Saint Euphrone d'Autun
Évêque d'Autun
Résumé
Évêque d'Autun au Ve siècle, Euphrone se distingua par sa science ecclésiastique et sa piété. Avant son épiscopat, il fit ériger une somptueuse basilique et un monastère sur le tombeau de saint Symphorien. Figure majeure de l'Église des Gaules, il lutta contre l'hérésie des Prédestinations au concile d'Arles.
Biographie
SAINT EUPHRONE, ÉVÊQUE D'AUTUN
Nul n'arrivera au royaume du ciel, s'il ne marche dans le sentier du droit et de la justice. Saint Cyprien.
Saint Euphrone nous apparaît dans l'histoire comme une des plus imposantes autorités, une des plus brillantes lumières de l'Église des Gaules, un des plus beaux ornements de l'épiscopat au cinquième siècle. Dès sa jeunesse, l'étude des divines Écritures et des saints Pères fit sa plus sérieuse occupation et ses plus chères délices ; il ne pouvait s'en détacher. Formé de bonne heure par la lecture et la méditation assidue de ces livres qui, nourrissant à la fois l'esprit et le cœur, sont une source inépuisable de vertus et de lumières, il se distingua également par la sainteté de sa vie, par sa science, par son zèle pour la maison de Dieu et la beauté du culte, pour l'honneur et la vertu du clergé, pour la régularité de la discipline. On remarquait surtout en lui une prudence admirable, une sagesse consommée : aussi le consultait-on comme un des orateurs de cette époque.
N'étant encore que simple prêtre et jeune encore, il se montra digne de l'épiscopat auquel la Providence le destinait, non seulement par l'étendue de sa science ecclésiastique et l'éminence de toutes les vertus sacerdotales, mais encore par une de ces œuvres qui aussitôt révèlent la valeur d'un homme. Saint Symphorien reposait dans une simple et petite chapelle, seul monument érigé jusqu'alors à une si grande et si sainte renommée. Euphrone, dont les idées étaient élevées et le cœur large autant que pieux, crut que ce n'était point assez pour le héros chrétien, la plus brillante illustration de sa patrie et même de l'Église des Gaules. Toutes les fois qu'il
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allait prier dans ce cher et vénéré, mais trop humble sanctuaire, il se disait à lui-même : L'honneur de la religion pour laquelle a combattu ce jeune et vaillant athlète, l'honneur aussi de la cité qui lui donna le jour, le bien des âmes, l'édification des nombreux pèlerins, tout ne demande-t-il pas que nous rendions à notre glorieux compatriote et martyr un culte plus digne de lui, plus digne surtout du Dieu qui se plaît à le glorifier ? Honorons-le sur la terre en proportion, s'il est possible, des honneurs qu'il reçoit au ciel, en ornant d'une sainte magnificence le tombeau où repose le corps sacré de cette victime sans tache immolée au Seigneur. Symphorien jouit d'un crédit tout-puissant auprès du divin rémunérateur dont il est l'ami : élevons sous son vocable un temple à celui pour lequel il a combattu ; déployons-y la majesté du culte ; établissons près de ces reliques une maison de prière où des religieux imploreront sans cesse sa fraternelle protection et feront descendre sur nous les grâces dont Jésus-Christ l'a fait le dispensateur spécial auprès de ses concitoyens. Honorer les saints, les martyrs, n'est-ce donc pas aussi semer sur la terre des germes de sainteté, provoquer à la vertu par l'influence entraînante de l'exemple, réveiller la foi, inspirer au courage chrétien de généreux élans, raviver au cœur des fidèles le feu de la divine charité ? Enfin la gloire des saints sur la terre n'est-elle pas la gloire de l'Église, la gloire de Dieu même ?
