Saint Ennode de Pavie

Évêque de Pavie et écrivain ecclésiastique

Fête : 17 juillet 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Pavie et brillant écrivain du VIe siècle, Ennode fut chargé par le pape Hormisdas de négocier la fin du schisme d'Orient auprès de l'empereur Anastase. Malgré l'échec diplomatique et les périls du voyage, il consacra sa vie à la sanctification de son diocèse et à une œuvre littéraire prolifique. Il est honoré du titre de grand et glorieux confesseur.

Biographie

SAINT ENNODE, ÉVÊQUE DE PAVIE,

ET ÉCRIVAIN ECCLÉSIASTIQUE

521. — Pape : Hormisdas. — Roi de France : Childebert Ier.

Nihil est quod ita Deum exhilaret sicut conversio peccatorum et a peccato ad virtutem reverens. Rien ne réjouit autant le cœur de Dieu que la conversion des pécheurs et leur retour du vice à la vertu.

SAINT ENNODE, ÉVÊQUE DE PAVIE. 407

ciptre de saint Épiphane. Il gouverna son Église avec un zèle et une autorité apostoliques.

Le pape Hormisdas jeta les yeux sur lui pour travailler à la réunion des églises d'Orient et d'Occident. L'empereur qui régnait alors était Anastase. Il fomentait la division en favorisant l'hérésie d'Eutychès. Il employait encore contre l'Église la dissimulation, vice détestable, surtout dans les personnes qui commandent.

L'évêque de Pavie fit deux voyages à Constantinople, l'un en 515, avec Fortunat, évêque de Catane, et l'autre en 517, avec Pérégrin, évêque de Misène. Les instructions données par le Pape portaient qu'on travaillât à faire recevoir les décrets du concile de Chalcédoine, et les lettres de saint Léon contre Nestorius, Eutychès, Dioscore et leurs sectateurs; à faire souscrire l'anathème prononcé contre Acace de Constantinople et Pierre d'Antioche; à demander à l'empereur le retour des évêques qui avaient été exilés pour leur attachement à la foi. Anastase témoigna à l'extérieur un grand désir de la paix. En congédiant les légats, il leur donna une lettre pour le Pape, dans laquelle il déclarait qu'il condamnait Nestorius et Eutychès, et qu'il recevait le concile de Chalcédoine. Il promit d'envoyer des ambassadeurs à Rome pour terminer les autres articles; mais son unique but était de gagner du temps. Il bannit même quatre évêques d'Illyrie pendant qu'Ennode était à Constantinople. Il différa d'envoyer ses ambassadeurs jusqu'au milieu de l'année suivante; encore n'envoya-t-il point d'évêques, comme il l'avait promis, mais deux laïques, dont l'un se nommait Théopompe, et l'autre Sévérien. Cette ambassade n'aboutit, du côté des Orientaux, qu'à faire des protestations vagues pour le bien et la paix de l'Église. Hormisdas répondit qu'il n'avait rien plus à cœur; qu'il se jetait même aux pieds de l'empereur afin d'implorer sa protection pour que le bon ordre fût rétabli partout.

Le second voyage qu'Ennode fit à Constantinople ne produisit pas plus d'effet que le premier. Anastase ne voulut point admettre le formulaire que le Pape avait dressé pour l'union des deux Églises; il essaya même de corrompre les légats par argent: mais voyant qu'ils étaient à l'épreuve d'une pareille tentation, il les fit embarquer secrètement sous la garde de deux préfets et de quelques autres officiers qui avaient ordre de ne les laisser entrer dans aucune ville. Les légats trouvèrent cependant le moyen de distribuer partout leurs protestations contre ce qui s'était fait. Les évêques qui en reçurent des exemplaires, les envoyèrent à Constantinople, de crainte de se voir accusés, ce qui aigrit encore davantage l'empereur. Le premier effet de son ressentiment fut de renvoyer chez eux près de deux cents évêques qui étaient sur le point de s'assembler à Héraclée pour pacifier les troubles de l'Orient. Voilà où aboutit la parole qu'il avait donnée de concourir au rétablissement de la paix entre les deux Églises. Le sénat et le peuple lui ayant reproché la violation du serment qu'il avait fait, il répondit froidement qu'il y a des circonstances où il est permis à un prince de se parjurer. Une telle réponse confirma dans tous les esprits les soupçons que l'on avait de l'attachement secret d'Anastase aux opinions impies des Manichéens.

