Sainte Glossinde (Glossinne)
Vierge, Fondatrice et Abbesse
Résumé
Vierge noble du VIIe siècle, Glossinde refuse le mariage et se réfugie à l'église Saint-Étienne de Metz où elle reçoit miraculeusement un voile des mains d'un ange. Après s'être formée à Trèves, elle fonde à Metz un monastère de cent religieuses qu'elle dirige avec sagesse jusqu'à sa mort à l'âge de trente ans.
Biographie
SAINTE GLOSSINDE OU GLOSSINNE, VIERGE,
FONDATRICE ET ABBESSE DU PREMIER MONASTÈRE DE METZ
25 JUILLET.
... à Dieu, acheva de briser tous les liens de la jeune vierge au monde. Elle profita de ce triste incident pour persuader à ses parents que Dieu ne la destinait point au mariage; mais elle ne fut pas écoutée, ils lui présentèrent un nouvel époux qu'elle refusa constamment. Convaincue par l'inutilité des moyens qu'elle avait opposés à ce nouvel engagement, qu'il lui serait impossible de l'éluder, elle s'enfuit à Metz et se réfugia dans l'église de Saint-Étienne, qui était un des asiles les plus sacrés du pays. Elle se plaça entre l'autel et la confession du saint Martyr, qui renfermait une fiole de son sang et plusieurs autres reliques précieuses. Ses parents l'y suivirent bientôt et n'oublièrent ni les menaces, ni les caresses, pour la tirer de ce sanctuaire vénéré. Le respect pour le droit d'asile ne permettant d'user d'aucune violence, on essaya de la contraindre à sortir, par la faim et par la privation de toutes les choses de première nécessité. On fit la garde jour et nuit aux portes de l'église. Mais la jeune vierge, inébranlable dans sa résolution, demeura six jours entiers sans sortir et sans prendre aucun aliment, uniquement occupée à la prière dont elle faisait sa nourriture. Le septième jour, qui était un dimanche, on vit paraître un homme d'un visage angélique, suivi de deux jeunes hommes d'une merveilleuse beauté. À la vue des nombreux assistants qui remplissaient l'église, il s'approcha de Glossinde qui tenait l'autel embrassé, et lui couvrit la tête d'un voile sacré qu'il tenait dans ses mains. Il disparut ensuite avec ceux qui l'accompagnaient. Les parents de Glossinde, vaincus par sa persévérance et par ces signes du ciel, lui demandèrent pardon de tant d'opposition et lui permirent de suivre l'attrait céleste qui la poussait à consacrer à Dieu la pureté de son âme. Glossinde se retira à Trèves, auprès de Rothilde, sa tante paternelle, vierge d'une grande vertu, qui se trouvait, depuis de longues années, à la tête d'une communauté de filles. Les exemples de cette femme vertueuse, plus puissants encore que ses conseils, la mirent bientôt à même de servir de modèle et de guide aux autres. Elle revint à Metz, où elle commença à réunir une communauté de filles qui désiraient suivre, sous sa conduite, les conseils évangéliques qu'elles pratiquaient déjà dans leurs familles. Elle demanda à ses parents un fonds de terre qu'ils possédaient dans la ville, près de la porte Serpenoise, et qui était très-propre au dessein qu'elle avait de se retirer avec ses compagnes. Elle y fit bâtir un monastère (604), et se vit bientôt à la tête de cent religieuses. Elle les gouverna six ans avec une sagesse admirable, leur donnant l'exemple d'une humilité profonde, d'une pureté inviolable de mœurs, d'un désintéressement parfait et d'une exacte fidélité pour tous les devoirs de la vie spirituelle.
L'abbaye de Sainte-Glossinde (S. Glodesendis), de l'Ordre de Saint-Benoît, s'appelait d'abord Saint-Pierre de Metz. Elle souffrit beaucoup du siège de cette ville par Charles-Quint, et il fallut en resserrer l'enceinte. En 1739, Marguerite-Éléonore de Hottmann entreprit la réparation presque totale de l'abbaye : elle posa, en 1752, la première pierre de l'église actuelle, bâtie sur l'emplacement de l'ancienne et aujourd'hui chapelle de l'évêché. Ce gracieux monument a beaucoup souffert du vandalisme des Révolutions.
