Saint Séverin du Norique
Apôtre de l'Autriche et de la Bavière
Résumé
Solitaire d'Orient venu en Norique au Ve siècle, Séverin devint le protecteur des populations face aux invasions barbares après la mort d'Attila. Prédicateur austère et prophète, il multiplia les miracles pour secourir les affamés et fléchir les chefs envahisseurs comme Odoacre. Il mourut en 482, laissant derrière lui l'image d'un rempart spirituel et civilisateur sur les rives du Danube.
Biographie
SAINT SÉVERIN DU NORIQUE,
APÔTRE DE L'AUTRICHE ET DE LA BAVIÈRE
Quand vous aurez vaincu, ne tuez pas les ennemis.
Dans le Ve siècle, un Solitaire d'Orient, poussé par l'esprit d'en haut, vint annoncer la pénitence et le royaume de Dieu aux peuples barbares du Septentrion. On ne put savoir sa patrie ; aux questions qu'on lui faisait à ce sujet, il répondait qu'un prédicateur de l'Évangile n'avait point d'autre âge que l'éternité, ni d'autre pays que le ciel. Toutefois, on reconnut facilement, à son parler et à ses manières, qu'il était Romain ou d'un endroit où l'on parlait encore le bon latin. Comme il était humble et qu'il refusait de dire la condition de sa famille, on crut, non sans raison, que ses parents étaient illustres selon le monde. Il faisait précéder sa prédication de l'exemple de sa vie ; il était pieux, austère et charitable envers les pauvres, les malades et tous les nécessiteux.
Au temps où vécut saint Séverin, il y a plus de treize cents ans, Attila, ce terrible roi des Huns, dont nous avons déjà parlé, venait de mourir. En mourant, il laissa plusieurs fils, qui se disputèrent l'empire, principalement dans les contrées situées le long des deux rives du Danube. Au loin régnaient la terreur et la désolation. Saint Séverin demeurait alors aux environs de la ville d'Astures ; il annonça aux habitants de cette ville qu'ils étaient menacés des horreurs de la guerre, et que leur cité serait détruite, à moins qu'ils ne fléchissent le ciel par des jeûnes, des prières et des aumônes. Pour leur malheur, les Asturiens n'écoutèrent pas les sages exhortations du Saint, et leur ville fut ruinée de fond en comble, de sorte qu'aujourd'hui l'on ne sait plus même le lieu où elle s'est trouvée.
Mais avant le désastre, saint Séverin s'était retiré dans une autre ville, appelée Cumanis. Là il renouvela ses conseils et ses sinistres prédictions ; mais là aussi il ne fut pas écouté. Alors un vieillard, qui seul avait échappé au massacre et à l'incendie d'Astures, raconta aux habitants de Cumanis tous les détails de l'horrible désastre dont il avait été témoin ; et il ajouta qu'avant l'événement un homme inconnu était venu leur prédire tout ce qui était arrivé, et les avait exhortés à détourner ces malheurs par la pénitence. — « Et c'est parce qu'on ne l'a pas cru, dit-il en terminant, que tous ces malheurs sont venus sur ma patrie !... » Et le vieillard, ayant vu saint Séverin,
s'écria aussitôt : « C'est lui-même, écoutez-le ! » — Alors les Cumaniens lui demandèrent pardon de n'avoir pas voulu l'écouter d'abord ; et pendant trois jours ils implorèrent le secours du ciel par des prières, des jeûnes et des aumônes. Pendant ce temps les farouches ennemis s'étaient rapprochés de Cumanis ; mais vers la fin du troisième jour leur camp fut ébranlé par un terrible tremblement de terre, et ils s'enfuirent épouvantés. Pendant la nuit suivante, ils s'imaginèrent être poursuivis, et, prenant leurs compagnons pour des ennemis, ils s'entre-tuèrent.
Une autre ville plus loin sur le Danube (on pense que c'était Vienne) était désolée par la famine. C'était au cœur de l'hiver, et l'on attendait des vivres qui devaient arriver des pays qui sont près de l'Inn. Mais le fleuve était gelé, les bateaux qui devaient transporter les vivres ne pouvaient arriver. Or, les habitants de cette ville ayant entendu parler de la merveilleuse efficacité des prières de saint Séverin, le firent inviter à se rendre auprès d'eux. Son premier soin, en arrivant, fut de les exhorter à la prière et à la pénitence. Et presque aussitôt l'on vit arriver une foule de bateaux chargés de vivres. Que s'était-il donc passé ? Le fleuve, qui depuis longtemps tenait les bateaux emprisonnés dans les glaces, s'était subitement fondu par l'effet d'un dégel miraculeux survenu à une époque tout à fait inouïe. Grande fut la reconnaissance des Viennois, et grandes furent aussi leurs actions de grâces.
