Saint Valentin de Passau

Évêque de Passau, Apôtre du Tyrol

Fête : 7 janvier 5ᵉ siècle • sainte

Résumé

Évêque missionnaire du Ve siècle, Valentin quitta les Pays-Bas pour évangéliser Passau. Après avoir reçu sa mission et son sacre du pape Léon le Grand, il fut chassé par les ariens et se retira dans le Tyrol où il fonda une communauté et convertit de nombreuses populations. Il mourut à Maïs et ses reliques reposent aujourd'hui à Passau.

Biographie

SAINT VALENTIN, ÉVÊQUE DE PASSAU

APÔTRE DU TYROL

Ve siècle

Per quas transivi prædicens regnum Dei... et docens quæ sunt...

J'ai passé au milieu de ces peuples, leur prêchant le royaume de Dieu... et leur enseignant ce qui est... Actes des Apôtres, xx, 25 et xxviii, 31.

Saint Valentin fraya à saint Séverin, apôtre de la Norique, le chemin que celui-ci parcourut avec succès après la mort de notre Saint. Armé de la parole divine, il quitta le rivage de la mer, venant, selon toute apparence, des Pays-Bas, pour apporter la lumière de l'Évangile aux habitants des bords de l'Inn et du Danube. Son zèle pour le salut des âmes, et aussi l'amour de ses compatriotes, l'attira à Passau qui était une colonie de Bataves. Mais, réfléchissant qu'il n'avait d'autre mission que celle qu'il s'était donnée lui-même, il se souvint des instructions de saint Paul : « Comment les prédicateurs prêcheront-ils s'ils ne sont envoyés ? » Il se rendit donc auprès du vicaire de Jésus-Christ, afin qu'il pût, en entreprenant cette œuvre, se guider entièrement d'après les ordres du grand Apôtre des Gentils. Saint Léon occupait alors le siège de saint Pierre (440-471).

En quittant Rome, notre Saint se rendit directement à Passau et se mit à prêcher la doctrine de Jésus-Christ aux habitants de cet endroit. 445. Mais ses paroles ne furent pas écoutées, ce qui l'affligea si vivement qu'il résolut de planter ailleurs l'étendard de la croix, et d'aller chercher de nouvelles instructions auprès du Père commun de la chrétienté. Léon, surpris d'un si prompt retour, répliqua au Saint qui lui en avait exposé les motifs : « Annoncez la parole ; que vous soyez bien ou mal reçu, persévérez ; si vous parvenez à vous vaincre vous-même, à demeurer et à adoucir la férocité de ce peuple longtemps rétif, vous recueillerez les plus beaux fruits de vos peines. Mais si une troisième tentative échouait, je vous permets, et vous ordonne, en vertu de mon pouvoir apostolique, d'aller chez d'autres peuples annoncer la sainte foi ». Ayant dit ces paroles, il lui imposa les mains, le sacra évêque et le renvoya fortifié par sa bénédiction.

Bientôt Valentin reparut à Passau ; sa voix s'éleva avec une nouvelle force pour annoncer la parole de Dieu ; mais cette fois encore elle retentit dans le désert. Les habitants de cette contrée composée d'ariens et de païens s'élevèrent contre lui, l'insultèrent, le maltraitèrent et le chassèrent du pays. Secouant la poussière de ses pieds, il passa chez les Grisons où il fut accueilli avec joie par les populations qui s'empressèrent d'embrasser le christianisme. Il arriva enfin dans les montagnes du Tyrol et répandit la semence du royaume de Dieu dans la vallée du Vintschgau, où il trouva un sol fertile au milieu des montagnes. Il s'arrêta à Maïs, non loin de Meran, et eut la consolation de voir croître autour de lui une moisson abondante. Plusieurs fois même il s'avança vers l'Italie, laissant partout où il pénétrait des traces de ses bienfaits, convertissant et baptisant un grand nombre de personnes. Dans les provinces de l'Italie, il ramena dans les voies de la vérité un grand nombre de juifs et d'ariens. Dieu accompagna ses prédications de la puissance des miracles, ce qui frappa d'étonnement beaucoup de païens et d'hérétiques, et les gagna pour une religion qui accorde de si grands pouvoirs à ses ministres.

