Saint Samuel, Prophète et Juge d'Israël

Quatorzième et dernier juge d'Israël

Fête : 20 aout • saint

Résumé

Dernier des Juges d'Israël et illustre prophète, Samuel fut consacré à Dieu par sa mère Anne. Il assura la transition vers la monarchie en sacrant Saül puis David, tout en réformant l'État et la religion par sa sagesse et sa vertu. Ses reliques furent transférées à Constantinople au Ve siècle.

Biographie

SAINT SAMUEL, PROPHÈTE,

QUATORZIÈME ET DERNIER JUGÉ D'ISRAËL

Tertia post denum Samuele excellet, ab ipris Quem Domino cuoio genitrix devota succesit.

Quand s'éteint la treizième génération des juges d'Israël, elle nous lègue l'Illustre Samuel que, dès le berceau, une mère chrétienne a voué au Seigneur. Wandelbertus, apud Acta Sanctorum.

Au pays d'Ephraïm, dans la ville de Ramatha, il y avait un homme de la tribu sacerdotale qui se nommait Elcana. Cette ville de Ramatha est la même que l'Arimathie du Nouveau Testament et que la Ramla des temps modernes. Placée sur le chemin de Joppé à Jérusalem, elle vit passer sous ses murailles les nombreux pèlerins d'Occident qui allaient visiter le tombeau du Christ, et fut plus d'une fois témoin de leur courage. Les églises qu'ils y avaient bâties sont devenues des mosquées, et les minarets dominent, à la place de la croix, les bois des vieux oliviers et les palmiers au milieu desquels Ramla semble fleurir.

Selon le commun usage des Israélites, usage fondé plutôt sur l'exemple des patriarches que sur la loi mosaïque, qui ne prohibe ni ne permet expressément la pluralité des femmes, Elcana avait deux épouses : celle du premier ordre s'appelait Anne, c'est-à-dire qui possède la grâce; et véritablement elle méritait ce titre par l'esprit de foi et de prière dont elle fut animée; celle du second ordre s'appelait Phénenna. Anne était stérile comme Sara; Phénenna était féconde et insolente comme Agar.

Tous les ans, aux jours de fête, Elcana se rendait à Silo, ville du voisinage, où, depuis le temps de Josué, reposaient l'arche et le tabernacle : c'était là que tout Israël venait offrir ses sacrifices et sa prière, avant l'érection du temple de Jérusalem. Les femmes et les enfants n'étaient pas obligés de faire ce pèlerinage; mais ils ne s'en dispensaient guère dans les familles pieuses. Anne, triste et humiliée, et Phénenna, environnée de ses fils, suivaient leur mari à Silo. On sait les rites de ces sacrifices particuliers : le sang de la victime était répandu au pied de l'autel, ses chairs étaient en partie consumées par le feu et en partie distribuées tant aux prêtres qu'à la famille qui la présentait. Elcana donnait donc à Phénenna ce qui lui revenait du sacrifice pour elle et ses enfants; Anne, qui était seule, n'avait qu'une moindre portion, ce qui la faisait souvenir douloureusement de sa stérilité. De plus, sa rivale lui adressait des reproches outrageux, ne songeant pas qu'elle ne devait son titre d'épouse secondaire qu'à l'infirmité de l'épouse du premier ordre, et que les affligés trouvent un consolateur dans le ciel, quand la terre ne leur accorde plus que le dédain ou l'injure.

Un jour, Anne se mit à pleurer; elle ne mangeait pas. Elcana, qui l'aimait, lui dit : « D'où vient que tu pleures et que tu ne manges pas ? et pourquoi ton cœur est-il affligé ? Ne te suis-je pas meilleur que ne seraient dix enfants ? »

Anne prit quelque nourriture pour complaire à son mari. Ensuite elle vint, le cœur toujours rempli d'angoisses, prier à la porte du temple; là, elle répandit beaucoup de larmes, et, dans la ferveur de son désir, elle fit ce vœu au Seigneur : « Seigneur des armées, si vous abaissez un regard sur votre servante affligée, si vous daignez vous souvenir d'elle et lui donner un fils, je vous le dévouerai pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête ».

En ce temps-là, Héli exerçait dans Israël la charge de grand prêtre. Son ministère l'avait appelé au temple lorsque Anne y vint prier. Il l'aperçut, et, observant le mouvement de ses lèvres sans entendre aucune parole, il pensa qu'elle avait pris du vin par excès. Sans doute le visage d'Anne éplorée, ses mouvements brusques et troublés comme les grandes passions nous en arrachent, la ferveur même de sa prière, tout autorisa un faux soupçon dans l'esprit du pontife : il réprimanda la pauvre femme. Elle fuyait l'orage domestique, elle fuyait sa propre affliction, autre tempête bien plus rude que les injures d'une rivale, et, au lieu d'un refuge et du calme, elle trouvait dans la maison sainte le reproche et la colère.

