Sainte Spérie (Sérène)

Vierge et Martyre, Patronne de Saint-Céré

Fête : 12 octobre 8ᵉ siècle • sainte

Résumé

Princesse du Quercy au VIIIe siècle, Spérie s'enfuit dans la forêt de Leyme pour échapper à un mariage forcé avec son cousin Hélidius. Après trois mois de vie érémitique dans un chêne, elle est retrouvée et décapitée par son prétendant éconduit. La légende rapporte qu'elle porta sa tête jusqu'au lieu de sa sépulture, où jaillit une fontaine.

Biographie

SAINTE SPÉRIE, VIERGE ET MARTYRE,

PATRONNE DE SAINT-CÉRÉ, AU DIOCÈSE DE CAHORS

12 OCTOBRE.

pondre, et court s'enfermer dans sa chambre, où, après s'être livrée quelque temps aux sanglots, elle fit à Dieu cette prière : « Seigneur, qui seul connaissez le lien indissoluble qui m'a pour toujours unie à vous, voyez les angoisses et les périls qui m'environnent de toutes parts, et soyez dans ce moment mon refuge, mon conseil et ma force ». Après cette courte mais ardente prière, elle se sentit inspirée de renouveler son vœu et de se retirer dans quelque solitude où elle offrirait en paix le perpétuel holocauste de son cœur.

Obéissante à la voix de son époux qui l'appelait au désert, Spérie quitte ses riches habits, ces superbes atours auxquels sa haute condition l'avait jusque-là condamnée, et qu'elle avait toujours envisagés comme l'écueil de sa profonde humilité, se travestit en paysanne, afin de n'être pas reconnue, et, accompagnée d'une suivante qui portait quelques vivres, elle quitte secrètement le château, descend en diligence la rude montagne de Saint-Sérène, traverse la Bave qui en baigne le pied, et entre dans la vaste solitude de Leyme où, après avoir erré quelques jours, elle fixa sa retraite. Ce fut dans cette horrible forêt que l'Esprit de Dieu conduisit les pas de la vierge où, venant de quitter les appartements dorés de ses ancêtres, elle se logea dans le tronc d'un vieux chêne qui la garantissait des injures de l'air et lui servait de temple où elle passait une grande partie des nuits à veiller et à prier, et, pendant le court espace de temps que la Sainte accordait au sommeil, elle reposait sur un lit de mousse et de feuillages qu'elle y avait amoncelés. Accoutumée à vivre splendidement et à converser avec des personnes de distinction, la jeune Spérie mortifiait son corps délicat par des jeûnes rigoureux, et n'avait, dans cette sombre et silencieuse forêt, d'autre compagnie que celle des bêtes sauvages, ni d'autres délassements que le chant des cantiques divins embellis des accents d'une voix mélodieuse à laquelle répondaient les échos de la solitude.

La fidèle compagnie de sa fuite, après avoir soigneusement remarqué l'arbre et les lieux environnants, retourna à Saint-Sérène, d'où elle lui apportait, à des temps marqués, une partie de la nourriture qui lui était nécessaire, et ne révéla qu'après la mort de la Sainte, les merveilles dont elle seule fut témoin.

Au milieu de ces austérités, l'ennemi du salut, qui multiplie les attaques et en redouble la violence à proportion de la fermeté et des résistances que lui opposent les élus, venait de temps en temps troubler l'imagination de la Vierge : tantôt il lui représentait que sa retraite au désert était peut-être l'effet d'une illusion, que la virginité n'était ni la meilleure voie ni la plus sûre pour le salut, parce que le Créateur avait ordonné aux premiers habitants de la terre de croître et de se multiplier, que c'était agir contre ses vues de ne pas se prêter au mariage arrêté avec Hélidius qui la rendrait mère d'une nombreuse famille qui serait élevée dans la crainte du Seigneur, qu'elle seule ne pourrait jamais lui rendre autant de gloire qu'une nombreuse prospérité, et que, si tout le monde gardait le célibat, la terre serait bientôt réduite en solitude ; tantôt il rappelait à sa mémoire toutes les déplorables circonstances de la dernière guerre prête à se rallumer, si elle persistait dans sa résolution ; qu'elle serait responsable de tout le sang qui

allait être répandu, de tous les incendies et brigandages qui pourraient se commettre, et que, quand même elle se sentirait de l'attrait pour le célibat, ce goût particulier devait être sacrifié au bien public.

