Saint Michel des Saints
Trinitaire Déchaussé
Résumé
Né en Catalogne en 1591, Michel des Saints rejoignit l'ordre des Trinitaires dès son plus jeune âge avant d'embrasser leur réforme déchaussée. Reconnu pour son austérité extrême, sa chasteté héroïque et ses extases mystiques durant la messe, il mourut à 33 ans à Valladolid. Il fut canonisé en 1862 par l'Église catholique.
Biographie
S. MICHEL DES SAINTS, TRINITAIRE DÉCHAUSSÉ
Difficillimum aut impassibile asserunt sapientes in praesenti gaudere cum mundo et in aeternum exultari cum Christo.
Les Saints assurent qu'il est très-difficile et pour ainsi dire impossible de se réjouir ici-bas avec le monde et de partager dans l'éternité la félicité du Christ. Joan. Suresh.
Ce saint naquit à Vich en Catalogne, le 29 septembre 1591; il eut pour père Henri Augemit; sa mère se nommait Marguerite de Monserrada. Tous deux étaient de bonne famille, et se faisaient remarquer par leur probité ainsi que par leurs sentiments de religion. Cet enfant de bénédiction méprisa le monde avant de le connaître; et, dès sa plus tendre jeunesse, il fit vœu de chasteté perpétuelle. Son père, qui en fut informé, lui proposa un jour en riant d'entrer dans l'état du mariage. Effrayé de cette proposition, Michel fondit en larmes; et, courant à un autel de la sainte Vierge, il renouvela avec une grande ferveur le vœu qu'il avait déjà fait. À l'âge de six ans, pressé du désir de marcher sur les traces des Saints, il alla se cacher dans une caverne. Il s'y livrait à de pieuses méditations sur les souffrances de Jésus-Christ, et s'abandonnait à de tendres sentiments de compassion,
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lorsque ceux que son père avait envoyés à sa recherche l'obligèrent de revenir à la maison. En rentrant sous le toit paternel, il ne diminua rien de la sévérité du genre de vie qu'il s'était proposé de suivre. Tout occupé de son salut, ce saint enfant ne vivait que pour le ciel, et se tenait sans cesse en la présence de Dieu. Ses mortifications étaient si rigoureuses qu'on a peine à comprendre comment un âge aussi tendre a pu les supporter. Il jeûnait trois fois la semaine, couchait sur des sarments, n'avait qu'une pierre pour oreiller, et prenait fréquemment la discipline. Il avait choisi saint François d'Assise pour modèle, et ne craignait pas d'imiter ce parfait disciple de Jésus crucifié.
Michel n'avait que douze ans lorsqu'il prit la résolution d'embrasser l'état religieux. Dans cette intention, il se rendit à Barcelone, et se présenta chez les Trinitaires, qui l'admirent au noviciat. Dès qu'il eut atteint l'âge fixé par les canons de l'Église pour pouvoir faire validement profession, il prononça ses vœux, et se consacra ainsi au Seigneur d'une manière irrévocable à Saragosse, le 30 septembre 1607. Peu de mois s'étaient écoulés depuis cette époque pour lui si importante, lorsqu'il apprit le succès de l'Ordre de la Sainte-Trinité, que le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception venait d'entreprendre. Le nouveau profès avait trop le zèle de sa perfection pour ne pas profiter de ce précieux moyen de salut que la Providence lui offrait. Il se hâta donc d'aller se joindre aux saints religieux qui secondaient le bienheureux Jean-Baptiste dans cette salutaire entreprise, et bientôt il se distingua par la ferveur avec laquelle il pratiqua la règle primitive de l'institut, que les réformés observaient dans toute sa rigueur. Ses vertus ne tardèrent pas à jeter l'éclat le plus vif; elles étaient si bien affermies dans son âme, que les études auxquelles il se livra, par la volonté de ses supérieurs, ne diminuèrent en rien sa ferveur. Sa fidélité aux moindres observances était si grande qu'on n'a jamais pu le trouver en défaut sur aucun point de la règle. Plein d'estime pour la chasteté, dont il avait fait le vœu dès sa première enfance, il conserva intact, jusqu'à la mort, et avec un soin extrême, ce trésor inestimable. Sa pauvreté était telle qu'il n'avait pour tout vêtement qu'une seule tunique. Le temps n'avait pas affaibli l'ardeur que le serviteur de Dieu avait eue dès ses plus jeunes années pour la mortification; aussi affligeait-il son corps par de rudes cilices, par de sanglantes disciplines et par un jeûne continuel. Il ne buvait jamais de vin, et passait quelquefois une semaine entière sans prendre aucune nourriture; et celle qu'il prenait d'habitude était si modique, et si peu propre à flatter le goût, qu'elle devenait encore pour lui un exercice de pénitence. Il ne donnait que très-peu de temps au sommeil, et passait le reste de la nuit, soit dans de pieuses méditations, soit dans la contemplation des choses célestes. Il était tellement occupé du ciel qu'il paraissait tout hors de lui-même, lorsqu'il en parlait ou qu'il entendait quelqu'un traiter cette matière sublime.
