furent ajoutées, dans le moyen âge, des constructions qui contrastaient avec ce qui reste de cet antique édifice. L'arc est un fort beau dessein : le dessous est orné de roses et de festons. La façade extérieure est toute unie ; mais la façade intérieure est ornée d'une grosse tête de bœuf dans le milieu et d'une figure de triton en relief de chaque côté. On n'est pas d'accord sur le temps auquel remonte ce monument, non plus que sur son objet. Plusieurs connaisseurs l'attribuent au règne d'Auguste.

Delacroix, Statistique du département de la Drôme, p. 480 ; Nudal, Hoging. de Valence.

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## SAINT HUGUES Ier, ÉVÊQUE DE ROUEN ET DE BAYEUX (730).

Ce prélat, d'illustre origine, était fils de Dreux ou Brogon, comte de Champagne et petit-fils par conséquent du fameux Pépin d'Héristal. Sa mère Plectrode était fille de Waraton, maire du palais de Neustrie. Il fut d'abord chantre ou primicier de l'église de Metz.

Charles-Martel, dans la distribution par trop libérale qu'il fit des biens de l'Église à des laïques et même à des officiers de sa cour, n'oublia pas un neveu qui pouvait faire beaucoup d'honneur à sa famille. Il lui donna, vers l'an 722, l'archevêché de Rouen, les évêchés de Bayeux et de Paris, les abbayes de Fontenelle et de Jumièges. Le malheur des temps et le saint usage qu'il fit de ces bénéfices peuvent servir d'excuse à saint Hugues d'en avoir accepté plusieurs. En effet, loin de s'enrichir personnellement, il combla de donations les églises qu'il gouvernait. Hugues mourut saintement à Jumièges le dimanche 9 avril 730, et fut enterré dans l'église du monastère. À l'époque de l'invasion normande, ses reliques furent transportées dans l'église Notre-Dame d'Haspres, près de Valenciennes, diocèse de Cambrai.

D'après la Gallia Christiana, il fut le vingt-cinquième évêque de Rouen et le quinzième de Bayeux.

France pontificale.

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## SAINTE CASILDA, VIERGE A BURGOS (1007).

Sainte Casilda était la fille d'un persécuteur acharné des chrétiens. Son père, de race Maure, était roi de Tolède, et se nommait Aldemore. La charité de Casilda égalait la tyrannie d'Aldemore. Aux chrétiens qui mouraient de faim dans les prisons, elle portait la nourriture qu'elle pouvait se procurer. Aldemore, à qui elle ne tarda pas à être dénoncée, la surveilla, la surprit dans l'exercice de sa charité, et, voulant savoir dans sa colère ce qu'elle portait, ne trouva dans son tablier que des roses. Grâce à la protection manifeste du ciel, elle continua son chemin, et, quand les Martyrs eurent apaisé leur faim, ils remercièrent tous ensemble le Dieu qui les comblait de ses bontés. Casilda demandait vivement le baptême, mais il était difficile de satisfaire son désir ; le ciel y pourvut. Atteinte d'une perte de sang jugée incurable, il lui fut révélé en songe qu'elle trouverait sa guérison en se baignant dans le lac de saint Vincent de Burgos ; ce lieu appartenait aux chrétiens. Aussi Aldemore ne céda que difficilement au désir que lui exprima sa fille, de se rendre en cet endroit. Vaincu par ses prières, il la laissa partir après lui avoir donné une suite royale, et l'avoir recommandée au roi Ferdinand Ier. Ferdinand la reçut avec honneur. Casilda se baigna dans le lac qu'elle avait vu en songe et fut guérie. Elle reçut le baptême et passa le reste de ses jours dans une petite maison qu'elle se fit construire à Burgos. Elle mourut saintement, et les miracles qui s'opérèrent à son tombeau la rendirent chère au peuple espagnol. Sa mort arriva en 1007.

Mortyrologe d'Espagne.

VIES DES SAINTS. — TOME IV. 20

10 AVRIL.

Événements marquants

  • Naissance à Avignon
  • Diaconat reçu de son frère Pétrone
  • Élection au siège épiscopal de Die
  • Fuite dans une montagne pour éviter l'épiscopat
  • Consécration par saint Mamert
  • Emprisonnement et exil par les Ariens
  • Pèlerinage à Rome
  • Mort au monastère de Saint-Maurice

Miracles

  • Apparition d'une colombe lors de sa consécration
  • Guérison du fils de son persécuteur Gendine
  • Huile de la lampe de son tombeau brûlant sans se consumer et guérissant les malades

Citations

Un homme d'une éminente sainteté

— Saint Grégoire de Tours