Saint Avertin
Chanoine Gilbertin
Résumé
Diacre anglais et disciple de saint Thomas de Cantorbéry au XIIe siècle, Avertin s'établit en Touraine après le martyre de son maître. Il vécut en solitaire puis en pasteur à Vencay, où il mourut en 1180. Il est particulièrement invoqué pour la guérison des maux de tête.
Biographie
SAINT AVERTIN, CHANOINE GILBERTIN (1180).
Saint Avertin naquit en Angleterre vers le milieu du XIIe siècle. Disciple de saint Thomas de Cantorbéry, chanoine de Saint-Gilbert, il fut élevé au diaconat et se distingua par de nombreuses et brillantes vertus. Il avait une tendresse particulière pour les pauvres, et Dieu récompensa ses vertus par le don des miracles.
Lorsque le grand et illustre martyr des droits de l'Église, saint Thomas, vint à Tours pour assister au concile de 1163 tenu dans cette ville par le pape Alexandre III pour déposer l'antipape Victor, il se fit accompagner de son pieux archidiacre. Avertin visita tous les lieux qui rappelaient le souvenir de saint Martin ; il désira, sans doute à l'exemple de tant de Saints, fixer sa demeure près de la tombe du grand thaumaturge ; mais il ne voulut pas abandonner son saint évêque, et tant que dura son exil, il en partagea les amertumes et les tristesses. Il rentra avec lui dans sa patrie, mais ce ne fut pas pour longtemps. Après le glorieux martyre de saint Thomas, il quitta l'Angleterre et revint en Touraine. Il se retira dans le bois de Cangé, à quelques kilomètres de la ville de Tours, près du bourg de Saint-Pierre de Vencay. Il avait résolu d'y vivre dans la solitude, comme le disciple de saint Martin et les solitaires des grottes de Marmontier. Touché de son mérite et de sa sainteté, les habitants du village de Vencay ne lui permirent pas de réaliser son pieux dessein : ils l'entourèrent de vénération, lui conférèrent le soin de leurs âmes, écoutèrent sa parole avec avidité, et eurent recours à ses prières et à ses conseils ; et Dieu, par son entremise, les favorisa de grâces extraordinaires. Le pieux solitaire mourut en 1180. Il fut enseveli dans l'église de Saint-Pierre de Vencay, où il opéra de nombreux miracles. Les pèlerins vinrent en foule prier sur sa tombe, et le village changea son premier nom contre celui de Saint-Avertin.
Son corps fut brûlé par les Huguenots en 1562. Dans les commencements du XVIIe siècle, le Père Guillaume Guérin, visitant l'église de Saint-Avertin, n'y trouva aucune relique du Saint ; mais il y vit une statue très-vénérée et entourée de nombreux ex-voto, parmi lesquels on voyait surtout des têtes de cire, car le Bienheureux avait reçu du ciel le don de guérir toutes les douleurs de tête. La dévotion envers ce Saint était si grande qu'autrefois toutes les maisons du bourg étaient transformées en hôtelleries pour y recevoir les pèlerins. Les grands pèlerinages avaient lieu le mardi de Pâques et le 5 mai, jour de sa fête. Cette dévotion a sensiblement diminué avec le temps, cependant quelques rares pèlerins se rendent encore aujourd'hui à Saint-Avertin pour y prier le saint confesseur. — Il est également le patron de Bungival, au diocèse de Versailles.
M. l'abbé Rolland, chanoine honoraire, aumônier du Pensionnat des Frères des Écoles chrétiennes de Tours.
Événements marquants
- Naissance en Angleterre au milieu du XIIe siècle
- Élévation au diaconat et entrée dans l'ordre de Saint-Gilbert
- Accompagnement de saint Thomas de Cantorbéry au concile de Tours en 1163
- Exil avec saint Thomas de Cantorbéry
- Retour en Touraine après le martyre de saint Thomas
- Retraite dans le bois de Cangé
- Ministère auprès des habitants de Vencay
Miracles
- Don des miracles de son vivant
- Guérison de toutes les douleurs de tête après sa mort