Or, il y avait à Vienne une riche veuve nommée Procule qui avait caché, pendant une famine, une immense quantité de blé : l'Esprit de Dieu ayant révélé cet acte d'avarice à Séverin, le Saint reprit publiquement la veuve sans entrailles, lui reprocha d'être cause, par sa cupidité, de la mort d'un grand nombre de pauvres, et lui fit voir qu'elle se disait en vain chrétienne, puisqu'en adorant les richesses elle était tombée dans une détestable idolâtrie. Procule comprit l'énormité de sa faute et la répara en ouvrant gratuitement ses greniers.
Dans le même temps, des barbares menaçaient cette ville par le fer et le feu : tout ce qu'ils pouvaient saisir au dehors des murs, hommes et bêtes, ils l'emmenaient avec eux. La ville était presque entièrement dépourvue de soldats : saint Séverin harangua leur chef, lui disant d'avoir confiance en Dieu, et d'aller attaquer résolument l'ennemi, lui assurant que Dieu lui donnerait la victoire. Il ajouta encore ces paroles remarquables : « Mais quand vous aurez vaincu, ne tuez pas les ennemis ». Le capitaine partit aussitôt, plein de confiance en Dieu et dans les prières de son fidèle serviteur. Les barbares, en l'apercevant, furent saisis d'épouvante, jetèrent leurs armes et s'enfuirent. Ceux d'entre eux qu'on put emmener captifs, furent conduits devant saint Séverin, qui, après leur avoir reproché leurs brigandages, leur fit donner à boire et à manger, et puis les renvoya dans leur pays.
Plus tard saint Séverin se retira dans une solitude, avec le désir de ne plus vivre que pour Dieu ; mais il n'y demeura pas longtemps seul. Une foule de gens allaient le trouver pour lui demander aide et conseil dans leurs besoins spirituels ou corporels.
Un homme, nommé Rufus, était malade depuis douze ans : il souffrait horriblement dans tous les membres de son corps. Or, les moyens employés jusque-là avaient été infructueux. Sa mère le mit sur une voiture et le conduisit devant l'habitation du Saint. Elle le supplia de guérir son fils. Le Saint répondit : « Dieu seul peut rendre la santé aux malades ; mais je vais
vous donner un conseil : donnez des aumônes, selon vos moyens ». — Cette femme, n'ayant pour le moment aucune autre chose à donner, se dépouilla de ses habits pour les donner aux pauvres. Mais le Saint lui dit : « Remettez vos habits ; votre fils va être guéri ; ensuite, quand vous serez retournée chez vous, prouvez votre foi par les œuvres ». Saint Séverin se mit ensuite en prières ; et aussitôt, au grand étonnement de tous les assistants, le malade se leva guéri, et s'en retourna chez lui. L'étonnement de tous ceux qui le connaissaient était si grand, que plusieurs ne voulurent pas croire que ce fût le même homme qu'ils avaient vu si infirme.
La renommée de la sainteté et des miracles de saint Séverin se répandit au loin. Plusieurs cités pensèrent que si elles possédaient un tel trésor, elles seraient à l'abri de toutes les calamités. Le Saint fut donc appelé avec instance de divers côtés. Or, un jour il se trouvait dans une ville, où une partie des habitants s'adonnait à l'idolâtrie. Saint Séverin leur représenta combien grand était ce crime, mais personne ne voulut s'avouer coupable. Alors il prescrivit un jeûne de trois jours, et ordonna que le troisième jour chaque famille se rendrait à l'église avec un cierge non allumé. Le Saint s'étant mis en prières avec les prêtres et le peuple, les cierges des vrais croyants s'allumèrent d'eux-mêmes, tandis que ceux des idolâtres demeurèrent non allumés. Étant ainsi miraculeusement convaincus, les idolâtres confessèrent leur péché ; et le chroniqueur, en rapportant ce fait, ajoute : « Ô douce puissance de mon Créateur, qui alluma les cœurs en même temps que les cierges ! Car le feu se mit aussi aux cierges des coupables, après qu'ils eurent confessé leur faute ; et pendant que ce feu consumait la cire qu'ils tenaient en leurs mains, un feu immatériel consumait leurs cœurs, et faisait couler de leurs yeux des larmes de componction ».
