Saint Pontius (Pons)
Martyr
Résumé
Fils d'un sénateur romain converti au christianisme, Pontius distribua ses biens aux pauvres avant de se retirer à Cimiez. Sous la persécution de Valérien, il survécut miraculeusement aux bêtes et au feu avant d'être décapité en 357. Son culte s'est développé à Nice et à Saint-Pons-de-Thomières.
Biographie
SAINT PONTIUS, VULGAIREMENT PONS
MARTYR À GIMIER (357).
Pontius était fils d'un sénateur de la ville de Rome. Il étudia les belles-lettres et la philosophie comme les jeunes hommes de sa condition, et il le fit avec succès. Une fois, s'étant levé dès l'aube du jour, il se promenait, marchant à l'aventure de côté et d'autre, lorsqu'il entendit les chrétiens qui psalmodiaient à Matines. Cette chose, nouvelle pour lui, excita sa curiosité, et, tout ému des saintes mélodies qu'il avait entendues, il se présenta à celui qui présidait l'assemblée : c'était le pontife saint Pontius (230-235).
Il reçut le jeune homme avec aménité, lui fit connaître la religion, l'admit d'abord parmi les catéchumènes, et peu après le plongea dans les eaux salutaires du baptême. Pontius, devenu chrétien, eut le bonheur de donner la foi à celui qui lui avait donné le jour ; il convertit son père avec toute sa maison. Après la mort du sénateur son père, Pontius, qui était appelé à lui succéder et qui jouissait déjà de l'affection du prince et de l'estime de tous ses collègues, dédaigna tous ces avantages, et donnant au pape saint Fabien tous ses biens pour être distribués aux pauvres, il prit la résolution de consacrer sa vie à la prédication de l'Évangile.
Il quitta Rome après le meurtre de Philippe, au moment où éclatait la persécution de Valérien et de Galien. Il se rendit à Cimiez, ville située au pied des Alpes-Maritimes, qui fut plus tard détruite par les Lombards, et près des ruines de laquelle s'est élevée la ville de Nice. Le président Claudius, qui connaissait Pontius, étant venu à Cimiez pour exécuter les ordres qu'avaient donnés les empereurs de détruire le nom chrétien jusqu'à ses dernières racines, le fit venir devant lui pour le forcer à sacrifier aux dieux. Pontius répondit qu'étant chrétien il lui était impossible de faire cette sorte de sacrifice. Il fut donc suspendu au chevalet, exposé aux ours, placé sur un bûcher ; mais, n'en ayant pas été blessé, il accomplit son martyre par le tranchant du glaive.
Le sépulcre du Martyr était fréquenté par un grand concours de peuple, ainsi que l'évêque saint Valérien, évêque de Cimiez, qui florissait au temps du pape saint Léon, et qui prononça trois homélies à la louange de saint Pontius, patron de son église. Plus tard, Charlemagne fit élever une abbaye de Bénédictins sur son tombeau, près de Nice ; l'emplacement en est occupé aujourd'hui par un couvent des Oblats de Marie. L'église actuelle a été bâtie par les moines bénédictins et achevée vers 1739 ; on rebâtit, à peu près à la même époque, la petite chapelle qui, sur un rocher éloigné de cent mètres du monastère, indiquait le lieu précis où saint Pontius avait souffert le martyre. Cette chapelle, détruite par la Révolution, n'a pas été relevée. L'église de Saint-Pons, dans le diocèse de Nice, ne possède plus que des fragments insignifiants des reliques de son Patron.
En 936, Raymond Pons, comte de Toulouse, bâtit en l'honneur de son patron, envers lequel il avait une grande dévotion, un monastère à Thomières, au diocèse de Narbonne, lequel fut érigé en siège épiscopal par le pape Jean XXII. La plus grande partie du corps de saint Pontius fut transférée dans cette église, mais ces reliques furent détruites par les hérétiques au XVIIIe siècle.
Le Propre de Nîmes, auquel nous empruntons la légende de saint Pontius, ne fait pas mention de la conversion des deux comtes Philippe, dont notre Saint fut l'instrument d'après les auteurs les plus autorisés : l'Église elle-même admet en fait dans son Martyrologe ; nous pouvons donc, nous aussi, l'admettre, sans craindre de blesser une critique raisonnable.
Propre de Nîmes et Notre Dame fournis par le R. P. Pierre Cartes, Oblat de Marie à Saint-Pons-Nîmes.
Événements marquants
- Conversion après avoir entendu des psaumes à Rome
- Baptême par le pontife Pontius
- Conversion de son père et de toute sa maison
- Don de ses biens au pape saint Fabien pour les pauvres
- Conversion des deux comtes Philippe
- Fuite de Rome vers Cimiez lors de la persécution de Valérien et Galien
- Supplice du chevalet, exposition aux ours et au bûcher
- Décapitation par le glaive
Miracles
- Insensibilité aux ours et aux flammes du bûcher lors de son martyre