Sainte Maxence
Vierge et Martyre en Beauvaisis
Résumé
Fille du roi Malcolm des Scots au Ve siècle, Maxence s'enfuit en Gaule pour préserver son vœu de virginité face à un prétendant païen. Réfugiée près de l'Oise à Litasobriga, elle y mène une vie de prière avant d'être retrouvée et décapitée par le prince éconduit. Son culte a donné son nom à la ville de Pont-Sainte-Maxence.
Biographie
SAINTE MAXENCE, VIERGE ET MARTYRE EN BEAUVAISIS
(Ve siècle).
Maxence eut pour père Malcolm, roi des Scots, récemment converti à la foi chrétienne par l'illustre saint Patrice, apôtre de l'Hibernie. Élevée suivant les préceptes de l'Évangile, dès ses premières années, elle craignit le Seigneur et observa ses commandements. Bientôt, les saintes délices de la vertu lui offrirent un attrait si puissant, qu'elle renonça aux joies de la terre, et fit à Jésus-Christ le généreux sacrifice de sa virginité. Pour se préserver du souffle corrupteur du monde, Maxence résolut d'en fuir les approches ; retirée dans la partie la plus secrète de ses appartements, elle y vécut unie à Dieu, et dérobant à tous les regards sa jeunesse et sa beauté. Par l'humilité, la prière, la vigilance sur elle-même, elle devenait tous les jours plus agréable au céleste Époux qu'elle avait choisi pour son partage ; mais, elle eut beau cacher ses mérites, ils n'en éclatèrent que davantage. Un prince païen du voisinage, ayant entendu vanter sa sagesse et ses charmes, vint demander sa main ; et Malcolm la lui accorda, craignant la colère et la vengeance de ce noble prétendant.
Dès que Maxence connut les dangers auxquels ses pieuses résolutions étaient exposées, elle se prosterna au pied des autels, et conjura le Seigneur de défendre un cœur qui lui appartenait. La prière rendit le calme à son âme, et lui inspira la pensée et le courage de chercher son salut dans la fuite. Ayant confié ses desseins à un ancien et fidèle serviteur du roi son père, nommé Brabance, et à Rosébie, une de ses plus dévouées suivantes, elle leur persuada de s'associer à son exil. Avec eux, elle quitta en secret sa famille et sa patrie, et vint, conduite par la main du Seigneur, réjouir le Beauvaisis du spectacle de ses vertus.
Après les fatigues d'un long et pénible voyage, endurées avec patience, à l'exemple et pour l'amour d'un Dieu mort sur la croix, Maxence s'arrêta sur les bords de la rivière d'Oise, non loin de la ville qui porte aujourd'hui son nom, et qui s'appelait alors Litasobriga. Là, aidée du vieillard Brabance, et de Rosébie, sa compagne, elle construisit près d'une fontaine une petite cabane, dans laquelle elle mena une vie obscure et pénitente.
Cependant, la fuite de Maxence ne tarda pas à être connue du prince qui avait obtenu sa main. Persuadé qu'il avait été trompé par le roi et par sa fille, ce fier prétendant se rendit en toute hâte auprès de Malcolm, et le pressa, avec menaces, de lui livrer celle qui devait être son épouse. Malcolm, aussi affligé que le prince était irrité, essaya de le calmer par des paroles douces et affectueuses. Il prit le ciel à témoin que sa fille avait foi à son insu, et se montra disposé à exécuter sa promesse, dès que Maxence lui serait rendue. « Allez vous-même », ajouta-t-il, « à sa recherche ; et, si vous parvenez à la ramener dans mon palais, je consens à ce qu'aussitôt elle devienne votre épouse ». Sans perdre un instant, le prince, suivi d'une nombreuse escorte, courut sur les traces de Maxence avec l'acharnement d'un chasseur qui poursuit sa proie. Ayant appris qu'elle avait passé dans les Gaules, il traversa la mer et réussit à découvrir l'asile où elle cachait ses vertus. Surprise tout à coup dans sa solitude, Maxence puisa, dans sa foi et dans son amour pour Jésus-Christ, la force de surmonter une si difficile épreuve. Son courage ne faiblit point devant les flatteries et les promesses. « Fais ma présence », dit-elle au prince, avec une admirable fermeté. « Éloigne-toi, ministre de Satan, et n'espère pas qu'il y ait jamais entre nous rien de commun. Je vous ai même mépris tes flatteries et tes trésors. Tu ne parviendras ni à m'ébranler, ni à me séduire, car j'ai le Sauveur pour soutien et pour guide ». Ces paroles changèrent l'amour du prince en une aveugle fureur. Ayant essayé en vain d'amener Maxence à ses desseins, par la crainte des supplices et de la mort, il la prit par les cheveux, et lui trancha la tête. Ce monstre ôta également la vie à Brabance et à Rosébie, et regagna sa patrie, la conscience souillée
de trois horribles forfaits, tandis que ses nobles victimes faisaient leur entrée triomphante dans le royaume des cieux.
Ce fut le 20 novembre, au Ve siècle de l'ère chrétienne, que Maxence reçut la double couronne de la virginité et du martyre. Les habitants de Litanobriga recueillirent le corps de la Sainte, et l'ensevelirent avec honneur. Plus tard, ils élevèrent une chapelle et un prieuré au lieu de son supplice, et l'adoptèrent pour patronne. Son culte devint si populaire à Litanobriga, qu'à partir du VIIe siècle, cette ville cessa de porter son nom, pour prendre celui de Pont-Sainte-Maxence. Sa mémoire fut fort célèbre dans les églises des trois royaumes des Îles-Britanniques, jusqu'à l'époque de leur rupture avec Rome. En Irlande, la fête de sainte Maxence avait lieu le 24 octobre ; en Angleterre, le 6 avril, et en Écosse, le 20 novembre. Quoique la chapelle et le prieuré élevés en son honneur aient été détruits à la fin du XVIIIe siècle, ainsi que ses précieuses reliques, la ville de Pont n'a pas cessé de l'invoquer, et, chaque année, au temps de la Pentecôte, une multitude de fidèles vont encore vénérer les lieux où la vierge martyre a répandu son sang.
On la représente : 1° décapitée par un jeune débauché ; 2° sur un pont ou près d'un pont, comme patronne de Pont-Saint-Maxence.
Vies des Saints du diocèse de Beauvais, par M. l'abbé Sabatier.
Événements marquants
- Conversion de son père par saint Patrice
- Vœu de virginité et vie retirée
- Demande en mariage par un prince païen
- Fuite secrète vers les Gaules avec Brabance et Rosébie
- Installation dans une cabane à Litasobriga sur l'Oise
- Découverte par le prince et refus de l'épouser
- Décapitation par le prince
Citations
Éloigne-toi, ministre de Satan, et n'espère pas qu'il y ait jamais entre nous rien de commun.