Sainte Ave de Denain

Vierge

4ᵉ siècle • sainte

Résumé

Jeune femme fortunée mais aveugle du IVe siècle, Ave recouvra la vue au tombeau de sainte Benfroie après l'avertissement d'un ange. En reconnaissance, elle restaura l'église Sainte-Marie, fit don de ses biens à l'abbaye de Denain et y devint religieuse jusqu'à sa mort.

Biographie

SAINTE AVE DE DENAIN, VIERGE (IVe siècle).

On trouve, dans un très-ancien martyrologue de l'abbaye de Denain, le nom de la bienheureuse Ave, qui était honorée dans cette communauté. C'était une jeune personne très-favorisée des biens de la fortune, mais privée de la vue. Elle avait fait déjà plusieurs pèlerinages au tombeau des Saints, afin qu'il plût à Dieu de la guérir de son infirmité, et sa prière n'avait pas encore été exaucée, lorsqu'un jour un ange l'avertit, dit-on, de se transporter au sépulcre de sainte Benfroie et de demander sa guérison au ciel par les mérites et l'intercession de cette Vierge.

La bienheureuse Ave le fit et fut promptement guérie. Pour témoigner à Dieu sa reconnaissance, elle donna ses biens à cette abbaye, fit restaurer l'église de Sainte-Marie, où on transporta les reliques de sa bienfaitrice. Elle-même prit l'habit religieux dans cette communauté et y vécut saintement auprès du tombeau de sainte Benfroie. La bienheureuse Ave mourut dans de grands sentiments de piété et fut enterrée dans l'église de Saint-Martin. Sa mémoire resta toujours en bénédiction dans ce lieu.

M. l'abbé Destombes.

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## SAINT URSION (375) ET SAINT MAURÈLE DE TROYES (545).

Ursion gouverna le monastère et la paroisse d'Isle-Aumont, à quelques kilomètres de Troyes. On place sa mort vers l'an 375. Une église fut bâtie sous son vocable, près du ruisseau d'Hozain. Ce qui reste de ses ossements et le suaire précieux qui les enveloppait est aujourd'hui (1872) conservé dans la belle église de Saint-André, près de Troyes.

Saint Maurèle fut également religieux du monastère de Saint-Ursion et curé de la paroisse d'Isle-Aumont. Les détails de sa vie ne sont point parvenus jusqu'à nous. L'histoire n'a conservé que le souvenir de la tendre amitié qui l'unissait à saint Lyé. Il mourut vers l'an 545. Ses reliques, transportées à Montier-la-Celle, lors des incursions des Normands — ainsi que celles de saint Ursion, de saint Mélain, de saint Phal et de sainte Exupérance — sont aujourd'hui conservées dans l'église de Saint-André-lès-Troyes : cette église a, du reste, hérité de la plupart des reliques de Montier-la-Celle.

La fête de la translation à Montier-la-Celle était autrefois célébrée le 26 avril, comme nous le voyons par le Propre de Troyes de 1548 ; mais la fête particulière de saint Maurèle était le 21 mai, et celle de saint Ursion le 29 septembre.

Propre de Troyes de 1548 ; Saints de Troyes, par M. Defer ; Notices locales.

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## XXXe JOUR D'AVRIL

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## MARTYROLOGE ROMAIN.

