Sainte Gudule (Goule)
Vierge, Patronne de Bruxelles
Résumé
Issue d'une illustre famille sainte du Brabant au VIIe siècle, Gudule fut formée à la piété au monastère de Nivelles. Elle vécut ensuite une vie de prière et de charité à Moorsel, marquée par des miracles comme celui de la lanterne protégée par un ange. Elle est la sainte patronne de Bruxelles, où reposent ses reliques.
Biographie
SAINTE GUDULE
VULGAIREMENT APPELÉE GOULE, VIERGE, PATRONNE DE BRUXELLES
652-710. — Papes : Saint Martin Ier ; Constantin. — Rois de France : Sigebert II ; Childebert III.
Dieu est près de celui qui l'invoque.
Cette Sainte, que la capitale de la religieuse Belgique a adoptée pour sa patronne, descendait d'une des plus illustres familles du Brabant. Elle avait pour père le bienheureux Witger, et pour mère sainte Amalberge. Sa sœur, sainte Reynelda, est aussi connue par sa sainteté et son martyre, comme saint Emébert, son frère, qui succéda à saint Vindicien sur les sièges réunis de Cambrai et d'Arras. Dieu, dit-on, fit connaître à la vénérable mère quelle serait l'éminente vertu de cette enfant qu'elle portait dans son sein. Une nuit, pendant qu'Amalberge reposait, il lui sembla entendre ces paroles : « Bannissez de votre âme les inquiétudes qui la fatiguent ; le fruit qui est en vous est un fruit précieux. C'est Dieu lui-même qui m'envoie du haut des cieux vers vous. Vous serez la mère d'une fille sainte. Je vous dis ces choses parce que c'est là le sujet de votre anxiété. Dès sa plus tendre enfance, elle s'attachera aux exercices de piété, et elle y persévérera jusqu'à la fin. Sa vie sera courte, et elle arrivera promptement au séjour de l'éternelle félicité ».
À son réveil, la bienheureuse mère leva les mains vers le ciel, pour remercier Dieu de cette faveur qu'il venait de lui accorder. Peu de jours après naissait, dans un lieu appelé Ham, auprès d'Alost, cette enfant de bénédiction, à laquelle on s'empressa de donner le sacrement de la régénération. Ce fut sa tante, sainte Gertrude, fille de Pépin de Landen, qui la tint sur les fonts de baptême. Quand elle fut assez âgée, la jeune Gudule alla rejoindre, dans le monastère de Nivelles, sa mère spirituelle, qui s'appliqua à la former à toutes les vertus de son âge.
Une terre si bien préparée, et cultivée par une main si habile, ne pouvait manquer de porter des fruits de salut. Gudule, toute petite encore, ne se plaisait que dans les pieux entretiens, dans la lecture des livres de religion ; et elle goûtait un bonheur inexprimable dans la méditation des divines Écritures. « Semblable », dit l'auteur de sa vie, « à l'abeille intelligente, elle renfermait dans la ruche de son cœur le suc des fleurs des vertus, pour en composer les rayons de toutes sortes de bonnes œuvres ».
La jeune vierge faisait de rapides progrès dans la perfection. « Chaste de corps et d'esprit, affable envers tout le monde, d'une prudence admirable, elle excellait aussi dans la patience, l'humilité, la douceur et la piété ».
