Saint Maurille
Évêque et Apôtre
Résumé
Saint Maurille, évêque et patron principal du diocèse d'Angers, fit l'objet de nombreuses translations de reliques entre le Xe et le XVIIIe siècle. Honoré par des miracles et des lieux de mémoire comme la Pierre Saint-Maurille, ses restes furent presque totalement dispersés lors de la Révolution.
Biographie
CULTE ET RELIQUES.
Le corps de saint Maurille fut déposé dans la crypte qu'il s'était préparée au milieu du cimetière de l'église de Saint-Pierre, qui plus tard prit le nom d'église collégiale de Saint-Maurille, et où les peuples vinrent lui rendre leurs hommages. Le diocèse d'Angers le choisit pour son patron principal : titre dont il n'a été privé qu'à la fin du XVIe siècle ; et il a fallu toute l'apathie du XVIe siècle, pour lui faire perdre l'immense popularité dont il avait joui pendant si longtemps. Le retour à la liturgie romaine lui a rendu quelques-uns de ses droits.
Autrefois plusieurs jours de fête lui étaient consacrés, en mémoire de plusieurs translations de ses reliques. La première translation, de la crypte où il était enterré sur l'autel de l'église qu'on avait élevée en son honneur, était célébrée le 15 janvier. Au XIIe siècle, on transporta son corps dans la cathédrale, par crainte des Bretons qui promenaient partout l'incendie, le ravage et la mort. Au Xe siècle eut lieu la plus célèbre des translations, qui fut fêtée le 19 octobre, jour auquel furent réunies toutes les autres, dès la fin du XVe siècle. Les reliques furent placées dans une riche châsse et la cérémonie fut accompagnée de plusieurs miracles éclatants.
En 1239, le 16 août, il y eut une autre translation des reliques du Saint. La tête fut séparée du corps et déposée dans un riche reliquaire en argent. La grande châsse fut placée sur le grand autel de la cathédrale, et sur quatre colonnes qui lui servaient d'abri à l'autre extrémité. Deux siècles plus tard, cette châsse, commençant à tomber de vétusté, fut remplacée par une autre en vermeil et parsemée de pierres précieuses du plus grand prix. Quand le saint corps y eut été déposé, la châsse fut replacée sur les quatre colonnes où elle resta jusqu'en 1700. À cette dernière date, le grand autel ayant été transporté à la place qu'il occupe aujourd'hui, la châsse y fut également transférée ; on la mit dans un vaste tombeau en cristal que l'on fit suspendre au-dessus de l'autel. À la Révolution, les reliques de saint Maurille furent sacrilègement dispersées, et c'est à peine s'il reste quelques petites parcelles de ce corps vénéré. L'église de Saint-Maurille de Chalonne en possède un os, et celle de Notre-Dame de la même ville conserve précieusement une dent molaire du Saint.
Beaucoup d'églises et d'autels sont dédiés à saint Maurille, en Anjou et ailleurs. Tous les martyrologes anciens et modernes font mention de ce saint évêque. On montre encore, aux confins de la paroisse de Saint-Maurille de Chalonne et de celle de Chandefonds, un rocher appelé la Pierre Saint-Maurille, du haut duquel le Saint annonçait la parole de Dieu ; et, sur la voie qui conduit à Montjean, une fontaine, longtemps fréquentée comme miraculeuse, rappelle également le souvenir du saint apôtre, qui, dit-on, la fit jaillir par une vertu surnaturelle. Il reste encore un petit arceau au-dessus de cette fontaine presque abandonnée aujourd'hui. Des paroisses entières y venaient jadis en procession.
Acta Sanctorum ; — Cf. Histoire de l'Église du Mans, par le R. P. Dom Piolin ; et les Vies des saints de l'Anjou, par le R. P. Dom François Chamard.
Événements marquants
- Inhumation dans la crypte de l'église Saint-Pierre
- Translation des reliques le 15 janvier
- Transfert du corps à la cathédrale au XIIe siècle par crainte des Bretons
- Translation solennelle le 19 octobre au Xe siècle
- Séparation de la tête et du corps le 16 août 1239
- Dispersion des reliques à la Révolution
Miracles
- Jaillissement surnaturel d'une fontaine sur la voie de Montjean
- Miracles éclatants lors de la translation du Xe siècle