A Rome, sainte CATHERINE DE SIENNE, vierge, de l'Ordre de Saint-Dominique, d'une vie éclatante en sainteté et en miracles, que Pie II mit au rang des saintes vierges. 1380. — A Lambèse, en Numidie, la naissance au ciel des saints martyrs MARIEN, lecteur, JACQUES, diacre : le premier, après avoir déjà surmonté les rigueurs de la persécution de Dèce, en confessant le Christ, fut de nouveau arrêté avec son très-illustre collègue, et tous deux ensemble ayant été, après des supplices cruels et recherchés, réconfortés jusqu'à deux fois par des révélations divines, furent enfin, avec beaucoup d'autres, achevés par le glaive. 260. — A Saintes, le bienheureux EUTROPE, évêque et martyr, que saint Clément dirigea vers la Gaule, après l'avoir sacré évêque, et qui, ayant prêché longtemps l'Évangile, eut la tête brisée pour le témoignage rendu à Jésus-Christ, et termina sa vie par cette victoire. — A Cordone, les saints martyrs AMATOR, prêtre, PIERRE, moine, et LUDOVIC. 855. — A Novare, saint Laurent, prêtre, et plusieurs enfants dont il faisait l'éducation, martyrisés avec lui. — A Alexandrie, les saints martyrs Aphrodisie, prêtre, et trente autres. — A Éphèse, saint MAXIME, martyr, couronné dans la persécution de Dèce. Vers 250. — A Fermo, dans la Marche d'Ancône, sainte Sophie, vierge et martyre. — A Naples, saint Sévère, évêque, qui, entre autres miracles, rappela, pour un temps, un mort de son sépulcre, afin de convaincre un imposteur qui tourmentait une veuve et des pupilles pour une fausse dette. Ve siècle. — A Euria, dans l'Épire, saint Donat, évêque, qui brilla au temps de l'empereur Théodose par une sainteté extraordinaire. 387. — A Londres, en Angleterre, saint ERSONWALD, évêque, qui brilla par beaucoup de miracles. 498.

30 AVRIL.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

A Reims, saint Maternien, évêque, frère de saint Materne de Milan ; il décéda le 7 juillet, mais sa fête se fait principalement en ce jour, auquel l'archevêque Hincmar leva son corps de terre et l'envoya comme un riche présent à Louis, roi de Germanie. 349-370. — A Maastricht, saint Quirille, évêque. Vers 489. — A Châlon-sur-Saône, saint Jean, saint Didier, saint Flavius, et autres bienheureux évêques de cette ville, dont la fête commune se faisait autrefois en ce jour. Aujourd'hui, leurs fêtes se célèbrent au diocèse d'Autun : celle de saint Jean, le 15 mai ; celle de saint Flavius, le 13 du même mois ; celle de saint Didier, le 26 juin. — Au même lieu, saint Désiré, prêtre, qui a part à la solennité de ces saints prélats. Décédé à Gourdon, où il avait vécu dans la solitude, il fut transféré à Châlon, en l'église de l'hôpital des Lépreux. Il s'en fit une seconde translation, à laquelle assista le pape Jean VIII, à son retour du concile de Troyes. Saint Grégoire de Tours écrit qu'il était invoqué contre le mal de dents. Vers 569. — A Tonnerre, saint Michomer, confesseur, disciple de saint Germain d'Auxerre. 441. — A Vernon-sur-Seine, saint ABUTTEUR ou AJOUTRE, moine de l'abbaye de Tiron, dont la vie est remplie de prodiges et d'exemples admirables de vertus. 1131. — Au même lieu, la bienheureuse Rosemonde, mère de saint Ajoutre. — Dans le diocèse de Besançon, la fête de saint Sigismond, roi de Bourgogne. 524. — A Waulsort, près de Dinant, sur la Meuse, au diocèse de Liège, saint Forasman, qui fut abbé de ce lieu, après avoir abdiqué l'archevêché d'Armagh, en Irlande. 982. — Au monastère de Savigny, au diocèse d'Avranches, le bienheureux AYMON ou AMON, de l'Ordre de Cléaux, célèbre par sa science et la singulière pureté de ses mœurs. — A Jouarre, la bienheureuse Sabine, vierge, de l'Ordre de Saint-Benoît. 1173. — A l'abbaye d'Afflighem, en Belgique, le bienheureux Raoul, surnommé le Silencieux, à cause du silence qu'il garda pendant sept ans. Un incendie ayant éclaté, un jour, à peu de distance du lieu où il se trouvait, Dieu lui inspira de prononcer cette parole : « Flamme, arrête-toi », et la flamme s'arrêta. Il était contemporain de saint Bernard. — En Auvergne, saint Ponce, huitième abbé de la Chaise-Dieu, qui finit ses jours en Terre-Sainte, et fut enterré dans la vallée de Josaphat, non loin du tombeau de la sainte Mère de Dieu. — Dans le Perthois, en Champagne, sainte BOILDE ou sainte HOUE, vierge, qui reçut le voile des mains de saint Alpin, évêque de Châlons ; son corps, après quelques siècles, fut porté à Saint-Étienne de Troyes ; un de ses ossements fut transféré à Sainte-Houe, abbaye de Cisterciennes, dans l'ancien duché de Bar, en Lorraine, et un autre à Paris, dans l'église des Petites-Cordelières. Ve siècle. — A Cologne, la translation de saint Quirin, honoré aussi au diocèse de Troyes le même jour. — A Verdon, l'entrée au ciel de saint PULCHRONE, évêque de cette ville. 470. — A Autun, saint Placide, abbé du célèbre monastère de Saint-Symphorien : les traditions donnent le nom d'anges aux religieux de cette communauté. Qui le mérita mieux que Placide, dont l'histoire oublieuse ne nous a rien conservé, mais que l'Église a voué à l'immortalité en le plaçant sur nos autels ? Saint Placide est le dernier des religieux de Saint-Symphorien qui ait mérité les honneurs du culte public. L'époque n'était pas éloignée où les Sarrasins allaient coucher l'abbaye dans un linceul de poussière. VIIIe siècle. — A Paris, la vénérable Madeleine de Saint-Joseph, religieuse carmélite. Elle était fille d'Antoine Dubois, seigneur de Fontaines-Marans, que les rois Charles IX et Henri III chargèrent de plusieurs négociations importantes. A l'âge de quatre ans, elle fut si frappée de ce qu'on lui dit sur les suites de la mort, à l'occasion d'un enfant qu'on portait en terre, qu'elle conçut un invincible dégoût pour les vanités du monde. Lorsqu'on mettait un peu plus de soin qu'à l'ordinaire en l'habillant, elle disait :