Rentrée dans sa famille, après la mort de sainte Gertrude (664), Gudule fit la consolation de ses parents, qui ne pouvaient assez admirer les trésors de
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sagesse qu'elle avait déjà acquis. Comme sa sœur sainte Reynelde, elle soupirait après le moment où il lui serait permis de se consacrer au service de Dieu. Aussi profita-t-elle avec joie de la facilité que lui laissèrent bientôt ses parents d'aller vivre dans une solitude paisible et ignorée. Le bienheureux Witger se retira, vers la fin de sa vie, dans le monastère de Lobbes, pour s'y préparer à la mort, et son épouse, sainte Amalberge, alla elle-même au monastère de Maubeuge pour attendre en paix le jour où Dieu l'appellerait à lui. Ce fut dans ce temps que sainte Gudule, après avoir, comme sa sœur, consacré à Dieu une partie de ses biens, se retira dans une villa appelée Moorsel, à peu de distance de Ham. Pour rendre ses prières plus efficaces, elle y joignait ordinairement quelques pénitences corporelles, celle-ci entre autres : quelque extrême froid qu'il pût faire, elle allait en cette église les pieds nus ; mais pour éviter la vaine gloire, elle se les couvrait par-dessus. Une fois donc que le prêtre de ce lieu s'en aperçut, il lui alla présenter ses gants pour les mettre sous la plante de ses pieds, sur le carreau ; Gudule les prit par modestie et l'en remercia, mais il ne fut pas si tôt retourné, qu'elle les jeta à l'écart pour ne pas s'en servir ; et alors, par une merveille de Dieu, qui voulait faire paraître la vertu de sa servante, ces gants demeurèrent en l'air accrochés à un rayon de soleil, l'espace de plus d'une heure. Ce lieu, où l'on voyait un oratoire élevé au saint Sauveur, devint en peu de temps comme le rendez-vous de tous ceux qui étaient dans la nécessité. Les pauvres venaient exposer leurs besoins à la Sainte et recevoir de sa main les dons de la charité. Les malheureux trouvaient aussi des soulagements auprès d'elle, et des consolations qui ramenaient la paix et la joie dans leur âme abattue. Tous, en un mot, quelle que fût leur affliction ou leur infirmité, s'efforçaient d'arriver jusqu'à elle, dans la ferme espérance qu'ils avaient d'en être secourus. Mais pendant que la vertueuse Gudule prodiguait ainsi ses soins aux pauvres de Jésus-Christ, elle-même était soumise à une affliction bien pénible pour son cœur. Sans cesse l'esprit de ténèbres venait la troubler par mille pensées importunes. Tantôt il lui représentait la faiblesse de son corps, qui ne pourrait supporter longtemps les mortifications qu'elle lui imposait ; tantôt il lui montrait la difficulté, l'impossibilité même de persévérer dans le genre de vie qu'elle avait embrassé ; d'autres fois il s'efforçait d'entraîner le cœur de la jeune vierge vers les vaines et frivoles affections de la terre ; mais sa ferveur, son courage et la constance de son âme la portaient aussitôt à recourir à la prière comme au plus puissant remède contre ces tentations du démon. Après ces épreuves qui n'avaient fait qu'augmenter encore ses mérites, Dieu remplit le cœur de sainte Gudule des consolations spirituelles qu'il répand d'ordinaire dans les âmes qui ont généreusement combattu pour son amour. Il lui accorda même le don des miracles. Ces faveurs spirituelles, qui continueront auprès de son tombeau, faisaient déjà la consolation des habitants de la contrée. Ils venaient se recommander avec confiance aux prières de la sainte, et lui demander, pour eux-mêmes ou pour leurs proches, la guérison des maladies dont ils étaient attaqués.
Un jour qu'elle sortait de l'oratoire de Moorsel, une femme pauvre accourut vers elle, la suppliant de demander à Dieu la guérison de son enfant tout estropié. La sainte reçut avec bonté cette mère affligée, et prenant l'enfant entre ses bras, elle adressa au ciel une prière. Presque au même moment l'enfant s'agite, essaie de marcher et se jette entre les bras de sa mère, n'ayant plus la moindre apparence d'infirmité. Une autre fois, la Sainte étant en oraison, une femme toute rongée de lèpre la supplia de la guérir : elle pria Dieu et étendit ses mains sur elle, et aussitôt la peau de
cette malheureuse devint belle et parfaitement nette. Le bruit de ces guérisons se répandit rapidement dans tout le pays, et attira encore, auprès de l'humble vierge de Moorsel, un plus grand nombre de personnes, qui venaient réclamer son intercession auprès de Dieu.
Ainsi s'écoula dans la pratique des vertus et des bonnes œuvres la vie de la bienheureuse Gudule. Déjà mûre pour le ciel, quoique dans un âge peu avancé, elle se préparait toujours avec ferveur à l'arrivée du céleste époux des âmes. Sans cesse elle soupirait après ce séjour de bonheur, où il lui serait donné de jouir de Dieu sans partage, et de le contempler face à face pendant l'éternité. Elle s'endormit paisiblement dans le Seigneur le huit janvier, vers l'année 740. Ses funérailles furent célébrées au milieu d'un immense concours d'habitants du pays. L'on remarquait surtout une multitude de pauvres, qui ne savaient comment exprimer la douleur que leur causait la mort de leur bienfaitrice. Tous, les larmes aux yeux, rappelaient les bienfaits et les secours qu'ils en avaient reçus, les consolations qu'elle leur donnait, et les pensées chrétiennes qu'elle leur inspirait.
