Marie-Anne Rivier
Fondatrice et première Supérieure de la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie
Résumé
Marie-Anne Rivier fonda en 1796 à Thueyts la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie pour l'éducation des jeunes filles pauvres. Malgré les persécutions révolutionnaires et impériales, elle développa son œuvre et installa la maison-mère à Bourg-Saint-Andéol en 1819. Elle mourut en 1838 avec une grande réputation de sainteté, confirmée par l'ouverture de sa cause à Rome.
Biographie
LA VÉNÉRABLE MARIE-ANNE RIVIER,
FONDATRICE ET PREMIÈRE SUPÉRIEURE DE LA CONGRÉGATION DES SŒURS DE LA PRÉSENTATION DE MARIE
3 FÉVRIER.
Son, où se réunissaient pour travailler en commun quelques ouvrières pauvres, deviendrait le berceau d'une institution éminemment religieuse et philanthropique, dont le but principal est d'offrir aux jeunes filles sans fortune les mêmes secours religieux et la même éducation que les jeunes garçons reçoivent des Frères des écoles chrétiennes ? Effectivement, Thueyts a été le berceau de la Congrégation des sœurs de la Présentation de Marie. L'idée première en fut arrêtée le jour de la fête de la Présentation, l'an 1796. La faiblesse et le malheur furent en ceci les auxiliaires de la Providence. L'ouvrière sauva l'institutrice. La Congrégation naissante traversa, sans être inquiétée, ces jours d'orage.
Marie-Anne ne cache plus le but vers lequel ont tendu ses constants efforts. Les ouvrières d'autrefois, devenues, par les soins de celle qu'elles appellent leur mère, d'habiles institutrices, demandent à faire partie de la Congrégation nouvelle. Tous les obstacles sont levés, grâce à la sollicitude d'un homme de bien, M. Pontanier, curé de Thueyts. Les calomnies répandues contre la vénérable servante de Dieu par une de ses coadjutrices ne tiennent pas devant l'évidence des faits et les admirables vertus de la sainte fondatrice. M. Vernet, vicaire général de Mgr d'Avia, archevêque de Vienne, et administrateur du diocèse de Viviers, donne à Marie-Anne et à ses sœurs la permission de s'organiser définitivement en communauté. Quelque temps après, Mgr d'Avia et l'évêque de Mende, Mgr de Mons, approuvent pleinement les Constitutions de la communauté nouvelle. Aucune épreuve pourtant ne manque à la vénérable fondatrice. Défection de la plupart de ses religieuses, persécutions incessantes de la part du gouvernement de l'Empire et même de la Restauration, insinuations perfides et mensongères, pénurie, disette, abandon, désespoir, chagrin, peines morales, son héroïsme chrétien triompha de tous les obstacles.
Vingt ans ne s'étaient pas écoulés, que l'établissement de Thueyts ne put plus suffire aux exigences nouvelles. Il fallut aviser à transporter ailleurs la maison-mère. Bourg-Saint-Andéol offrait d'incontestables avantages. La pureté du climat, la fertilité du sol et principalement l'heureuse position de la ville sur les bords du Rhône, déterminèrent Marie-Anne à y fixer définitivement le siège de sa Congrégation, ce qui eut lieu en 1819. Elle acheta, aux portes de la ville, un ancien couvent de Visitandines ruiné par la Révolution et devenu propriété communale.
C'est là que, le 3 février 1838, est décédée dans la paix du Seigneur cette humble fille des montagnes dont l'enfant du peuple bénit chaque jour la mémoire. Elle eut le bonheur de voir, avant sa mort, des succursales de sa Congrégation s'établir à Alais, à Pont-Saint-Esprit, à Aix en Savoie, à Marseille, à Bordeaux, à Moulins, à Orange, dans la Haute-Loire, le Cantal et la Lozère. Aujourd'hui, la Congrégation des Sœurs de la Présentation compte plus de deux cents établissements, sans parler des maisons d'écoles que les membres de cette Congrégation dirigent dans les villages les plus délaissés du midi de la France.
La vénérable Marie-Anne Rivier avait, avant de mourir, une grande réputation de sainteté qu'elle s'était acquise et avait méritée par ses vertus héroïques. Cette réputation ne fit que grandir après sa mort, à cause des miracles qui s'opérèrent à son tombeau par sa puissante intercession. Ce fut alors que, pour répondre aux vœux les plus ardents des populations, Mgr Guibert, alors évêque de Viviers, fit réunir toutes les pièces relatives à la vie de cette sainte femme et les envoya à Rome en demandant l'introduction de la cause de la vénérable religieuse. Le 7 mai 1833, la Sacrée
Congrégation des Rites émit un avis favorable à l'introduction de cette cause. Le 12 mai de la même année, le souverain Pontife Pie IX signa le décret d'introduction et donna pleins pouvoirs à la Sacrée Congrégation des Rites pour procéder aux actes ultérieurs et faire ouvrir à ce sujet les enquêtes nécessaires. Le procès en instance à cet effet a été ratifié le 27 septembre 1864.