Cependant Ennode, à qui tous les ports de l'Orient étaient fermés par l'ordre de l'empereur, courait un danger imminent de périr. Le vaisseau sur lequel il avait été forcé de s'embarquer était vieux et vermoulu; on ne pouvait guère espérer qu'il suffit pour faire le trajet. Il le fit pourtant, et le saint évêque aborda sain et sauf en Italie.

17 JUILLET.

De retour dans son diocèse, il s'appliqua plus que jamais à la sanctification de son troupeau. On eût dit que ce qu'il avait souffert pour la foi avait donné plus d'activité à son zèle en donnant un nouveau lustre à ses vertus. La conversion des pécheurs, le soin des pauvres, l'ornement des églises, la composition de quelques poèmes sur des sujets de piété, partagèrent tout son temps jusqu'à sa mort, qui arriva le 1er août 521. Il était âgé de quarante-huit ans. Les papes Nicolas Ier et Jean VIII lui donnent le titre de *grand* et de *glorieux confesseur*. Il est nommé dans le martyrologe romain sous le 17 juillet.

## ÉCRITS DE SAINT ENNODE.

Nous avons, sous le nom d'Ennode :

1° Deux cent quatre-vingt-dix-sept Lettres qu'on a distribuées en neuf livres. La plupart sont des lettres d'amitié et de civilité. Celles qui contiennent quelque chose de remarquable pour la doctrine ou pour la discipline ecclésiastique sont celles à Fanate où il parle des suites fâcheuses qu'occasionna le schisme entre Laurent et Symmaque, tous deux élus pour remplir le Saint-Siège, et reconnaît que la foi nous oblige d'adorer une seule nature en Dieu, sous la distinction de trois personnes égales en dignité; celles aux évêques d'Afrique que le roi Trassmund relégua en Sardaigne, au nombre de deux cent vingt; celles à Arménius pour le consoler de la mort de son fils en lui représentant qu'il avait passé à une vie meilleure; d'autres moins intéressantes, à diverses personnes.

2° Un Panégyrique du roi Théodoric qui venait de se rendre maître de l'Italie après plusieurs victoires remportées sur Odoacre.

3° Une Apologie de Symmaque qu'il composa pour justifier la conduite que le synode de Rome avait tenue à l'égard de ce Pape.

4° Une Vie de saint Épiphane, évêque de Pavie, où l'auteur fait profession de rapporter les vertus et les actions de ce Saint avec autant de sincérité que d'exactitude.

5° Une Vie du bienheureux Antoine, prêtre et solitaire, mort à Lérins.

6° Un écrit appelé *Eucharisticum*, c'est-à-dire *Actions de Grâces*, qu'il composa par reconnaissance après avoir été guéri miraculeusement par l'intercession de saint Victor, évêque de Milan.

7° Une Exhortation adressée à Ambroise et à Béates. Elle est partie en prose et partie en vers, et mérite d'être lue des jeunes gens qu'on veut former à la vertu.

8° Une Ordonnance touchant les clercs.

9° Un Acte d'affranchissement, dressé comme un modèle des actes de ce genre, lorsque l'empereur Constantin permit aux maîtres d'affranchir leurs esclaves.