Anne répondit au pontife avec modération : « Pardonnez-moi, seigneur, je suis une femme bien infortunée; je n'ai bu ni vin, ni rien qui puisse enivrer; seulement j'ai répandu mon âme en la présence de Dieu. Ne traitez pas votre servante comme une femme impie et corrompue, car il n'y a que l'excès de ma douleur et de mon affliction qui m'ait fait parler jusqu'à

20 AOUT.

cette heure ». « Retourne en paix, reprit le vieillard, et que le Dieu d'Israël t'accorde la demande que tu lui as faite ». Anne ajouta : « Puisse votre servante trouver grâce à vos yeux ! » Ensuite elle s'en alla, prit désormais de la nourriture, et, remplie de confiance en Dieu, cessa de porter un visage triste et abattu.

Le lendemain, après avoir adoré le Seigneur, Elcana, ses femmes et ses enfants revinrent en leur maison de Ramatha. Dieu avait écouté les vœux d'Anne et ratifié la bénédiction du grand prêtre. Dans l'année qui suivit sa prière, elle mit au monde un fils qu'elle appela Samuel, pour marquer qu'elle l'avait obtenu du Seigneur. Ce nom devait être pour les parents le mémorial d'une grâce longtemps désirée, et pour le jeune homme une perpétuelle leçon de bien vivre.

Quand Samuel fut né, son père se rendit à Silo avec toute sa maison pour offrir à Dieu des actions de grâces. Anne ne l'y suivit pas alors : « Je n'irai point au temple », dit-elle, « jusqu'à ce que l'enfant soit sevré et que je le conduise pour le consacrer au Seigneur et le laisser en sa présence ». Elle voulait le donner tout entier et sans retour, image de ces cœurs généreux qui, au nom du devoir, sacrifient les plus chères affections et achèvent sans arrière-pensée ce qu'ils ont commencé sans égoïsme. Elcana consentit à ce désir : « Fais ce qui te semble bon, et demeure jusqu'à ce que l'enfant soit sevré. Je prie Dieu d'accomplir sur nous sa parole ». Anne resta donc au logis. Elle nourrit elle-même Samuel de son lait, comme toutes les mères fidèles aux vues de la Providence et aux conseils d'une véritable tendresse.

Enfin, le temps étant venu, Anne conduisit Samuel à Silo, et le présenta au grand prêtre Héli. « C'est moi, seigneur », dit-elle en l'abordant ; « je suis cette femme que vous vîtes ici prier le Seigneur. Je le conjurais de me donner cet enfant, et il a exaucé la demande que je lui ai faite. C'est pourquoi je viens lui rendre et lui laisser pour toujours le fils que j'en ai reçu ». Elle adora ; puis, émue de reconnaissance et de joie, et saisie d'un esprit prophétique, elle prononça cette belle prière : « Mon cœur a tressailli dans le Seigneur, et ma gloire est exaltée par la force de mon Dieu ; ma bouche s'est ouverte pour répondre à mes ennemis, parce que je me suis réjouie, ô Dieu ! dans votre faveur salutaire. Nul n'est saint comme le Seigneur ; nul ne vous égale et n'est puissant comme vous, ô notre Dieu ! — Cessez de vous glorifier et de prononcer d'insolentes paroles ; que votre bouche taise ses anciens discours ; car le Seigneur est le Dieu de toute science, et toutes pensées sont à découvert devant lui ».

On s'en revint à Ramatha. Le jeune Samuel demeura dans Silo pour servir le Seigneur sous les ordres du grand prêtre. C'était pour Anne un grand acte de courage de quitter ainsi le fils unique qui lui avait coûté tant de prières et de larmes ; aux angoisses de l'espérance allaient succéder maintenant les inquiétudes qui naissent d'une séparation douloureuse. Il est vrai qu'elle gardait pour Samuel ce tendre amour qui jouit jusque dans l'absence et se nourrit par l'éloignement même, comme une vigne fertile, en étendant ses rameaux, étend aussi les sucs nourriciers aux grappes les plus éloignées de sa racine. Puis elle visitait le jeune enfant aux jours de fête, en venant à Silo offrir les sacrifices accoutumés ; elle lui apportait alors une tunique qu'elle avait faite de ses propres mains. La maternelle tendresse de cette femme fut récompensée par le ciel : le grand prêtre bénit Anne et Elcana, en leur souhaitant une prospérité nombreuse. Effectivement, trois fils et deux filles leur furent donnés, et leur vieillesse se couronna de gloire, comme le palmier déjà vieux s'entoure de rejetons qui verdissent à ses pieds.

