Saint Antoine de Liarolles
Ermite et Martyr
Résumé
Ancien soldat issu d'une illustre famille d'Agen, Antoine de Liarolles abandonna les armes pour la vie érémitique afin de fuir l'influence des Ariens. Après avoir opéré la guérison miraculeuse d'une paralytique, il fut arrêté par les hommes d'Alaric. Il mourut martyr en 540 après avoir subi de cruels supplices pour sa foi.
Biographie
SAINT ANTOINE DE LIAROLLES, ERMITE,
MARTYR À AGEN (540).
Issu d'une race illustre et d'une famille agenoise, Antoine de Liarolles passa sa première jeunesse dans les camps ; mais Dieu avait d'autres desseins sur le jeune guerrier qui se lassa bientôt des grandeurs humaines. Il apprit à les mépriser, et, à l'exemple du grand solitaire dont il portait le nom, craignant d'ailleurs le contact des Ariens, il échangea ses richesses contre la pauvreté, le palais de son père contre la solitude du désert.
Antoine avait quitté en secret les camps et la maison paternelle. Ses parents éplorés, ses amis fidèles s'en vont traversant les forêts, les montagnes et le creux des vallons, cherchant partout le jeune fugitif. Longtemps, ils le demandent à tous les sauvages échos de la solitude, quand une voix humaine se fait entendre, murmurant une prière. On s'approche et on trouve le Saint prosterné contre terre, et ne tenant plus à l'humanité que par quelques lambeaux : tout le ciel était dans son cœur. Toutefois, nous ne trouverons pas dans saint Antoine ce qu'on a si ridiculement appelé la sauvagerie des anachorètes. La vue de ses parents a touché son cœur, et lui a fait comprendre qu'il était encore sur la terre ; il les embrasse avec effusion de larmes, les console par les plus douces paroles, et retourne avec eux dans la ville d'Agen. Après avoir payé ce juste tribut à l'affection paternelle, Antoine repart et se retire dans la Lomagne. Mais la solitude n'est plus faite pour lui. Il avait jeté trop d'éclat dans le monde pour être ignoré, fait trop de pénitence dans le désert pour rester caché désormais. Le bruit de sa renommée le suivait partout, partout on accourait sur ses pas. Pour la seconde fois, il retourne à la maison paternelle ; il traverse la Garonne, et sur l'autre rive, à l'entrée d'Agen, il trouve une grande foule qui l'attendait pour lui présenter une paralytique sexagénaire. Antoine est touché de tant de piété et de tant de confiance ; il invoque le nom du Seigneur Jésus, la paralytique se lève, et marche comme dans sa première jeunesse.
Ce prodige portait un coup trop sensible à l'hérésie d'Arius, pour ne pas éveiller la colère de ses fauteurs. Les ministres d'Alaric font amener Liarolles devant leur tribunal. Ils cherchent, mais en vain, à le gagner à force de promesses ; puis on en vient aux menaces, des menaces aux tortures, et le Saint rend son âme à Dieu au milieu des plus cruels supplices. Par la suite des temps, le corps du saint Martyr fut transféré dans un lieu situé près de Condom (Gers), et qui prit le nom de Liarolles. Il fut déposé sous l'autel de l'église où tous les ans il attirait un grand concours de fidèles. Les habitants du lieu aimaient à raconter les miracles opérés par la vertu du saint Martyr.
L'abbé Barrière : Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen.
Événements marquants
- Carrière militaire dans sa jeunesse
- Renoncement aux richesses et fuite dans la solitude du désert
- Retrouvailles avec ses parents et retour à Agen
- Retraite en Lomagne
- Guérison miraculeuse d'une paralytique sexagénaire à l'entrée d'Agen
- Arrestation par les ministres d'Alaric
- Martyre par supplices après refus d'abjurer
Miracles
- Guérison instantanée d'une femme paralytique de soixante ans à l'entrée d'Agen