Saint Alfier
Fondateur de la congrégation bénédictine de la Cava
Résumé
Grand seigneur à la cour de Salerne et ambassadeur, Alfier se fit moine à Cluny après une maladie. Rappelé en Italie, il fonda l'abbaye de la Cava dans les Apennins, instaurant une réforme monastique rigoureuse. Il mourut à l'âge de 120 ans le Jeudi Saint 1050, après avoir célébré la messe et lavé les pieds de ses frères.
Biographie
SAINT ALFIER, MOINE DE CLUNY,
FONDATEUR DE LA CONGRÉGATION BÉNÉDICTINE DE LA CAVA (1050).
Le célèbre monastère de la Cava est comme incrusté dans le mont Fenestra et situé dans la position la plus pittoresque, au milieu des bois et des montagnes, à une demi-lieue d'une gracieuse ville du même nom et à une lieue nord-ouest de Salerne. Il eut pour fondateur saint Alfier, grand seigneur à la cour des princes de Salerne.
Ayant été nommé ambassadeur auprès du roi de France, il tomba malade en se rendant à son poste et fit vœu de devenir religieux, s'il guérissait. Après sa guérison, il fit la rencontre de saint Odilon qui l'amena à Cluny où il comptait finir ses jours. Mais les princes de Salerne le rappelèrent et lui confièrent le soin de refonder les maisons religieuses de leur principauté. La réforme qu'il tenta lui paraissant impossible, il se retira dans une caverne des Apennins, où de nombreux disciples vinrent bientôt se ranger sous sa conduite. Mais il ne voulut en recevoir que douze.
Étant près de mourir, il eut révélation que sa postérité spirituelle serait innombrable. Le jour du Jeudi Saint 1050, il célébra la messe, lava les pieds à ses religieux, et se retira dans une cellule écartée où peu après ses religieux le trouvèrent mort : il avait vécu cent vingt ans.
Quelque temps après la mort de saint Alfier, il y avait à La Cava jusqu'à trois mille religieux et trente et une églises.
Les neuf premiers abbés de La Cava ont le titre de Saint ou de Bienheureux : on y faisait l'office double de saint Alfier et de saint Léon de Lucques, de saint Pierre de Polycastro et de saint Constance, ses successeurs immédiats. On y faisait aussi mémoire du B. Simon, cinquième abbé ; du R. Faucon, son successeur ; du B. Benincasa, huitième abbé ; et du R. Léonard, onzième abbé.
Le monastère actuel de la Sainte-Trinité de La Cava est bien déchu de son ancienne splendeur : comme à l'abbaye du Mont-Cassin, de vingt à trente religieux, un séminaire peu nombreux, quelques novices peuplent seuls aujourd'hui ces bâtiments immenses et cette vaste église, où se pressaient autrefois de longues files de moines bénédictins. En perdant ses possessions et son vaste personnel, qui lui permettait d'envoyer, comme à l'abbaye puissante de Montréal, en Sicile, des colonies de cent religieux, l'abbaye a conservé du moins son trésor de chartes, illustre mémorial de sa gloire, de son antique science et de ses utiles travaux.
Tous ces morceaux de parchemins sont relatifs à l'histoire d'Italie.
A celui donc qui se sentirait la vocation d'écrire les annales de l'Italie, à l'homme de foi et de talent, qui consentirait à dévouer ses veilles à ce grave et fécond labeur, nous signalons cette source de précieux matériaux. Il trouvera ici trente mille chartes originales des rois Lombards, des princes ou archevêques de Salerne, des rois de Sicile et d'Aragon, etc., etc. L'histoire de l'Italie sous la domination des Lombards et des princes Normands est là tout entière dans ces feuilles détachées. Ce sont là comme autant de blocs de marbres d'un grand prix, qui, rassemblés par une main habile, pourraient former un superbe monument...
Mais des trésors d'un autre genre, plus connus, plus chéris du peuple, et surtout plus accessibles aux pauvres de Jésus-Christ, sont conservés à l'abbaye de La Cava.
Ce sont les reliques des Saints et en particulier celles de sainte Félicité, cette noble dame romaine, qui, après avoir vu ses sept fils mourir tous en héros chrétiens plutôt que de renier leur foi, souffrit elle-même un héroïque martyre trois mois plus tard, sous l'empereur Antonin. Lorsque, il y a quelques années, l'affreux fléau du choléra ravageait plusieurs provinces de l'Italie, lorsque Rome et Naples avaient déjà payé leur tribut à l'horrible mal, tout le bon peuple de ces montagnes vint se prosterner aux pieds des restes de l'illustre Sainte, la conjurant de lui être propice. La Sainte écouta cette voix suppliante ; aucun des villageois ne fut frappé. Et, depuis lors, quand revient le jour de sa fête, la foule accourt dans l'église de la Cava, pour témoigner sa reconnaissance à sa puissante protectrice.
Ughelli, *Italia sacra ; Dictionnaire des abbayes*, etc.
12 AVRIL.
Événements marquants
- Ambassadeur auprès du roi de France
- Vœu de devenir religieux après une maladie
- Rencontre avec saint Odilon et séjour à Cluny
- Rappel par les princes de Salerne pour réformer les monastères
- Retraite dans une caverne des Apennins
- Fondation de l'abbaye de la Cava
- Célébration de sa dernière messe et lavement des pieds le Jeudi Saint
Miracles
- Révélation de sa postérité spirituelle innombrable avant sa mort