Sainte Pharaïlde

Vierge et Patronne de Gand

8ᵉ siècle • sainte

Résumé

Issue d'une illustre famille d'Austrasie, sainte Pharaïlde vécut au VIIIe siècle. Bien que mariée de force, elle garda sa virginité et consacra sa vie à la piété et aux aumônes jusqu'à sa mort à 90 ans. Elle est la sainte patronne de Gand et est associée à plusieurs miracles, dont celui des pains changés en pierre.

Biographie

SAINTE PHARAILDE, VIERGE,

PATRONNE DE GAND.

718. — Pape : Constantin. — Maire du Palais : Pépin d'Héristal.

Sainte Pharaïlde appartenait à une très-illustre famille. Des auteurs croient qu'elle était fille du bienheureux Witger et de sainte Amalberge ; et d'autres supposent que sainte Amalberge, sa mère, avait épousé en premières noces un seigneur d'Austrasie, appelé Thierry, de qui elle eut sainte Pharaïlde. Elle serait par conséquent sœur utérine de sainte Reinelde, de sainte Gudule, et de saint Emebert, évêque de Cambrai. Peut-être le nom d'Amalberge, qu'on rencontre plusieurs fois à cette époque, a-t-il été cause de cette diversité d'opinions sur lesquelles les plus habiles hagiographes eux-mêmes ne sont pas d'accord. Recueillie au sortir des fonts baptismaux par sainte Gertrude, sa parente, et instruite par elle, notre Sainte, dès ses plus tendres années, pratiqua la piété avec une grande ferveur.

Ses parents la marièrent malgré elle. Mais Pharaïlde, persévérant avec énergie dans sa résolution de garder la chasteté, conserva sa virginité pendant tout le temps de son mariage, par un bienfait particulier de Dieu et par la même grâce toute-puissante de l'Esprit-Saint qui avait fait autrefois la gloire de sainte Cécile, et qui fit dans la suite celle de saint Henry, empereur, et de son épouse. Cependant, elle ne négligeait rien pour donner tout son amour à Jésus-Christ. Elle dépensait tous ses biens en aumônes, et macérait son corps par le jeûne et l'oraison. Enfin, vénérable par sa religion et par sa vertu, la Vierge, âgée de 90 ans, émigra de ce monde vers l'époux immortel qu'elle avait préféré à l'époux mortel.

Agelfride, évêque de Liège, revenant de Rome, transporta le corps de cette Sainte de Lorraine dans le monastère de Saint-Bavon, l'an 761. Dans la suite, les religieux de Gand, craignant la fureur des Normands, errèrent en divers lieux, emportant avec eux les reliques de saint Bavon, de sainte Pharaïlde et d'autres Saints. Puis, l'orage passé, ils rapportèrent ces restes précieux à Gand, dans l'église de Château-Neuf, située sur les bords de la rivière de Lys ; plus tard, vers l'an 939, ils furent reportés dans la chapelle de sainte Pharaïlde. Plus tard encore, une partie des reliques de notre Sainte fut transférée dans une église à elle dédiée, à Bruay, près de Valenciennes, au diocèse de Cambrai. La tradition rapporte qu'au village de Bruay, sainte Pharaïlde fit jaillir d'un coup de son fuseau une source abondante ; cette fontaine sort du penchant d'une colline, et ses eaux ont la vertu de guérir les enfants atteints de maladies de langueur. Aussi, tous les vendredis, voit-on dans la chapelle de la Sainte, à l'église de Bruay, des pèlerins qui implorent leur patronne pour la guérison de leurs enfants. Il y a encore, dans cette paroisse, une ancienne confrérie érigée en l'honneur de sainte Pharaïlde et qui a été suivie de tout temps avec piété par les fidèles du village et des pays voisins.

On donne pour attributs à sainte Pharaïlde : 1° une oie ou une cigogne qu'elle porte entre les bras ; 2° des pains changés en pierre. Voici comment, d'après divers auteurs flamands qu'a analysés le Père Cahier, la légende a traduit ces peintures. — Sainte Pharaïlde aurait fait conduire dans sa ferme une volée d'oies sauvages ou de cigognes qui dévastaient les campagnes, et aurait ordonné de les nourrir comme des oiseaux domestiques. C'est de l'oiseau qui caractérise sa patronne que la ville de Gand aurait pris son nom ; car Ghent en flamand et en allemand, ganta dans la basse latinité, gante dans le vieux français, désignent également l'oie ou la cigogne. — Avec un peu de bonne volonté, on retrouverait encore l'oie de sainte Pharaïlde dans le nom d'une autre localité flamande — Steenockerzeel — où il y avait un pèlerinage en son honneur. Dans ce cas, ce nom aurait deux éléments qui se rapporteraient à notre Sainte : la syllabe ock qui serait la même chose que le vieux mot français auque, l'italien occa, l'oqué de Gascogne, l'aucha de la basse latinité, et l'oue ou oie du français semi-moderne et moderne. Quant à la syllabe stein du nom flamand, elle rappellerait les pains de pierre qui servent aussi à caractériser sainte Pharaïlde. On raconte dans les Flandres, que vers le XVIe siècle une pauvre femme malade demanda pour son enfant un pain à sa sœur. Celle-ci eut la dureté de le refuser en disant : « Si j'ai du pain chez moi, je veux qu'il se change en pierres ». Ce vœu imprudent fut exaucé, et la riche avare mourut de faim devant des pains changés en cailloux. On prétend que sainte Pharaïde avait pris la forme de cette pauvre femme pour mettre à l'épreuve sa méchante sœur. Quoi qu'il en soit, on montre encore à Gand les pains de pierre de sainte Pharaïde.

On invoque la patronne de Gand pour la guérison des enfants malades, la prompte confection et la conservation du beurre, et aussi pour la santé du bétail.

Bulloud, tome IV de janvier, page 170.

Événements marquants

  • Éducation par sainte Gertrude
  • Mariage forcé mais conservation de sa virginité
  • Vie de charité et d'ascèse
  • Mort à l'âge de 90 ans
  • Translation des reliques à Gand en 761
  • Translation à Bruay

Miracles

  • Jaillissement d'une source d'un coup de fuseau à Bruay
  • Apprivoisement d'oies sauvages ou cigognes
  • Transformation de pains en pierres pour punir une femme avare

Époque

8ᵉ siècle

Décès

718 (âgée de 90 ans) (naturelle)

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

guérison des enfants malades (maladies de langueur), confection et conservation du beurre, santé du bétail

Autres formes du nom

  • Pharaïlde (fr)
  • Pharaïde (fr)

Prénoms dérivés

Pharaïlde

Famille

  • Witger (père (supposé))
  • Thierry (père (supposé))
  • Amalberge (mère)
  • Sainte Reinelde (sœur)
  • Sainte Gudule (sœur)
  • Saint Emebert (frère)
  • Sainte Gertrude (parente et marraine)