Le Bienheureux Jean
Berger
Résumé
Humble berger du XVe siècle à Monchy-le-Preux, Jean s'illustra par sa pureté et sa vie contemplative. Témoin de sa fin de vie, l'évêque Pierre de Hacqueville attesta de sa sainteté. De nombreux miracles de guérison et la protection du village contre le feu lui sont attribués, attirant autrefois des foules de pèlerins à son tombeau.
Biographie
LE BIENHEUREUX JEAN,
BERGER À MONCHY-LE-PREUX, AU DIOCÈSE D'ARRAS (XVe SIÈCLE).
Sur la route de Cambrai à Arras, à deux petites lieues environ de cette dernière ville, on rencontre le village de Monchy-le-Preux. Là se conserve précieusement le souvenir d'un berger qui, dans cette humble condition, s'est élevé aux vertus les plus sublimes, et a mérité que sa conduite fût proposée pour modèle aux chrétiens. Ainsi le Seigneur se plaît à faire éclater les merveilles de sa grâce dans tous les temps et dans toutes les conditions.
Le court mais touchant éloge, qu'un évêque a rendu publiquement à la mémoire du pieux Jean de Monchy-le-Preux, renferme le peu de détails connus de sa vie. Cet évêque est Pierre de Hacqueville, qui gouverna le diocèse d'Arras de 1463 à 1499. Les fonctions de son ministère l'avaient appelé à Monchy-le-Preux au moment même où l'humble berger allait rendre son âme à Dieu. « Que
23 JUIN.
tous les fidèles de Jésus-Christ présents et futurs », dit le prélat dans un acte public rédigé dans le même temps, « sachent que dans ce village de Monchy-le-Preux, du diocèse d'Arras, a vécu un homme appelé Jean, simple laïque, très-fidèle à Jésus-Christ, et qui, pendant toute sa vie, a mené une conduite très-sainte. Par le don de Dieu, il s'est élevé à la plus haute contemplation, a ignoré les souillures de la concupiscence et évité jusqu'à la mort tout ce qui pouvait ternir la pureté de son âme ».
Déjà avant de mourir, le bienheureux Jean avait opéré par ses prières plusieurs guérisons miraculeuses, et donné d'autres marques du pouvoir dont il jouissait auprès de Dieu. Il rendit la vue à un habitant d'Arras et à une femme qui vivait encore à l'époque où un moine de l'abbaye d'Hannon rapportait ces détails. Cet auteur ajoute que le saint berger rendit l'ouïe à un jeune homme, guérit plusieurs personnes de la pierre ou de l'hernie, et arrêta un incendie dans le village même de Monchy-le-Preux.
On ne sait ni l'année ni le jour de la mort du bienheureux Jean. Sa fête a été fixée au 24 juin, peut-être à cause de la similitude de son nom avec celui de saint Jean-Baptiste. D'ailleurs cette dernière fête, étant autrefois chômée, donnait plus de facilité aux fidèles pour venir rendre au saint patron leurs devoirs et leurs respects. Ce jour-là, en effet, rapporte Ferri de Locres, une si grande multitude de pèlerins se portait au tombeau du bienheureux Jean de Monchy, que le village en était tout rempli. Ce tombeau, en pierre artistement sculptée, avait été donné par un noble comte, appelé Oudard, lequel avait été guéri par l'intercession du serviteur de Dieu. Ces guérisons, qui se renouvelaient très-souvent, ont entretenu de tout temps la piété des habitants de Monchy-le-Preux et des villages voisins envers leur vénérable compatriote et patron.
L'abbé Destombes : *Vies des Saints des diocèses de Cambrai et Arras*.
Événements marquants
- Vie humble de berger à Monchy-le-Preux
- Élévation à la haute contemplation
- Visite de l'évêque Pierre de Hacqueville à son lit de mort
- Guérisons miraculeuses opérées de son vivant
- Arrêt d'un incendie dans son village
Miracles
- Rend la vue à un habitant d'Arras et à une femme
- Rend l'ouïe à un jeune homme
- Guérison de la pierre et de l'hernie
- Arrêt d'un incendie à Monchy-le-Preux
Citations
Par le don de Dieu, il s'est élevé à la plus haute contemplation, a ignoré les souillures de la concupiscence et évité jusqu'à la mort tout ce qui pouvait ternir la pureté de son âme