Sainte Céronne

Vierge

Fête : 16 novembre 5ᵉ siècle • sainte

Résumé

Née de parents païens près de Béziers au Ve siècle, Céronne s'enfuit avec son frère Sophronius pour recevoir le baptême à Bordeaux. Elle s'établit ensuite dans le diocèse de Séez où elle fonda le premier monastère de la région. Elle consacra sa vie à l'évangélisation et à la prière, opérant de nombreux miracles avant de mourir en 490.

Biographie

SAINTE CÉRONNE, VIERGE, AU DIOCÈSE DE SÉEZ

Sainte Céronne naquit, vers le commencement du Ve siècle, au village de Cornillan, près Béziers. Son père se nommait Olympius et sa mère Sarrabia. Ils possédaient ce que le monde estime le plus : la fortune, la noblesse et les honneurs ; mais il leur manquait les trésors véritables aux yeux de Dieu : la foi et la charité, car ils étaient adonnés au culte des idoles.

Comme une rose qui croît au milieu des épines, et qui s'ouvre avec grâce aux rayons du soleil, la petite Céronne, quoique issue de parents idolâtres, fut éclairée de bonne heure des lumières du Saint-Esprit. Elle conçut dès lors une grande horreur pour le paganisme, et un amour ardent pour la religion chrétienne. Voyant qu'il lui était impossible de se faire instruire parfaitement de cette sainte religion, à cause des obstacles

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qu'elle rencontrait de la part de ses parents, elle prit une résolution digne d'une âme aussi noble et aussi généreuse que la sienne : celle de quitter parents, fortune, patrie, pour suivre enfin la voix de Dieu qui l'appelait à se faire chrétienne.

Cependant, comme elle était aussi chaste que belle, considérant qu'elle ne pouvait exécuter seule ce grand dessein, elle le découvrit peu à peu à l'un de ses frères nommé Sophronius, dont le caractère ferme et généreux sympathisait avec le sien. Elle commença par lui exposer les principaux articles de la religion chrétienne, comme l'existence d'un seul Dieu infiniment bon, sa douce providence qui pourvoit à tous les besoins de ses serviteurs, et les joies ineffables qu'il promet dès cette vie à ceux qui sacrifient tout pour lui. L'amenant ainsi par degrés au but qu'elle se proposait, elle eut la double joie de gagner son frère à Jésus-Christ, et d'obtenir de lui la promesse qu'il l'accompagnerait dans sa fuite.

L'occasion de mettre leur dessein à exécution ne tarda pas à se présenter. Aussitôt se jetant à genoux pour se recommander à Jésus-Christ, ils le conjurèrent d'envoyer son ange pour les guider et les protéger dans leur route. Ils sortirent ensuite de la maison paternelle, traversèrent, au prix de mille fatigues, les provinces du midi de la Gaule, et arrivèrent à Bordeaux où ils avaient résolu de s'arrêter. Ils allèrent aussitôt se présenter à l'évêque, lui exposèrent la cause de leur fuite, et le prièrent de vouloir bien les recevoir au nombre des catéchumènes. Ce pieux évêque les accueillit avec joie, les fit instruire dans la foi catholique, et ne tarda pas à leur conférer le saint baptême.

Quelque temps après, se sentant appelés par l'Esprit de Dieu à un degré de perfection plus élevé, ils allèrent de nouveau trouver l'évêque, et lui firent part du projet qu'ils avaient formé de se consacrer entièrement à Jésus-Christ. Sophronius lui dit humblement qu'il désirait employer sa vie à travailler au salut de ses frères dans le sacerdoce, et sainte Céronne lui demanda instamment le voile de la virginité. L'évêque, heureux de les voir si remplis de l'amour de Dieu, jugea cependant à propos de les éprouver pendant quelque temps. Après s'être assuré que c'était Dieu lui-même qui leur inspirait cette résolution, il admit Sophronius au sacerdoce, et donna le voile de virginité à sainte Céronne. Devenue ainsi la sœur des anges et la chaste épouse de Jésus-Christ, l'humble vierge ne songea plus qu'à mépriser le monde et ses vanités. Elle oublia la grandeur et la noblesse de son origine, et mit toute sa gloire dans la sainte pauvreté.