A toutes ces suggestions du malin esprit, la Sainte opposait de ferventes prières, invoquant les noms sacrés des personnes divines et imprimant sur son front le signe auguste de notre rédemption : « Non », s'écriait-elle quelquefois, « je n'ai pas été conduite au désert par un esprit d'erreur, puisque je ne m'y suis retirée que pour conserver cette chasteté que j'ai vouée à Jésus-Christ, et, en prononçant ce vœu, je n'ai fait qu'obéir à cette douce invitation qu'il me semblait entendre depuis mon enfance : « Ma fille, donne-moi ton cœur ». Le mariage est bon et saint, sans doute, mais l'état auquel il a daigné m'appeler est encore plus parfait et plus agréable au Seigneur, puisqu'il le compare à la vie que mènent les anges dans le ciel, et que, pour l'honorer, il a voulu naître d'une vierge et choisir pour bien-aimé un apôtre vierge. En ordonnant à nos premiers parents de se multiplier, il n'a donc pas soumis chacun de leurs descendants à la même loi. Je me suis irrévocablement engagée à n'aimer que vous, à mon Dieu, et vous m'êtes témoin que, si je refuse la main d'Hélidius, c'est pour ne pas rompre le vœu que j'ai fait de mon propre et libre choix. Rien au monde ne pourra désormais me détacher de votre service auquel je me suis consacrée tout entière ; oui, plutôt mourir que de jeter un regard profane vers ce monde que je m'estime mille fois heureuse d'avoir abandonné ». C'est ainsi que la vierge Spérie vécut au désert depuis la mi-juillet jusqu'au douze octobre.

Cependant Clarus, après la fuite précipitée de sa sœur qui était partie sans lui communiquer son dessein, fut en d'étranges perplexités : il pensa d'abord qu'éprise de quelqu'autre jeune chevalier, elle avait pris la fuite afin d'éviter les recherches d'Hélidius pour lequel elle avait toujours montré de l'éloignement. Pour rendre donc à son cousin les bons offices qu'il lui avait promis, Clarus parcourut les montagnes de l'Auvergne, les quartiers du Quercy, du Rouergue et du Limousin, visita toutes les villes et châteaux où il soupçonnait que Spérie pouvait s'être réfugiée ; mais personne ne put lui en donner aucune nouvelle, et tout le monde demeurait étonné d'un départ si extraordinaire. Après trois mois de courses inutiles, Clarus revint chez lui plus chagrin et plus agité que jamais, croyant qu'elle s'était peut-être donné la mort pour ne pas tomber sous le pouvoir d'un homme qui jusqu'alors avait fait tant de mal à leur famille.

Quelque temps après, de concert avec Hélidius, il réunit tous ses vassaux pour explorer avec eux les forêts voisines où il pensait qu'elle s'était réfugiée. Ils avaient déjà parcouru les deux tiers de la forêt, et le soleil avait fait la moitié de sa course, lorsque l'un d'eux, pressé de la soif, rencontre une rigole où coulait une eau pure ; voulant se désaltérer à la source même qu'il jugea n'être pas éloignée, l'espion se mit à suivre le canal qui le conduisit auprès d'un chêne d'une grosseur remarquable ; après qu'il eut étanché sa soif, continuant sa tâche, il avance la tête vers l'ouverture du chêne, à surprise ! il y voit Spérie à genoux, les yeux au ciel, et priant si attentivement qu'elle ne l'aperçut pas. Il revient sur ses pas sans lui avoir adressé la parole et court en porter la nouvelle à Clarus qui s'écria avec l'accent de la joie : « Spérie est trouvée » ; ce cri, répété de proche en proche, arrive en un instant aux oreilles d'Hélidius, qui était à l'extrémité de la forêt. Les recherches cessent aussitôt, tous les vassaux impatients de revoir la fille et la sœur de leur seigneur, se réunissent à leurs chefs qui, guidés par

l'auteur de la découverte, se rendent au chêne où ils trouvent la vierge encore en oraison : elle était si étrangement défigurée par les jeûnes et les austérités, les vieux habits qu'elle portait déguisaient tellement sa physionomie, qu'ils eurent d'abord quelque peine à la reconnaître. Claros la supplia avec larmes de revenir à la maison paternelle et de donner sa main à Hélidius, pour mettre à leur réconciliation le sceau de l'union conjugale.