Une autre fois les campagnes d'alentour furent ravagées par des nuées de sauterelles, et l'on supplia encore saint Séverin d'éloigner ce fléau par ses prières. Comme toujours, il recommanda d'avoir recours à la prière, au jeûne et aux aumônes ; en même temps il exigea que personne n'allât aux champs ; « car », dit-il, « vos soins intempestifs seraient faits pour éloigner le secours de Dieu plutôt que pour chasser les sauterelles ». Tous se conformèrent scrupuleusement aux prescriptions du Saint, à l'exception d'un tout pauvre homme, qui voulait absolument aller visiter son champ. Ce champ se trouvait environné de plusieurs autres, et le pauvre homme s'y rendit pour en chasser les insectes destructeurs. Mais la nuit même les sauterelles disparurent complètement, en laissant intacts tous les champs, à l'exception de celui du pauvre incrédule, sur lequel elles ne laissèrent pas un fruit, ni un brin d'herbe. Ce malheureux alors courut à la ville, en se lamentant devant tout le monde de ce qui lui était arrivé. Là-dessus tous sortirent, et virent avec étonnement que leurs champs avaient été préservés du fléau, et que seul le champ de l'incrédule avait été dépouillé. Le Saint alors leur dit ces simples paroles : Apprenez par les sauterelles à obéir toujours à Dieu ! — Alors le pauvre dit en se lamentant : Je veux bien, à l'avenir, obéir fidèlement à Dieu, mais qui me donnera de quoi vivre, car mon champ est dévasté ? — Le Saint s'adressant à la foule, dit : Il est juste que celui qui par son châtiment vous apprend à être humbles et obéissants, soit, pour cette année, nourri par vous. Et il fut fait une collecte au profit du pauvre.
Une autre fois une femme, après avoir été longtemps malade, entra en agonie ; quelques-uns de ceux qui l'entouraient, la croyant déjà morte, se mirent à se lamenter, suivant la coutume en pareille occurrence. Les autres, au contraire, leur imposèrent silence, et, emportant la malade, ils allèrent
la déposer devant la porte de saint Séverin. Le Saint leur dit : Que me voulez-vous ? — Ils répondirent : Nous vous prions de rendre à la santé cette femme qui va mourir. — Le Saint reprit : Vous demandez trop à un pauvre pécheur comme moi. Je suis indigne de faire des miracles ; tout ce que je puis faire, c'est de prier Dieu de me pardonner mes péchés. — Ceux-ci répliquèrent : Nous croyons que si vous priez pour la malade, elle sera guérie. — Alors le Saint se mit à prier ; et aussitôt la malade put se lever. Et le Saint leur dit : Ce miracle n'est pas dû à mes mérites, mais à votre foi : pareille chose arrive journellement en maint endroit, chez tous les peuples, par la toute-puissance de Dieu, qui seul peut guérir les malades et ressusciter les morts, afin que tous les peuples sachent qu'il est le seul vrai Dieu. — Trois jours après, cette même femme était si bien guérie, qu'elle put de nouveau vaquer à ses travaux habituels.
Mais, quoiqu'il fît ces prodiges pour gagner les peuples à Jésus-Christ, il ne voulut point guérir un mal d'yeux qui causait des douleurs très-vives à Bonose, le plus cher de ses disciples ; il aurait cru, en lui enlevant la souffrance, le priver d'un moyen de perfection. Sa réputation alla si loin que les princes même d'au-delà du Danube, infidèles ou Ariens, lui demandaient ses avis pour la conduite civile de leurs États, quoiqu'ils refusassent d'ouvrir les yeux à la vérité et de corriger les dérèglements de leur vie. Il établit plusieurs monastères, dont le plus considérable était près de FAVIENNE. Il le quittait souvent pour aller à deux lieues au-delà, dans un endroit écarté, pour prier plus tranquillement. Mais la charité l'obligeait souvent d'aller en divers lieux, consoler les habitants dans leurs alarmes : car ils se croyaient en sûreté quand il était avec eux. Il recommandait à ses disciples surtout l'imitation des anciens et l'éloignement du siècle ; ses exemples leur prêchaient plus encore que ses paroles. Car, excepté les fêtes, il ne mangeait qu'après le soleil couché, et en Carême une seule fois dans la semaine ; il dormait tout vêtu sur un cilice, étendu sur le pavé de son oratoire. Il marchait toujours pieds-nus, même lorsque le Danube était gelé. Plusieurs villes le demandèrent pour évêque, mais il ne voulut jamais se rendre à leurs instances. « N'est-ce pas assez », leur disait-il, « que j'aie quitté ma chère solitude pour venir ici vous instruire et vous consoler ? »
Il ne faut donc pas croire que notre Saint ait établi d'une manière définitive et durable, ni la religion catholique, ni la vie monastique dans ces pays ; ce n'était ni le lieu ni le moment. La Providence l'avait amené là, lui Romain, moine catholique, représentant du monde civilisé qui allait être enfin envahi, afin d'arrêter un instant, et d'adoucir les envahisseurs ; ainsi Attila trouva saint Léon au passage du Mincio, saint Aignan sous les murs d'Orléans, et saint Loup aux portes de Troyes ; ainsi saint Germain d'Auxerre arrêta Eocharich, roi des Allemands, au cœur de la Gaule.
