Saint Théophile d'Antioche

Sixième évêque d'Antioche et Confesseur

2ᵉ siècle • saint

Résumé

Ancien païen converti par l'étude des Écritures, Théophile devint le sixième évêque d'Antioche en 168. Grand défenseur de l'orthodoxie contre Marcion et Hermogène, il est l'auteur de trois livres adressés à Autolyque qui subsistent encore. Il mourut vers 181, laissant une œuvre marquée par une vaste culture profane et un style élevé.

Biographie

SAINT THÉOPHILE,

SIXIÈME ÉVÊQUE D'ANTIOCHE ET CONFESSEUR (181).

Théophile, successeur d'Eros dans la chaire épiscopale d'Antioche, et le sixième évêque de cette ville depuis l'apôtre saint Pierre, fut d'abord engagé dans les erreurs du paganisme. Incrédule à toutes les vérités de notre foi, il avait surtout beaucoup d'éloignement pour le dogme de la résurrection des morts. Mais depuis qu'il se fut appliqué à considérer les vestiges de la divinité tracés dans la nature, qu'il eut connu les écrits des Prophètes et remarqué comment l'Esprit de Dieu leur avait fait prédire tant d'événements concourant au même but et arrivés longtemps après, il ne put s'empêcher de croire ce qu'il voyait prouvé si clairement. Il obéit à Dieu, abjura ses erreurs et confessa hautement qu'il était chrétien. Eros étant mort, Théophile fut choisi pour être le sixième évêque d'Antioche. Cette élection eut lieu la huitième année de Marc-Aurèle, l'an 168 de Jésus-Christ.

Les hérétiques causaient en ce temps-là beaucoup de troubles dans l'Église, en s'efforçant d'y étouffer par l'ivraie de leurs erreurs, la semence sainte de la doctrine des Apôtres. Mais les saints pasteurs veillaient sans cesse, toujours occupés à arracher cette ivraie du champ de l'Église; tantôt ils avertissaient les fidèles d'y prendre garde, tantôt ils attaquaient ouvertement les hérétiques, soit en les confondant dans des disputes particulières, soit en réfutant leurs erreurs dans des écrits publics. Théophile se signala dans cette guerre par un livre qu'il composa contre Marcion, que l'on voyait encore du temps d'Eusèbe et de saint Jérôme, mais qui n'est pas venu jusqu'à nous, non plus que celui qu'il avait écrit contre l'hérésie d'Hermogène. Il employait plusieurs fois dans cet ouvrage l'autorité de l'apocalypse de saint Jean.

Ses trois livres à Autolyque ont eu un sort plus heureux et subsistent encore aujourd'hui. Théophile les composa à diverses reprises et ne les acheva que peu avant sa mort, vers l'an 181. Autolyque, à qui il les dédia, était païen, mais très-habile dans les sciences et si curieux d'apprendre, qu'il passait des nuits à lire. Le premier de ces livres paraît être le résultat d'une conférence qu'il avait eue ensemble. Le second est écrit d'une manière toute différente du premier; et le troisième en forme de lettre; mais tous traitent des principes de la religion.

Outre les traités que Théophile avait composés contre Marcion et contre Hermogène, il en avait encore écrit plusieurs autres qui sont perdus. Eusèbe ni saint Jérôme ne les spécifient point; ils se contentent de dire qu'on les voyait de leur temps, et que la plupart étaient des instructions ou de petits traités pour l'édification de l'Église. Le peu qui nous reste des ouvrages de saint Théophile nous doit faire regretter ceux qui ne sont pas venus jusqu'à nous. Le style en est élevé, poli et varié; le tour des pensées vif et agréable, les raisonnements justes, pressants; ils sont remplis de recherches curieuses touchant les sentiments que les poètes et les philosophes ont eus de leurs fausses divinités, et on ne peut douter que Théophile n'ait excellé dans la connaissance de l'antiquité profane. Il aimait aussi les allégories; et il n'y a presque rien de littéral dans les explications qu'il a données de l'ouvrage des six jours. Ses sentiments sur la religion sont très-orthodoxes.

Les livres de saint Théophile à Autolyque furent imprimés en grec à Zurich, en 1546, in-4°, avec les écrits de Tatien et de quelques autres, par les soins de Conrad Gesner, sur un manuscrit que Jean de Frise avait eu à Venise; en latin, au même endroit et la même année, de la traduction de Conrad Clauser. C'est cette version qu'on a suivie dans les Bibliothèques des Pères de

SAINT VENANT OU VENANCE, ABBE DE SAINT-MARTIN DE TOURS. 327

Paris, en 1575, 1589, 1609, 1644; de Cologne, en 1618 et de Lyon, en 1677; dans les Orthodoxographes, imprimés en grec et en latin, à Bâle, en 1555, in-fol.; dans l'édition de saint Justin à Paris, 1615 et 1636; à Cologne, 1686, in-fol., et dans l'Auctuarium de la Bibliothèque des Pères, à Paris, 1624, in-fol., avec les notes de Fronton-Leduc. La dernière et la plus correcte de toutes les éditions des Livres à Autolyque est celle d'Oxford, de 1684, in-12. Celle que Christophe Wolf donna à Hambourg, en 1724, surpassa encore la précédente. M. Caillau a donné la version latine des Livres à Autolyque. M. de Genoude a traduit en français les trois Livres à Autolyque.

Dom Ceillier, Histoire des Auteurs sacrés et ecclésiastiques.

Événements marquants

  • Conversion du paganisme après l'étude des Prophètes
  • Élection comme évêque d'Antioche en 168 (8e année de Marc-Aurèle)
  • Lutte contre les hérésies de Marcion et d'Hermogène
  • Rédaction des trois livres à Autolyque
  • Mort vers 181