Saint Sixte Ier (Pape)

Pape et Martyre

Fête : 6 avril 2ᵉ siècle • saint

Résumé

Successeur de saint Alexandre Ier en 117, Sixte Ier fut un pape romain qui lutta contre l'hérésie gnostique et structura la discipline ecclésiastique. Il imposa l'usage du lin pour le corporal et instaura les lettres de recommandation entre églises. Il mourut martyr sous le règne de l'empereur Adrien.

Biographie

SAINT SIXTE Iᵉʳ, PAPE

Sixte succéda, en l'an 117, à saint Alexandre Iᵉʳ, dont un glorieux martyre avait couronné la glorieuse vie.

Le nouveau Pontife était en Orient lorsque les suffrages du clergé et du peuple l'élevèrent sur la chaire de saint Pierre : il ne vint que trente-cinq jours après prendre possession d'une dignité qui le désignait d'avance au martyre.

Saint Sixte était Romain d'origine : il eut pour père Pastor, qui habitait le quartier de la rue Large, le septième de la Rome d'Auguste. Rome chrétienne en a consacré le souvenir par le titre cardinalice de Sainte-Marie in via Lata.

Sous son pontificat, les Gnostiques firent de grands maux à l'Église et lui en préparèrent de plus grands encore. Ces hérétiques, dont l'origine remontait à celle du christianisme, à Simon le Magicien lui-même, prétendaient avoir seuls l'intelligence, la connaissance parfaite des saintes Écritures. À les entendre, la révélation contenue dans la Bible était d'ailleurs inexacte et insuffisante. Selon la morale de ces sectaires, le principe même de la Rédemption consistait dans l'affranchissement, par la satiété de toutes les passions. « En conséquence », dit Tertullien, « leurs désordres ne se bornaient pas à des crimes vulgaires : il leur fallait des crimes monstrueux. En haine de la chair, ils immolaient des enfants nouveau-nés, dont ils pilaient les membres mêlés à des aromates et en composaient un mets épouvantable. Dans le but de discréditer les chrétiens, ils se faisaient passer, aux yeux des païens, pour les disciples de Jésus-Christ : de là vient que les païens confondaient gnostiques et chrétiens dans la même haine.

Cet état des choses, au Ier siècle de l'Église, nous explique un des motifs, le plus puissant sans doute, pour lequel saint Sixte renouvela l'obligation des lettres formelles, ou lettres de recommandation, dont les fidèles, et à plus forte raison les évêques, devaient se munir lorsqu'ils passaient d'une église à une autre, d'un pays à un autre, afin qu'il fût possible aux pasteurs des peuples de distinguer les loups des brebis, et de ne pas introduire dans la bergerie les gnostiques, dont la présence seule dans l'Église eût été un sujet d'opprobre.

On doit encore à saint Sixte plusieurs autres règlements de discipline ecclésiastique : il défendit que nul ne touchât aux vases sacrés s'il n'était

6 AVRIL.

ministre des autels; le corporal ne devait pas être d'une autre matière que de lin; enfin le peuple devait continuer le Trisagion commencé par le prêtre. Si les patènes ont rappelé avec honneur les noms de ceux qui avaient augmenté la pompe de leur culte absurde, nous devons, chrétiens, contempler avec respect les saints Pontifes qui ont successivement, selon l'esprit de la piété chrétienne, rendu plus vénérable le plus auguste de nos mystères.

Sous le pontificat de saint Sixte, la persécution se ralentit. Un proconsul, encore plus courageux que Pline, représentait à l'empereur Adrien combien il était injuste d'exercer des cruautés sans examen et sans procès, et par pure prévention, contre une classe dont toute la faute, aux yeux des Romains raisonnables, se trouvait uniquement dans le nom de chrétien; car ces chrétiens respectaient les lois du pays, et obéissaient à l'empereur en tout ce qui n'était pas du tribunal de la conscience. Ce proconsul fut Serenius Granianus. On doit inscrire dans l'histoire, en lettres d'or, le nom d'un ministre qui osa s'exposer à la haine du prince pour protéger deux pauvres infortunées, la vérité et la justice. L'empereur fut ému; les lumineuses apologies que lui présentèrent saint Quadrat et saint Aristide achevèrent de l'apaiser. Adrien écrivit une lettre mémorable en faveur des chrétiens, défendit sévèrement de les dénoncer, voulut que les méchants, convaincus de calomnie à cet égard, fussent punis, et montra que, s'il n'était pas arrivé au point d'adorer Jésus, il était alors prêt à le vénérer. Cependant la persécution ne tarda pas à recommencer sous ce prince inconséquent. Sixte en fut la victime, mais la seule; preuve nouvelle que ce prince opérait le bien par légèreté, et le mal par disposition naturelle de caractère. Sur la fin de sa vie, il ordonna lui-même les plus lâches insultes contre le culte des chrétiens.

Saint Sixte fut enterré au Vatican, non loin de Saint-Pierre. En 1132, ses reliques furent portées dans l'église cathédrale d'Alatri où elles reposent encore. Cette ville le reconnaît, après saint Paul, pour son patron secondaire.

En trois ordinations faites au mois de décembre, selon l'usage, il avait créé quatre évêques pour divers lieux, onze prêtres et trois diacres. C'était un homme d'une rare sainteté, d'une grande pureté de mœurs, d'une extrême libéralité envers les pauvres. De nombreux miracles ont recommandé sa mémoire.

Darras, Histoire de l'Église ; — Artand de Montor, Histoire des Papes, etc.

Événements marquants

  • Succession à saint Alexandre Ier en l'an 117
  • Élection alors qu'il se trouvait en Orient
  • Lutte contre l'hérésie des Gnostiques
  • Institution des lettres de recommandation pour les fidèles
  • Règlements sur les vases sacrés et le corporal en lin
  • Martyre sous l'empereur Adrien

Miracles

  • De nombreux miracles ont recommandé sa mémoire (non détaillés)

Date de fête

6 avril

Époque

2ᵉ siècle

Décès

IIe siècle (sous l'empereur Adrien) (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Sixtus (la)

Prénoms dérivés

Sixte

Famille

  • Pastor (père)