L'anachorète qui défendit la Norique, veillait en même temps dans l'intérêt de toute la chrétienté. Si le débordement des invasions se fût précipité d'un seul coup, il aurait submergé la civilisation. L'empire était ouvert, mais les peuples n'y devaient entrer qu'un à un ; et le sacerdoce chrétien se mit sur la brèche, afin de les retenir jusqu'au moment marqué, et pour ainsi dire jusqu'à l'appel de leur nom... c'était le tour des Hérules : Séverin avait contenu leurs bandes sur le chemin de l'Italie. Parmi ceux qui venaient demander sa bénédiction, se trouva un jour un jeune homme, pauvrement vêtu, mais de race noble, et si grand qu'il lui fallait se baisser pour entrer dans la cellule du moine. « Va, lui dit Séverin, va vers l'Italie ; tu portes maintenant de chétives fourrures, mais bientôt tu auras de quoi faire
largesse ». Ce jeune homme était Odoacre, à la tête des Thurilinges et des Hérules; il s'empara de Rome, envoya Romulus Augustule mourir en exil, et, sans daigner se faire lui-même empereur, se contenta de rester le maître de l'Italie. Du sein de sa conquête, il se souvint de la prédiction du moine romain qu'il avait laissée sur les bords du Danube, et lui écrivit pour le prier de lui demander tout ce qu'il voudrait. Séverin en profita pour obtenir la grâce d'un exilé.
Peut-être que si Odoacre, maître de Rome, usa de clémence, que s'il épargna les monuments, les lois, les écoles, et ne détruisit que le vain nom de l'empire, c'est qu'il se souvint, comme on l'a vu, du moine romain qui avait prédit sa victoire et béni sa jeunesse...
Une autre fois, comme les Allemands ravageaient le territoire de Passau, où il se trouvait alors, il alla trouver Gibold leur roi, et lui tint un langage si ferme, que le barbare troublé promit de rendre les captifs et d'épargner le pays : on l'entendit ensuite déclarer à ses compagnons que jamais, en aucun péril de guerre, il n'avait tremblé si fort. Séverin était donc là comme un rempart céleste sur les rives du grand fleuve qui ne protégeait plus le territoire de l'empire. Quand une ville, une contrée de l'empire étaient menacées par une armée barbare, il entreprenait quelquefois la défense militaire avec le calme d'un vieux capitaine, rendant d'une parole le courage aux plus timides, se faisant obéir là où personne ne l'était plus; s'il fallait reculer, il organisait la retraite; s'il n'y avait plus espoir de salut, il se rendait au camp des vainqueurs, et, au nom de Dieu, il obtenait que les vaincus seraient respectés dans leurs personnes et dans leurs biens, et que tous vivraient en paix.
Il avait surtout le plus grand soin des captifs, d'abord à cause d'eux, en qui il voyait Notre-Seigneur dans les chaînes et la misère, mais aussi à cause du salut de l'âme des maîtres qui les opprimaient. Il plaida, selon son habitude, cette sainte cause auprès de Fléthée, roi des Rugiens, peuplade qui était venue, des bords de la mer Baltique, s'établir en Pannonie; peut-être le cœur de ce barbare se serait-il laissé fléchir; mais Gisa, sa femme, qui était arienne et plus féroce que lui, dit un jour à Séverin : « Homme de Dieu, tiens-toi tranquille à prier dans ta cellule, et laisse-nous faire ce que bon nous semble de nos esclaves ». — Mais lui ne se lassait pas et finissait presque toujours par triompher de ces âmes sauvages, mais non encore corrompues. Sentant sa fin approcher, il manda auprès de son lit de mort le roi et la reine. Après avoir exhorté le roi à se souvenir du compte qu'il aurait à rendre à Dieu, il posa la main sur le cœur du barbare, puis se tournant vers la reine : « Gisa, lui dit-il, aimes-tu cette âme plus que l'or et l'argent? » Et comme Gisa protestait qu'elle préférait son époux à tous les trésors : « Eh bien donc », reprit-il, « cesse d'opprimer les justes, de peur que leur oppression ne soit votre ruine. Je vous supplie humblement tous les deux, en ce moment où je retourne vers mon maître, de vous abstenir du mal et de vous honorer par vos bonnes actions ».
Saint Séverin avait prédit à ses disciples le jour de sa mort, deux ans auparavant; il les avertit en même temps que les habitants du Norique
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seraient obligés de se réfugier en Italie, et leur ordonna de les suivre et d'emporter son corps. Il fut attaqué d'une pleurésie le 5 janvier 482. Le quatrième jour de sa maladie, il demanda le saint Viatique; puis, ayant fait le signe de la croix et dit avec le Psalmiste : « Que tout esprit loue le Seigneur », il s'endormit doucement dans le Seigneur.