Samuel, vêtu de la robe des lévites, s'occupait au service du Temple. Tous les Pères ont loué, sur la foi des traditions antiques, son enfance écoulée dans les exercices de la piété, ses mœurs pures, son doux caractère et ses belles qualités. Il croissait en âge et en sagesse, également agréable à Dieu et aux hommes; car les hommes ont le cœur plus juste que leur conduite n'est courageuse, et, tout en exilant parfois la vertu de leurs œuvres, ils lui accordent néanmoins l'hospitalité dans leur estime.

Cependant les fils du grand prêtre Héli, prêtres eux-mêmes, déshonoraient le sacerdoce par une conduite impie, et détournaient le peuple du culte divin par leur ignorance et leur mépris de la loi. C'était un grand crime; car qui résiste aux scandales sortis du sanctuaire? Et d'où viendra le secours lorsque la trahison s'assied au foyer domestique? Héli connut le désordre de ses fils; mais, au lieu de les en punir avec sévérité, il leur adressa seulement quelques reproches empreints d'une molle et excessive douceur. Il y a un temps pour la miséricorde sans doute; mais il n'y a jamais de temps pour la faiblesse. Aussi les enfants d'Héli ne tinrent nul compte de ses avertissements, et, d'un autre côté, Dieu, par la bouche d'un prophète, l'accusa de coupable condescendance et lui prédit de dures afflictions et la mort de ses fils. Ces menaces furent confirmées par le ministère de Samuel, qui allait, quoique bien jeune encore, entrer dans l'éclat de ses destinées.

Il avait alors douze ans. Une nuit, il fut réveillé par une voix qui prononçait son nom. Croyant qu'Héli le demandait, il alla trouver le vieillard, qui répondit : « Je ne t'ai point appelé, retourne et dors ». Peu après, la même voix se fit entendre; Samuel courut au grand prêtre, qui le renvoya comme précédemment. Le jeune lévite n'avait pas encore eu de commerce direct et immédiat avec le Seigneur, et il ne savait point, de science expérimentale, comme il l'apprit dans la suite, à quel signe on reconnaît l'inspiration divine. Il fut appelé de nouveau; cette fois, le grand prêtre lui dit : « Retourne et dors, et, si l'on appelle désormais, tu répondras : Parlez, Seigneur; car votre serviteur écoute ». La voix cria encore : « Samuel, Samuel ! » Il répondit : « Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute ». C'était véritablement le Seigneur; et la voix ajouta : « Je vais faire, en Israël, une chose qu'on ne pourra entendre sans stupeur. En ce jour-là, j'accomplirai tout ce que j'ai dit contre Héli et sa maison, je commencerai et j'achèverai. Car je l'ai menacé de tirer de sa maison une vengeance sans remède, à cause de son crime, parce que, sachant l'indigne conduite de ses fils, il ne les a point punis. C'est pourquoi j'ai juré que l'iniquité de la maison d'Héli ne serait jamais expiée ni par des victimes ni par des présents ». Telle fut la parole du Seigneur, qui se servit d'un enfant et d'un lévite pour instruire un vieillard et un pontife; car il y a une maturité meilleure que celle de l'âge et un sacerdoce qui appartient à tous les hommes : c'est la maturité et le sacerdoce de la vertu.

Après avoir reçu la communication céleste, Samuel ne retourna point auprès d'Héli; même le lendemain, il n'osait lui faire connaître la terrible vision. Mais Héli l'appela : « Que t'a dit le Seigneur ? ne dissimule pas, je te prie. Que le Seigneur te traite en toute sévérité, si tu me caches aucune des paroles qui te furent adressées ». Samuel obéit, et raconta tout ce qu'il avait entendu. Le grand prêtre répondit : « C'est le Seigneur; qu'il fasse ce qui lui semble bon ». On peut croire qu'Héli corrigea ainsi, par l'acceptation résignée de sa punition future, le vice de sa faiblesse paternelle; mais les menaces du Seigneur n'en eurent pas moins leur accomplissement.

