Sainte Irène de Tomar
Vierge et Martyre
Résumé
Religieuse à Tomar au VIIe siècle, Irène fut calomniée par son directeur Remy après avoir repoussé ses avances. Victime de la jalousie du seigneur Bertanid, elle fut assassinée au bord d'une rivière. Son corps fut retrouvé miraculeusement dans le Tage, protégé par un tombeau angélique.
Biographie
SAINTE IRÈNE DE TOMAR, VIERGE ET MARTYRE (653).
Irène naquit à Tomar, dans l'Estramadure portugaise, de parents nobles et d'une haute piété, qui coulèrent son éducation à ses deux tantes, Julie et Chaste, supérieures d'une communauté de saintes filles. Sélio, oncle d'Irène et abbé d'un monastère voisin, prit soin de lui inspirer dès son jeune âge les sentiments des plus hautes vertus du Christianisme ; et, afin qu'elle fût mieux instruite, il chargea de sa direction un religieux de son abbaye, nommé Remy, qu'il croyait fort avancé dans les voies de la perfection.
Irène menait une vie si retirée, qu'elle ne sortait qu'une fois l'an pour visiter l'église de Saint-Pierre, au jour de sa fête. Dans une de ces sorties, un jeune seigneur, nommé Bertanid, en devint épris ; et cet amour le mina tellement, qu'il le fit tomber dans une maladie de langueur. Irène apprit par révélation ce qui se passait ; et, par un mouvement de Dieu, elle l'alla trouver bien accompagnée, et lui parla avec tant de force de l'excellence de la chasteté, qu'elle lui ôta sa folle passion ; Bertanid recouvra sa première santé.
Notre jeune religieuse faisait de jour en jour de nouveaux progrès dans la perfection, lorsque le démon lui suscita une des plus étranges persécutions que l'on puisse imaginer. Ce fut par le moyen de son directeur. Ce misérable s'oublia jusqu'à lui découvrir les flammes criminelles dont ses entrailles étaient dévorées, afin d'en exciter de semblables dans son cœur innocent. Mais Irène, loin de l'écouter, lui fit des reproches amers. L'impudique fut bien surpris de se voir ainsi rebuté ; mais sa honte ne servit qu'à le porter aux dernières extrémités du désespoir. Pour se venger, il répandit le bruit qu'Irène avait conçu. Bertanid, informé de ces bruits, entra dans une si furieuse jalousie, que, sans s'informer de la vérité, il chargea un soldat de la faire mourir. Celui-ci, ayant trouvé la Sainte à genoux sur le bord de la rivière de Nadau, où elle priait Notre-Seigneur de la délivrer de l'opprobre qu'une si grande malice lui avait attiré, il la perça d'un coup d'épée et la fit ainsi la victime de celui à qui, deux ans auparavant, elle avait sauvé la vie.
Le bourreau jeta à l'heure même son corps dans la rivière pour cacher le crime ; mais Dieu fit connaître à l'abbé Sélio tout ce qui s'était passé. Celui-ci divulga le fait pour l'honneur de sa chère nièce, et il se fit une grande assemblée de personnes de toute condition pour aller chercher ses précieuses dépouilles. La rivière de Nadau les avait rejetées dans celle de Nézère, et celle-ci dans le Tage ; les anges leur avaient formé de leurs propres mains un tombeau précieux, comme ils avaient fait autrefois à saint Clément. On n'eut pas de peine à approcher de ce tombeau, parce que les eaux de la rivière s'étaient retirées miraculeusement pour laisser un chemin libre jusqu'au milieu de son lit, où il était placé. On y trouva le corps de la Sainte dans une blancheur et dans une beauté ravissantes ; on voulut le tirer de là pour le transporter solennellement dans une église, mais il fut impossible de le remuer. Alors, pour ne pas s'opposer à la volonté de Dieu, qui avait
LE BIENHEUREUX HUMBAUD, ÉVÊQUE ET CONFESSEUR. 453
lui-même préparé cette sépulture à son épouse, on se contenta de prendre une partie de ses cheveux et des lambeaux de sa tunique, qui furent mis comme de précieuses reliques dans le monastère dont son oncle était abbé. Des aveugles et des paralytiques furent guéris par leur attouchement, et ils devinrent des sources de santé dans le pays. À peine la procession se fut-elle éloignée de ce tombeau miraculeux, que la rivière, rentrant dans son lit, l'environna et le couvrit tout entier.
La ville de Santarem (c'est-à-dire Sainte-Irène) doit son nom actuel à la gloire de cette illustre martyre de la chasteté. Elle s'appelait auparavant Scalabis.
Cf. Acta Sanctorum, an 20 juillet.
Événements marquants
- Éducation par ses tantes Julie et Chaste
- Guérison miraculeuse du seigneur Bertanid par ses paroles sur la chasteté
- Tentative de séduction et calomnie par son directeur Remy
- Assassinat par un soldat sur ordre de Bertanid jaloux
- Découverte miraculeuse du corps dans le lit du Tage
Miracles
- Révélation de la maladie de Bertanid
- Retrait miraculeux des eaux du Tage pour accéder à son tombeau
- Corps retrouvé intact et d'une beauté ravissante sous l'eau
- Guérisons d'aveugles et de paralytiques par ses reliques