Six ans après, les disciples de saint Séverin furent, selon sa prédiction, obligés de fuir devant la fureur des barbares; ils emportèrent le corps de leur bienheureux Père; presque toute la contrée l'accompagna, et partout où il passait on courait lui rendre hommage, de sorte que c'était plutôt un triomphe qu'une retraite. Il fut déposé à Monte-Feltro, en Ombrie, d'où il fut transféré, cinq ou six ans après, à Lucullano, entre Naples et Pouzzolles, par l'autorité du pape Gélase. On y bâtit un monastère dont Eugippe, auteur de la vie de saint Séverin, fut second abbé. En 910, ses saintes reliques furent transportées à Naples, dans un monastère de Bénédictins qui porte son nom. — Saint Séverin du Norique est l'un des Patrons de la Bavière, de l'Autriche, et de Vienne, capitale de cet empire.
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## SAINT FROBERT,
## MOINE DE LUXEUIL ET ABBÉ DE MONTIER-LA-CELLE
673. — Pape : Adéodat. — Roi de France : Childéric II.
Ce ne sont pas ceux qui entendent, mais ceux qui pratiquent la loi de Dieu qui seront justifiés. *Ep. aux Romains, II, 13.*
Ce Saint naquit à Troyes, vers le commencement du VIIe siècle, de parents d'humble condition, mais vertueux. Dès l'âge le plus tendre, il parut destiné à être un vase d'élection. Lorsqu'il fut en âge d'apprendre, on le mit aux écoles que Ragnégisile, alors évêque de Troyes, entretenait à ses frais; il y fit de grands progrès dans les sciences, et surtout dans la foi, la sainteté de la vie, l'amour de Dieu; tout ce qu'il apprenait dans les saintes Écritures, il le mettait aussitôt en pratique, consultant sans cesse ce miroir pour parer son âme, à cause de cette parole céleste : « Ce ne sont pas ceux qui entendent, mais ceux qui pratiquent la loi de Dieu qui seront justifiés devant lui ». On voyait bien aussi qu'il se proposait d'imiter les vertus des saints Pères, et il se rendait si parfait en toutes, qu'on ne pouvait dire en laquelle il était le plus admirable. Il s'offrait à Dieu en perpétuel holocauste, s'appliquait à une oraison continuelle, cherchant le repos de l'âme, sans se soucier de celui du corps; le jeûne et l'abstinence étaient ses mets favoris. Ainsi exercé et armé, il combattait déjà les ennemis du salut comme un vieux soldat. Le démon, voyant croître une si redoutable sainteté, ne manqua pas de lui déclarer une guerre acharnée : plusieurs fois, pendant que le jeune Frobert se rendait à l'école pour apprendre les psaumes, il se présenta à ses regards sous des formes horribles pour l'épouvanter. Mais l'enfant,
éclairé de la grâce céleste, connaissait bien ces tromperies diaboliques; il s'en moquait, et, s'armant du signe de la croix, il chassait son ennemi.
Dieu voulut faire voir dès lors, par un beau miracle, le mérite de ce saint enfant et le plaisir qu'il prenait en sa pureté innocente. Sa mère perdit la vue: depuis ce jour, vivant dans les ténèbres, elle ne faisait que se lamenter: son cher enfant la réconfortait. Un jour qu'elle était toute éplorée, elle le pria, en l'accablant de ses caresses maternelles, de faire sur ses yeux, une fois seulement, le signe de la croix, disant qu'elle espérait s'en bien trouver. Dans son humilité, il refusait; mais enfin sa mère le gagna, tant par ses importunités que par la compassion qu'elle lui inspirait. Il invoqua donc le nom de Jésus, et imprima le signe salutaire de la croix sur les yeux de sa mère, qui recouvra la vue plus claire qu'auparavant. Ce miracle publié ravit d'admiration les personnes qui l'entendirent, et plusieurs furent portées à l'imitation de sa sainte vie. L'évêque Ragnégisile considérant en ce petit Saint une grande pureté d'esprit et d'innocence, le fit clerc pour servir aux divins offices, et, dans sa tendresse, l'envoya au célèbre monastère de Luxeuil, afin qu'étant bien instruit en la vie monacale, il rapportât dans la ville et le diocèse de Troyes de saints exemples de perfection; car, dit l'historien, en ce temps-là, le monastère de Luxeuil était à peu près sans rival dans les Gaules, sous le double rapport de la vertu et de la science. Saint Walbert, homme excellent en la vie monastique, en était alors abbé. Frobert y fut reçu avec une grande joie par les religieux. La simplicité et la candeur de son âme furent connues en peu de temps; tous admiraient en ce jeune homme sa profonde humilité, son abstinence tempérée, sa patience très-douce; on voyait que, toujours uni à Dieu en son esprit, il menait la vie angélique au milieu de ses confrères.