Sainte Céronne et son frère, ayant établi leur demeure à Bordeaux, y vécurent assez longtemps tranquilles et heureux sous l'aile du Seigneur. Pleins d'humilité, de douceur, de patience, de charité pour les pauvres, ils édifiaient tous les fidèles par leur vie angélique, et goûtaient par expérience combien le Seigneur est doux à ceux qui l'aiment. Mais le bonheur des Saints eux-mêmes sur la terre, ne peut être parfait, et les joies de ce monde sont presque toujours mêlées de larmes. Dieu, voulant éprouver la vertu de ses serviteurs, et la faire briller encore davantage aux yeux des hommes, permit que leur vie si innocente et si pure fût en butte aux traits de la calomnie. Quelques hommes pervers, suscités par l'ennemi de Dieu, publièrent que Sophronius et Céronne n'étaient point frère et sœur, qu'ils ne prenaient ce nom que pour mieux couvrir leur vie déréglée, et que le seul désir de vivre plus librement dans le crime les avait engagés à quitter leur patrie et leurs familles. Ces deux saints personnages furent bien affligés de voir leur vie innocente ternie aux yeux des fidèles par une calomnie aussi

abominable. Ils supportèrent cependant cette humiliation avec patience, et offrirent à Dieu ce nouveau sacrifice, plus pénible pour eux que tous ceux qu'ils lui avaient déjà faits jusque-là. Quoi de plus cher en effet pour les Saints, après la grâce de Dieu, que leur réputation, à laquelle le Saint-Esprit lui-même nous recommande de veiller ? Aussi, bien qu'aucune des personnes honorables de la ville n'ajoutât foi à cette calomnie, sainte Céronne et son frère, dans le dessein de l'arrêter plus sûrement, prirent la résolution de se séparer pour toujours.

Ayant donc dit adieu à sa sœur avec beaucoup de larmes, Sophronius se rendit à Rome afin d'y visiter les tombeaux des Apôtres, et mourut quelque temps après en odeur de sainteté. Pour sainte Céronne, elle se dirigea vers le nord de la Gaule, traversa plusieurs provinces, et, après bien des fatigues et des dangers, auxquels elle échappa par la protection de son bon ange, elle arriva dans le diocèse de Séez vers l'an 440. Ayant rencontré, à peu de distance de Mortagne, entre l'ancienne ville de Mont-Cacune et le Mont-Romigny, un lieu solitaire et couvert de bois, elle se sentit comme inspirée de s'y arrêter et d'y passer le reste de ses jours. Dans ce dessein elle y fit élever une petite cellule pour y faire sa demeure. L'innocence et la sainteté de sa vie attirèrent bientôt auprès d'elle plusieurs personnes pieuses, qui, encouragées par ses exemples et ses instructions, entrèrent courageusement à sa suite dans la voie de la perfection évangélique. Avec la permission du vénérable évêque Hile, qui gouvernait alors le diocèse de Séez, elle les réunit en communauté, et fonda ainsi dans ce diocèse la première maison religieuse dont l'histoire ait conservé le souvenir.

Sainte Céronne fit bâtir ensuite auprès de son monastère une chapelle que le saint évêque dédia à Notre-Seigneur sous le patronage de saint Marcel, pape et martyr, pour lequel sainte Céronne avait une grande dévotion. Cette chapelle ne fut pas le seul monument qu'elle éleva à la gloire de Dieu. Les auteurs qui ont écrit sa vie nous rapportent qu'elle fit construire un autre oratoire, vis-à-vis de la chapelle de Saint-Marcel, sur le versant du Mont-Romigny, et à l'endroit même où s'élève aujourd'hui l'église de Sainte-Céronne. Ce lieu était presque tous les jours témoin des rites superstitieux des habitants de Mont-Cacune, qui venaient y déposer les cendres de leurs morts. Notre chère Sainte voulut le sanctifier, en y faisant élever une chapelle, où elle venait chaque jour prier le Seigneur pour la conversion de ces pauvres idolâtres.