C'est à Ham, près d'Alost, que fut enterrée sainte Gudule. Dans la foule accourue pour assister à cette cérémonie, il se trouva un homme que l'esprit de cupidité tenta, et qui se laissa entraîner à un crime. Ayant remarqué que le corps de la Sainte était enveloppé dans des étoffes précieuses, il conçut le projet de les enlever. La troisième nuit après l'inhumation, il s'introduisit secrètement dans le lieu où le corps avait été déposé; et, sans que nulle crainte divine ou humaine fût capable de le retenir, il déroba tout ce qui avait été renfermé dans le tombeau. À la nouvelle de ce sacrilège attentat, une indignation générale éclata dans toute la contrée. Saint Emébert, évêque de Cambrai et d'Arras, et frère de sainte Gudule, prononça une sentence d'excommunication contre celui qui avait eu l'audace de violer un tombeau. Une maladie extraordinaire, châtiment visible du ciel, suivit de près cette condamnation : elle força le coupable à reconnaître son crime et à l'expier par une sincère pénitence.
Lorsque le corps de sainte Gudule fut porté en terre au village de Ham, un arbre, qui était proche de là, fleurit au milieu de l'hiver. Quand on voulut transporter ses reliques au collège de Nivelle, elles ne purent être tirées du lieu où elles étaient; mais lorsque l'on eut résolu de porter le cercueil à la chapelle du Sauveur, qui était à Moorsel, où la Sainte avait tant versé de larmes et prié si dévotement, l'on n'eut plus de peine à en faire la translation. Cette cérémonie fut signalée par un événement miraculeux : car, l'arbre qui avait fleuri auprès de son tombeau par une vertu divine s'arracha de lui-même du lieu où il était, et s'alla transplanter, tout couvert de fleurs, devant la porte de cette église; ce qui excita l'empereur Charlemagne à faire bâtir une maison religieuse en l'honneur de la Sainte. On raconte qu'un jour, ce prince étant à la chasse de l'ours, en poursuivait un de prodigieuse grosseur, qui, ne pouvant plus échapper des mains des chasseurs, se jeta dans cette église; et depuis, cet animal ne voulut point abandonner ce lieu, mais demeura parmi ces sages vierges, non comme un ours furieux, mais plus doux qu'un agneau.
Le corps de sainte Gudule reposa longtemps dans la chapelle du Sauveur, à Moorsel, où elle avait souvent répandu son âme en prières devant le Seigneur. L'empereur Charlemagne y fonda lui-même un monastère, que les Normands détruisirent durant leurs invasions. Toutefois ces précieuses reliques y restèrent jusqu'en 996, époque où Charles de Lorraine, frère du roi de France Lothaire, les fit transporter dans l'église de saint Géry, à
S. CLAUDE APOLLINAIRE, ÉV., APOLOGISTE DE LA RELIGION CHRÉTIENNE. 229
Bruxelles. Dans la suite, l'évêque de Cambrai les transféra dans celle de Saint-Michel, qui a pris depuis le nom de Sainte-Gudule. C'est de là que les hérétiques les enlevèrent, pour les disperser avec celles de beaucoup d'autres saints, en 1579, année tristement célèbre par tant de sacrilèges profanations : on en put sauver une petite partie qui se trouve aujourd'hui sur le maître-autel de la belle cathédrale de Bruxelles, dédiée à notre Sainte.
On a représenté sainte Gudule travaillant à un métier à broder ; sa coiffure semble entourée d'une couronne de lauriers ; — un ange entretient sa lampe, que le diable s'efforce d'éteindre. Cette lampe est le plus souvent une lanterne ou falot, car on raconte d'elle ce que l'on raconte de sainte Geneviève, à savoir que se rendant à l'église dès le chant du coq, le démon, impatienté de la voir si matinale, s'avisa de souffler la lumière conductrice ; mais le bien puni ce fut lui, puisqu'un ange vint mettre fin à ses méchants tours ; à moins que l'on ne préfère voir dans cette lampe, ce falot ou cette lanterne le symbole sous lequel l'Évangile lui-même désigne les Vierges sages et leurs imitatrices. On trouvera encore notre Sainte dans un même groupe formé par elle, sa mère, sainte Amalberge, et sa sœur, sainte Reinele ou Rainilde.
La vie de sainte Gudule, d'après un manuscrit autrefois conservé au collège des Jésuites de Bruges a été écrite dans le XIXe siècle par un moine de Lobes, nommé Hubert, peu de temps après la translation des reliques de la Sainte à l'église collégiale de Saint-Michel à Bruxelles. Cette vie se trouve dans la grande collection des Hollandistes, tom. 1er, Jon ; les éditeurs des Acts N.S. België Selecta l'ont enrichie de nouvelles remarques, tom. v, pag. 667-725. On trouve encore une légende anonyme de la Sainte dans la collection de Sarias. Voyez aussi Betillet et la vie de la Sainte, imprimée à Bruxelles en 1763.
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## LE PROPHÈTE SÉMÉI (an 924 avant Jésus-Christ).
