Sainte Élisabeth de Schœnaug
Vierge et Abbesse
Résumé
Abbesse du monastère de Schœnaug au XIIe siècle, Élisabeth fut une mystique célèbre pour ses visions et sa correspondance avec sainte Hildegarde. Ses révélations, consignées par son frère Robert, traitent de la vie spirituelle et critiquent les mœurs du clergé de son temps. Elle mourut en 1165 après treize ans de grâces surnaturelles.
Biographie
SAINTE ÉLISABETH, VIERGE,
ABBESSE DE SCHŒNAUG AU DIOCÈSE DE TRÈVES (1163).
Sainte Hildegarde, dont l'Église célèbre la fête le 17 septembre, était liée d'amitié avec une autre Sainte d'Allemagne qui la visitait quelquefois et qui avait fait des révélations semblables. C'est sainte Élisabeth, abbesse de Schœnaug, c'est-à-dire Belle-Vue, dans le diocèse de Trèves, à seize milles du monastère de sainte Hildegarde.
En l'année 1152, étant âgée de vingt-trois ans, Élisabeth commença à avoir des extases et des visions, ce qui lui arrivait ordinairement les dimanches et les fêtes, aux heures de l'office divin. Comme plusieurs personnes désiraient savoir ce que Dieu lui révélait, elle le découvrit, par ordre de l'abbé Hildelin, à un frère qu'elle avait, nommé Robert, chanoine de l'église de Bonn ; mais elle eut bien de la peine à s'y résoudre, craignant que les uns ne la prissent pour une sainte, les autres pour une hypocrite qui voulût en imposer, ou pour une folle. Enfin, de peur de résister à la volonté de Dieu, elle racontait à son frère ce qu'elle voyait et entendait de jour en jour, et il l'écrivit dans un style simple, où il ne paraît rien ajouter du sien.
Il en composa quatre livres, dont le troisième, intitulé les Voies du Seigneur, contient plusieurs exhortations utiles pour les différents états des chrétiens : la vie contemplative, la vie active, le mariage, la continence parfaite. Élisabeth y fait de terribles reproches aux prélats de son temps, qui vivaient la plupart dans le faste et la pompe séculière, dans les richesses et les délices, oubliant leurs devoirs essentiels et ne songeant plus qu'ils étaient les successeurs de Jésus-Christ et des Apôtres ; mais dans le quatrième livre de ce recueil, il se trouve, sur l'histoire de sainte Ursule, des erreurs historiques qui viennent on ne sait d'où : si c'est de la Sainte, qui n'aurait point démêlé ses opinions particulières des révélations surnaturelles ; si c'est de son frère, qui les aurait ajoutées au récit de sa sœur, ou bien d'une main étrangère, qui les aurait insérées après coup. Mais, de quelque part que viennent ces erreurs ou ces difficultés, toujours est-il qu'elles nuisent beaucoup à l'autorité de tout le recueil. En général, ces révélations particulières n'ayant pas été examinées ni approuvées d'une manière spéciale par l'Église, on ne peut guère s'en servir pour établir soit des dogmes théologiques, soit des faits d'histoire.
On a de plus de sainte Élisabeth quinze lettres, dont la plus considérable est adressée à sainte Hildegarde. Elle l'écrivit vers l'an 1160, étant déjà supérieure des religieuses de Schœnaug. Elle s'y plaint des mauvais discours que tiennent d'elle les religieux mêmes, et de quelques fausses lettres qu'on faisait courir sous son nom ; elle assure qu'elle n'a découvert les grâces que Dieu lui a faites que par l'ordre exprès d'un Ange, plusieurs fois réitéré.
Après avoir reçu de ces grâces surnaturelles pendant treize ans, elle mourut le dix-huitième jour de juin 1165, dans sa trente-sixième année. Quoiqu'elle n'ait pas été formellement canonisée, son nom a été inséré dans le martyrologe romain l'an 1554, et, depuis ce temps, elle est honorée comme sainte au monastère d'hommes de Schœnaug, car celui de filles a été ruiné par les Suédois.
On la représente foulant aux pieds un dragon, ce qui peut signifier ou les triomphes qu'elle remporta par une longue patience dans des maladies cruelles, ou les écrits par lesquels cette Sainte s'opposa aux Manichéens du moyen âge en défendant l'Eucharistie.
Acta Sanctorum. Traduction de l'abbé Rohrbacher.
49 JUIN.
Événements marquants
- Début des extases et visions en 1152 à l'âge de 23 ans
- Rédaction de ses révélations par son frère Robert sur ordre de l'abbé Hildelin
- Élection comme supérieure des religieuses de Schœnaug vers 1160
- Correspondance avec sainte Hildegarde
- Insertion au martyrologe romain en 1554
Miracles
- Extases et visions prophétiques
- Apparitions d'un Ange
Citations
Les Voies du Seigneur