10° Des Discours dont les six premiers sont sur des sujets de piété: le premier sur le jour de l'inauguration de Laurent, évêque de Milan; le second sur la dédicace d'une église des Apôtres; le troisième sur les tonsures de Maxime, successeur de saint Épiphane sur le siège de Pavie; le quatrième sur la dédicace de l'église de Saint-Jean-Baptiste; le cinquième sur la prise de possession d'un évêque; le sixième contre les hérétiques d'Orient et pour la défense de la foi catholique.

11° Des Poésies, divisées en deux parties, dont la première contient les pièces les plus longues, et l'autre les épigrammes. Les plus remarquables sont celles qu'il composa à la tonsure de saint Épiphane, de la sainte Vierge, de saint Cyprien, de saint Étienne, de saint Denis de Milan, de saint Ambroise, de sainte Euphemie, de saint Nazaire, de saint Martin, etc.; sur les mystères de l'Ascension et de la Pentecôte, et sur d'autres matières de piété et de religion.

Le style d'Ennode est sententieux, ce qui le rend obscur et difficile: ses écrits peuvent fournir des lumières à l'histoire des Gaules et de l'Italie, mais on n'en peut guère tirer pour l'éclaircissement des difficultés de théologie. La question de la liberté et de la grâce est la seule où il s'explique avec quelque étendue.

Les écrits d'Ennode se trouvent parmi les orthodoxographes imprimés à Bâle en 1569. Ils furent réimprimés à Tournai et à Paris en 1610 et 1611. C'est sur l'édition de 1611 qu'on leur a donné place dans la Bibliothèque des Pères de Paris, de Cologne et de Lyon, et dans le Recueil des Opuscules du Père Sirmond à Paris, en 1696.

Tiré du Godescard, et de Dom Ceillier, *Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques*.

SAINT LÉON IV, PAPE ET CONFESSEUR.

SAINT LÉON IV, PAPE ET CONFESSEUR

17 JUILLET. habitants de Gaëte, de Naples, et d'Amalfi, les Romains remportèrent une victoire signalée sur leurs ennemis.

Voici ce que Voltaire dit de ce fait historique : Attaqué par les Sarrasins, le pape Léon se montra digne, en défendant Rome, d'y commander en souverain. Il avait employé les richesses de l'Église à réparer les murailles, à élever des tours, à tendre des chaînes sur le Tibre. Il arma les milices à ses dépens, engagea les habitants de Naples et de Gaëte à venir défendre les côtes et le pont d'Ostie, sans manquer à la sage précaution de prendre d'eux des otages; sachant bien que ceux qui sont assez puissants pour secourir le sont assez pour nous nuire. Il visita lui-même tous les postes, et reçut les Sarrasins à leur descente; non pas en équipage de guerre, ainsi qu'en avait usé Gozlin, évêque de Paris, dans une occasion encore plus pressante, mais comme un Pontife qui exhortait un peuple chrétien, et « comme un roi qui veillait à la sûreté de ses sujets (849) ». Il était romain: le courage des premiers âges de la république revivait en lui dans un temps de lâcheté et de corruption, tel qu'un beau monument de l'ancienne Rome, qu'on trouve quelquefois dans les ruines de la nouvelle. Son courage et ses soins furent secondés. On combattit les Sarrasins courageusement à leur descente; et la tempête ayant dissipé la moitié de leurs vaisseaux, une partie de ces conquérants, échappés au naufrage, furent mis à la chaîne. Le Pape rendit sa victoire utile, en faisant travailler aux fortifications de Rome et à son embellissement les mêmes mains qui devaient les détruire.

Il ne manqua rien à la gloire de Léon: ce beau fait d'armes, cette seconde bataille de Poitiers, s'il est permis de parler ainsi, ce service immortel rendu à la religion, a été transmis à la postérité par Raphaël, dans les salles du Vatican. À Poitiers, la France surtout fut sauvée; mais à la victoire d'Ostie, la ville de Rome directement était menacée: en peu d'heures, les Sarrasins, s'ils avaient été vainqueurs, pouvaient s'en rendre maîtres.

