Saint Chrysole (Chryseuil)

Apôtre et Patron de Comines

Fête : 7 fevrier 3ᵉ siècle • sainte

Résumé

Évêque originaire d'Arménie, Chrysole fuit les persécutions de Dioclétien pour rejoindre Rome avant d'être envoyé évangéliser la Gaule Belgique. Établi à Comines, il est martyrisé à Verlinghem où il a le sommet du crâne tranché. La tradition rapporte qu'il marcha jusqu'à Comines en portant sa propre calotte crânienne, faisant jaillir une source sur son passage.

Biographie

SAINT CHRYSOLE, OU CHRYSEUIL,

APÔTRE ET PATRON DE COMINES (278).

Il était né dans la petite Arménie, d'une illustre famille : on dit même que son père gouvernait une partie de cette contrée alors divisée en plusieurs États. Ses parents, qui étaient chrétiens, le confièrent à des maîtres sages et expérimentés. Cet avantage, joint à des dispositions heureuses, lui firent faire en peu de temps de rapides progrès dans l'étude et dans la pratique des vertus chrétiennes. On eut bientôt une si haute opinion de son mérite, qu'il fut jugé digne d'être évêque ou archevêque d'une ville d'Arménie.

La persécution excitée par Dioclétien et Maximien, qui s'alluma vers le même temps, sévit surtout dans l'Asie, où il y avait déjà beaucoup de chrétiens. Saint Chrysole, soit pour mettre en pratique la recommandation du Sauveur qui avait dit à ses disciples : « Lorsqu'on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre » ; soit pour satisfaire le désir qu'il avait d'étendre le règne de Jésus-Christ parmi les infidèles, quitte l'Arménie et se rendit à Rome auprès de saint Marcel, qui occupait alors le Saint-Siège.

Le souverain Pontife reçut l'illustre étranger avec respect. Bientôt même, reconnaissant en saint Chrysole l'heureux assemblage de toutes les vertus épiscopales unies aux plus belles qualités, il conçut pour lui une affection toute spéciale, et lui donna, comme gage de son amitié, une boîte en argent renfermant des reliques de saint Pierre.

Envoyé plus tard avec d'autres missionnaires vers les peuples de la Gaule, saint Chrysole se fixa dans cette partie de l'ancienne Belgique inférieure, située entre l'Escaut et la Lys, au pays Mélanthois. Pendant plusieurs années il parcourut ces contrées sans que rien pût l'arrêter, ni la distance des lieux, ni la difficulté des voyages, ni les dangers de tout genre auxquels il était exposé. Sa confiance en Dieu était entière, et, selon la parole du divin Maître, « Il ne craignait rien de ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n'ont aucun pouvoir sur l'âme ».

Saint Chrysole, dans l'intervalle de ses courses évangéliques, résidait habituellement à Commines. Il y construisit un oratoire pour célébrer les divins mystères et réunir, autant que le permettaient les circonstances, les nouveaux chrétiens qu'il avait gagnés à Jésus-Christ. La persécution qui commençait à exercer ses ravages dans le nord des Gaules, ne lui laissa pas le temps de confirmer ses néophytes dans la foi.

Un jour qu'il prêchait auprès d'un temple d'idoles, dans le village de Verlinghem, il fut surpris et arrêté par des soldats. Le Saint, se rappelant la conduite de Notre-Seigneur au milieu de ses bourreaux, ne répondit que par la patience aux brutalités dont ils l'accablèrent. C'est dans ce lieu qu'après avoir été frappé de verges, il eut le sommet de la tête coupé par ces soldats païens, qui voulaient peut-être insulter de cette manière au caractère sacré dont il était revêtu. Ils le laissèrent gisant par terre et baigné dans son sang.

