Bienheureuse Marianne de Jésus (de Parédès y Florés)

Vierge, surnommée le Lis de Quito

Fête : 26 mai 17ᵉ siècle • bienheureuse

Résumé

Née à Quito au XVIIe siècle, Marianne de Jésus se consacra dès l'enfance à une vie d'austérités extrêmes et de prière solitaire. Surnommée le 'Lis de Quito' après qu'un lis eut poussé de son sang, elle offrit sa vie en holocauste pour délivrer sa ville d'une épidémie et de séismes. Elle mourut à l'âge de 26 ans, laissant un exemple de pénitence héroïque.

Biographie

LA B. MARIANNE DE JÉSUS, DE PARÉDÈS Y FLORÉS

VIERGE, SURNOMMÉE LE LIS DE QUITO

26 MAI.

de leurs ancêtres; leur conduite était si exemplaire que le peuple appelait leur demeure la maison de la prière. Ils avaient déjà sept enfants lorsque Marianne vint au monde: c'était un samedi. Au moment de la naissance de la bienheureuse enfant qui devait illustrer sa famille et laisser à son pays d'étonnants exemples de mortification, une étoile brillante qui servait de base à une palme diamantée parut au-dessus de la maison. Elle fut baptisée le 22 novembre, jour de la fête de sainte Cécile, dont elle devait si bien imiter la chasteté, et reçut d'abord le nom de Marianne, qui était celui de sa mère. Vers l'âge de huit ans, l'enfant ne voulut plus que s'appeler Marianne de Jésus, car à Jésus elle s'était donnée tout entière.

Elle pratiqua dès le berceau la pénitence qui semblait être son lot: chose étonnante, elle ne voulait prendre le sein que deux fois par jour, à midi et à minuit. Le mercredi et le vendredi, elle ne le prenait qu'une fois. Sa mère, craignant que cela ne provînt de quelque dégoût pour elle, lui donna une nourrice; mais on ne put jamais faire changer ses heures à l'enfant. Ce trait pourra paraître puéril à quelques-uns: il ne le sera pas pour les mères chrétiennes qui voudront se rendre attentives aux premières inspirations de leurs enfants.

Don Jérôme mourut peu de temps après la naissance de sa fille. Pour soulager sa douleur, sa veuve se retira dans une maison de campagne. Pendant le voyage, elle portait son enfant dans ses bras. Au passage d'une rivière assez rapide, la mule qu'elle montait fit un faux pas, l'enfant échappa des mains de sa mère et tomba... On la crut perdue, mais quelle ne fut pas la surprise lorsqu'on accourut pour la reprendre et que l'on vit qu'elle était soutenue en l'air par une main invisible: elle n'avait pas même touché l'eau.

Évidemment le Seigneur avait des desseins particuliers sur cette innocente créature. L'Esprit-Saint fut son maître, car les jeux de l'enfance n'eurent point d'attrait pour elle: les pratiques seules de la religion lui plaisaient.

Sa mère ne tarda pas à descendre au tombeau et à la laisser deux fois orpheline. En mourant, elle recommanda cette enfant qu'elle chérissait tendrement à sa fille aînée, dona Géromine, mariée au capitaine Côme de Casso. Dona Géromine ne négligea rien pour l'éducation de sa petite sœur. Douée de beaucoup d'intelligence, la jeune Marianne apprit facilement tout ce qu'on lui enseigna; elle excella surtout dans la musique, et loin d'abuser de sa voix qui était très-agréable, elle ne l'employa qu'à chanter les louanges du Seigneur. Ce qui la charmait le plus était d'organiser de petites processions, de faire le Chemin de la Croix et de réciter le Rosaire avec ses trois nièces, qui avaient à peu près le même âge qu'elle. Ayant vu une fois les pénitents de Quito porter de lourdes croix, pendant la semaine sainte, les saintes enfants s'ingénièrent aussitôt à en fabriquer de semblables. S'étant retirées dans le coin d'une cour où il y avait du bois, Marianne entraîna tout à coup ses nièces loin de ce lieu; celles-ci résistèrent, mais Marianne insista: à peine les jeunes filles étaient-elles parties, qu'un pan de muraille s'écroula. Son bon ange l'avait avertie du danger.

On ne tarda pas à rencontrer de nouvelles preuves de son amour pour la pénitence et la mortification. Une fois, elle s'était dérobée aux yeux de ses compagnes et s'était enfoncée dans une épaisse forêt: on la trouva agenouillée au pied d'un arbre, se flagellant avec un buisson d'épines. Une autre fois sa sœur, en la déshabillant, la trouva couverte d'un cilice fait avec des feuilles armées de longs dards. Le vendredi, elle se couchait sur

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une croix entourée d’épines et d’orties, afin d’être réveillée par les piqûres lorsqu’elle remuerait pendant le sommeil.

Dès cette époque, Dieu se plut à manifester par des prodiges son amour pour cette héroïne de la pénitence. S’étant fait une blessure grave au doigt, elle la cacha soigneusement, afin de pouvoir souffrir davantage; mais comme la gangrène menaçait d’envahir la plaie, une de ses compagnes voulut la forcer à consulter un médecin. « Attends un peu », dit l’enfant, « tu vas voir comme je me guéris ». Elle se jeta à genoux aux pieds d’une image de la sainte Vierge : lorsqu’elle se releva, toute trace du mal avait disparu.

