Saint Volusien (Voussien)

Évêque de Tours et Martyr

Fête : 18 janvier 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Issu d'une famille sénatoriale lyonnaise, Volusien fut moine à Lérins avant de devenir évêque de Tours en 491. Persécuté par le roi arien Alaric en raison de sa foi catholique et de son influence, il fut exilé à Toulouse puis décapité par les Goths près de Pamiers vers 499. Ses reliques reposent à Foix, où une abbaye fut érigée en son honneur.

Biographie

SAINT VOLUSIEN OU VOUSSIEN, ÉVÊQUE DE TOURS,

MARTYR

*Principes persecuti sunt me gratis.*

L'homme pieux ne craint ni les princes, ni les grands; cependant il n'emploie pour eux d'autres armes que celles de la prière et du fidèle accomplissement des préceptes divins.

*Comm. sur le Ps. cxviii, 161.*

Saint Volusien, évêque de Tours, naquit à Lyon d'une famille sénatoriale, originaire de l'Auvergne. Malgré les bienveillantes attentions des empereurs dont ils furent souvent l'objet, ses ancêtres préférèrent aux faveurs impériales la grâce du baptême. Ils n'hésitèrent point, en effet, à embrasser le christianisme, dès qu'ils en eurent connu la divinité. Le père de Volusien se nommait Apollinaire et sa mère Matertera.

Fidèle aux glorieuses traditions de sa famille, le jeune Volusien donna de bonne heure l'exemple des vertus chrétiennes; mais son âme ardente et généreuse ne pouvait se contenter d'une perfection commune et vulgaire, et il embrassa la vie monastique au célèbre monastère de Lérins, cette pépinière d'évêques qui jeta un si vif éclat dans l'Église de France.

Nous ignorons les circonstances qui l'amenèrent à Tours, sous l'épiscopat de saint Eustache. Ce pieux évêque, charmé de ses vertus, le retint près de lui et il y resta sous l'épiscopat de saint Perpet, dont il était d'ailleurs le parent. Maan prétend qu'il était également parent de Sidoine Apollinaire; mais cette opinion ne nous paraît pas assez solidement établie.

A la mort de saint Perpet, le peuple de Tours, grand admirateur des vertus de Volusien, le choisit pour son évêque. C'était en l'année 491.

Digne imitateur de son illustre parent, il employa son immense fortune au soulagement des pauvres et aux besoins de son église. Il érigea la paroisse de Manthelan, dans l'arrondissement de Loches, et consacra la basilique de Saint-Jean, à Marmoutier.

Les honneurs de l'épiscopat ne diminuèrent en rien l'éclat de son humilité et il conserva, sur le siège épiscopal, la simplicité et la modestie du moine. Il sut par sa douceur gagner l'affection de son peuple; mais, homme

13 FÉVRIER.

de conscience, de fermeté, il se rendit bientôt suspect à Alaric qui tenait alors sous sa domination une grande partie de la Gaule et de la Touraine jusqu'à la Loire. Le monarque arien, comprenant que la conversion de Clovis au christianisme allait porter un rude coup à son autorité, et redoutant par-dessus tout l'influence des évêques, ne recula pas devant la persécution. La courageuse éloquence et les abondantes aumônes de Volusien le désignèrent l'un des premiers aux rigueurs du roi barbare. Arraché violemment du siège épiscopal qu'il occupait si dignement depuis sept ans, il fut emmené en exil dans la ville de Toulouse.

Malgré le profond chagrin qu'il éprouvait d'être séparé de son église, Volusien ne resta pas inactif; ne pouvant plus instruire son peuple, il fit entendre constamment sa parole aux Ariens; il discutait avec leurs évêques, et par l'ardeur de son zèle et l'efficacité de ses discours, il fit triompher la vérité catholique.