Tel était l'objet de ses pensées ou plutôt sa préoccupation constante et son vœu le plus ardent. Au reste, son parti fut bientôt pris. Riche, mais vraiment maître et non esclave de ses richesses, il savait en user noblement et saintement ; prêtre, il ne se regardait que comme l'administrateur de sa fortune, persuadé que la Providence la lui avait donnée pour qu'elle fût entre ses mains un instrument de bonnes œuvres. Plein de ces hautes idées, pénétré de ces sentiments si beaux et si chrétiens, il n'écouta que l'inspiration de son zèle sacerdotal ; et bientôt, grâce à sa pieuse munificence, s'éleva en honneur et sous le vocable de Saint-Symphorien une superbe basilique où fut déposé en grande pompe le corps du glorieux martyr avec ceux de saint Fauste, son vénérable père, et de sainte Augusta, son héroïque mère, dignes tous deux de partager ici-bas les honneurs du culte religieux rendu à leur fils, comme ils partagent au ciel sa récompense. Ainsi les précieux restes de ceux qui ont été nos aïeux selon la foi et la plus radieuse pierrerie de la couronne d'Autun chrétien, reçurent un éclatant, un solennel témoignage de la vénération qu'ils méritaient. Les fidèles, voyant entouré d'une sainte magnificence et de toutes les splendeurs, de toutes les pompes de la liturgie sacrée, un tombeau qu'ils vénéraient, qu'ils aimaient comme un tombeau de famille, comme un titre de gloire et de protection, comme une source de célestes faveurs, bénissaient le digne prêtre Euphrone et remerciaient Dieu de vouloir bien toujours donner à son Église des exemples de hautes vertus. — L'architecture de cette antique basilique de Saint-Symphorien devait avoir un style et un caractère analogues à ceux des monuments romains qui alors décoraient la cité, c'est-à-dire l'élégance dans la grandeur. Nous voudrions pouvoir en faire la description ; mais l'histoire se contente de vanter en termes généraux la majestueuse élévation du saint édifice qui frappait de loin les regards. L'entrée était précédée d'un superbe narthex ou portique. C'est là que fut d'abord placé le tombeau de saint Symphorien ; là que s'abritaient les nombreux pèlerins venant de toutes parts vénérer les reliques du célèbre martyr, les malades demandant leur guérison.
Euphrone ne se contenta pas d'édifier cette grande église ; il mit le com-
plément à son œuvre en établissant, pour desservir la basilique, une nombreuse communauté de clercs réguliers. Cette sainte maison devint comme un foyer de lumières pour tout le pays et une sorte de séminaire diocésain où se forma le clergé. Autun eut une abbaye proprement dite. Ce grand établissement religieux, un des plus anciens des Gaules, doit donc marquer dans l'histoire de l'Ordre monastique comme dans l'histoire du culte et de la gloire posthume de saint Symphorien. Ainsi Euphrone eut le double mérite d'élever sur le tombeau de notre illustre Saint un temple magnifique au Dieu des martyrs et en même temps d'y entretenir la sainte psalmodie ; d'y favoriser, d'y développer la discipline régulière, les vocations ecclésiastiques, la vie cléricale ; d'y faire fleurir la perfection évangélique, à l'ombre du vaste et beau cloître qu'il venait de faire édifier pour recueillir pour abriter les âmes choisies qui, trouvant le monde trop bas pour elles et s'y sentant mal à l'aise, aspirent à monter plus haut, à vivre dans une atmosphère plus pure. Ce remarquable monument du zèle et de la piété du saint prêtre fut comme le confluent où vinrent se mêler les deux grandes sources de la vie monastique à cette époque, la règle de saint Basile arrivant de Cappadoce et celle de saint Antoine de l'Égypte. Ces deux règles précédèrent en ces lieux toutes les autres et formèrent le code primitif du grand monastère de Saint-Symphorien où l'on vit se réunir et se fondre dans une harmonie unité la vie cénobitique et la vie solitaire : l'activité dans le recueillement pour les uns ; la prière, la méditation dans le secret d'une cellule pour les autres ; la pratique des conseils évangéliques pour tous.
Cette grande œuvre, si féconde dans le présent et destinée à l'être plus encore dans l'avenir, est enfin accomplie. Elle a mis plus que jamais en évidence le saint prêtre qui déjà s'était attiré l'estime et la vénération générales par sa science, par sa sagesse, par ses vertus sacerdotales et par le bon usage qu'il faisait de ses richesses. Aussi tout le monde le désignait-il d'avance pour l'épiscopat ; et quand, bien des années après, le siège d'Autun devint vacant par la mort de Léonce (vers l'an 460), il fut proclamé d'une voix unanime successeur de ce saint prélat. Son élection ne fit que ratifier un choix arrêté depuis longtemps par l'opinion publique. Il passa donc du gouvernement du monastère de Saint-Symphorien, dont il fut sans doute le premier abbé, au gouvernement d'un grand diocèse. Nul n'était autant que lui à la hauteur d'une si éminente position. Dès lors son mérite, placé sur un théâtre plus élevé et trouvant pour se développer une sphère plus étendue, jeta encore un plus vif éclat, rayonna plus loin et put exercer une vaste influence, qui même ne s'arrêta point aux limites de l'église d'Autun. Comme Rhétice, un de ses plus illustres prédécesseurs, le nouvel évêque devint une des lumières et un des plus beaux ornements de l'Église des Gaules. Consulté de toutes parts, aimé et apprécié partout, jouissant d'une immense considération, souvent en rapport avec les plus illustres personnages de son temps et avec tous les grands prélats qui étaient alors la gloire de l'épiscopat, il fut mêlé à plusieurs affaires importantes et montra en toute occasion cette science ecclésiastique, cette sagesse, ce zèle pour le culte divin et pour la sainte discipline qu'il possédait à un degré si remarquable.