En effet, un peu plus de vingt ans après la prophétie de Samuel, les Israélites furent deux fois vaincus dans une guerre contre les Philistins, leurs implacables ennemis, ils perdirent trente mille hommes dans la seconde bataille. Quand on apprit ce désastre à Silo, la ville retentit de clameurs lamentables. Héli demanda la cause du tumulte public; on lui répondit : « Israël a fui devant les Philistins; une grande partie de l'armée a été taillée en pièces; même vos deux fils sont tués, et l'arche de Dieu est prise ». En entendant nommer l'arche de Dieu, Héli tomba de son siège à la renverse et se brisa la tête. Telle fut la mort de ce malheureux père, qui semble n'avoir eu d'autres défauts qu'une molle condescendance envers ses fils.

Ces événements, annoncés à l'avance, et plusieurs autres prophéties également vérifiées, prouvèrent que Samuel était le fidèle interprète du Seigneur. Il avait près de quarante ans; on le proclama juge du peuple à la place d'Héli (1092 avant Jésus-Christ). Samuel devint donc le chef politique de la Judée, comme Jephté, Samson et d'autres l'étaient devenus. À l'autorité civile, il joignit l'autorité religieuse, comme lévite, peut-être même comme pontife; car, bien qu'il ne fût point de la race d'Aaron, plusieurs ont pensé qu'il exerça, par mission extraordinaire, les fonctions de la souveraine sacrificature. Investi de ce double pouvoir, il défendit la cause de Dieu et de son pays. Il assembla le peuple en armes à Masphath, non loin de Ramatha et de Silo. Il rassura ses compatriotes, les exhortant à défendre leur liberté compromise par la victoire des Philistins; il fit envisager les malheurs publics comme un châtiment de l'idolâtrie et des crimes de la nation, et ramena les esprits au culte du vrai Dieu.

De grands succès, où la main de Dieu se montra plus d'une fois, glorifièrent le gouvernement de Samuel : l'arche fut recouvrée, l'audace des Philistins abattue dans un combat sanglant, et la paix avec ses avantages acquise aux Israélites. Le péril passé, Samuel continua néanmoins de gouverner sa patrie. Il avait fixé à Ramatha son principal séjour; de là, il allait visiter les villes environnantes, afin d'écouter les plaintes du peuple et de lui rendre justice. Galgala, Béthel et Masphath étaient les principaux endroits où il exerçait ses pacifiques fonctions.

Devenu vieux, Samuel délégua une portion de son autorité à ses fils pour juger Israël; mais, par une fortune qui semble peser sur la plupart des grands hommes, il eut la douleur de voir ses fils infidèles à ses exemples et à sa réputation. Leurs sentences et leur conduite étaient si pleines d'iniquités, que les anciens du peuple vinrent s'en plaindre à Samuel et lui demander un roi. Samuel fut blessé de cette proposition, qui tendait à remplacer une œuvre toute divine par une œuvre de main d'homme. Il consulta Dieu dans la prière, et fit connaître à ses concitoyens l'avenir qui leur était réservé. Mais les Israélites se flattaient sans doute de n'être pas plus opprimés et d'être aussi courageux que les autres nations. Ils eurent donc un roi : Saül, de la tribu de Benjamin, fut élu et sacré (1080 avant Jésus-Christ). Mais il ne fut pas plus sage que son peuple; il s'éloigna des volontés connues du Seigneur, et le Seigneur le rejeta comme il l'avait choisi.

Samuel reçut la mission d'annoncer à Saül que son règne était fini : « L'obéissance », lui dit-il, « est meilleure que les victimes; comme vous avez rejeté la parole du Seigneur, le Seigneur vous rejette de la royauté ».

SAINT SAMUEL, PROPHÈTE. 43

Il allait se retirer après ces paroles; mais le prince voulut le retenir en le saisissant par le manteau; le manteau se déchira. Samuel dit : « Aujourd'hui, le Seigneur déchire de vos mains le royaume d'Israël pour le donner à un autre qui vaut mieux que vous ». Depuis ce jour, Samuel cessa de voir Saül et de lui rendre publiquement hommage comme à son prince; mais il l'aima toujours, à cause de leur longue et ancienne intimité, et le pleura le reste de sa vie. Toutefois il dut se résigner : sur un ordre céleste, il choisit David pour second roi d'Israël, et lui donna en secret l'onction sainte. Diverses causes appelèrent la fureur de l'ancien monarque sur le nouveau; celui-ci n'échappa que par la fuite à des périls sans cesse renaissants. Samuel, qui partagea la mauvaise fortune de David, conserva néanmoins jusqu'à la fin de sa vie une grande influence sur les affaires publiques de son pays.