Mais Spérie immobile ne laissa échapper aucun signe de trouble ou d'émotion, annonçant par son maintien le calme de son âme et la fermeté de sa résolution ; puis avec un visage où régnaient la sérénité et la douceur, elle répondit : « Très-cher frère, si depuis longtemps je n'avais renoncé au monde, les raisons que vous alléguez contre ma retraite seraient suffisantes pour m'engager à rentrer chez vous, afin d'y mener le genre de vie que vous me proposez ; mais ayant par un vœu secret promis de n'avoir d'autre époux que mon Sauveur Jésus, je ne puis plus rentrer dans le commerce du monde que j'ai abandonné avec juste raison ; car, vous le savez, la vertu sans cesse exposée à ses mépris, ou au torrent de ses mauvais exemples, court risque d'y faire naufrage. Ah ! s'il vous était donné de goûter combien est douce la vie solitaire que je mène, loin d'en blâmer l'austérité, vous la préfériez à tous les bruyants plaisirs du siècle.

« Jetez les yeux sur ces hêtres dont la cime paraît toucher aux nues, sur ces chênes, sur ces châtaigniers qui étendent leurs branches et balancent leurs rameaux chargés de fruits ; là se jouent les agiles écureuils, là des milliers d'oiseaux chantent les louanges du Créateur et font entendre les plus agréables concerts. Comparez ces êtres animés à ceux que les peintres ont essayé de représenter dans vos salons ; voyez ces arbres, ces rochers, ces fontaines en réalité, de combien surpassent-ils ceux que les artistes ont placés dans vos appartements ; mais ce qui est ici plus attrayant que tous ces magnifiques spectacles, c'est que j'y jouis d'un repos intérieur, d'une tranquillité d'âme inconnus à ceux qui se laissent emporter aux agitations et aux sollicitudes du siècle. Laissez-moi donc en paix, cher frère, dans cette solitude où je me crois la plus heureuse de la terre ».

Claros, outré de voir sa sœur persévérer dans ses refus qu'il croyait fondés sur des motifs controuvés, donnant un libre cours à l'indignation qu'il avait d'abord su contenir dans son cœur, éclata en ces termes : « Je ne me paie point des sottes rêveries d'un cerveau dérangé ; votre sort dépend de ma volonté ; à l'âge où vous êtes, il ne vous appartient pas de choisir ; je l'ai fait pour vous, il ne vous reste qu'à obéir ; le mariage avec Hélidius vous convient, que cela suffise ; manifestez ici votre adhésion, ou bien résignez-vous à souffrir tous les maux que ma juste colère pourra vous susciter, et, si les plus rudes traitements ne peuvent vaincre votre opiniâtreté, je ne serai plus pour vous ce frère qui vous aimait si tendrement ; comptez que je serai votre bourreau, et que de ma propre main je répandrai votre sang pour vous faire expier tous les chagrins que vous me causez ».

« Le sang que vous menacez de verser », dit Spérie d'une voix ferme et avec un visage assuré, « ne m'appartient pas, il est à Jésus-Christ auquel je l'ai consacré ; je m'estimerais heureuse de le répandre jusqu'à la dernière goutte, s'il doit procurer sa gloire et vous montrer jusqu'où peut porter l'amour divin dont ce sang est tout enflammé ; je sais qu'un moment d'affliction me procurerait une gloire incomparable et qui n'aura jamais de fin. Si votre colère ne peut être assouvie que par ma mort, abandonnez-vous à sa brutale impulsion, mais sachez, malheureux ! que ce moment de vengeance vous coûtera une éternité de supplices ».

À cette réponse pleine d'énergie, le frère furieux et plus emporté qu'auparavant, se tourne vers Hélidius : « Vengeons », dit-il, « cher cousin, vengeons tous deux cette injure qui nous est commune ; je te l'ai promis et je tiendrai ma parole : ma sœur sera ton épouse de gré ou de force ; elle va te le promettre, ou bien tu la verras tomber morte à mes pieds ». — Hélidius, alternativement en proie aux accès de l'amour et de la rage, rompit enfin le silence : « Il faut te résoudre à me donner satisfaction », dit-il en s'adressant à Spérie, « ou bien mon amour va se changer en cruauté, et cette tête où tu as conçu ce mépris va être abattue ; en deux mots : où tu seras mon épouse, ou tu ne le seras d'aucun ». — « Oui », répondit-elle, « je serais à vous, Hélidius, si je devais être l'épouse d'un homme mortel ; mais je ne puis être et ne serai jamais alliée qu'à Jésus auquel j'ai donné mon cœur et ma vie ». En disant ces mots, elle se retira à l'écart, se mit à genoux, leva les yeux au ciel, et fit à Dieu cette prière : « Seigneur, c'est en vous que j'ai espéré depuis mon enfance, ne permettez pas que je sois confondue, mais prêtez une oreille attentive à mes humbles prières ; soyez mon protecteur, mon refuge et ma force, délivrez-moi des pièges que viennent me tendre les ennemis de mon salut ; Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ».