Après avoir été le conseil de Talasius d'Angers relativement au culte et à la discipline, et de Sidoine de Clermont dans le choix de l'évêque de Bourges saint Simplice, l'âme avec saint Patient d'une réunion d'évêques qui donna aux Châlonnais un digne pasteur dans la personne de saint Jean, Euphrone fut encore la lumière du concile d'Arles (475), où vingt-neuf
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évêques condamnèrent les erreurs des Prédestinations qui avaient jeté le trouble dans les églises de la Provence. L'auguste assemblée eut la consolation de voir le prêtre Lucide, fauteur de cette hérésie, se rétracter en ces termes : « Conformément au décret que vient de rendre le vénérable concile, je condamne avec lui cette proposition : *L'action de la grâce divine est indépendante de la volonté humaine ou de la coopération*. Le dogme catholique fut exposé dans une lettre rédigée par Fauste de Riez. La signature d'Euphrone est une de celles qu'on lit à la suite de ce beau monument de la foi de l'épiscopat des Gaules. Il était allé protester au nom de son Église contre les fausses interprétations données par quelques téméraires à la doctrine de saint Augustin sur la grâce. C'est ainsi que ce grand évêque se trouve partout où il s'agit d'un grave intérêt pour la discipline ou la foi.
Non content d'avoir montré, comme on l'a vu précédemment, tant de zèle et de magnificence pour honorer les reliques et la mémoire de saint Symphorien, il contribua encore par une pieuse libéralité à orner le tombeau de saint Martin, à Tours : admirable pensée que de témoigner aussi hautement que l'église d'Autun aimait à se souvenir que ce grand Saint avait honoré ces lieux de sa présence, signalé son passage par des prodiges, évangélisé les peuples et contribué puissamment à détruire les restes de l'idolâtrie.
Saint Euphrone mourut vers l'an 490, plein de jours, mais surtout de mérites et de gloire devant Dieu comme devant les hommes, c'est-à-dire qu'il alla recevoir au ciel le prix de ses vertus et de ses longs travaux. Il fut inhumé dans la basilique et près du tombeau de saint Symphorien. Lui-même y avait choisi sa dernière demeure ; c'est là qu'il voulait attendre en paix, dans la compagnie et sous la protection du jeune Saint, l'objet de son culte et de son amour, le jour de la résurrection glorieuse. Il reposa dans cette basilique jusqu'en 1803, époque à laquelle il fut transféré dans la cathédrale d'Autun.
Plusieurs églises furent mises sous le patronage de saint Euphrone ou même portèrent son nom, une entre autres située près de Semur-en-Auxois, qui était à la nomination du Chapitre de la cathédrale d'Autun.
Extrait de *Saint Symphonien et son culte*, par l'abbé Dinet.
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## LE BIENHEUREUX BENNON,
## CHANOINE DE STRASBOURG, ÉVÊQUE DE METZ, SOLITAIRE EN SUISSE.
LE BIENHEUREUX BENNON, CHANOINE DE STRASBOURG.
mais, dégoûté du monde, il renonça à son bénéfice, quitta Strasbourg pour aller chercher, vers l'an 906, un asile dans quelque solitude et y servir Dieu. Il arriva en Suisse, à quelques lieues de Zurich, dans un affreux désert, où saint Meinrad avait jeté, quarante-trois ans auparavant, les fondements d'un monastère qui fut abandonné depuis sa mort.
