Saints Claude, Nicestrate, Symphorien, Castorius et Simplice
Martyrs sur la voie Lavicane
Résumé
Claude, Nicestrate, Symphorien, Castorius et Simplice étaient des sculpteurs chrétiens martyrisés par immersion dans des cercueils de plomb. Leurs reliques, retrouvées par un chrétien nommé Nicodème, furent honorées à Rome, Toulouse, puis en Franche-Comté. Saint Claude est particulièrement vénéré à Maynal et Denezières comme patron des sculpteurs.
Biographie
LES SAINTS CLAUDE, NICESTRATE, SYMPHORIEN,
CASTORIUS ET SIMPLICE, MARTYRISÉS SUR LA VOIE LAVICANE
8 NOVEMBRE.
Martyrs, et donna ordre qu'ils fussent enfermés vifs dans des cercueils de plomb et jetés ensuite dans la rivière. La sentence fut exécutée, et, par ce moyen, nos Martyrs trouvèrent tout ensemble leur mort, leur sépulture et leur couronne. La Providence divine permit que quarante-deux jours après, un chrétien appelé Nicodème, ayant trouvé leurs saintes reliques, que le plomb même avait amenées hors de l'eau, les enlevât et les enterrât honorablement dans sa propre maison. Ainsi un Nicodème avait donné la sépulture à Jésus-Christ, notre souverain Maître, et un autre Nicodème la donna à cinq de ses plus fidèles serviteurs.
On peut les représenter avec les instruments ou outils de leur profession. Ils sont les patrons légitimes des sculpteurs, bien qu'on ait fait honneur de ce patronage aux Quatre Couronnés.
## CULTE ET RELIQUES.
Le martyrologe de Du Sanssay assure que les corps de ces généreux Martyrs, qui étaient à Rome, ont depuis été transportés à Toulouse, dans l'église de Saint-Sernin, et placés dans une chapelle érigée en leur honneur. À une époque que nous ne pouvons déterminer, la plus grande partie des reliques de saint Claude, l'un de ces sculpteurs chrétiens, fut transportée de Toulouse dans la Franche-Comté. En 1649, elles étaient honorées dans l'église de Maynal (Jura, arrondissement de Lons-le-Saunier, canton de Beaufort), une des plus anciennes du Jura. Cette église était alors le centre d'une paroisse importante. Quand le pape Léon IX vint au Concile de Reims, en 1049, il confirma l'archevêque de Besançon, Ruques, dans la possession de ce domaine. Dans sa bulle, datée du 19 novembre, le Pape mentionne « l'église de Maynal, où repose », dit-il, « le corps de saint Claude ». Tel est le premier monument qui parle de ces reliques sacrées. Les traditions les plus anciennes de Maynal attestent que saint Claude y fut toujours honoré comme Martyr. Il est représenté sur la bannière de la paroisse dans l'attitude d'un homme qui invoque le ciel, et dont la figure est éclairée par un rayon de lumière. Il tient un ciseau d'une main et de l'autre un marteau ; à côté de lui est figuré un buste, dont la couleur blanche imite le marbre. Il est évident que le peintre a voulu représenter ainsi un de ces cinq sculpteurs qui, d'après les légendes, travaillaient avec une grande perfection, en invoquant le nom de Jésus-Christ.
Le saint patron de Maynal est mentionné dans plusieurs anciens monuments de l'histoire de la Franche-Comté, et en particulier dans le Catalogue des bénéfices du diocèse de Besançon. La plus grande partie de ses reliques est conservée, depuis un temps immémorial, dans une chasse de bois doré, et sa fête se célèbre le dimanche qui suit la Nativité de saint Jean-Baptiste, sous la rubrique d'un Martyr non pontife. Ce jour-là, avant la messe solennelle, et le jour de l'octave après les Vêpres, ses reliques sont portées en procession dans les rues de la paroisse. La chasse antique est ornée de huit statuettes placées dans des niches ogivales, et l'une de ces images représente le Saint portant à la main la palme du martyre.
Ce saint Martyr était ordinairement appelé saint Clod ou Cloud. C'est le nom sous lequel il est désigné dans différents actes relatifs à la paroisse de Maynal, écrits au commencement du XVIIᵉ siècle. Il est mentionné sous le nom de Glaiz ou Glanz, martyr, dans le martyrologe de Chastelain, qui ajoute que son corps est conservé à Maynal, dans le diocèse de Besançon, où il est honoré d'un culte public.
Ce culte de saint Cloud n'était pas particulier à l'église de Maynal. Une chapelle avait été bâtie en son honneur par les religieux d'Ilay. Cet oratoire était placé sur la pointe d'un rocher qui s'élève près du village de Denezières (Jura, arrondissement de Saint-Claude, canton de Saint-Laurent), et on y déposa quelques reliques du saint Martyr, tirées de l'église de Maynal. Le territoire environnant prit dès lors le nom de Terre de Saint-Cloud. C'est sous ce titre qu'il est désigné dans plusieurs chartes du XIXᵉ siècle, citées par les historiens de la Franche-Comté.
La chapelle de Saint-Cloud fut détruite dans la suite des temps, et l'église paroissiale de Denezières fut rebâtie au sud-est du village (1841). Elle est également sous le vocable de saint Cloud, dont la fête s'y célèbre le 8 novembre, jour fixé pour le culte de ce Martyr dans tous les martyrologes.
Ce culte a été de nouveau autorisé par feu Mgr de Chamuff, évêque de Saint-Claude, le 23 mai 1839.
Nous avons complété le récit du Père Giry avec les Saints de Franche-Comté.
Événements marquants
- Enfermés vifs dans des cercueils de plomb
- Jetés dans la rivière
- Sépulture par Nicodème quarante-deux jours après le martyre
- Translation des reliques à Toulouse
- Translation d'une partie des reliques de Saint Claude dans le Jura
Miracles
- Remontée des cercueils de plomb hors de l'eau