La nouvelle ville bâtie autour de Saint-Pierre s'appelle encore aujourd'hui cité Léonine: seulement elle est jointe à Rome et renfermée actuellement dans le même circuit.

En 852, le Pape, prudent comme doivent être les hommes heureux qui ont vaincu les barbares, voulut fortifier encore la ville de Porto, parce que les Sarrasins avaient réuni beaucoup de forces dans la Sicile. Alors il se présenta un grand nombre de Corses, que la crainte des Sarrasins avait chassés de Bastia et des environs de Corte, et qui étaient errants et sans demeure fixe. Après avoir exposé leur misère, ils promirent, si on voulait les recevoir, de demeurer, eux et leurs enfants, au service du Pape, qui, de son côté, leur offrit la ville de Porto, bien fortifiée, avec des vignes, des prés et des terres labourables, des chevaux et des bestiaux. Les Corses, peuples braves, aimant la guerre, et ressentant une haute estime pour un Pontife qui avait été aussi brave qu'eux, acceptèrent les bienfaits de Léon; et un acte de donation des terres fut délivré en bonne forme à ceux qui s'empressèrent de signer ce traité.

Léon IV avait couronné, en 850, Louis II comme empereur, ou plutôt comme associé à l'empire; et il vécut avec lui constamment en bonne intelligence, ainsi qu'avec Lothaire, père de Louis, encore vivant.

Sur la fin de l'année 853, Léon IV tint à Rome, dans l'église de Saint-Pierre, un Concile de soixante-sept évêques, parmi lesquels il y en avait quatre envoyés par l'empereur Lothaire. Le Concile s'assembla le 8 décembre, la septième année du règne de Léon, la trente-septième année du

règne de Lothaire, et la cinquième année du règne de Louis II. C'est dans ce Concile que fut déposé Anastase.

Les habitants de la ville de Centum Cellæ, florissante sous Trajan, étaient exposés à des surprises de la part des Sarrasins, et ils avaient quitté cette ville. Léon en bâtit une nouvelle à quelque distance; mais par la suite des temps, elle fut abandonnée, et les habitants retournèrent à Centum Cellæ, qu'on appela dès lors Ville-Vieille (Civita-Vecchia), nom qu'elle garde encore aujourd'hui.

Saint Léon IV gouverna l'Église huit ans, trois mois, six jours. En deux ordinations, il créa soixante-trois évêques, dix-neuf prêtres, huit diacres.

Ce Pape était très-savant; il réunissait les plus rares vertus: la circonspection, la magnificence, la piété, l'humanité, le courage, l'amour de la justice; il était bienfaisant avec les pauvres, et remplissait les devoirs du ministère pontifical avec l'exactitude la plus exemplaire. On eût pu dire encore de lui ce qu'Abbon disait de Gozlin, *mitissimus heros*, ce fut un héros plein de douceur. Léon mourut le 17 juillet 853; il fut enterré au Vatican. Le Saint-Siège demeura vacant un mois et douze jours, jusqu'à la consécration de Benoît III.

Tiré de l'Histoire des souverains Pontifes romains, par Arland de Montor. — Cf. Acta Sanctorum, tome IV de juillet; Godescard, Bulliet.

Événements marquants

  • Disciple de saint Épiphane
  • Légation à Constantinople en 515 avec l'évêque Fortunat
  • Seconde légation à Constantinople en 517 avec l'évêque Pérégrin
  • Tentative de corruption par l'empereur Anastase
  • Retour périlleux en Italie sur un vaisseau vermoulu
  • Composition de nombreux ouvrages théologiques et poétiques

Miracles

  • Guérison miraculeuse par l'intercession de saint Victor de Milan

Citations

Nihil est quod ita Deum exhilaret sicut conversio peccatorum et a peccato ad virtutem reverens.

— Introduction du texte