Cette solitude était alors couverte par une forêt et ne produisait pas même de quoi subvenir à l'entretien du pieux ermite ; mais de quoi n'est pas capable un homme qui veut vivre pour Dieu, et quels obstacles pourraient arrêter une âme détachée du monde et soupirant après les biens de l'éternité ? Bennon arrachait à la terre quelques herbes dont il faisait sa nourriture, et lorsque, plus tard, des disciples étaient venus s'adjoindre à lui pour partager ses austérités, ils défrichèrent ensemble ces déserts et pourvurent ainsi à leur existence. Mort au monde et à lui-même, et intimement pénétré de la bassesse de son néant et de la grandeur de la bonté divine, il s'élançait vers Dieu par une ferveur continuelle ; il regardait comme un instant cinq à six heures de prières, qu'il faisait chaque matin, et, en sortant de cet exercice, on remarquait sur son visage quelque chose d'extraordinaire. Sa foi était si vive, qu'on eût dit qu'il pénétrait la réalité des mystères qu'elle nous enseigne ; il aurait mieux aimé se voir dépouillé de toute chose dans ce monde et souffrir même la mort la plus cruelle, que de perdre le précieux trésor de la foi. Cette foi est sans doute le premier don que Dieu puisse nous faire ; elle est une lumière surnaturelle qu'il daigne nous communiquer pour nous éclairer et nous conduire à notre dernière fin : semblable à cette colonne de feu, dont nous parlent les divines Écritures, et qui conduisait les Israélites dans le désert, la foi dissipe les ténèbres qui nous dérobent la vue de la route que nous devons prendre pour parvenir à la félicité éternelle ; elle est la racine de la vie spirituelle, la base de toute véritable vertu et le principe de toute action méritoire devant Dieu. « Ô foi », disait autrefois saint Ambroise, « tu es plus riche que tous les trésors, plus estimable que tous les biens, plus efficace et plus souveraine que tous les remèdes ». Mais il en est de ce don de Dieu comme de tous les autres : plusieurs se persuadent le posséder, qui n'en ont peut-être que les apparences.
Notre foi doit porter des fruits de vie, pour mériter un jour la vie éternelle. Telle était la foi de Bennon dans son humble solitude. Ses disciples imitèrent les beaux exemples qu'il leur donnait, et marchèrent à grands pas dans la voie de la perfection. Le seigneur de la contrée leur abandonna un terrain inculte ; ils en tirèrent le parti le plus avantageux, rebâtirent la chapelle détruite et construisirent quelques cellules : c'est là l'origine de la célèbre abbaye de Notre-Dame-des-Ermites.
Bennon consacra une partie de sa fortune à procurer à sa communauté les choses les plus nécessaires, et il fut aidé dans ses louables desseins par Adalbéron, évêque de Bâle, son parent, qui lui donna sa terre de Siorentz, dans la haut'e Alsace, que l'abbaye d'Einsiedlen conserva jusqu'à la fin du XIVe siècle, époque à laquelle elle la rendit à Burkard Münch de Landscron. Ainsi se forma autour du saint homme une nombreuse communauté, qui ne suivit pour règle que la vie exemplaire de Bennon, jusqu'à ce que, plus tard, on y introduisit la règle de Saint-Benoît. L'abbaye de Seckingen donna l'île d'Uffnau, dans le lac de Zurich, en fief à Einsiedlen.
Bennon avait quitté le monde dans le dessein de n'y jamais rentrer ; il avait trouvé dans son désert un ample dédommagement de tous les sacrifices qu'il avait faits, lorsque l'empereur Henri l'Oiseleur vint l'en arracher
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pour l'élever sur le siège épiscopal de Metz. Ce prince, qui avait entendu parler de la sainteté de Bennon et des grandes qualités que chacun admirait en lui, s'était emparé de la Lorraine. Sans avoir égard au droit d'élection, dont jouissait le clergé et le peuple de Metz, il nomma Bennon pour gouverner l'Église de cette ville. Le serviteur de Dieu ne se rendit qu'avec peine à la proposition de l'empereur ; l'idée de procurer la gloire de Dieu dans cette charge éminente, pouvait seule l'y faire consentir, et il quitta son monastère en 925. Ses disciples furent inconsolables de cette perte ; mais Bennon calma leur douleur en leur faisant entendre qu'il les reverrait un jour.
