Sainte Frideswide (Frewisse)
Vierge et Abbesse
Résumé
Fille du prince Didon d'Oxford au VIIIe siècle, Frideswide consacra sa vie à Dieu et devint abbesse d'un monastère fondé par son père. Elle dut fuir les avances violentes du prince Algar de Mercie, qui fut frappé de cécité avant d'être guéri par ses prières. Elle finit ses jours dans la solitude et la contemplation à Thornbury vers 760.
Biographie
SAINTE FRIDESWIDE OU FREWISSE,
VIERGE ET ABBESSE À OXFORD, EN ANGLETERRE (vers 760).
Sainte Frideswide était fille de Didon, prince d'Oxford (Angleterre) et du territoire de cette ville. Elle comprit de bonne heure cette importante maxime que « tout ce qui n'est pas Dieu n'est rien »; aussi s'appliqua-t-elle dès son enfance à ne vivre que pour lui. On confia le soin de son éducation à une gouvernante vertueuse nommée Algire.
Les richesses, la naissance, la beauté et tous les avantages du monde ne lui parurent jamais dignes de ses soins, et elle n'y voyait que des pièges qu'il était bien difficile d'éviter. Elle craignait de vivre dans le siècle, et les exercices de la vie contemplative lui paraissaient préférables aux fonctions de la vie active, qu'il est rare d'allier avec la ferveur et le recueillement. Elle résolut donc d'embrasser l'état religieux. Son père, qui était lui-même rempli de piété, approuva son choix. Il fonda, vers l'an 750, un monastère à Oxford, sous l'invocation de la sainte Vierge et de tous les Saints, et le gouvernement en fut confié à sa fille.
Frideswide, affranchie de l'esclavage du monde, fit tous ses efforts pour avancer dans la voie de la perfection et pour y conduire ses sœurs. Mais, tandis qu'elle goûtait les douceurs de la solitude, sa vertu fut assaillie par une rude épreuve. Algar, prince de Mercie, conçut pour elle une passion violente et s'occupa des moyens de l'enlever. Frideswide, instruite du danger qu'elle courait, se retira pour se soustraire aux poursuites d'Algar. On dit que le prince devint aveugle en punition de son crime; mais qu'il recouvra la vue par les prières de la Sainte et qu'il apaisa la justice de Dieu par une sincère pénitence.
Frideswide, après avoir échappé au danger dont nous venons de parler, se fit construire un petit oratoire à Thornbury, à quelque distance de la ville. Elle s'y renferma pour vaquer uniquement à la prière et à la contemplation. Elle mourut vers 760 et il s'opéra plusieurs miracles par son intercession. L'église où elle avait été enterrée prit son nom dans la suite. Sainte Frideswide était patronne de la ville et de l'université d'Oxford. Elle est aussi honorée avec la même qualité à Bomy (Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Omer, canton de Fauquembergues) et dans plusieurs maisons religieuses des Pays-Bas.
Suivant quelques auteurs, c'est même à Bomy que Frideswide vint chercher un refuge contre les poursuites du prince qui la recherchait. Ces écrivains ajoutent qu'elle y fonda un ermitage où elle demeura trois ans. La fête de la translation de ses reliques est marquée au 12 février dans les martyrologes d'Angleterre, et dans un calendrier qui est à la tête de la chronique manuscrite intitulée *Scala mundi*, laquelle se gardait dans la bibliothèque du collège anglais à Douai.
On peint sainte Frideswide avec un bœuf près d'elle. Cette représentation, dit le Père Cahier dans ses *Caractéristiques des Saints*, a bien l'air de n'être qu'une sorte d'armoiries parlantes, pour exprimer le pays dont la Sainte était patronne : Oxford (ou Oxenford) signifiant *le Gué des Bœufs*. — On la représente parfois avec une couronne à ses pieds, pour marquer qu'elle a su mépriser les grandeurs du monde.
Godenard, Baillet, *Acta Sanctorum*.
Événements marquants
- Éducation par la gouvernante Algire
- Fondation d'un monastère à Oxford par son père vers 750
- Fuite pour échapper aux poursuites du prince Algar de Mercie
- Retraite dans un oratoire à Thornbury
- Séjour possible de trois ans à Bomy en France
Miracles
- Cécité punitive du prince Algar
- Guérison de la vue du prince Algar par la prière
- Miracles posthumes par son intercession
Citations
tout ce qui n'est pas Dieu n'est rien