Sainte Céronne unissait la vie apostolique à la vie contemplative, et faisait tous ses efforts pour attirer au christianisme les païens de cette contrée. Elle passait une partie de son temps à les instruire des vérités de la foi, et l'autre à demander à Dieu leur conversion. Elle y travailla avec tant de zèle que ses instructions, ses miracles et surtout ses admirables exemples de piété, de patience et de détachement des biens terrestres, amenèrent la conversion de presque tous les idolâtres de cette contrée, qui commencèrent à la vénérer comme leur bienfaitrice et leur mère. Comme le bruit de ses vertus et de ses miracles était répandu dans toutes les contrées environnantes, plusieurs personnes venaient la visiter, les unes pour se recommander à ses prières, les autres pour être consolées par ses douces paroles, ou s'exciter à un plus grand amour de Dieu par la vue de sa charité. Sainte Céronne les recevait avec bonté, prodiguant les encouragements aux pécheurs et les consolations aux malheureux. Ces occupations extérieures ne diminuaient point son recueillement,

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parce qu'elle ne perdait jamais de vue Jésus-Christ. Toujours attentive à lui plaire, elle persévérait dans le jeûne, dans la prière et dans la méditation des saintes Écritures. Elle vécut ainsi jusqu'à un âge très-avancé, et s'efforça continuellement de donner à ses sœurs l'exemple de toutes les vertus.

Sur la fin de sa vie, elle fut incommodée de la vue, et finit par la perdre complètement. Mais, comme elle était parfaitement résignée à la volonté de Dieu, et qu'elle n'avait d'autre désir que de voir bientôt son Sauveur dans la céleste Jérusalem, elle ne regretta point cet accident qui eût été pour tant d'autres un sujet d'affliction. Elle continua même d'aller tous les jours à ses deux oratoires de Saint-Marcel et du Mont-Romigny, éloigné du premier d'environ deux cents pas. Afin de rendre le trajet plus facile, elle fit tendre de l'un à l'autre un fil de fer qui servait à guider ses pas chancelants. On rapporte que des enfants ou des bergers rompirent plusieurs fois par malice ce fil conducteur, qui toujours se trouva miraculeusement renoué. Enfin arriva le moment heureux, où Jésus-Christ daigna appeler à lui cette vierge bénie. Son âme, pleine de joie, prenant alors son essor sur les ailes de la charité, s'envola dans le séjour des bienheureux pour y recevoir la récompense réservée à ceux qui ont sur la terre suivi l'Agneau sans tache dans la voie de la virginité. Sa mort précieuse arriva le 15 novembre 490.

## CULTE ET RELIQUES. — MONUMENTS. — PÈLERINAGE.

Le corps de cette sainte vierge, enseveli par les mains de ses pieuses filles, fut inhumé avec beaucoup de respect dans l'oratoire de Saint-Marcel. Il s'opéra bientôt au tombeau de sainte Céronne plusieurs guérisons miraculeuses, qui révélèrent aux fidèles la gloire dont jouissait au ciel cette humble vierge qui n'avait marqué son passage sur la terre que par ses bonnes œuvres. Le bruit s'en étant répandu au loin, il se fit de nombreux pèlerinages à son tombeau. On y venait de toutes parts pour demander à Dieu, par l'intercession de cette Sainte bien-aimée, la guérison des maux du corps et de l'âme, et Dieu se plaisait à combler les vœux de ses serviteurs en glorifiant sainte Céronne.

Cependant les habitants des villages voisins, voyant la grande vénération que l'on avait pour cette sainte vierge, craignirent que son corps ne leur fût enlevé, comme il n'arrivait que trop souvent pour les reliques des Saints. Ils exhumèrent le corps de la Sainte, et le transportèrent au milieu des psaumes et des cantiques de joie dans l'oratoire du Mont-Romigny, autour duquel s'était déjà formé un village assez considérable. Notre-Seigneur continua d'y manifester la gloire de la Sainte par de nombreux miracles, opérés surtout en faveur des personnes malades de la fièvre que l'on y amenait de tous côtés. Alors commença cette dévotion si populaire que tant de siècles n'ont pu affaiblir, et qui persévère encore aujourd'hui, grâce aux nombreuses guérisons que sainte Céronne a obtenues dans tous les temps à ceux qui ont eu recours à sa puissante protection.