« À quoi bon tout ceci puisqu'il faut mourir ? » L'intendant de la maison de son père ayant un jour trouvé mauvais qu'elle fît travailler les pauvres à des ouvrages dont on ne tirait aucun profit, elle lui répondit : « Si nous perdons de l'argent, nous gagnons des âmes ». Mademoiselle de Fontaines entra, à l'âge de vingt-six ans, au Carmel de Paris que venait de fonder Mme Acarie, et mourut en Dieu le 30 avril 1637. Le pape Pie VI a déclaré que la mère Madeleine de Saint-Joseph avait pratiqué les vertus chrétiennes dans un degré héroïque.

sur le tombeau qui contenait les ossements des Martyrs, et d'où découlait une liqueur salutaire aux malades :

Aspicis hoc marmor tunculi de more cavatum? Id solidum est intus, rima nec ulla patet, Unde queat tellus occultas mittere lymphas : Manat ab ingestis ossibus fete liquor. Si dubitas, medio sudantes felle acquiero Reliquiae, dices : Unda salubris ubi est?

Vois-tu ce marbre en forme de tombeau ? Il est solide à l'intérieur, nulle fente ne s'y ouvre, d'où la terre pourrait verser des eaux cachées. C'est des ossements ensevelis en ce lieu que vient cette liqueur. Si tu doutes, enlève du sépulcre les reliques qui donnent ces gouttes, tu diras alors : Où est maintenant cette onde salutaire ? — Barcofus.

MARTYROLOGES. 87

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

*Martyrologe des Dominicains.* — Sainte Catherine de Sienne...

*Martyrologe des Servites.* — A Forli, saint Pécégrin, confesseur, de l'Ordre des Servites, dont la naissance au ciel est honorée le 1er mai.

