Sainte Macrine (Magrine)
Vierge à Magné
Résumé
Vierge du IXe siècle issue d'une noble race, Macrine s'établit en Aquitaine avec sa sœur Colombe et leur compagne Pécine. Fuyant les persécutions de seigneurs locaux, elle finit par se retirer dans la solitude de l'île de Magné où elle mourut vers 850. Son culte, resté très vivant dans le Poitou, l'associe à la protection des récoltes et à la guérison des animaux.
Biographie
LES SAINTES MACRINE, PÉZENNE ET COLOMBE,
VIERGES À MAGNÉ, AU DIOCÈSE DE POITIERS (IXe siècle).
Macrine, appelée fort souvent Magrine, Matrine, Materne, et mieux encore, dans le langage populaire surtout, Maigrine, avait pour sœur sainte Colombe. Issues d'une noble race et vouées, dès leur plus tendre jeunesse, aux œuvres de la piété, les deux saintes filles avaient formé le projet de se consacrer tout entières au Seigneur, lorsqu'elles virent arriver près d'elles une compagne animée des mêmes sentiments. C'était Pécine ou Pexine, appelée aussi Pécinine et Persévérande, dont on a fait aujourd'hui Pézanne. Elle était originaire d'Espagne, et c'est ce qui a fait penser que les deux saintes sœurs qu'elle vint rejoindre, pouvaient être sorties du même pays. Elles se rendirent en Aquitaine et vinrent s'établir sur les confins du Poitou, à quelques journées de la ville de Niort. Le bruit de leurs vertus ayant attiré près d'elles de saintes compagnes, elles se firent construire un monastère.
Troublées dans leur solitude par les vexations de seigneurs turbulents, dont sainte Colombe fut même victime, les deux autres vierges prirent la fuite. Après sept jours de marche au travers des forêts et des lieux déserts, accablées de fatigue, elles s'arrêtèrent pour prendre quelque repos ; mais tout à coup Macrine vit sa compagne pâlir et expirer presque sur-le-champ dans ses bras. Aidée par de généraux chrétiens, elle fit transporter les restes de Pécine dans un village tout près de Niort, sur la rive droite de la Sèvre. Ce village, appelé alors Tauniniens, prit plus tard le nom de la Bienheureuse, et c'est aujourd'hui Sainte-Pézanne (Deux-Sèvres).
Cependant Macrine finit par découvrir une retraite profonde : elle s'y établit. Le nom de la Sainte, que portent encore aujourd'hui ces lieux, l'existence des restes d'une antique chapelle, tout confirme sur ce point la tradition populaire. Mais cette retraite n'étant point encore assez sûre, la sainte fille traversa de nouveau la Sèvre, aborda dans la petite île de Magné, et se plaça derrière la ceinture de marais qui formait comme un rempart inaccessible au monde. Ce fut là, sur un plateau sauvage, que Macrine fixa son séjour et qu'elle vécut dans la pratique des plus sublimes vertus. Elle mourut en paix dans sa chère solitude vers l'an 850.
Les populations qu'elle avait édifiées accoururent aussitôt sur sa tombe. Leur reconnaissance éleva des autels à Macrine, nomma de son nom Butte de Sainte-Macrine, le plateau qu'elle avait habité, et ce nom, qu'il porte encore, témoigne de la persévérance d'un culte mérité. Bientôt une chapelle fut construite en l'honneur de la Sainte, et fut desservie par des prêtres que des fondations successives attachèrent à cette œuvre de piété, qui fut l'origine de la collégiale de Magné, établie en 1508. Puis, quand les mauvais jours dispersèrent les ministres de l'autel et les pierres de l'autel lui-même, la tradition survécut à tout ce que la main de l'homme avait détruit ; les ruines se virent honorées, dans leur triste nudité, par de pieux pèlerins qui vénéraient encore le souvenir de ce qu'ils ne pouvaient plus voir ni toucher comme autrefois. Cependant, le calme ayant succédé à l'orage, un heureux hasard fit trouver, il y a une quarantaine d'années, un sarcophage renfermant un squelette de femme dont les précieux restes furent déposés avec soin dans le massif même de l'autel de la chapelle.
7 JUILLET.
Les populations empressées affluaient en certains jours, au 6 juillet surtout, pour invoquer cette vertu puissante dont elles ont maintes fois ressenti les effets. Des attestations dignes de toute confiance portent au nombre de quatre mille le nombre des pèlerins qui visitent annuellement l'ermitage de Macrine, et des hommes graves estiment que cette dévotion a contribué pour beaucoup à conserver un reste de foi au sein des populations des environs, si tourmentées par l'esprit d'indifférence et d'incrédulité.
Parmi les images populaires qui représentent sainte Macrine, il en est deux qui semblent plus que toutes les autres donner la raison de ce culte persévérant des campagnes. L'une reproduit un miracle de charité opéré par Macrine à la prière d'un laboureur dont le bœuf est guéri d'une affreuse blessure. La Sainte est représentée tenant à la main la corne qu'elle va souder au front mutilé du pauvre animal. Dans une autre page, Macrine, sous la forme d'un ange, plane au milieu des airs ; à genoux à la porte de sa chanoinesse, une laborieuse famille invoque la Sainte en faveur de la moisson que prépare dans le lointain la charrue du laboureur, et Macrine, tirant de son tablier des grains féconds, les jette du haut du ciel dans le sillon qu'elle bénit.
Abrégé de la biographie qu'on a donnée M. Ch. de Chargé, dans Les Vies des Saints du Poitou.
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Événements marquants
- Consécration à la piété dès la jeunesse avec sa sœur Colombe
- Arrivée de Pécine (Pézanne) venant d'Espagne
- Établissement d'un monastère en Aquitaine
- Fuite suite aux vexations de seigneurs turbulents
- Mort de sa compagne Pécine dans ses bras après sept jours de marche
- Retraite solitaire dans l'île de Magné derrière les marais
- Mort en paix dans sa solitude vers 850
Miracles
- Soudure miraculeuse de la corne d'un bœuf blessé
- Distribution céleste de grains féconds sur les sillons