Valentin parlait avec une onction à laquelle il était impossible de résister, et qui entraînait souvent l'âme la plus tiède vers la conviction. Mais l'aménité et le charme de sa vie privée égalaient le zèle et la persévérance avec laquelle il annonçait la sainte doctrine. Afin de conserver continuellement cette vie de l'âme qui ne se dessèche que trop souvent sans la rosée divine, il consacrait à la prière et à la contemplation une grande partie de la nuit, et tout ce qu'il pouvait dérober à la journée ; il se bâtit à cet effet une petite cellule où, éloigné du tumulte, il put sans être troublé s'abîmer dans ses pieuses méditations. Cette cellule, qui se trouve dans le château de Neubourg, se montre encore aujourd'hui sous le nom de chambre de saint Valentin.

Valentin fonda aussi une communauté de prêtres, qui étaient soumis à une règle commune et qui le secondaient dans ses travaux apostoliques. Saint Lucille, son disciple, le nomme en termes exprès son abbé. Après la mort de son maître, Lucille s'associa à saint Séverin et l'aida fidèlement dans l'œuvre de la conversion. Et lorsque saint Séverin eut à son tour passé à une vie meilleure, on vit encore ce vieillard, chargé d'années, à la tête d'un couvent près de Vienne.

Saint Valentin mourut le 3 janvier. Cependant l'année de sa mort est incertaine ; les uns disent 440, d'autres 442 ; il y en a même qui disent 470 : ce qu'il y a de certain, c'est qu'en 474 il ne vivait plus. Ses disciples inhumèrent son corps dans l'église qu'il avait fait bâtir à Maïs et qui devint très-célèbre dans toute la Rhétie. Lorsque Maïs tomba au pouvoir des Lombards, les ossements du Saint furent transférés à Trento, et dans la suite à Passau avec ceux de saint Corbinien, évêque de Freising ; on les plaça entre deux murs dans l'église cathédrale de Saint-Étienne. Plus tard, Dieu inspira à quelques âmes pieuses la pensée de rendre plus d'honneur à ces restes sacrés : on les exhuma et on les transféra près du trône de l'évêque. Sa fête est célébrée le 7 janvier ; le martyrologe romain le nomme, le 29 octobre, avec le titre de confesseur.

Saint Valentin est le patron du Tyrol et du diocèse de Passau. La dévotion populaire, en Allemagne, a toujours associé son nom à ceux de trois autres saints célèbres : Saint Rupert de Salzbourg, saint Quirin de Sisseck, et saint Antoine le Grand. Le nom significatif de Messagers auprès de Dieu les désigne tous les quatre à la confiance des peuples.

une belle et romantique vallée du Tyrol, comprenant aussi le Munster et le Passeyer-Thol, et s'étendant depuis Glurens jusqu'à Meran, ayant 9 milles d'Allemagne de long sur un demi de large. Voyez Legenden Heiliger Gottes und verehrter Londenystranen in Grabreich, p. 3.

## SAINT CRISPIN III, ÉVÊQUE DE PAVIE (an 466).

Il fleurit au temps de saint Léon le Grand, pape, et assista au Concile de Milan, alors assemblé; on eut sa preuve dans la lettre synodique envoyée au pape par le même Concile. Il eut pour successeur saint Épiphane, son égal par la sainteté et par le savoir. Ennodius, évêque de Pavie, parle de lui dans sa vie de saint Épiphane, et dans un poème du même Ennodius, où l'on lit ces vers :

« Salut, père salut ; salut, cendres tant vénérées de Crispin ; salut, âme admirable, demeure « sacrée des sciences et des vertus évangéliques ».