Luxeuil avait une grande réputation en France, à cette époque, à cause de la bonne doctrine et de la perfection de vie qu'on y apprenait. Voilà pourquoi on y envoyait de tous côtés la jeunesse pour s'y bien former. Aussi Walbert ne gouvernait pas alors moins de six cents, d'autres disent neuf cents moines. De son côté, saint Bertoald, évêque de Langres, y avait envoyé un nommé Teudolène, qui fut abbé du monastère de Saint-Seine, pour y perfectionner sa science et ses vertus. Frobert et lui se visitaient et conversaient souvent ensemble. Or, Teudolène, surpris de trouver une simplicité d'enfant dans un jeune homme plein de mérite et de talent, voulut expérimenter si elle venait d'un fonds de vertu et d'innocence ou d'une feinte trompeuse, comme il n'arrive que trop souvent. Trop curieux et s'émancipant avec d'autres frères de la maison, hors du devoir et de la charité, ils se moquaient de l'innocent Frobert et faisaient de lui leur jouet. L'aimable patient ne s'offensait jamais de ces petites injures, prêt à passer pour fou devant les hommes, s'il le fallait, pour ne jamais cesser d'être sage devant Dieu; il avait pris pour devise ce mot du Psalmiste: « Je suis devant vous, comme l'animal privé de raison ». Teudolène poussa la plaisanterie trop loin; un jour que son ami était venu le visiter, il le pria d'aller trouver un frère et de lui demander un circinus (compas, écritoire, meule), dont il avait besoin pour écrire. Frobert y courut plutôt qu'il n'y allait, tant il était désireux de faire plaisir. L'autre moine, qui connaissait sa simplicité et était du complot, au lieu de lui mettre à la main un instrument pour écrire, lui passe dans le cou une meule de moulin, et lui commande de la porter à Teudolène. Frobert la reçut, et accablé sous ce faix pesant, à peine pouvait-il mettre un pied devant l'autre. En cet état, il rencontre l'abbé Walbert, à qui quelques frères étaient allés dire le fait pour qu'il pût jouir de ce
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spectacle. Le vénérable abbé, voyant cette pauvre brebis de Jésus-Christ tant accablée, et la moquerie des autres, fut mécontent; néanmoins, excusant la douce innocence de l'un et la légèreté téméraire des autres, il lui commanda de déposer son fardeau, et lui demanda ce qu'il faisait là. Frobert répondit qu'il portait ce qu'on lui avait demandé pour écrire. Cette candeur toucha tellement le cœur de l'abbé qu'il en versa des larmes. Ensuite ayant fait venir Teudolène et ses complices, il leur fit une rude réprimande et leur enjoignit une pénitence pour leurs méfaits. Depuis ils furent plus réservés.
Après plusieurs années passées à Luxeuil, Frobert avec la permission de son abbé, et sur l'ordre de son évêque, vint à Troyes, visiter ses parents.
Après être demeuré quelques jours en la maison de son prélat, il lui demanda la permission de s'en retourner; mais l'évêque le retint, ne voulant pas priver plus longtemps son diocèse de cette brillante lumière. Le jeune religieux ne diminua pas pour cela ses austérités, et comme l'envie noircit ce qui est plus blanc que la neige, elle taxa d'hypocrisie des jeûnes si extraordinaires, osant avancer que si on épiait Frobert, on s'apercevrait qu'il ne restait point, comme le bruit en courait, plusieurs jours de suite sans prendre de nourriture. Telle, fut pourtant en réalité la rigueur de ses abstinences pendant trois ans. Au bout de ce temps, l'évêque voulut savoir comment il passerait le Carême qui approchait. Il lui donna donc une retraite contiguë à l'église pour y vaquer à ses dévotions et y passer le temps du jeûne. Or, souvent ce prudent évêque venait à l'improviste en sa cellule, désirant découvrir combien il était ardent à la sainteté, et surtout abstinent en ses jeûnes, pour lesquels Dieu lui avait donné une grâce toute particulière. Il reconnut alors la malice des calomniateurs et la vertu sincère du Saint.
Depuis ce temps, sa renommée éclata encore plus: on sut qu'il avait le don des miracles; des multitudes de malades eurent recours à lui. Mais l'homme de Dieu, craignant qu'on n'attribuât quelque chose à ses mérites, se contenta de bénir de l'huile et d'invoquer le nom de Jésus sur les malades en les oignant de cette huile, et aussitôt ils recouvraient la santé. De même, il était si puissant à chasser les démons que, lorsqu'il faisait le signe de la croix sur le front ou la poitrine des possédés, les malins esprits s'enfuyaient aussitôt. C'était sa coutume de parler peu de lui-même avec ses amis; craignant la réputation que ses miracles lui faisaient, il forma la résolution de fuir le monde et de se retirer dans une solitude. Il s'adressa au roi Clovis II et lui demanda une terre marécageuse, située aux environs de Troyes et appelée de temps immémorial l'Île des Germains. Clovis lui accorda volontiers ce lieu qui faisait partie du domaine royal, et deux ans après, Clotaire III, son fils, délivra, à la prière de la reine sainte Bathilde sa mère, un acte authentique de cette concession; cet acte se conserva longtemps dans les archives du monastère de Celle. L'Île des Germains était pleine d'étangs, de broussailles, d'herbes; elle était inculte, peu fréquentée des hommes, mais beaucoup des bêtes sauvages et des reptiles. S'appuyant donc sur ces privilèges des rois, mais plus encore sur la faveur de Dieu, qui le conduisait, Frobert s'achemina vers ce lieu retiré, qu'avec grande diligence il dessécha et défricha; et lorsqu'il l'eut ainsi disposé, il y bâtit une cellule avec un petit oratoire; là, retiré avec un petit nombre de religieux, il vivait en la contemplation de Dieu, d'une manière plus angélique qu'humaine. Il fit bâtir d'autres cellules près de la sienne, en augmenta le nombre tous les jours, et consacra à l'agrandissement de son monastère son patrimoine qui était assez considérable, quoique ses parents fussent de condition médiocre.