L'illustre prophète mourut fort avancé en âge (1043 avant Jésus-Christ). Il fut enterré à Ramatha, dans le sépulcre de sa famille; tout Israël porta son deuil. Enfant de la prière, et consacré à Dieu même avant de naître, il acheva dans la piété une vie commencée sous de si religieux auspices. Homme supérieur, il se montra modeste sans faiblesse et ferme sans dureté; les rois l'écoutèrent avec respect, et sa voix conserva de l'empire jusque sur le peuple agité par l'esprit d'innovation. Politique habile, il réforma l'État et fit fleurir la religion, première garantie de l'ordre; politique honnête, il ne chercha que dans la vertu un contre-poids à la licence, et put défier ses concitoyens de signaler dans sa vie et ses jugements rien de répréhensible. Ainsi parut Samuel; et, s'il doit être nommé l'exemple des princes à cause de ses belles qualités, sa mère doit être nommée l'exemple des mères à cause de sa religieuse tendresse; car nous oserons dire qu'il y aurait plus de fils comme Samuel s'il y avait plus de mères qui voulussent imiter la piété d'Anne.

## CULTE ET RELIQUES. — ÉCRITS.

Nous avons dit que le corps du prophète Samuel fut déposé à Ramatha, dans le sépulcre de sa famille : son tombeau se conserva, malgré les révolutions du pays et les calamités du peuple juif, jusqu'au commencement du siècle de l'Église. On institua dans la synagogue une espèce de fête de deuil, où l'on célébra publiquement, par un jeûne, le jour anniversaire de sa mort, principalement depuis le retour de la captivité de Babylone. Mais les chrétiens lui décernèrent d'autres honneurs qui méritent d'autant mieux le nom de fête, que c'étaient les mêmes que ceux que l'Église rend aux Saints. C'est ce que l'on vit établi, principalement après qu'on eut transporté ses reliques de Judée à Constantinople. Cette translation se fit par ordre de l'empereur Arcadius (19 mai 406). Elles furent mises en dépôt dans la grande église pour quelque temps. De là elles furent transportées (28 juin 407) dans la basilique qu'on avait bâtie en son honneur et sous son nom dans l'Hebdome, qui était la banlieue de Constantinople. Cette église de Saint-Samuel fut renversée par un tremblement de terre qui secoua la ville à deux reprises (16 avril et 19 octobre 557). Quelques auteurs ont prétendu que l'empereur Justinien avait fait rebâtir sur-le-champ la basilique de Saint-Samuel; mais l'historien grec Procope (500-565) dit seulement que Justinien fit faire un bassin de fontaine ou une citerne dans le monastère de Saint-Samuel, en Palestine, et apparemment au lieu d'où l'on avait tiré son corps. En effet, on a toujours continué, jusqu'à ces derniers siècles, de montrer en cet endroit un monument appelé le *Tombeau du prophète Samuel*, avec une grande fontaine d'une eau très-saine, à quelques pas de là.

Les Grecs et les autres peuples qui suivent leur rit, font la fête du prophète Samuel le 20 août. C'est ce qui s'est observé depuis parmi les Latins qui ont mis son nom dans leurs martyrologes, depuis celui du Vénérable Bède, au commencement du VIIIe siècle, jusqu'au Romain moderne.

On attribue à Samuel le livre des *Juges*, celui de *Ruth*, et les vingt-quatre premiers chapitres du premier livre des *Rois*.

Nous avons tiré l'histoire de la vie de saint Samuel des *Femmes de la Bible*, par Mgr Darboy; et celle de son culte de la *Vie des Saints de l'Ancien Testament*, par Bulliet. — Cf. *Acta Sanctorum*, et Dom Célestier.

20 AOUT.

Événements marquants

  • Consécration au Seigneur dès le berceau par sa mère Anne
  • Vocation nocturne au temple de Silo à l'âge de douze ans
  • Proclamation comme juge du peuple à la place d'Héli en 1092 av. J.-C.
  • Sacre de Saül comme premier roi d'Israël en 1080 av. J.-C.
  • Onction secrète de David comme second roi d'Israël

Miracles

  • Visions prophétiques et communication directe avec Dieu dès l'enfance
  • Victoires militaires attribuées à l'intervention divine

Citations

Parlez, Seigneur; car votre serviteur écoute

— Texte biblique cité

L'obéissance est meilleure que les victimes

— Parole de Samuel à Saül

Date de fête

20 aout

Décès

1043 avant Jésus-Christ (naturelle)

Catégories

Prénoms dérivés

Samuel

Famille

  • Elcana (père)
  • Anne (mère)
  • Phénenna (belle-mère (seconde épouse d'Elcana))