Les Goths, chassés par les troupes victorieuses de Clovis, résolurent d'emmener le saint évêque dans leur fuite jusqu'en Espagne; mais comme le courageux Pontife ne cessait de leur reprocher leur hérésie avec une sainte hardiesse, ils lui tranchèrent la tête dans les environs de Pamiers, et ils ajoutèrent ainsi à ses mérites la couronne du martyre, vers l'année 499.

La tradition rapporte que le Saint s'appuyait sur son bâton en présentant sa tête au glaive du bourreau. Ce bâton demeura en terre et il devint dans la suite un bel arbre qu'on voyait encore au XVIIIe siècle. Son corps, enseveli d'abord auprès de Foix, fut transporté plus tard dans une église que le comte Roger fit élever en son honneur. Des religieux Augustins construisirent un monastère autour de cette tombe qui devint bientôt un lieu de pèlerinage, que de nombreux miracles rendirent très-célèbre.

Le martyrologe romain fixe sa fête au 18 janvier; mais l'église de Tours la célèbre le 11 février, et celui de Pamiers le 13, en vertu d'une permission du Saint-Siège.

Tels sont, en raccourci, la vie et la mort de saint Volusien: les chercheurs et les archéologues nous sauront gré d'ajouter ici, comme en appendice, un document que nous devons à l'obligeance de M. Ponech, chanoine à Pamiers.

« Ce qui peut vous avoir échappé, nous écrivait, le 12 novembre 1871, ce savant ecclésiastique, c'est un document de 1364 rapporté en preuve par Dom Vaissette, auteur de l'Histoire du Languedoc, et dont je vous donne ici un extrait que je prends dans le livre de M. Adolphe Garripou, un des érudits qui ont écrit sur l'ancien pays de Foix, n'ayant pas à ma disposition l'œuvre de Dom Vaissette. Voici cette pièce:

« A tous ceux qui verront le présent écrit faisons savoir que nous Hugues, par la grâce de Dieu, humble abbé du monastère de Saint-Augustin de Foix, diocèse de Pamiers, avons trouvé, vu, appris et lu mot à mot, dans les archives et de la sacristie de notre monastère, divers actes, livres et anciens manuscrits destinés à conserver le souvenir des faits relatifs à l'abbaye, à sa basilique et à ses anciens canons ou règlements. Nous avons vu dans ces titres que le bienheureux Volusien, martyr de Jésus-Christ et archevêque de Tours (sic), de bonne mémoire, dont le corps repose dans la basilique de Foix, du temps de Clovis, premier roi chrétien de France, alors qu'une bande de Goths et d'Ariens, vraie peste publique, envahit la Gaule, et que la ville de Tours, décimée par le fer et livrée au pillage, fut privée de son évêque et pasteur, nous avons lu, disons-nous, que le bienheureux Volusien fut pris et lié par ces détestables ennemis de la foi et conduit en exil jusqu'à Toulouse. On y lit encore que ces farouches Visigoths, soupçonnant leur propre roi Alaric, qui habitait Toulouse, de s'entendre avec Volusien pour rendre la ville aux armées française, éloignèrent celui-ci qui était tenu en dehors des murs de la ville lié et enchaîné. Ils voulurent conduire le saint évêque en Espagne ou dans quelque contrée éloignée, afin de dominer seuls sur la ville et de pouvoir sans obstacle naturaliser leurs doctrines perverses au sein d'une population catholique. Volusien, entraîné jusqu'au lieu de Couronne, à un mille du village, dit Villepoy-