Alors Hélidius, poussé par la fureur et le désespoir, s'avance à grands pas, prend d'une main la Sainte par les cheveux, et de l'autre lui décharge sur la tête un rude coup de cimeterre. Son sang innocent coule en abondance ; son corps, ses habits en sont teints, la terre en est arrosée, il rejaillit même sur les meurtriers qui ont encore la férocité de contempler quelques instants la victime de leur barbarie ; mais bientôt l'effroi s'empare de leur âme, ils prennent la fuite à travers la forêt, et vont se cacher dans les montagnes de l'Auvergne et du Quercy, jusqu'à ce que, par ordre de Vaître, duc d'Aquitaine, ils furent arrêtés et punis du dernier supplice.

On rapporte que la Sainte releva de ses deux mains la tête qui avait été séparée du tronc, qu'elle la porta depuis le lieu de son martyre jusqu'à la fontaine auprès de laquelle son corps fut enseveli et qui depuis a retenu le nom de Fontaine de sainte Spérie ; on voit aujourd'hui ce précieux monument conservé depuis plus de mille ans avec un soin religieux dans une crypte, sous le pavé de l'église paroissiale de Saint-Céré. Le ruisseau sur les bords duquel fut commise cette atrocité, fut longtemps appelé le Ruisseau des Barbares, en mémoire de cette barbare action.

Ainsi mourut sainte Spérie, âgée d'environ vingt ans, l'an de Jésus-Christ 760, le 12 octobre, jour auquel dans le diocèse on a toujours depuis fait l'office de la Sainte.

Un tableau d'une assez grande dimension placé dans la nef de l'église de Saint-Céré, près l'autel de Saint-Jacques, représente d'un côté la Vierge Marie en pleurs, se tenant debout aux pieds d'un grand Christ, et de l'autre le tronc de sainte Spérie, à genoux, tenant à la main droite sa tête ensanglantée. Elle est encore représentée sortant de la forêt, sa tête à la main, sur une de ces vieilles tapisseries qui couvrent les murailles latérales du chœur. L'ancien écusson du banc des marguillers, encadré aujourd'hui dans le nouveau banc de l'œuvre, montre, en demi-bosse, le tronc de sainte Spérie debout, tenant sa tête entre ses mains.

12 OCTOBRE.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

Peu après la mort de sainte Spérie, dont le corps fut enseveli auprès de la fontaine qui depuis a porté son nom, on bâtit une chapelle qui comprenait le tombeau et la fontaine entre ses murs, pour y célébrer tous les ans le jour de son martyre, et satisfaire la dévotion de ceux qui s'y rendaient sans cesse afin d'obtenir par son intercession la santé du corps ou les grâces spirituelles dont ils pouvaient avoir besoin.

Le bruit des merveilles qui s'opéraient tous les jours à Sainte-Spérie augmenta de plus en plus ce concours, et, avec les offrandes que les chrétiens y déposaient, on fit construire des hôtelleries pour loger une partie de ceux qui venaient visiter le tombeau de la Sainte. L'affluence des pèlerins qui lui étaient dévoués et dont le nombre allait toujours croissant fit que l'on essaya le terrain attenant à la chapelle, pour y bâtir des maisons.