Une vertu si parfaite n'était en Michel que l'effet de l'ardent amour qu'il avait pour Dieu. Il demandait sans cesse au Seigneur par d'instantes prières qu'il lui donnât un cœur nouveau qui brûlât des plus pures flammes de la charité. Des désirs aussi saints méritaient d'être exaucés: aussi son âme était-elle comme inondée de ces douceurs spirituelles que Dieu réserve pour ses plus fidèles amis et qui sont un avant-goût du bonheur éternel. C'était surtout à l'autel qu'il recevait ces précieuses faveurs; il célébrait
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les saints mystères avec tant de dévotion qu'il excitait à la piété tous ceux qui assistaient à sa messe. On l'a vu plusieurs fois ravi en extase pendant l'élévation. Mais quelques consolations qu'il goûtât dans les exercices de piété, il savait s'en arracher pour remplir les devoirs que la charité lui imposait à l'égard du prochain. Pénétré de l'importance de ces devoirs, il se dévouait tout entier au service de ses frères. Il donnait des conseils à ceux qui réclamaient le secours de ses lumières, instruisait par ses prédications, et consacrait chaque jour un temps considérable à entendre les fidèles dans le tribunal de la pénitence. Une conduite si charitable, jointe à sa réputation de sainteté, le rendit l'objet de la vénération non-seulement du peuple, mais aussi des grands et des princes mêmes. Loin de s'élever en son cœur à cause de ces marques d'estime qu'il recevait fréquemment, il avait de si bas sentiments de lui-même qu'il se croyait pire que les démons, et il ne craignait pas de l'assurer. Son mérite le fit deux fois choisir pour gouverner des maisons de son Ordre, en qualité de supérieur. Il se trouvait à la tête de celle de Valladolid, lorsque le Seigneur lui fit connaître que sa mort était prochaine. Il semblait que le ciel enviât à la terre un homme si parfait, et que le Seigneur voulût se hâter de récompenser une âme tout à la fois si innocente et si pénitente. Le saint religieux apprit à ses frères qu'il allait bientôt les quitter. En effet, le 10 avril 1625, il rendit son esprit à son Créateur, dans le lieu et au temps qu'il avait prédits; il n'était âgé que de trente-trois ans. Dieu, qui lui avait accordé le don des miracles pendant sa vie mortelle, permit qu'il s'en opérât plusieurs à son tombeau. On travailla bientôt au procès de sa béatification, et le pape Pie VI le mit solennellement au rang des bienheureux le 24 mai 1779. Enfin il fut canonisé le 8 juin 1862, avec les vingt-six martyrs du Japon.
On le représente priant devant un autel où le saint Sacrement est exposé. Cela rappelle la grande dévotion qu'il professait, dès son enfance, envers l'Eucharistie.
Nous avons emprunté cette biographie aux continuateurs de Godescard, édit. Lefort.
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## LE BIENHEUREUX ARCHANGE DE CALATAFIMI,
### VICAIRE PROVINCIAL DE L'ORDRE DES MINEURS (1460).
Ce saint homme, de la famille illustre des Placentini, naquit à Calatafimi, dans le diocèse de Mazzara, en Sicile. Dès son enfance, il montra un goût prononcé pour la solitude; il se retira d'abord dans une grotte près d'une chapelle, où il passait les jours et les nuits en prières et où il eut une apparition de la très-sainte Vierge : puis, comme la sainteté de sa vie et le bruit de ses miracles lui amenaient de nombreux visiteurs, il se cacha aux environs d'Alcamo. C'est dans cette retraite qu'il éleva, sous la protection de saint Antoine, un petit ermitage connu seulement de quelques hommes; lui-même vivait dans une grotte qu'on appela plus tard la grotte du bienheureux Archange. Lorsque les ermitages furent supprimés en Sicile par le pape Martin V, il se rendit à Palerme où il reçut l'habit des Franciscains de la main du bienheureux Matthieu d'Agrigente; il retourna alors à Alcamo pour y faire son noviciat, et y convertit son ermitage en un couvent dont il fut nommé vicaire provincial.
Toute sa vie fut remplie par la plus ardente piété. Son humilité était telle qu'il eût voulu n'être connu de personne; sa nourriture se composait de racines et d'eau. Fidèle observateur de la règle de l'Ordre, il donnait à tous ceux qui l'approchaient le plus salutaire exemple. Réunissant
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tous les mérites, doué du don des miracles et du don de prophétie, il mourut en 1460, brisé par la fatigue et par le poids des années.
Les habitants d'Alcamo obtinrent qu'on leur donnât son corps; ils l'ensevelirent dans un cercueil de marbre qu'ils placèrent au pied de l'autel de leur église; ceux de Calatafimi et des villages voisins lui gardèrent aussi une dévotion toute particulière. En dernier lieu, son corps reposa dans le couvent des Mineurs Observantins, au pied de la chapelle de Saint-François; le pape Grégoire XVI fixa sa fête au 5 juillet, où une messe est célébrée en son honneur par les Mineurs Observantins et dans tout le diocèse de Mazzara.
Palmier Séraphique.
Événements marquants
- Naissance à Vich en Catalogne le 29 septembre 1591
- Vœu de chasteté perpétuelle dès l'enfance
- Entrée au noviciat des Trinitaires à Barcelone à l'âge de 12 ans
- Profession religieuse à Saragosse le 30 septembre 1607
- Rejoint la réforme du bienheureux Jean-Baptiste de la Conception
- Nommé deux fois supérieur de maisons de son Ordre
- Mort à Valladolid à l'âge de 33 ans
- Béatification par Pie VI le 24 mai 1779
- Canonisation le 8 juin 1862
Miracles
- Ravi en extase pendant l'élévation lors de la messe
- Don de prophétie concernant sa propre mort
- Plusieurs miracles opérés à son tombeau après sa mort
Citations
Difficillimum aut impassibile asserunt sapientes in praesenti gaudere cum mundo et in aeternum exultari cum Christo.