Beaucoup d'autres personnes apportèrent aussi leur fortune, en entrant dans cette sainte maison, de sorte qu'elle devint aussi florissante par sa prospérité temporelle que par la piété des moines et de leur abbé : Montier-la-Celle (le monastère des Cellules) devint comme un autre Luxeuil. Le gouvernement de ce monastère n'était pas le seul objet des soins de Frobert : il allait souvent dans un monastère de jeunes filles, établi à Troyes, sous le nom de Saint-Quentin ; il le dirigeait, entrait dans les plus minces détails, et opérait souvent des miracles, lorsque la charité le demandait ; mais il n'y entrait jamais qu'accompagné d'un moine, quelquefois même il invitait des étrangers à y manger. Un jour qu'il y avait, selon son habitude, rassemblé plusieurs pauvres à qui il distribuait d'abord la parole de Dieu pour nourrir leurs âmes, puis des aliments et du vin pour soutenir leurs corps, deux vaisseaux de vin que sa charité avait vidés se remplirent miraculeusement et débordèrent.
Dieu lui accorda plus d'une fois la faveur de s'élever au-dessus du monde visible pour entrevoir les secrets du ciel. Un jour qu'il était en conférence spirituelle avec un autre abbé, Theudécaire, il entendit les chœurs célestes qui chantaient les louanges de la très-sainte Trinité. Ravi par la douceur d'une telle musique, il obtint que son compagnon l'entendît aussi, et c'est par le récit de ce dernier que la merveille fut connue. Il se rapprochait de la patrie céleste par l'âge, autant que par ses vertus. Il avait alors près de soixante-dix ans. Vers la fin du mois de décembre 672 il sentit ses forces s'affaiblir. Dieu lui ayant révélé le jour de son heureux décès, il en fit part à ses disciples, et comme ils fondaient tous en larmes, il s'efforça de les consoler, disant qu'ils devaient le féliciter et non le plaindre, puisqu'il allait quitter l'exil pour rentrer dans la patrie ; il ajouta qu'il serait plus à même de prier dans le ciel que sur la terre. Puis il les conjura de garder fidèlement la règle de leur saint institut qu'il leur avait enseignée par ses paroles et par ses œuvres. Il croyait qu'il allait mourir le jour de la Nativité de Notre-Seigneur ; mais comme Abbon, évêque de Troyes, ne put, à cause de la solennité de ce jour, consacrer la nouvelle église, que le Saint avait fait construire, beaucoup plus vaste que la première, où il devait être enterré, Dieu exauça ses désirs et il apprit par révélation que sa mort serait différée de huit jours. En effet, la veille du jour où l'on célèbre la Circoncision de Notre-Seigneur, le saint abbé sentit sa dernière heure approcher. Il fit de nouvelles exhortations à ses disciples ; vers le déclin du soleil, Lupellus, son disciple et son historien, lui lisant l'Évangile, quoiqu'il fût lui-même malade, reçut sa guérison par le mérite de ce bon maître. Pendant toute la nuit, Frobert demeura en oraison. Après Matines, il fit appeler ses bien-aimés disciples, et pendant qu'on lui lisait la Passion du Sauveur, cette âme sainte, détachée de la terre, s'envola vers Dieu le 1er janvier 672.
Wallin, son neveu, qui lui succéda en qualité d'abbé, courut aussitôt annoncer sa mort au monastère de Saint-Quentin ; ces saintes filles se répandirent en larmes, soupirs et sanglots, et l'abbesse, émue de grande pitié, sortit contre son ordinaire pour venir assister aux funérailles de son supérieur et père : ce fut elle qui prit soin de lui trouver un tombeau de pierre proportionné à sa taille ; car il était d'une haute taille et stature, et d'un visage fort agréable aux regards. Toutes choses étant préparées pour ce funèbre convoi, l'évêque de Troyes, au milieu d'une affluence innombrable,
brable, ensevelit le saint corps dans l'église qu'il venait de consacrer le jour même.