Analecta Juris Pontificii.
IVe JOUR DE FÉVRIER
ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.
Jean-Baptiste Badiu, né à Moylieu (Isère), prêtre du diocèse de Grenoble; condamné à mort comme fanatique par la commission criminelle de Lyon, à l'âge de cinquante-six ans. 1794. — Jacques-Raymond Bardonèche, né à Saint-Jacques-des-Arnêts (Rhône), curé dans le diocèse de Lyon; condamné à mort comme contre-révolutionnaire et préchant le fanatisme, par la commission révolutionnaire de Lyon, à l'âge de cinquante-six ans. 1794. — Joseph Badiu, prêtre, né à Moylieu (Isère); condamné à mort pour refus de serment par le tribunal révolutionnaire de Lyon; exécuté à l'âge de quarante-et-un ans. 1794. — François Daussun, né à Toulouse, prêtre du diocèse de ce nom; arrêté en 1793 comme non assermenté; envoyé à Bordeaux en 1794, pour être déporté au-delà des mers; enfermé dans le fort du Bi, puis transporté malade à l'hôpital Saint-André; mort en ce lieu à l'âge de cinquante-sept ans. 1795. — Michel Betron, prêtre et chanoine-baron de l'église collégiale de Saint-Just de Lyon; né dans le diocèse de Chartres vers 1734; condamné à mort pour refus de serment par le tribunal révolutionnaire de Lyon, à l'âge de soixante ans. 1794. — Gombaut, curé de la paroisse Saint-Gilles de Caen (diocèse de Bayeux); refusa le serment de la constitution civile du clergé; quitta sa paroisse et se réfugia à Paris; passa à Rouen à la fin de 1792, puis retourna à Caen chez un ami; découvert et dénoncé par un de ses paroissiens à qui il avait fait beaucoup de bien; arrêté et jeté dans les prisons de Caen, condamné à mort comme réfractaire par le tribunal criminel du département du Calvados. 1794. — Sébastien Grange, né à Colombes (Isère), curé de Biol (diocèse de Grenoble); dépouillé de sa cure en 1791 pour refus de serment; ne sortit pas de France par suite de la loi de déportation; arrêté par les persécuteurs de Lyon et condamné à mort comme contre-révolutionnaire, à l'âge de cinquante-six ans. 1794. — Nicolas Laurent, né à Mâcon (Saône-et-Loire) en 1726, prêtre affilié au diocèse de Lyon, comme chanoine de la collégiale de Villefranche en Beaujolais et aumônier des religieuses Ursulines de cette ville; arrêté à Villefranche vers la fin de 1793 et conduit dans les prisons de Lyon; condamné à mort comme réfractaire par le tribunal criminel de cette ville. 1794. — Pierre Ruscles, né à Beauregard-l'Évêque (Puy-de-Dôme) en 1716, curé de Taluyers (Rhône); refusa le serment de la constitution civile du clergé et fut expulsé de sa cure; se réfugia à Lyon; ne sortit point de France lors de la loi de déportation; arrêté après le siège de Lyon; refusa également le serment de liberté-égalité; condamné à mort comme prêtre réfractaire, par la commission révolutionnaire de cette ville; exécuté à l'âge de soixante-dix-huit ans. 1794. — Jacques Roux, né à Lyon, prêtre, chanoine des chevaliers de l'église primatiale-métropolitaine de cette ville; refusa les serments révolutionnaires et ne sortit point de France lors de la loi de déportation; arrêté après le siège de Lyon; condamné à mort comme prêtre réfractaire par la commission révolutionnaire de cette ville; exécuté à l'âge de soixante-et-un ans. 1794. — Soubry, prêtre, ex-religieux Antonin, d'un âge fort avancé; refusa le serment de la constitution civile du clergé; vivait paisiblement dans le village de Saint-Laurent-d'Aguy (Rhône); arrêté à l'âge de quatre-vingts ans, conduit à Lyon et enfermé dans la prison des Recimes; mort en ce lieu. 1794.
De Brito, jésuite portugais et missionnaire aux Indes, martyrisé en haine de la religion par les infidèles. 1693.
5 FÉVRIER.
Événements marquants
- Fondation de la Congrégation à Thueyts le 21 novembre 1796
- Organisation définitive en communauté sous l'autorité de M. Vernet
- Approbation des Constitutions par Mgr d'Avia et Mgr de Mons
- Transfert de la maison-mère à Bourg-Saint-Andéol en 1819
- Introduction de la cause de béatification par Pie IX en 1833
Miracles
- Miracles opérés à son tombeau par son intercession après sa mort