D'après le récit de plusieurs auteurs, saint Chrysole ne mourut point aussitôt de cette affreuse blessure ; mais, aidé du secours de Dieu, il revint à lui, se leva, et prenant la partie supérieure de son crâne que les bourreaux avaient abattus, il retourna à Commines, où il rendit l'âme au milieu des habitants étonnés. Ils ajoutent que sur la route, le martyr, pressé par une soif dévorante, vit jaillir à ses pieds une source d'eau pure, laquelle n'a pas cessé depuis de couler avec abondance.

Saint Chrysole fut enseveli à Commines, dont il est devenu le patron spécial, et où s'opèrent souvent par son intercession des guérisons extraordinaires. Il est aussi le patron de la paroisse de Verlinghem. Celle de Lens, en Artois, possédait une partie de ses reliques, comme l'indique une ancienne inscription latine. Une tradition constante suppose que saint Éloi, lorsqu'il était évêque de Tournai et de Noyon, leva de terre le corps de saint Chrysole et le renferma dans une châsse, comme il avait fait pour saint Piât. De Guise, Molanus et Buzelin regardent ce fait comme incontestable. Ce dernier ajoute qu'en 1611, la ville de Bruges, où l'on avait transporté la châsse, à cause des guerres continuelles qui désolaient le pays, envoya à l'église de Tournai quelques parcelles de ces reliques de saint Chrysole, et reçut en retour des morceaux de celles de saint Éleuthère. Ces restes vénérés furent accueillis à Tournai avec une pompe extraordinaire, le 7 octobre de cette même année.

Nous avons adopté la rédaction de M. l'abbé Destombes, *Hagiographie de Cambrai et d'Arras*.

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## SAINT MOÏSE, ÉVÊQUE DES SARRASINS (389).

Après la mort d'Obedien, chef sarrasin chrétien, Rome fit la guerre à Mauvia, sa femme, princesse vertueuse, et qui avait tout fait pour propager le christianisme au milieu de ses peuples. Les Romains furent battus et forcés de demander la paix ; la reine y consentit à la condition qu'on lui donnerait le solitaire Moïse pour évêque de sa nation. Ce saint homme était sarrasin de naissance, et demeurait dans un désert voisin, entre l'Égypte et la Palestine, où ses prodiges et ses vertus l'avaient rendu fort célèbre. Il avait embrassé la vie solitaire presque dès l'enfance, et dès lors il quitta l'usage du pain et ne vécut plus que de dattes et d'eau ; il dormait peu et passait son Carême avec vingt dattes et une chopine d'eau, et souvent il arrivait à Pâques sans y avoir touché.

Les Romains furent très-heureux d'avoir la paix à ce prix. Moïse fut donc conduit à Alexandrie où gouvernait un évêque arien nommé Luce. Il refusa avec une rare énergie de recevoir l'ordination de sa main, et lui reprocha ses crimes avec une sainte liberté. On fut contraint, dans la crainte de rallumer la guerre, de conduire Moïse auprès des évêques qu'avait exilés Luce, pour être sacré de leurs mains.

Devenu évêque, Moïse prit soin des Sarrasins ; il trouva parmi eux peu de chrétiens, mais en convertit un grand nombre par ses instructions et ses miracles. Il conserva toujours la pureté de la foi et maintint sa nation en paix avec les Romains. On ne sait combien de temps il vécut ni où fut son siège épiscopal.

7 FÉVRIER.

Événements marquants

  • Naissance en Arménie dans une famille illustre
  • Élévation au rang d'évêque en Arménie
  • Fuite de la persécution de Dioclétien vers Rome
  • Rencontre avec le pape saint Marcel
  • Mission d'évangélisation en Gaule (Belgique inférieure)
  • Construction d'un oratoire à Comines
  • Arrestation à Verlinghem par des soldats païens
  • Décapitation partielle (sommet de la tête)
  • Marche miraculeuse vers Comines en portant son crâne

Miracles

  • Jaillissement d'une source d'eau pure sous ses pieds après son martyre
  • Marche céphalophore de Verlinghem à Comines
  • Guérisons extraordinaires par son intercession