## SAINT NICÉTAS, ÉVÊQUE DES CONTRÉES DANUBIENNES (ve siècle).

Cet évêque, des contrées Danubiennes, n'était pas inconnu à Rome. Saint Paulin (épître x à Sévère), loue hautement sa science et le propose à l'admiration des Romains : il avait l'habitude de venir en pèlerinage aux Saints Lieux, en Italie. C'est à l'occasion d'un de ces pèlerinages que saint Paulin compose une belle ode en vers saphiques, dans laquelle il célèbre ses belles actions, et entre autres choses parle de la conversion des Besses à la foi de Jésus-Christ. C'était une nation sauvage entre toutes, car, au témoignage de Strabon, l'habitude du vol qu'avaient ces peuples leur fit donner à tous le nom commun de Latrones, Larrous. Voici les vers de saint Paulin sur ce sujet :

« Sauvages par leur climat et par leur naturel, les Besses, nation plus dure que ses « glaciers, changés en agneaux paisibles, se rassemblent sous sa houlette dans la demeure de « la paix ».

Les Besses, dit saint Jérôme, horde de sauvages couverts de peaux de bêtes, qui immolaient autrefois les hommes aux mânes des morts, ont maintenant adouci leurs voix stridentes pour chanter les louanges du Christ.

## SAINT THÉAU OU TILLON, OU THIELMAN, ABBÉ DE SOLIGNAC (an 702).

Enlevé dès l'enfance par des brigands à sa famille qui était de la nation saxonne, saint Théau ou Tillon eut le bonheur d'être vendu comme esclave à saint Éloi, évêque de Noyon. Saint Éloi le traita comme son fils, l'envoya étudier à l'abbaye de Solignac, en Limousin, l'éleva ensuite au sacerdoce, puis lui confia la mission d'annoncer l'Évangile à Tournai et dans d'autres lieux des Pays-Bas. Théau revint à Solignac après la mort de saint Éloi, y vécut dans la solitude, retraçant la vie des Antoine et des Macaire, par sa simplicité, sa ferveur et ses austérités. Sa sainteté éclatante attira tant de monde autour de lui, que son désert était peuplé à sa mort de trois cents religieux.

Notre Saint avait atteint l'âge de 94 ans ; sentant sa fin prochaine, il dépêcha un jeune homme vers l'évêque de Limoges, et lui dit : « Va, mon fils, en toute hâte à la ville de Limoges, et « dis au pasteur de l'église que je le prie de venir demain en ce lieu, de me recommander à Dieu « dans ses prières, et de rendre mon corps à la terre ». Théau reçut les derniers Sacrements, et mourut doucement dans le Seigneur, au milieu des larmes de ses religieux assemblés à son chevet. Cependant le jeune homme se rendit auprès de l'évêque de Limoges, Hermenus, qui, en ce moment, était retenu au lit par une maladie grave ; mais à peine eut-il appris la volonté de Théau, qu'il se transporta au lieu indiqué pour ensevelir son saint corps. Ceci se passait en l'année 702.

1. Salve, sancte parens, salvete, o ampe recepti Crispini cineres, ad cujus vota redundat Qui quid in hoc Christi miramur dogmate dignum, etc.

SAINT ANASTASE, ARCHEVÊQUE DE SENS. 203

Il s'est fait plusieurs miracles par les vertus de ses reliques. Les habitants d'Yseghem, près de Courtrai, l'honorent comme leur apôtre. Il y a dans la Flandre, l'Auvergne, le Limousin, plusieurs églises consacrées à Dieu sous l'invocation de saint Théau.

On conserve encore une partie notable de son chef dans l'église de Solignac. Les fidèles ont une grande dévotion pour ce Saint, et l'invoquent surtout pour les enfants malades.

