Saint Genêt de Clermont

Évêque de Clermont

Fête : 3 juin 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Issu d'une noble famille d'Auvergne, saint Genêt fut archidiacre puis évêque de Clermont au VIIe siècle. Il se distingua par sa charité envers les pauvres, la formation de saint Prix, et la lutte contre les hérésies. Il fonda le monastère de Manlieu et mourut vers 662.

Biographie

SAINT GENÈT, ÉVÊQUE DE CLERMONT

Quantum Deus diligitur, tantum diabolus, caro et mundus contemnuntur.

Plus on aime Dieu, et plus on méprise le démon, la chair et le monde. Saint Bonaventure.

Ce saint prélat est un des plus célèbres qui aient gouverné la province d'Auvergne ; il y était né d'une ancienne famille, que la noblesse, les richesses et les beaux emplois rendaient depuis longtemps très-illustre. Sa jeunesse avait été un modèle d'innocence et de piété, et, ayant joint l'étude des belles-lettres aux exercices de la dévotion, il était devenu un homme excellent et digne des charges les plus considérables de l'Église. Il méprisa le monde pour embrasser l'état ecclésiastique : ce qui fut un grand sujet de joie pour tout le clergé de Clermont, qui se sentit extrêmement honoré de l'avoir pour un de ses membres. Ses grandes qualités le portèrent bientôt à la charge d'archidiacre ; mais si cette charge l'éleva au-dessus des autres

SAINT GENÈT, ÉVÊQUE DE CLERMONT.

clercs, elle lui servit aussi d'un nouvel aiguillon pour se rendre parfait dans toutes les vertus. Il était extrêmement austère et traitait son corps comme un ennemi, afin de l'empêcher de se révolter contre son esprit. Il avait une charité inépuisable, et, ce qu'il avait de biens, il l'employait à revêtir les nus, à nourrir les pauvres, à recevoir les pèlerins, à soulager les malades et à délivrer les prisonniers. Sa religion envers Dieu surpassait encore sa piété envers le prochain. Il s'acquittait avec tant de respect et de dévotion des fonctions ecclésiastiques, qu'il était aisé de voir qu'il était plein d'une haute idée et d'un souverain amour pour cette Majesté qui ne peut être ni assez estimée ni assez aimée.

Dieu, qui se sert des Saints pour former d'autres Saints, inspira aux parents de saint Prix, encore enfant, de le mettre sous la conduite de ce saint archidiacre. Genêt, qui reconnut quel grand trésor lui avait été confié, en prit un soin extraordinaire, et jeta de bonne heure dans son âme les semences de cette éminente sainteté qui l'a rendu dans la suite un des plus grands évêques de France ; de sorte que, comme l'église de Tours est redevable à saint Hilaire de Poitiers de son incomparable saint Martin, ainsi celle de Clermont est redevable à saint Genêt de son admirable saint Prix. Mais le maître précéda le disciple en cette dignité : car l'évêque Progole étant décédé, il n'y eut personne, ni du clergé ni du peuple, qui ne jetât les yeux sur Genêt pour le mettre à la place du défunt. Il fut le seul qui s'opposa à cette promotion : il représenta aux électeurs et aux évêques voisins qui s'étaient assemblés pour le consacrer, « qu'il n'était point capable d'un si grand emploi : il craignait que ce ne fût pour lui une occasion de beaucoup de fautes et une matière de damnation. Il les priait de choisir quelque autre qui eût les épaules plus fortes pour porter un fardeau si redoutable ». Les évêques, pour le contenter, ordonnèrent des prières et un jeûne de trois jours, afin que Dieu fît connaître par quelque signe si l'élection de Genêt venait de lui et si elle lui était agréable. Cette prière fut exaucée ; le ciel se prononça. Notre Saint ne pouvant donc plus résister, reçut la consécration épiscopale et s'appliqua au soin de son Église.

Comme le premier soin d'un bon évêque est d'arracher de son champ tout ce qui est contraire à la foi et aux bonnes mœurs, il travailla avec une vigueur apostolique à bannir de toute l'Auvergne les hérésies de Jovinien et de Novatien, qui s'y étaient répandues ; et il eut la satisfaction de les voir entièrement détruites avant sa mort. Il fit aussi une guerre implacable à toute sorte de vices et n'épargna rien pour faire fleurir, parmi son peuple, la chasteté, la miséricorde, la dévotion envers Dieu, et toutes les autres vertus évangéliques. Il savait que l'exemple est plus puissant que la parole, et que les monastères remplis de saints religieux sont comme des modèles perpétuels où le mépris du monde et la véritable piété reluisent avec éclat. Il en fonda un fort considérable en Auvergne : c'est celui de Manlieu, de l'Ordre de Saint-Benoît. Il fit aussi bâtir à Clermont un hôpital pour les pauvres et une église en l'honneur de Saint-Symphorien, cet illustre martyr d'Autun.

Enfin, après avoir gouverné longtemps le diocèse de Clermont avec une sainteté tout à fait édifiante, il mourut, plein de jours et de mérites, le 3 juin, vers l'an 662. Il fut enterré avec beaucoup d'honneur dans cette église de Saint-Symphorien dont nous venons de parler, et qui a, depuis, pris son nom, et s'appelle l'église de Saint-Genêt.

Il eut pour successeur un saint personnage nommé Félix, qui fit saint

Prix supérieur du monastère de Chantoin. Saint Genêt, dont nous venons de donner la vie, ne doit pas être confondu avec saint Genêt, comte d'Auvergne, qui vivait dans le même temps. Ce fut ce dernier que l'on élut évêque de Clermont après Félix ; quoique laïque, il avait néanmoins de si grands mérites, que tout le monde le jugeait digne d'être pasteur du troupeau de Jésus-Christ ; mais son humilité, qui était le fondement de ses autres vertus, fit qu'il refusa constamment cet honneur, et qu'il fit élire saint Prix en sa place. Sa mémoire se solennise le 25 de ce mois.

Le martyrologe de du Saussay fait mention de ces deux saints Genêt au jour de leur fête, et c'est de là que nous avons tiré ce que nous en avons dit ici.

Événements marquants

  • Naissance en Auvergne dans une illustre famille
  • Nomination comme archidiacre de Clermont
  • Éducation de saint Prix
  • Élection à l'épiscopat après la mort de Progole
  • Lutte contre les hérésies de Jovinien et de Novatien
  • Fondation du monastère de Manlieu
  • Construction d'un hôpital et de l'église Saint-Symphorien

Miracles

  • Signe céleste confirmant son élection après trois jours de jeûne et de prières

Citations

Quantum Deus diligitur, tantum diabolus, caro et mundus contemnuntur.

— Saint Bonaventure (en exergue du texte)