Saint Herbaud
Solitaire au diocèse de Quimper
Résumé
Noble originaire de Grande-Bretagne, Herbaud se retira comme ermite dans le diocèse de Quimper au VIIIe siècle. Réputé pour ses guérisons et son zèle apostolique, il mourut saintement après avoir triomphé des tentations du démon. Son tombeau en granit, situé dans l'église qui porte son nom, demeure un témoignage de sa vénération en Bretagne.
Biographie
SAINT HERBAUD, SOLITAIRE AU DIOCÈSE DE QUIMPER (VIIIe siècle).
Deux époux nobles et pieux de la Grande-Bretagne obtinrent ce Saint par leurs prières. Ils étaient sans enfants, et demandaient humblement au Seigneur qu'il daignât leur en accorder. Leurs vœux furent exaucés, et Dieu leur donna ce fils de bénédiction, qui reçut le nom d'Herbaud au Baptême.
Son mépris pour les biens et les honneurs du monde croissant en lui avec les années, il s'enfonça dans une forêt. Il y trouva dans une caverne solitaire un serviteur de Dieu qui lui donna les plus sages conseils, et qui l'exhorta surtout à se détacher de tout, pour suivre plus parfaitement Jésus-Christ. Docile à ces leçons, Herbaud retourne à la maison paternelle, et annonce à ses parents, avec tout le respect possible, qu'il est dans la résolution de les quitter, afin de marcher plus sûrement dans la voie qui conduit au ciel.
Ceux-ci firent quelque difficulté, mais enfin ils cédèrent. Notre Saint s'enfonça alors dans une solitude profonde, au diocèse de Quimper. Les malades et les infirmes accouraient de toutes parts à sa cellule, afin d'y trouver la guérison de leurs maux. Il l'obtenait par ses prières; et sa charité ne se bornait pas à soulager leur corps, il profitait de ces occasions pour porter les pécheurs à la pénitence; il prêchait avec une ardeur qui montrait combien il était dévoré de zèle pour le salut des âmes.
Après avoir mené une vie pure et toute consacrée au service de Dieu, Herbaud connut que le temps de sa mort approchait, et qu'il allait bientôt recevoir la couronne de justice qui lui était préparée. Lorsqu'il se crut à ses derniers moments, il se revêtit de son habit d'ermite et s'étendit sur la terre nue, se plaçant les bras en croix. Jaloux de sa sainteté, et voulant profiter de l'état de langueur dans lequel se trouvait le serviteur de Dieu, le démon l'attaqua par diverses tentations; mais Herbaud, fidèle à implorer le secours du ciel par la prière, triompha de tous les efforts de l'ennemi du salut.
Cette tempête étant apaisée, le pieux solitaire fut visité par un religieux, qui lui apporta le saint Viatique. Il le reçut avec larmes et avec une grande humilité, priant Jésus-Christ d'être favorable à un pauvre pécheur. Ce fut avec les mêmes sentiments qu'il se munit des derniers Sacrements de l'Église. Enfin, après avoir prononcé ces paroles : « Seigneur Dieu, recevez mon esprit », il rendit son âme à son Créateur.
L'auteur de sa Vie rapporte qu'à l'instant de son bienheureux trépas, le ciel brilla d'une clarté telle, qu'il semblait que ce fût un nouveau soleil qui éclairât. Les prêtres et les clercs du voisinage vinrent prendre le corps du serviteur de Dieu, et l'inhumèrent dans l'église qui a depuis porté son nom. « Dans le chœur de cette église », dit M. de Frémieville (Antiquités du Finistère), « est le tombeau du pieux anachorète saint Herbaud. Il consiste en un sarcophage d'un granit assez grossier; sur le dessus est sculptée en relief la statue couchée du Saint, placée sous une arcade gothique. Il est représenté en robe d'ermite avec un capuchon rabattu; il a les cheveux et la barbe longs; son Bréviaire est suspendu à son côté droit. Du bras gauche il soutient son bourdon; ses pieds, qui sont nus, reposent sur un lion couché, ce qui est assez remarquable dans la statue tumulaire d'un religieux. Le tombeau de saint Herbaud ne porte ni inscription ni date, mais il paraît être du même temps que l'église qui le renferme ».
Les guerres attirant souvent, dans les XIIIe et XIVe siècles, les Anglais en Bretagne, des soldats de cette nation, alors catholique, pénétrèrent dans l'église de Saint-Herbaud, et enlevèrent son chef, qui était orné d'or et d'argent. Ils prirent aussi la Légende qui contenait l'histoire de sa vie, et emportèrent le tout dans leur pays. Le reste du corps fut respecté, et servait aux serments solennels que faisaient les gens qui avaient des procès.
Tiré de D. Lobineau : Les Vies des Saints de Bretagne.
Événements marquants
- Naissance en Grande-Bretagne de parents nobles
- Retraite dans une caverne auprès d'un serviteur de Dieu
- Installation dans une solitude au diocèse de Quimper
- Guérison miraculeuse des malades et prédication
- Attaque du démon sur son lit de mort
- Réception du Viatique et des derniers sacrements avant son trépas
Miracles
- Guérison des malades et des infirmes par la prière
- Clarté céleste extraordinaire au moment de son trépas
Citations
Seigneur Dieu, recevez mon esprit