Cependant, quelque répandue que fût dans le diocèse de Séez la dévotion à sainte Céronne, elle n'avait pas encore été autorisée publiquement par les évêques. Mais trois siècles environ après la mort de notre chère Sainte, vers l'année 912, saint Adelin, évêque de Séez, fut averti par une révélation divine de rechercher le corps de cette glorieuse vierge, pour l'exposer à la vénération des fidèles. Cette recherche n'était pas facile, parce que, pendant les ravages des Normands, l'oratoire du Mont-Romigny avait été abattu, et les fidèles, dispersés de différents côtés, avaient perdu le souvenir de l'endroit précis où se trouvait le corps de la Sainte. Cependant saint Adelin, pour obéir à l'ordre de Dieu, se mit aussitôt en prière, et, après trois jours passés dans le jeûne et l'oraison, il connut par une révélation nouvelle l'endroit où reposait le corps de cette sainte vierge. Aussitôt il se rendit processionnellement avec le clergé et le peuple au lieu qui lui avait été marqué. Il y fit creuser avec une entière confiance, et trouva le saint corps tout entier, et sans aucune marque de corruption. Il était déposé dans un tombeau recouvert de terre et tellement caché sous le gazon, qu'il était impossible de soupçonner qu'un corps fût inhumé en cet endroit. Le saint évêque, admirant le moyen dont la divine Providence s'était servie pour préserver cette glorieuse relique de la profanation pendant les ravages des Normands, se prosterna pour remercier Dieu du nouveau trésor qu'il venait de découvrir à son Église. Ayant ensuite levé de terre ce saint corps avec de grandes marques de vénération, il le mit dans une châsse magnifique, et l'expose à la

vénération des fidèles, qui étaient accourus de toutes parts pour cette belle cérémonie. Non content de lui avoir donné ces marques d'honneur, il fit construire sur son tombeau une grande et belle église et la consacra solennellement sous le nom de Sainte-Céronne.

Pendant plusieurs siècles le diocèse de Séez, qui avait vu disparaître, par suite des ravages des Normands, les reliques de ses principaux Saints, se félicita de posséder au moins celles de sainte Céronne en entier. Mais dans la suite Dieu permit qu'elles lui fassent enlevées comme les autres, à cause des péchés du peuple. Dans le XIIe siècle, les Anglais, s'étant rendus maîtres de Mortagne et de tous les environs, furent charmés de trouver dans l'église de Sainte-Céronne les reliques d'une Sainte vénérée de toute la Normandie. Ils s'empressèrent d'en faire un précieux trésor, et, craignant de le perdre, si le pays était jamais reconquis, ils le transportèrent au Mont-Saint-Michel, où il fut conservé en grande vénération. Cependant la paix s'étant rétablie entre la France et l'Angleterre, l'évêque de Séez en profita pour réclamer le corps de sainte Céronne. Mais quelques prières et quelques supplications qu'on leur fit, les rois d'Angleterre ne voulurent jamais le rendre dans son entier. Ils permirent seulement aux religieux du monastère, dans lequel ils l'avaient déposé, de rendre un des bras de la Sainte et une petite portion de ses ossements, qui furent religieusement rapportés dans son église paroissiale. Le bras fut déposé sur l'autel de la sainte Vierge. Les autres reliques furent enfermées dans un buste représentant sainte Céronne, et placé près du tabernacle. On ne dit pas en quelle année s'est faite cette seconde translation ; mais il est à croire qu'elle a eu lieu dans le XIIIe siècle.

En 1794, lorsque l'impiété révolutionnaire ravageait les églises et livrait aux flammes les reliques des Saints, que nos pères avaient vénérées pendant tant de siècles, les fidèles de la paroisse de Sainte-Céronne ne purent, malgré leur vigilance, empêcher un impie forcené de la ville de Mortagne, nommé Follet, de s'introduire dans leur église, d'en abattre les statues, et de profaner les reliques de sainte Céronne, qui étaient conservées au grand autel. Animé d'une rage satanique, il arracha du buste de la Sainte la boîte d'argent qui contenait les reliques. Il enleva ensuite un autre reliquaire d'argent placé de l'autre côté du tabernacle, et renfermant, selon la croyance commune, des reliques de saint Adelin. Après avoir tout ravagé dans l'église, il sortit en blasphémant contre Dieu et ses Saints. Par un dessein providentiel, il oublia le reliquaire d'argent qui contenait le bras de sainte Céronne. Quelques instants après son départ, une pieuse femme, nommée Françoise Girard, entra dans l'église pour voir les ravages que cet impie avait faits. Elle aperçut ce reliquaire qu'il avait jeté sur le pavé de l'église, et qu'il y avait ensuite oublié. Elle s'empressa de l'emporter chez elle, et le montra à une autre pieuse femme de Sainte-Céronne, nommée Gratienne Esnault, qui avait acheté l'église pour la préserver de la démolition. Celle-ci lui conseilla d'ouvrir ce reliquaire, et, après en avoir extrait la précieuse relique, de le reporter à l'église pour écarter tous les soupçons. La pieuse Françoise suivit son avis. Mais comme elle craignait que la relique ne vînt à périr totalement, si on la découvrait chez elle, elle la rompit en présence de Gratienne Esnault, et chacune en prit un fragment, afin que si l'on venait à disparaître, l'autre fût au moins conservé à la paroisse.