Il s'opéra de nombreux miracles au tombeau de saint Frobert, et la renommée les publiant attira un grand concours de pèlerins qui venaient implorer son intercession. Mais cette piété se refroidit par suite des invasions des Barbares et des troubles qu'elles occasionnèrent : le culte du Saint tomba, ainsi que son église. L'évêque Prudence la releva vers 854 ; les saintes reliques furent transférées dans cette nouvelle église par Otulphe, évêque de Troyes. De nouveaux miracles ranimèrent la dévotion des fidèles, et le souvenir de cette translation fut consacré par une fête qui se célébrait le 6 janvier.
On a représenté saint Frobert, enfant, sur les genoux de sa mère et lui rendant la vue au moyen du signe de la croix ; chassant le démon qui le tenta ou qui obsède un possédé.
## RELIQUES DE S. FROBERT. — ABBAYE DE MONTIER-LA-CELLE.
Le nom de saint Frobert se fit dans la plupart des martyrologes : Bucelin, Du Soussay, Molanus, Menard, Wion, Ferrari, Chastelain, etc. Sa fête est fixée au 8 janvier.
L'abbaye de saint Frobert, mise par lui sous l'invocation de saint Pierre, s'appela après sa mort la Celle (cellule) de Saint-Frobert ; elle s'appela ensuite la Celle de Saint-Robin, du nom d'un de ses religieux, devenu évêque de Troyes, qui combla son monastère de bienfaits. Le nom sous lequel elle est connue depuis longtemps est celui de Montier-la-Celle. Détruit par les Anglais en 1348, sous l'abbé Aimeric d'Orlo, le monastère de Saint-Frobert fut rétabli en partie et au temporel et au spirituel, par l'abbé Henri de Vieune, successeur d'Aimeric. Ce bénéfice fut réuni à l'évêché de Troyes, par une bulle de Clément IV, donnée sur la demande de Louis XV. Il n'existe plus aujourd'hui (1272), de l'abbaye de Montier-la-Celle, que quelques murs d'enceinte et une partie de maison.
Plus la moindre trace de l'église de ce monastère qui passait pour un modèle d'architecture aux yeux des connaisseurs du XVIe siècle ; sa longueur était de deux cents pieds, sa croisée de cent ; les fenêtres hautes et larges étaient au nombre de trente-huit.
Elle fut construite par Antoine Girard, en 1517, et consacrée sous le vocable de saint Pierre. Ses vitres peintes représentaient plusieurs figures de l'Ancien Testament, avec des mystères du Nouveau. À la voûte du rond-point, on voyait un col-de-lampe de soixante pieds en rondeur, et quinze de projet hors de la voûte. Il était tout percé à jour et semblait n'être porté que sur le dos d'une colombe volante, suspendue perpendiculairement sur le maître-autel. L'autel, fermé en console, était un chef-d'œuvre de dessin, d'architecture et de sculpture, dans le goût grec, que l'on soupçonnait être l'ouvrage de quelque bon élève de l'école de Florence.
Entre autres reliques, cette église possédait neuf corps saints, renfermés dans huit chasses séparées, dans les niches de sculpture, élevées dans le mur de la coquille qui entourait le maître-autel. La cathédrale de Troyes est heureuse de posséder encore la tête et les autres reliques de saint Frobert, qui lui furent adjugées par le tribunal du district de la République, le 24 août 1791. Mais le souvenir du saint abbé est bien effacé dans le pays.
Nous avons tiré cette vie du *Promptuarium sacrarum antiquitatum*, de Camuzat : — De la Sainteté chrétienne, de Draguerrois ; de l'Éphéméride, du même auteur ; de la Topographie historique, de Courtalou-Delalatre, tous documents dus à l'obligeance de M. Harmand, bibliothécaire de la ville de Troyes. Les notes qu'ont bien voulu nous donner Monsieur le Secrétaire de l'évêché et M. Lalore, professeur au grand séminaire, nous ont été aussi très utiles.
VIES DES SAINTS. — TOME Ier. 15
Événements marquants
- Arrivée en Norique au Ve siècle après la mort d'Attila
- Prédiction de la destruction de la ville d'Astures
- Délivrance miraculeuse de la ville de Cumanis par un tremblement de terre
- Dégel miraculeux du Danube pour ravitailler Vienne affamée
- Rencontre avec Odoacre et prédiction de son ascension à Rome
- Intervention auprès du roi Gibold pour la libération des captifs
- Mort de pleurésie le 8 janvier 482
Miracles
- Tremblement de terre repoussant les ennemis à Cumanis
- Dégel subit du Danube permettant l'arrivée de vivres à Vienne
- Guérison instantanée de Rufus, malade depuis douze ans
- Allumage spontané des cierges des croyants pour confondre les idolâtres
- Disparition des sauterelles après un jeûne prescrit
- Résurrection ou guérison d'une femme à l'agonie
Citations
Quand vous aurez vaincu, ne tuez pas les ennemis.
Va vers l'Italie ; tu portes maintenant de chétives fourrures, mais bientôt tu auras de quoi faire largesse.