Saint Lezin d'Angers

Évêque d'Angers et Confesseur

Fête : 1er novembre 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Noble leude à la cour de Clotaire Ier, Lezin devint duc des Angevins avant de renoncer au monde suite à la maladie de sa fiancée. Élu évêque d'Angers, il se distingua par sa charité et la fondation de monastères. Il mourut en 616 et reste le patron des ardoisiers d'Angers.

Biographie

SAINT LEZIN, ÉVÊQUE D'ANGERS ET CONFESSEUR (616).

Lezin naquit vers l'an 530 d'une famille princière ; Garnier, son père, était l'un des plus puissants leudes de la cour de Clotaire Ier. Aussitôt que l'âge permit à son fils de commencer l'étude des lettres, il le confia aux plus habiles maîtres de l'école du palais ; le jeune élève surpassa bientôt tous ses condisciples par sa pénétration et son savoir. Ses études terminées, il fut présenté solennellement à Clotaire qui, charmé de la noblesse et de la beauté de ses traits, de la sagesse et de la prudence de sa conduite, de la maturité et de la prudence de ses mœurs, de l'affabilité de sa conduite et de la foi vive qui dominait toutes ses actions, voulut lui donner une preuve de son estime en lui conférant, avec le bandrier militaire, la dignité de connétable. Puis, avant de mourir (561), il l'honora du gouvernement des provinces armoricaines, avec le titre de comte et duc des Angevins. Lezin vint alors habiter la capitale de l'Anjou : il avait trente et un ans.

1ER NOVEMBRE.

Esprit élevé et conciliant, Lezin comprit aussitôt l'étendue de ses devoirs et il sut les remplir avec autant d'habileté que s'il eût eu une longue expérience des hommes et des choses. Chépérie voulut récompenser la fidélité de ce digne magistrat en lui donnant une épouse digne de lui. Lezin, qui avait toujours chéri la virginité, répugnait vivement à cette résolution. Dieu l'aida en ces conjonctures difficiles : la jeune fiancée fut tout à coup frappée de la lèpre. Aussitôt Lezin se dispose à exécuter un projet qu'il méditait depuis longtemps : il vend tout ce qu'il possède en propre, et, après avoir tout distribué aux pauvres, aux églises et aux monastères, il se retire dans l'abbaye de Chalonnes (fondée par saint Maurille, évêque d'Angers) où il donne l'exemple de toutes les vertus.

Dieu le tira bientôt de l'obscurité du cloître. Andoin, évêque d'Angers, étant venu à mourir (vers 566), les seigneurs de la province jetèrent les yeux sur leur ancien compagnon d'armes dont la renommée proclamait partout l'éminente sainteté. Lezin, élu d'une voix unanime et acclamé avec enthousiasme, fut revêtu du caractère épiscopal par le célèbre saint Grégoire de Tours. Nous renonçons à décrire les œuvres de son épiscopat : disons seulement qu'elles répondirent parfaitement au programme qu'il s'était tracé : instruire son peuple, lui donner l'exemple de toutes les vertus, soulager l'indigence et servir d'appui à l'opprimé. Attirés par le parfum de ses vertus, un grand nombre de gentilshommes entrèrent sous sa conduite dans la voie étroite des conseils évangéliques. Cette affluence força le saint évêque à faire construire, non loin des portes de la ville d'Angers, un vaste monastère qu'il plaça sous le patronage de saint Jean-Baptiste et qui prit dans la suite le nom de collégiale de Saint-Julien.

Le jour vint où ce vaillant athlète dut succomber sous le poids des travaux et des années. Pendant les chaleurs du mois d'août 616, une fièvre violente le saisit. Il s'en réjouit comme d'un heureux présage, car il soupirait sans cesse après la patrie céleste : les portes lui en furent ouvertes le 1er novembre de la même année. Il fut enterré dans l'église de son monastère de Saint-Jean-Baptiste : le jour de ses funérailles, deux aveugles recouvrèrent la vue, et un grand nombre d'infirmes la santé la plus parfaite. Quelque temps après, saint Maimbœuf, un de ses successeurs, transféra son corps dans une chapelle, au côté droit du chœur de cette même église. Il resta dans sa nouvelle sépulture jusqu'au milieu du XIIe siècle, époque à laquelle on fut contraint de le dérober à la fureur des Normands. Ce ne fut qu'après le siège d'Angers (573) qu'on put le transporter de nouveau dans la basilique du monastère de Saint-Jean-Baptiste. Le 21 juin 1109, il y eut une troisième translation du saint corps : on le déposa dans une magnifique châsse où il demeura jusqu'à la Révolution.

Autrefois, saint Lezin était patron de plusieurs églises paroissiales en Anjou, et de l'Université d'Angers. De nos jours, les ouvriers des ardoisières de cette ville l'honorent comme leur patron. Saint Lezin est également patron de Blosville-ès-Plains (Seine-Inférieure, arrondissement d'Yvetot) : deux vitraux de l'église paroissiale peignent sa légende. Sa fête s'y célèbre avec pompe le 13 février.

Cf. Voir des saints personnages de l'Anjou, par le R. P. Jean François Chamard ; et les Églises de l'arrondissement d'Yvetot, par M. Fabbri Cochat.

