Sainte Domane (Domaine)
Recluse à Gasny
Résumé
Noble dame du VIIe siècle née à la Roche-Guyon, Domane mena une vie exemplaire aux côtés de son époux saint Germer. Après la perte de leurs trois enfants, le couple se sépara pour se consacrer à Dieu. Elle finit ses jours comme recluse à Gasny, où elle fonda un asile religieux près du tombeau de saint Nicaise.
Biographie
SAINTE DOMANE OU DOMAINE DE LA ROCHE-GUYON,
RECLUSE A GASNY, AU DIOCÈSE D'ÉVREUX (658).
Domane naquit au château de la Roche-Guyon, petite ville du département de Seine-et-Oise, située à trois lieues de Mantes. Elle descendait, dit-on, de la bienheureuse Piencé, convertie environ cinq siècles auparavant, par saint Nicaise, apôtre du Vexin. L'héritage de vertus que l'illustre martyre avait laissé à sa famille, fut pleinement recueilli par notre Sainte.
Dès ses premières années, Domane montra une touchante modestie, un grand amour de Dieu, et une soumission sans réserve aux volontés de ses parents : les mères ne pouvaient proposer à leurs filles un modèle plus parfait pour l'accomplissement des devoirs imposés à leur âge. Une conduite si exemplaire lui attira les faveurs du ciel. Dieu, qui bénit toujours la jeune fille humble et chaste, voulut que Domane eût un Saint pour époux. Mariée à Germer, seigneur de Vardes, et déjà puissant à la cour de Dagobert Ier, elle rivalisa d'ardeur et de zèle avec ce vertueux chrétien, dans la pratique de la loi de Dieu. Les pauvres, les églises et les monastères se partagèrent leurs libéralités, dont le plus souvent Domane était la généreuse distributrice. Les religieux la vénéraient comme une mère, tandis que, par les offices qu'elle leur rendait, on l'eût prise pour leur servante.
Ayant donné le jour à trois enfants, dont deux filles, et un fils nommé Amalbert, Domane les éleva plus pour le ciel que pour la terre ; aussi, Dieu les appela-t-il à lui de bonne heure. Ses deux filles moururent les premières, et allèrent offrir à Jésus-Christ leur couronne de vierge : l'aînée, au moment où elle allait recevoir un époux mortel ; et la plus jeune, après avoir choisi dans un monastère le Seigneur pour son héritage. Lorsque Domane eut fait déposer leurs dépouilles dans l'église de Saint-Remi de Vardes, elle résolut de passer le reste de ses jours dans la solitude ; et, comme la voix de Dieu y appelait aussi son époux, ils se séparèrent pour ne plus s'occuper l'un et l'autre que des graves intérêts de l'éternité.
Étant retournée à la Roche-Guyon, auprès de sa famille, la Sainte y vécut quelque temps séparée du monde. Bientôt, la mort de son jeune fils Amalbert vint rompre le dernier lien qui pouvait encore l'attacher à la terre. Dès lors, suivant les conseils de saint Ouen, elle fonda à Gasny, à côté du tombeau de saint Nicaise et de ses compagnons, un religieux asile où elle se fit encore une plus parfaite solitude. Tout à Dieu et au salut de son âme, elle ne permit plus à aucun bruit du dehors de pénétrer jusqu'à elle. Lorsque la coupe de ses mérites fut pleine, elle termina par la mort des justes, une vie passée dans l'exercice de la vertu et la méditation des vérités éternelles.
Dieu a témoigné, par des miracles opérés sur le tombeau de Domane, qu'il l'avait admise dans sa gloire. De temps immémorial, plusieurs églises du Vexin lui ont rendu un culte public. Elle était surtout honorée dans le prieuré de Gasny, où avaient été déposées ses saintes reliques.
On représente sainte Domane en compagnie de saint Germer de Vardes, son mari, et de saint Amalbert, leur fils.
Extrait de la Vie des Saints du diocèse de Beauvais, par M. l'abbé Sabatier.
2 OCTOBRE.
Événements marquants
- Mariage avec Germer, seigneur de Vardes
- Naissance de trois enfants (Amalbert et deux filles)
- Mort prématurée de ses trois enfants
- Séparation d'avec son époux pour la vie religieuse
- Fondation d'un asile religieux à Gasny sous les conseils de saint Ouen
- Vie de recluse à Gasny jusqu'à sa mort
Miracles
- Miracles opérés sur son tombeau après sa mort