---

## SAINT REYNOLD DE COLOGNE, CONTRE-MAÎTRE MAÇON (960).

Reynold était moine au monastère de Saint-Pantaléon, à Cologne, où son supérieur le chargea de surveiller les maçons et les tailleurs de pierre qui travaillaient à la construction du monastère. Sa prose dans les vieux missels de Cologne, dit :

Justi vitam livor zelat : Clam necatur, stogno celat Malleator sociis ; Sed insigne margaritum Declaratur expolitum Signorum præconis.

La noire envie attente à la vie du juste : Un tailleur de pierres le tue en secret et charge les eaux de le dérober aux regards de ses compagnons; mais de nombreux miracles viennent attester que cette brillante perle était taillée pour le ciel.

Conformément à ces données, les peintres d'Outre-Rhin ont représenté saint Reynold assommé par la boucharde d'un tailleur de pierres, qui avait fini par se trouver ennuyé d'être serré de trop près par le consciencieux contre-maître du monastère de Saint-Pantaléon. — Quant à l'armure que ces mêmes peintres donnent à notre Saint, elle rappelle la tradition d'après laquelle Reynold, un petit-fils de Charlemagne, avait quitté les camps pour le cloître.

Dans la dernière moitié du xiv siècle, les habitants de Dortmundt, en Westphalie, demandèrent le corps d'un saint à l'archevêque de Cologne, Hanno (1056-1075), qui leur accorda les reliques de saint Reynold. La translation se fit le 7 janvier, et c'est le même jour que sa fête se célèbre à Dortmundt, dont il est le patron.

Cf. Boll., 7 janvier, et Godescard, édition de Bruxelles.

---

## SAINT ANASTASE, ARCHEVÊQUE DE SENS (977).

Fils du seigneur d'Angers, près de Provins, Anastase fut élu d'une voix unanime à l'archevêché de Sens, et sacré par ses suffragants le 14 décembre 968; il prit possession de son siège peu de jours après. Homme plein de vertus et de talents, il se montra digne de porter la crosse archiépiscopale, et fit oublier les mauvais jours de son prédécesseur. Il commença la restauration de l'église Saint-Pierre, rappela les religieux qu'Archambaud avait expulsés, et fit construire autant de lieux saints que celui-ci en avait détruits ou profanés. Ce fut lui qui jeta les fondements de la cathédrale actuelle; il traça lui-même le plan de cet édifice, sauf celui de la croisée qui est du xiii siècle. Il disposa les trois chapelles dans l'ordre où elles étaient placées auparavant, c'est-à-dire, Saint-Étienne au milieu, celle de la Sainte-Vierge à droite, et celle de Saint-Jean à gauche. Il conduisait le chœur jusqu'au chapiteau des pignons, mais la mort qui le frappa le 8 janvier 977, l'arrêta dans l'exécution de ses pieux desseins.

Anastase avait racheté la plus grande partie des biens de l'église qu'Archambaud, son prédécesseur, avait donnés à titre de récompense aux compagnons de sa vie dissipée et de ses exploits militaires. Inépuisable en aumônes, quand ce saint évêque avait vu la fin des ressources que lui fournissaient son économie, ses privations et son abstinence, il sollicitait des rois, des princes et des fidèles, les secours dont il avait besoin pour subvenir aux frais des immenses constructions qu'il avait entreprises. Enfin, il donna tous ses biens pour doter les chanoines de Notre-Dame et de Saint-Jean, dont les chapelles furent bâties et terminées avant Saint-Étienne.

Événements marquants

  • Arrivée à Passau depuis les Pays-Bas
  • Voyage à Rome auprès du pape saint Léon le Grand
  • Sacre épiscopal par le pape Léon
  • Expulsion de Passau par les ariens et les païens
  • Évangélisation des Grisons et du Tyrol (vallée du Vintschgau)
  • Fondation d'une communauté de prêtres
  • Mort à Maïs le 3 janvier

Miracles

  • Puissance des miracles accompagnant ses prédications pour convertir païens et hérétiques

Citations

Comment les prédicateurs prêcheront-ils s'ils ne sont envoyés ?

— Saint Paul (cité dans le texte)