Bienheureux Jean de Parme

Général des Franciscains

Fête : 21 mars 13ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Religieux franciscain du XIIIe siècle, Jean de Parme fut élu général de son ordre en 1247. Diplomate et théologien respecté par les rois et les papes, il œuvra pour la discipline régulière et la réconciliation avec l'Église d'Orient. Il mourut en 1289 à Camerino après une vie de voyages apostoliques effectués à pied.

Biographie

LE BIENHEUREUX JEAN DE PARME,

GÉNÉRAL DES FRANCISCAINS (1289).

Ce saint religieux, qui porte le nom de la ville où il vit le jour, naquit de parents illustres, dans les premières années de ce XIIIe siècle, si fécond en grands hommes et en grandes œuvres.

Ayant l'esprit excellent, il fit dans les études de tels progrès, qu'après avoir pris le grade de docteur, il fut chargé d'enseigner la logique dans sa ville natale. À l'âge de vingt-cinq ans, Jean se décida à se fixer parmi les Franciscains, dont la modestie et la piété l'avaient touché. Après avoir fait son noviciat, il acheva ses études à l'Université de Paris. Successivement chargé du ministère de la prédication à Bologne et à Naples, il s'acquitta de cette double fonction avec un succès tel que tous ceux qui l'entendaient étaient touchés et éclairés. Sa doctrine égalait sa facilité d'élocution. Il assista, en 1245, au concile de Lyon ; après la tenue du concile, il fut appelé à Paris pour y professer dans l'Université. Il fut le premier Italien qui occupa dans cette ville une chaire publique.

En 1247, ses frères l'élurent général d'un commun accord. Son premier soin fut de visiter tous les couvents soumis à sa juridiction, et d'y rétablir la discipline, que la faiblesse de son prédécesseur avait rendue moins sévère. Dans cette vue, il rassembla plusieurs chapitres. Ce fut pendant qu'il tenait celui de Sens que le roi saint Louis, qui partait pour la croisade, vint se recommander à ses prières. Le bon roi donna, en cette occasion, une preuve de l'estime qu'il professait pour le serviteur de Dieu : il alla dîner chez les Frères Mineurs, et il prit à table la dernière place. Edouard III, roi d'Angleterre, n'eut pas moins de considération pour Jean de Parme. Celui-ci, étant allé le saluer pendant qu'il visitait les couvents de son royaume, le monarque, instruit de la sainteté du franciscain, courut à sa rencontre et l'embrassa tendrement.

À cette époque, Innocent IV occupait encore le Saint-Siège ; son affection pour le Bienheureux n'avait pas varié depuis le concile de Lyon. En 1249, les Grecs ayant manifesté le désir de se réunir à l'Église romaine, ce Pontife ne crut pouvoir choisir un meilleur légat que Jean pour traiter cette affaire délicate. Sa mission réussit parfaitement auprès de l'empereur Jean Ducas et du patriarche de Constantinople ; mais des subalternes, partisans acharnés du schisme, tuèrent les ambassadeurs qu'ils avaient envoyés au Pape. L'affaire en resta là. Peu de temps après, une émeute soulevée par les docteurs séculiers de l'Université de Paris contre les Dominicains, avait obligé ces religieux à quitter leurs chaires. Jean, craignant la même disgrâce pour les Frères Mineurs, accourut à Paris et eut le bonheur, par sa douceur autant que par son éloquence, de parer le coup. En 1254, il se démit du généralat en faveur de saint Bonaventure. Il vécut encore trente ans, qu'il passa dans la solitude. Vers la fin de sa vie, son zèle pour le bien de la religion le porta à supplier le pape Nicolas IV de lui confier une nouvelle mission en Orient, pour cimenter la paix entre les Latins et les Grecs, mais le Seigneur se contenta de sa bonne volonté. Il mourut en route, à Camerino, le 28 mars 1289. Il est peu de Saints qui aient voyagé autant que le bienheureux Jean de Parme ; il marchait toujours à pied, et refusa même une monture pour se rendre à Constantinople. Pie VI l'a béatifié en 1781.

21 MARS.

Événements marquants

  • Entrée chez les Franciscains à l'âge de 25 ans
  • Participation au concile de Lyon en 1245
  • Élection comme Général de l'Ordre en 1247
  • Légation à Constantinople en 1249 pour la réunion des Églises
  • Démission du généralat en faveur de saint Bonaventure en 1254
  • Béatification par Pie VI en 1781