Séméias ou Séméi, prophète, qui, dans le IIIe livre des Rois, est appelé homme de Dieu, florissait sous Roboam, roi de Juda. Ce prince avait assemblé une armée nombreuse destinée à marcher contre Jéroboam et les dix tribus qui s'étaient constituées en royaume ; mais Séméias vint lui signifier, de la part de Dieu, de ne pas faire la guerre aux tribus qui avaient secoué le joug, et qui s'étaient donné un nouveau roi, en punition de l'infidélité de Salomon. Roboam déféra à l'autorité du prophète, et la guerre n'eut pas lieu. Quelques années après, Sésac, roi d'Égypte, ayant marché contre Jérusalem, se disposait à assiéger cette ville, où le roi Juda s'était réfugié avec les principaux de sa cour, et où ils se croyaient en sûreté derrière ses remparts. Séméias vint déclarer au roi que Dieu, pour le punir de ce qu'il avait abandonné sa loi, l'abandonnait lui-même au pouvoir de Sésac. Cette menace fit impression sur le cœur du prince ; il s'humilia et reconnut qu'il avait mérité cette punition. L'arrêt que le Seigneur avait porté contre lui par la bouche de son prophète ne fut pas exécuté dans toute sa rigueur, et Sésac ayant pénétré dans la ville, se contenta de piller le temple et le palais du roi. Séméias mourut vers l'an 930 avant Jésus-Christ ; il est nommé dans plusieurs calendriers sous le 8 janvier.
III Reg., xii, 24 ; II Paralip., xi, 4 ; III Reg., xi ; II Paral., xiii, 7.
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## S. CLAUDE APOLLINAIRE, ÉV., APOLOGISTE DE LA RELIG. CHRÉT. (180)
Claude Apollinaire, évêque d'Hiérapolis, en Phrygie, a été regardé de tout temps comme l'une des plus grandes lumières de l'Église primitive. Mais il ne nous reste plus rien de ses écrits, ni aucune histoire de sa vie. Nous voyons seulement qu'il a reçu de grands éloges des anciens auteurs. Les hérétiques trouvèrent toujours en lui un ennemi redoutable. Il composa de savants traités, où il réfutait, sans réplique, leurs systèmes impies ; et, afin de leur ôter tout subterfuge, il faisait voir dans quelle secte de philosophes chacun avait puisé ses erreurs. Il combattait surtout les erreurs de
Tatien, espèce de stoïcisme chrétien, qui portait le nom d'encratisme, continence; où l'on prohibait l'usage du vin, le mariage, et où l'on enseignait que Jésus-Christ n'avait souffert qu'en apparence, etc.; celles de Montan, qui devança Mahomet en prétendant que les révélations de Moïse et de Jésus-Christ étaient insuffisantes, que le Saint-Esprit était descendu en lui et dans deux femmes, Priscille et Maximille, et en cachant sous des dehors austères les mœurs les plus dissolues, etc.
Vers 177, il présenta à Marc-Aurèle une apologie pleine de raison, d'éloquence et surtout d'à-propos en faveur des chrétiens persécutés; il rappelle à ce prince que dans son expédition contre les Marcomans et les Quades, resserré par ces ennemis en Allemagne, il avait obtenu par les prières d'une légion chrétienne (la légion Mélitine ou Fulminante), une pluie abondante qui désaltéra son armée mourante de soif.
Warburton a démontré la vérité de ce miracle contre les mauvaises plaisanteries de Voltaire. Werton, autre anglais, protestant, l'a également établie dans une dissertation publiée en 1748, contre Le Clerc et Bayle. Les païens du temps avaient moins d'impudence: ils n'ont point nié le fait; seulement Porphyre et Claudien l'ont attribué à la magie. Tertullien en parle comme d'un fait public et incontestable, et renvoie deux fois les Romains à la lettre de Marc-Aurèle, qui le rapporte, en fait honneur aux prières des chrétiens, et ordonne, en cette considération, de cesser pour un temps la persécution. L'original de cet édit existait encore lorsque Tertullien et saint Jérôme écrivaient.
Saint Apollinaire mourut vers l'an 180.
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Événements marquants
- Naissance à Ham auprès d'Alost
- Baptême par sa tante sainte Gertrude
- Éducation au monastère de Nivelles
- Retraite à la villa de Moorsel après la mort de sainte Gertrude
- Vie de pénitence et de charité envers les pauvres
- Mort et inhumation à Ham
- Translation des reliques à Moorsel, puis Bruxelles
Miracles
- Gants suspendus à un rayon de soleil
- Guérison d'un enfant estropié
- Guérison d'une femme lépreuse
- Arbre fleurissant en hiver près de son tombeau
- Translation miraculeuse de l'arbre fleuri
- Ours sauvage devenant doux comme un agneau dans son église
- Ange rallumant sa lanterne éteinte par le démon