Dieu ne tarda pas à combler la mesure des grâces dont il avait favorisé notre Sainte; et pour la récompenser du pieux usage qu'elle en fit, il l'appela à lui à l'âge de trente ans, vers l'an 608.
On la représente recevant le voile de la main des anges, pendant qu'elle se tenait auprès de l'autel pour échapper à sa famille qui voulait la marier.
SAINT CUCUPHAS DE SCILLITE, MARTYR.
[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]
Sainte Glossinde fut d'abord enterrée dans l'église des Apôtres, comme depuis sous le nom de *Saint-Arnould*, ainsi qu'elle l'avait demandé. Il y avait vingt-cinq ans qu'elle y reposait, lorsqu'elle apparut en songe à une des religieuses de son monastère : la Sainte, debout sur le mur de la cité, tenait dans sa main une pierre qu'elle jeta dans la campagne; elle ordonna à la religieuse d'observer la place où cette pierre tomberait, et d'y bâtir une église en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie. Elle indiqua en même temps l'endroit du rempart où l'on ouvrirait une porte de communication entre cette église et le monastère.
Comme l'abbaye était sous la protection immédiate du roi d'Austrasie, les religieuses n'osèrent rien entreprendre sans en avoir obtenu l'autorisation de Sigiabert II, qui résidait au palais de Metz. Le pieux monarque accueillit favorablement leur demande. Il leur permit d'avoir un cimetière autour de la nouvelle église, et d'y transférer le corps de sainte Glossinde. On le plaça dans un tombeau neuf, au côté droit de l'autel, et l'on vit alors avec admiration qu'il était aussi bien conservé que le jour même où il avait été inhumé. Le corps de sainte Glossinde demeura en cet état jusqu'au temps de Louis le Débonnaire. Les miracles que Dieu y opéra engagèrent Drogon, alors évêque de Metz, à en faire l'exhumation. Il le transféra, en 830, de l'église Notre-Dame dans celle que la Sainte avait elle-même bâtie, et l'exposa à la vénération publique dans une châsse placée derrière le maître-autel.
Cette église, qui portait le nom de saint Sulpice, évêque de Bourges, prit dans la suite celui de Sainte-Glossinde. Jean, abbé de Saint-Arnould, historien de sa vie, rapporte que l'on vit comme une huile d'une odeur agréable couler de son tombeau et se répandre sur toute sa surface; on put même la recueillir et s'en servir pour de pieux usages.
Les religieuses bénédictines de Sainte-Glossinde eurent le bonheur de préserver, à l'époque de la Révolution, les reliques sacrées de leur sainte fondatrice de la profanation des impies, et, au rétablissement du culte, elles les remirent à l'évêque diocésain, qui les fit exposer de nouveau à la vénération des fidèles, dans l'ancienne église de Sainte-Glossinde, qui est aujourd'hui la chapelle de l'évêché, où elles sont renfermées dans un beau reliquaire. On y conserva longtemps le voile de sainte Glossinde, ainsi que l'usage de porter, en souvenir du miracle du voile, ses reliques de son monastère à l'église de Saint-Étienne, où on les plaçait avec grande solennité auprès de celles du saint diacre, martyr.
Nous avons complété le récit du P. Giry avec les Acta Sanctorum et des Notes locales.
Événements marquants
- Refus du mariage et fuite à l'église Saint-Étienne de Metz
- Jeûne de six jours dans le sanctuaire sous la garde de ses parents
- Réception miraculeuse d'un voile sacré par un ange le septième jour
- Retraite à Trèves auprès de sa tante Rothilde
- Fondation du monastère de Saint-Pierre à Metz (604)
- Gouvernance de cent religieuses pendant six ans
Miracles
- Apparition d'un homme au visage angélique lui remettant un voile sacré
- Incorruptibilité du corps constatée 25 ans après sa mort
- Apparition en songe pour demander la construction d'une église
- Huile odoriférante coulant de son tombeau