La chapelle étant devenue bientôt insuffisante pour contenir les nombreux habitants du bourg ou les étrangers, on fit construire sur le même lieu une grande église en l'honneur et sous l'invocation de sainte Spérie. L'église avec la bourgade qui en dépendait fut dans la suite cédée aux religieux bénédictins de Carenuse ; enfin l'industrie et le commerce succédant insensiblement à tous ces mouvements qu'inspirait la piété, la bonté du terrain que la culture rendait tous les jours plus fertile, donnèrent l'accroissement à cette ville qui a retenu le nom de Sainte-Spérie jusqu'au XVIIIe siècle et qu'elle quitta après que la châtellenie de Saint-Séréne ou Saint-Seren, comme on l'écrivait dans le moyen âge, ayant passé à la maison de Turenne, le château cessa d'être habité, le siège de la justice fut transféré à la ville de Sainte-Spérie qui se trouvait dans ses dépendances et conserva toujours le nom de châtellenie de Saint-Seren ; cette dénomination passa insensiblement des actes judiciaires ou notariés dans la bouche du public qui bientôt oublia cette translation et s'accoutuma à donner à la ville le nom qu'il trouvait dans les actes publics, ôta à la ville de Sainte-Spérie son vrai nom pour lui substituer celui de l'ancien château qu'on a même quelque peine à retrouver dans la manière actuelle d'écrire Saint-Céré. C'est ainsi que la Sainte a comblé de faveurs la ville qui lui doit sa naissance.

Depuis bien longtemps l'église de Sainte-Spérie ne possède plus les reliques de sa patronne. Une tradition orale assez unanime et quelques manuscrits des derniers siècles, qui ne citent aucun garant, portent que les Anglais les enlevèrent lorsqu'ils furent forcés d'évacuer le Quercy et qu'ils les laissèrent en Espagne. Quoi qu'il en soit, il résulte de documents divers :

1° Que les reliques de sainte Spérie Sérène ont existé au monastère de Lesterps, alors au diocèse de Limoges, aujourd'hui Lesterps, diocèse d'Angoulême. La patronne de Saint-Céré étant la seule qui ait porté ces noms, et aucune autre Sainte portant le nom de Spérie ou celui de Sérène ne se trouvant dans le martyrologe romain, il devient à peu près certain que ces reliques étaient celles de sainte Spérie de Saint-Séréne, fille de Sérène ; car, d'après tous les écrits concernant cette Sainte, Spérie était son nom de baptême et Sérène est employé pour désigner le nom de sa famille ou le lieu d'où elle était. De plus, il est constant que sa famille, le château et la seigneurie ont porté le nom de Saint-Serenus tant qu'on a écrit les Actes en latin, et celui de Saint-Séren lorsqu'on a commencé à les écrire en français. Il est donc naturel de penser que ces reliques ayant été laissées à Lesterps par les Anglais, au lieu de continuer à les nommer reliques de sainte Spérie Sérène, on s'y habitua peu à peu à les nommer, par abréviation, reliques de sainte Sérène ;

2° Les Anglais ayant été définitivement chassés du Quercy en 1451, c'est vraisemblablement cette année-là que les reliques de sainte Spérie furent ravies à la paroisse de Saint-Céré et portées à l'abbaye de Lesterps ; c'était le chemin à peu près direct pour aller du Quercy en Angleterre ;

3° La ville de Poitiers ayant été assiégée par les Calvinistes en 1569, il s'ensuit que l'église de Lesterps et les reliques qu'elle contenait furent brûlées à cette époque, et que malheureusement nous ne pouvons plus conserver l'espoir de les retrouver.

Nous avons extrait cette biographie de la Vie de sainte Spérie, par M. l'abbé Paramelle, et de Notes inédites dues à l'obligeance du même auteur.

Événements marquants

  • Vœu de virginité secret dès l'enfance
  • Refus du mariage avec Hélidius
  • Fuite du château de Saint-Sérène travestie en paysanne
  • Retraite érémitique dans le tronc d'un chêne en forêt de Leyme
  • Découverte par un vassal après trois mois de recherche
  • Martyre par décapitation par Hélidius
  • Céphalophorie : porte sa tête jusqu'à une fontaine

Miracles

  • Céphalophorie (porte sa tête après décapitation)
  • Source miraculeuse (Fontaine de sainte Spérie)

Citations

Le sang que vous menacez de verser ne m'appartient pas, il est à Jésus-Christ auquel je l'ai consacré.

— Paroles attribuées à la sainte avant son martyre

Date de fête

12 octobre

Époque

8ᵉ siècle

Décès

12 octobre 760 (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

santé du corps, grâces spirituelles

Autres formes du nom

  • Sérène (fr)
  • Sperie (fr)

Prénoms dérivés

Spérie

Famille

  • Clarus (frère)
  • Hélidius (cousin)
  • Sérène (père (supposé par le nom))