Le clergé et le peuple de Metz avaient vu avec un singulier mécontentement l'infraction commise par leur empereur contre les règles établies par les canons de l'Église pour l'élection des pasteurs, et quelques historiens prétendent y trouver l'origine des mésintelligences qui éclatèrent presque aussitôt. Quant à Bennon, il s'appliqua avec le zèle d'un apôtre à guérir les plaies de son Église ; mais un peuple ingrat et indocile n'est pas facile à conduire ; les préventions qu'il nourrissait contre lui ne purent être vaincues par l'aspect des vertus du saint pontife. Bennon n'opposa aux rigueurs qu'on lui témoignait que la douceur et la sainteté de sa vie ; nuit et jour il poussait vers le Seigneur des soupirs et des vœux enflammés et lui demandait la patience, pour triompher des cœurs rebelles de ses diocésains. Malgré l'aversion que lui marquait son troupeau, le vertueux prélat s'éleva avec force contre les vices qui dominaient dans son Église ; cela n'empêcha pas quelques scélérats, que son zèle avait révoltés, de se saisir de lui en 927 et de lui crever les yeux, le mutilant ensuite d'une manière honteuse.
Bennon supporta cet acte de cruauté avec le courage d'un martyr ; quoi qu'il connût ses ennemis, il ne voulut jamais, pour en tirer une vengeance, les dénoncer à la justice de l'empereur ; il demanda au contraire leur grâce et s'intéressa pour eux. Le concile de Duisbourg lança une sentence d'excommunication contre les auteurs de cet attentat, et les fit punir selon les lois qui étaient en usage à cette époque. Le bienheureux prélat ne se regardant plus comme propre à gouverner son diocèse, et quoique la partie saine de son troupeau tâchât de réparer le crime de quelques malfaiteurs, renonça à son évêché et reprit le chemin de sa solitude. Ses anciens disciples le reçurent avec une espèce de vénération et virent en lui un martyr de son zèle ; ils s'empressèrent de lui prodiguer toutes les consolations possibles, afin de lui faire oublier sa disgrâce. Bennon regarda cette épreuve du ciel comme une faveur que lui faisait le Seigneur, puisque, en lui ôtant la vue corporelle, on lui procurait les moyens de s'avancer encore davantage dans le chemin de la vertu. Sa vie fut plus que jamais consacrée aux actes de piété et aux œuvres de mortification : pendant plus de dix ans il ne cessa de donner à ses religieux l'exemple d'une entière soumission à la volonté de Dieu. Il pouvait dire dans le même esprit qu'autrefois le grand Apôtre : « Qui me séparera jamais de l'amour de Jésus-Christ ? Couronnes, richesses, plaisirs, j'ai foulé aux pieds vos charmes ; et vous, tribulations, tentations de toute espèce, afflictions de corps et d'esprit, vous ne sauriez ébranler ma constance ; et toi, mort, qui parais si redoutable, je méprise tes coups, ils ne m'effraient pas, parce que j'espère en un plus fort que toi, en celui qui a détruit ton empire et qui t'a enlevé ta proie ». Jamais Bennon ne se plaignit du triste état auquel il était réduit. Ses occupations continuelles étaient la prière et la méditation ; les religieux s'assemblaient souvent autour de lui pour le consulter sur leur avancement dans la perfection.
LE BIENHEUREUX GEOFFROY II DE LOUDON, ÉVÊQUE DU MANS. 263
Le pieux prélat fut affligé, sur la fin de ses jours, de diverses infirmités qui ajoutèrent encore à ses souffrances ; mais au milieu des douleurs les plus aiguës, on l'entendit souvent prononcer ces paroles remarquables : « Seigneur, augmentez mes souffrances, mais accordez-moi la patience ». Enfin, après avoir été pendant de longues années le modèle de toutes les vertus, le Seigneur l'appela à une vie plus heureuse, le 3 août 940. Bennon s'était préparé à la mort comme les saints s'y disposent : les derniers jours de son existence n'étaient plus qu'un entretien continuel avec Dieu. Il rendit l'âme au milieu de ses disciples, dans les bras de son ami Eberhard, et fut enterré près de l'oratoire de la sainte Vierge.
Extrait des Saints d'Alsace, par l'abbé Hunckler.
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Événements marquants
- Construction d'une basilique et d'un monastère en l'honneur de saint Symphorien alors qu'il était prêtre
- Élection à l'évêché d'Autun vers 460 à la suite de Léonce
- Conseil de Talasius d'Angers et de Sidoine de Apollinaire
- Participation au concile d'Arles en 475 contre l'hérésie des Prédestinations
- Contribution à l'ornementation du tombeau de saint Martin à Tours
Citations
L'honneur de la religion... ne demande-t-il pas que nous rendions à notre glorieux compatriote et martyr un culte plus digne de lui ?