Après la Révolution, elles remirent avec bonheur les saintes reliques à M. Létat, curé de Sainte-Céronne. Comme les deux fragments juxtaposés se rapportaient parfaitement, personne n'éleva le moindre doute sur leur authenticité. On continua donc d'honorer ces précieuses reliques dans l'église de Sainte-Céronne, et, le 19 octobre 1832, elles furent reconnues par Mgr Alexis Saussoi. On profita de l'ouverture de la châsse, qui eut lieu à cette occasion, pour extraire quelques parcelles du vénérable ossements. Elles ont été distribuées à plusieurs églises ou communautés, qui les conservent précieusement. Une de ces parcelles a même été envoyée, en 1863, au séminaire de Saint-Charles près Baltimore (États-Unis). Quant aux autres reliques de la Sainte, conservées au moyen âge dans l'église du Mont-Saint-Michel, on ne sait pas à présent ce qu'elles sont devenues.

Le diocèse de Séez est le seul aujourd'hui où l'on fasse un office public en l'honneur de sainte Céronne. Cet office, qui est du rite semi-double, a été approuvé à Rome en 1857. La fête de la Sainte, qui a été remise au 16 novembre, est célébrée tous les ans avec beaucoup de dévotion par le clergé de ce diocèse.

A quelque distance du bourg de Sainte-Céronne, se trouve le village de Saint-Marcel où s'élevaient autrefois le monastère et l'oratoire particulier de la Sainte. Ils ont été ruinés pendant les guerres des Normands ; mais on montre encore dans ce village une habitation qui, d'après la tradition de la paroisse, est bâtie sur les fondements de la maison de sainte Céronne. Vis-à-vis du même village, au sommet d'un ravin assez profond, on voit une fontaine connue de tout temps sous le nom de Fontaine de la bonne sainte Céronne. La dévotion populaire attribue à son eau la vertu de guérir les fièvres, maladie qui paraît avoir causé la mort de la Sainte. Avant de se rendre à la fontaine, chaque pèlerin visite les reliques de la patronne, et fait dire une messe, une vêpres ou un évangile en son honneur, dans l'église du lieu.

L'église paroissiale de Sainte-Céronne est le but d'un pèlerinage d'autant plus fréquenté qu'il s'y opère presque tous les ans des guérisons miraculeuses. Au milieu du chœur, on aperçoit le tombeau où le corps de la Sainte a reposé pendant des siècles et opéré tant de miracles en faveur des pauvres malades. Au haut du maître-autel, dans une jolie niche, est une statue de sainte

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Céronne. La Sainte est représentée en habits religieux ; par-dessus la robe elle porte un scapulaire. Son attribut particulier paraît être un livre qu'elle porte à la main gauche : c'est pour rappeler qu'elle a apporté avec elle l'Évangile. Sur un des autels collatéraux (l'autel de la Sainte-Vierge), on voit le bras vénéré de sainte Céronne, renfermé dans un reliquaire en bois, scellé du sceau de l'évêque. On l'expose solennellement et on le porte en procession aux deux fêtes de la sainte : celle du 15 novembre, et celle du troisième dimanche de juillet, établie en mémoire de la translation des reliques de la Sainte.

Extrait des Vies des Saints du diocèse de Séez, par M. l'abbé Blin, curé de Durcet (Lutèce, 1873). Cet ouvrage est le digne pendant de l'Hagiographie du diocèse d'Amiens, par M. l'abbé Corblet.

Événements marquants

  • Naissance à Cornillan de parents idolâtres
  • Conversion secrète et fuite avec son frère Sophronius
  • Baptême à Bordeaux par l'évêque
  • Prise de voile à Bordeaux
  • Arrivée dans le diocèse de Séez vers 440
  • Fondation de la première maison religieuse du diocèse
  • Construction des oratoires de Saint-Marcel et du Mont-Romigny
  • Perte de la vue à la fin de sa vie

Miracles

  • Fil de fer conducteur miraculeusement renoué
  • Corps trouvé intact trois siècles après sa mort
  • Guérisons de fièvres à sa fontaine