*Martyrologe de Cîteaux.* — Le bienheureux RAYMOND DE CALATRAVA. 1163.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

A Uccitana, ville aujourd'hui détruite, à deux lieues d'Almeria, dans l'ancien royaume de Grenade, en Espagne, saint Indalèce, évêque de cette ville, qui fut ordonné à Rome par saint Pierre et saint Paul, et fut envoyé prêcher l'Évangile dans la Péninsule Ibérique avec Torquat, Second, Euphrasias, Cécilius, Tésiphont et Eucilias, missionnaires comme lui. Les reliques de saint Indalèce furent transférées, en 1080, au monastère de Saint-Jean de la Penha et glorifiées par de nombreux miracles. Ier siècle. — Chez les Grecs, saint Maxime, martyr, qui périt d'un coup d'épée dans le ventre : il est différent du martyr du même nom mentionné au romain. Époque incertaine. — A Rome, saint Quirin, évêque et martyr, enseveli dans la catacombe de Prétextat. C'était peut-être un évêque d'un pays lointain, mort en accomplissant sa visite aux seuils des Apôtres. — A Apôrodisia, les saints martyrs Radicianus, diacre ; Térence, Marin, prêtres ; Dagarus avec douze autres ; Méturus, Clément, Lucinus, Télesphore, Primosus, Saturnin, Emélien, Malorica, Saturnina, dont les noms seulement sont parvenus jusqu'à nous. — Et ailleurs, les funérailles de saint Polychrone, évêque, dont le siège est inconnu. — A Forli, dans les Romagnes, saint Mercurial, évêque de cette ville. 156 ou 405. — A Trente, sainte Maxence, veuve. Vers l'an 400. — Chez les Grecs, saint Clément, confesseur et poète, qui, après avoir charmé la terre par ses chants, alla, à son tour, entendre dans le ciel les mélodies des anges. Vers le IXe siècle. — A Kempten, en Souabe, la bienheureuse Hildegarde, reine, femme de Charlemagne, mère de Charles le Chauve, de Pépin et de Louis le Pieux, et fondatrice du monastère de Kempten (Campidona), où ses reliques opérèrent beaucoup de miracles. 783. — A Ferden en Werden, en Saxe, saint Swithert, dit le Jeune, évêque. 807. — A Vérone et à Augsbourg, saint Gualfard qui, après avoir exercé la profession de sellier et distribué aux pauvres l'argent qu'il avait amassé par son travail, vécut vingt ans de la vie des solitaires. 1127. — A Monticiano, en Toscane, le bienheureux Antoine, de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, sur le tombeau duquel des lis fleurirent spontanément. Après l'an 800. — A Ravensburg, dans le Wurtemberg, le bienheureux Louis von Druck, jeune écolier de quatorze ans environ, qui fut mutilé et pendu par les Juifs dans une forêt, près d'Haslach. Un météore, qui éclaira plusieurs nuits de suite cette forêt, fit découvrir son corps, en l'honneur duquel on bâtit une petite chapelle qui devint un lieu de pèlerinage. Un siècle après, il fut reporté à Ravensburg dans la chapelle de Saint-Vit. 1429. — A Locques, le bienheureux Michel de Berga, de l'Ordre des Frères Mineurs de l'Observance, que l'on voyait parcourir les campagnes pour faire le catéchisme, exhorter à la piété. Plus d'une fois, il lui arriva de prendre la place des bergers, pendant que ceux-ci allaient accomplir leurs devoirs religieux. 1479.

30 AVRIL.

Événements marquants

  • Atteinte de cécité
  • Pèlerinages infructueux aux tombeaux des saints
  • Avertissement d'un ange de se rendre au sépulcre de sainte Benfroie
  • Guérison miraculeuse de la vue
  • Donation de ses biens à l'abbaye de Denain
  • Restauration de l'église Sainte-Marie
  • Prise d'habit religieux

Miracles

  • Guérison subite de la cécité par l'intercession de sainte Benfroie

Époque

4ᵉ siècle

Décès

IVe siècle (naturelle)

Catégories

Attributs iconographiques

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

guérison de la vue, cécité

Prénoms dérivés

Ave