Bienheureux Alexandre de Foigny
Religieux Cistercien
Résumé
Fils d'un roi d'Écosse au XIIIe siècle, Alexandre renonce à sa couronne pour suivre l'exemple de sa sœur sainte Mathilde. Après avoir appris les métiers de la ferme, il se retire incognito comme berger à l'abbaye cistercienne de Foigny en France. Il y mène une vie d'humilité jusqu'à sa mort, révélant sa sainteté par une guérison miraculeuse et une apparition glorieuse.
Biographie
LE BIENHEUREUX ALEXANDRE, RELIGIEUX CISTERCIEN,
À FOIGNY DANS LE DIOCÈSE DE LAON (XIIIe SIÈCLE).
Le bienheureux Alexandre était fils d'un roi d'Écosse, et le plus jeune de trois frères qui avaient déjà embrassé la vie religieuse. Sainte Mathilde, leur sœur, qui, elle aussi, courait dans les voies du Seigneur, tint au jeune Alexandre le discours suivant :
« Eh quoi ! mon frère, pendant que tous nous avons échangé la terre pour le ciel, serez-vous le seul de notre famille à vous attacher aux biens périssables d'ici-bas ? »
Le jeune homme se mit à pleurer : la lutte entre la chair et l'esprit était pénible. À la fin, il dit à sa sœur « de faire de lui ce qu'elle voudrait ». La pieuse princesse le prit par la main et le conduisit à une ferme où elle lui fit apprendre à traire le lait, à obtenir le beurre et à faire le fromage. Quand l'apprentissage fut fini, tous deux passèrent la mer et s'en vinrent à Foigny, en France. Le jeune homme entra chez les Cisterciens en qualité de berger et se donna comme très-expert dans l'art de faire le fromage. Il fut accepté pour tel, vécut et mourut dans cette humble fonction. Sainte Mathilde, en quittant son frère, lui avait dit un éternel adieu, en lui faisant observer que leur sacrifice serait bien plus agréable à Dieu, s'ils ne se revoyaient jamais sur la terre.
Or, il arriva, après la mort du bienheureux Alexandre, qu'un religieux, atteint d'une maladie de poitrine, eut la pensée d'aller prier à son tombeau. La foi du poitrinaire fut récompensée : le bienheureux Alexandre lui apparut éclatant comme un soleil, portant deux couronnes, l'une sur la tête, l'autre à la main. Comme le religieux avait l'air de demander du regard ce que signifiait ce double symbole, le Bienheureux lui dit :
« La couronne que je porte à la main est la couronne terrestre que j'ai abandonnée pour l'amour de Jésus-Christ ; l'autre est celle des élus ; elle m'est commune avec tous les Saints. Pour te donner confiance en cette vision, sois guéri ». Il guérit en effet, mais ne révéla qu'au lit de la mort l'apparition dont il avait été favorisé. On se rappela alors une promesse cynégétique du berger du monastère ; car un jour qu'un énorme sanglier s'était jeté à la traverse dans son troupeau de vaches, il demanda son couteau au chasseur essoufflé qui le poursuivait et, d'un coup adroitement porté, abattit l'animal. En rapprochant ce fait de la vision du religieux, on arrivait à une presque certitude. Sainte Mathilde, du reste, n'était pas loin : elle s'était retirée dans les environs en un endroit nommé Lapion et d'elle on apprit toute la vérité.
Acta Sanctorum, 3 mai.
Événements marquants
- Renoncement au trône d'Écosse suite aux conseils de sa sœur
- Apprentissage des travaux de la ferme (traire le lait, faire le fromage)
- Voyage en France et entrée à l'abbaye de Foigny
- Vie cachée en tant que berger et fromager chez les Cisterciens
- Apparition posthume à un religieux malade
Miracles
- Guérison d'un religieux atteint d'une maladie de poitrine
- Mise à mort adroite d'un énorme sanglier avec un simple couteau
Citations
La couronne que je porte à la main est la couronne terrestre que j'ai abandonnée pour l'amour de Jésus-Christ ; l'autre est celle des élus.