MARTYROLOGES. 407

## IIe JOUR DE NOVEMBRE

### MARTYROLOGE ROMAIN.

La COMMÉMORATION DE TOUS LES FIDÈLES DÉFUNTS. — Le même jour, la nativité au ciel de saint Victorien, évêque de Poitiers, qui, après avoir publié plusieurs écrits, comme saint Jérôme, fut couronné du martyre dans la persécution de Dioclétien. 303. — À Trieste, saint Just, qui acheva son martyre durant la même persécution, sous le président Manace. — À Sébaste, les saints Carlère, Styriaque, Tobie, Endose, Agape et leurs compagnons, martyrisés sous l'empereur Licinius. — En Perse, les saints martyrs Acymbne, Pégase, Aphtaue, Elpidophore et Anempodiste, avec plusieurs autres. — En Afrique, la nativité au ciel des saints martyrs Publius, Victor, Hermès et Papias. — À Tarse, en Cilicie, sainte Eustochie, vierge et martyre, qui, après avoir enduré de cruels tourments sous Julien l'Apostat, rendit l'esprit en priant Dieu, IVe s. — À Laodicée, en Syrie, saint Théodote, évêque, qui non-seulement fut puissant en paroles, mais aussi orné de bonnes œuvres et de vertus, 331. — À Vienne, en Dauphiné, saint Georges, évêque. VIIe s. — Dans le monastère de Saint-Maurice en Valais, saint Ambroix, abbé. VIe s. — À Cyr, en Syrie, saint Marcien, confesseur, IVe s.

### MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

À Saint-Pons-de-Thomières (Hérault), sur le Jaur, au diocèse de Montpellier, saint Albin ou Aubin, martyr, dont les ossements sacrés, qui reposaient dans la cathédrale de Saint-Pons (cette ville fut le siège d'un évêché depuis 1318 jusqu'en 1611), ont été dispersés par la fureur des Calvinistes. — En Basse-Bretagne, saint Hernan, confesseur, qui passa de la Grande-Bretagne dans l'Armorique, et vécut dans un lieu solitaire de la paroisse de Dusnit, près de Carhaix, où il termina ses jours, 540. — En Bretagne, saint Mico, confesseur, qui mena la vie solitaire dans la paroisse qui porte aujourd'hui son nom et s'appelle Cochnieux (Côtes-du-Nord, arrondissement de

2 NOVEMBRE.

Saint-Briene, canton de Lamballe), VIe s. — À Lens (Pas-de-Calais), au diocèse d'Arras, saint Vulgan, confesseur, patron de cette ville. Nous lisons dans ses Actes (on les regarde comme très-suspects) qu'il était anglais de naissance et qu'il quitta son pays, sur un ordre du ciel, pour se rendre dans les Gaules. Ayant traversé la Manche, il aurait abordé à Wissant (Pas-de-Calais), aurait évangélisé les environs de Boulogne et de Thérouanne et se serait fait enterrer près de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras. Après qu'il se fut endormi dans le Seigneur, il fut inhumé soit à Arras, soit dans les environs. Son corps, à une époque inconnue, fut transféré à Lens-en-Artois, qui choisit ce Saint pour patron, et conserve ses reliques de temps immémorial. VIIe s. — À Monstrelet (lieu aujourd'hui détruit, et qui se trouvait près de Boufflers, dans le canton de Crécy, au diocèse d'Amiens), un autre saint Vulgan (Vilgain, Vilgaine, Vulgain, Wigain, Walgan, Walgan, Wigain, Wilgain, Wilgan), anachorète, compagnon de saint Manguille (30 mai). Né en Angleterre, il était aussi illustre par sa naissance que par son savoir. Les suffrages des chrétiens de la province de Douvres le désignèrent pour occuper le siège épiscopal de Cantorbéry. Afin d'échapper au péril des honneurs, il passa la mer, aborda en France et, conduit par un ange, arriva jusqu'à l'ermitage de Monstrelet où, imposant les mains sur saint Manguille qui était alors malade, il lui rendit soudain la santé et devint son compagnon. Plus tard il tomba à son tour gravement malade, expira dans les bras de saint Manguille et fut enseveli dans son ermitage de Monstrelet. Vers 684. — Dans le Pontieu (Ponticus pagus, pays de la Basse-Picardie), saint Sevold, confesseur, dont les reliques étaient autrefois conservées à Abbeville. VIIIe s. — À Clairvaux (Aube), au diocèse de Troyes, le décès de saint Malachie, évêque d'Armagh, en Irlande, dont nous donnerons la vie au jour suivant. 1148. — À Verdun, le vénérable Alberon de Chiny, quarante-sixième évêque de ce siège et confesseur. Il rétablit à Verdun la liberté publique dont cette ville était privée depuis trois ans que Renaud, comte de Bar, la retenait dans une dure servitude; répara les maux que son église et son peuple avaient soufferts pendant cette guerre intestine; releva les ruines de sa cathédrale; réprima les désordres de son clergé; fonda, réforma et dota plusieurs monastères. Après avoir gouverné très-saintement son église pendant vingt-six ans, il prit l'habit des religieux Prémontrés dans le monastère de Saint-Paul de Verdun, où il mourut au bout de deux ans. Son corps fut enseveli dans l'église cathédrale. 1158.

Événements marquants

  • Naissance vers 530 d'une famille princière
  • Éducation à l'école du palais de Clotaire Ier
  • Nomination comme connétable et gouverneur des provinces armoricaines
  • Retraite à l'abbaye de Chalonnes après la lèpre miraculeuse de sa fiancée
  • Élection à l'évêché d'Angers vers 566
  • Sacre par saint Grégoire de Tours
  • Fondation du monastère Saint-Jean-Baptiste
  • Mort le 1er novembre 616

Miracles

  • Lèpre soudaine de sa fiancée permettant sa vocation
  • Guérison de deux aveugles le jour de ses funérailles

Date de fête

1er novembre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

1er novembre 616 (naturelle)

Invoqué(e) pour

guérison de la cécité, santé des infirmes

Autres formes du nom

  • Licinius (la)

Prénoms dérivés

Lezin

Famille

  • Garnier (père)