SAINT GRÉGOIRE II, PAPE. 489

rouse, fut décapité par ces soldats barbares et reçut ainsi d'eux la couronne du martyre. De plus, on lit que la même nuit où le Saint fut mis à mort, il apparut à deux femmes pleureuses Julienne et Juliette, et qu'il leur raconta les circonstances de son martyre, leur ordonnant d'aller trouver les clercs et les fidèles de Foix, afin que son corps fût porté dans la basilique de cette ville et y reçût la sépulture : ce qui fut fait sans retard et comme par enchantement, d'après ce que rapportent ces écrits authentiques et dignes de toute croyance... le supprime ici une quinzaine de lignes étrangères au sujet... Après quoi l'abbé Huguon ajoute : « Nous avons trouvé ces faits rapportés dans des monuments anciens, dans des manuscrits dignes de foi, et nous y puisons un témoignage irrévocable de ce que nous avançons, et afin que toute croyance y soit aussi ajoutée, Nous, abbé susdit, à la prière des consuls et de la communauté de Foix, nous dressons le présent diplôme et le revêtons de notre propre sceau.

« Fait et donné dans notre susdit monastère, le 23 du mois d'octobre, année de l'incarnation du Seigneur 1384 ».

« Ce diplôme, au dire de l'auteur précité (M. Adolphe Garrigou, dans son livre intitulé : Études sur l'ancien pays de Foix et le Couserau, à Toulouse, chez Henault, 1846), se trouve rapporté en latin, dans le tome 1er de l'Histoire du Languedoc, Pyauves, page 22, — ce que je ne puis vérifier par moi-même.

« C'est sur ce monument écrit que les savants historiens du Languedoc ont composé leur récit touchant l'exil et la mort de saint Volusien, récit que les chroniqueurs qui ont écrit après eux ne font que reproduire. Or, ce récit des savants Bénédictins, appuyé de ce diplôme qu'ils doivent avoir regardé comme authentique, a déjà de l'autorité. Mais nous avons encore d'autres auteurs antérieurs qui ont pu puiser à la même source, les archives de Foix, et qui, parlant de saint Volusien, racontent aussi uniformément son martyre. Ce sont :

« 1° Au XVIIIe siècle, le Père de La Couldre, Vie de saint Volusien, Limoges, 1722, chez François Meillac.

« 2° Au XVIIe siècle, l'abbé de Lascases, ex-recteur de Foix, natif de cette ville, dans son Mémorial historique sur les troubles du pays de Foix de 1499 à 1610, Toulouse, chez Arnaud Colomies, 1644, et de Marca, Histoire du Béarn et du pays de Foix.

« 3° L'Histoire des comtes de Foix, en latin, par Bertrand Hélie, de Pamiers, XVIe siècle.

« Ce dernier peut avoir consulté les archives du monastère de Saint-Volusien pendant qu'elles étaient encore dans leur intégrité.

« Or, antérieurement à cette époque, on cite une foule d'actes de donations faites au monastère de Saint-Volusien, martyr, remontant jusqu'à sa fondation en 1104, par Paschal II, à la prière de Roger Ier, premier comte de Foix, et racontée par André de Ravenac, religieux de l'Observance.

« Le monastère fut fondé sous le vocable de Saint-Augustin; mais à partir de 1111, il passa sous celui de Saint-Volusien, martyr, ou du moins c'est ainsi qu'on le nomme.

« Lascases, d'après Hélie Durand et d'autres écrivains antérieurs, raconte au long la translation de ses reliques, et tous qualifient le Saint de martyr.

« Enfin on cite encore des actes de donation à saint Volusien, martyr, remontant au Xe siècle ». (Manuscrit de 1438, cité par A. Garrigou, page 330.)

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Événements marquants

  • Naissance à Lyon dans une famille sénatoriale
  • Vie monastique à l'abbaye de Lérins
  • Élection comme évêque de Tours en 491
  • Exil à Toulouse par ordre du roi arien Alaric
  • Décapitation par les Goths près de Pamiers en 499

Miracles

  • Son bâton planté en terre devint un bel arbre
  • Apparition après sa mort à Julienne et Juliette pour indiquer le lieu de sa sépulture
  • Nombreux miracles au pèlerinage de sa tombe à Foix

Citations

Principes persecuti sunt me gratis.

— Psaume cxviii, 161 (cité en introduction)