Sa sœur, frappée de tant d’indices de sainteté, étonnée surtout des lumières spirituelles qu’elle découvrait dans une enfant, crut devoir lui procurer le bonheur de communier, quoiqu’elle ne fût âgée que de sept ans. Elle la fit donc examiner par un Père jésuite : celui-ci est touché de son innocence, émerveillé de son intelligence des mystères de la foi et de son avancement dans les voies intérieures; il lui permet d’approcher de la Table sainte. Ce fut un beau jour que celui-là ! Marianne sentit vivement cette faveur, et la joie qui débordait de son âme rejaillit jusque sur son visage. Peu de temps après, elle fit le vœu de chasteté perpétuelle : ce fut sans doute par une inspiration spéciale de Dieu, car une telle action, dans un âge aussi tendre, mérite plus d’être admirée que d’être imitée.

L’amour veut se communiquer : aussi la jeune servante de Dieu eût-elle voulu gagner tous les cœurs à Dieu. Dans cette pensée, elle forme avec ses compagnes le dessein d’aller évangéliser les infidèles; leur fuite était préparée, mais leurs beaux projets furent découverts et il fallut y renoncer. Plus tard, Marianne avait alors douze ans, on résolut d’aller mener la vie érémitique sur une montagne, près de Quito, à l’ombre d’une chapelle de Marie, érigée en d’autres temps pour obtenir de cette bonne Mère qu’elle préservât la ville du fléau des volcans. Cette chapelle était abandonnée : quel bonheur l’on eût éprouvé de former une petite cour à la Reine du ciel, et d’employer ses mains, ses heures de travail à parer le sanctuaire ! Mais Notre-Seigneur fit connaître à sa servante qu’il n’agréait pas ce projet.

Son beau-frère et sa sœur, inquiets de cette humeur un peu vagabonde, résolurent de la placer dans un couvent, pour éprouver sa vocation. Mais Notre-Seigneur, qui l’appelait à servir de modèle aux vierges vivant dans le monde, lui révéla qu’il ne l’appelait pas à la vie de communauté. Deux fois les préparatifs étaient faits, les invitations données pour la conduire, suivant la coutume du pays, en grande pompe au couvent, deux fois des circonstances imprévues empêchèrent que la Bienheureuse y entrât. Le confesseur de Marianne fut consulté : il approuva qu’elle menât la vie solitaire dans sa maison. On donna aux pauvres tout ce qui avait été acheté pour célébrer l’entrée au couvent.

Un appartement isolé fut préparé. Marianne dit adieu au monde et alla s’y enfermer, non sans avoir fait disparaître les meubles dont on l’avait orné, et y en avoir amené d’autres qui étaient plus de son goût : une bière, où se trouvait un squelette en bois, surmonté d’une tête de mort, des disciplines, des cilices, des croix, et, dans une cellule voisine, un petit autel où étaient placées les statues de Jésus enfant et de la divine Marie.

C’est en ce temps qu’elle renouvela son vœu de chasteté et prononça des vœux particuliers de pauvreté et d’obéissance. Elle ne sortit plus de sa retraite que pour aller à l’église. Elle ne s’accordait que trois heures de

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sommeil sur des pièces de bois triangulaires ; le vendredi, son lit était une croix semée d’épines, ou bien elle prenait la place du squelette dans son cercueil. Levée tous les jours dès quatre heures du matin, elle consacrait les prémices de sa journée à se donner la discipline ; elle faisait ensuite une heure de méditation, récitait les heures canoniales, puis se rendait à l’église à six heures et demie pour se confesser, entendre la messe et recevoir la sainte communion. De huit à neuf heures, elle s’efforçait de gagner les indulgences pour les pauvres âmes du purgatoire. Elle récitait ensuite le chapelet. Vers onze heures, elle rentrait dans son appartement. À deux heures elle récitait Vêpres, et faisait son examen soit général soit particulier ; elle travaillait ensuite en la présence de Dieu jusqu’à cinq heures. De cinq à six, lecture spirituelle et Complies. De six heures du soir à une heure du matin, occupations diverses et le plus souvent oraison mentale, lecture de la vie des saints.

Ses jeûnes étaient si extraordinaires qu’on serait tenté d’y trouver peu de discrétion, si l’on ne savait qu’il y a des âmes d’élite que le Saint-Esprit dirige visiblement, et que Dieu veut donner comme exemple aux chrétiens lâches et sensuels qui ont tant d’aversion pour la pénitence. Dès son jeune âge, Marianne avait renoncé à la viande, au poisson et au laitage. Elle se contentait de pain, de légumes et de fruits ; plus tard, elle se restreignit à un peu de pain, qu’elle prenait vers onze heures, et enfin il arriva que l’Eucharistie fut sa seule nourriture pendant plusieurs jours. Ce fait n’est pas rare dans la vie des Saints et des Saintes. Un verre d’eau qu’elle prenait vers les neuf heures fut longtemps son repas du soir ; encore finit-elle par s’en priver. Les dernières années de sa vie, elle se soumit à l’horrible tourment de la soif, afin de participer plus étroitement au supplice de Jésus-Christ en croix. La Bienheureuse ajoutait à ce tourment en se faisant apporter de l’eau qu’elle approchait de ses lèvres brûlantes, et qu’elle avait ensuite le courage de rejeter. Elle voulut pour le même motif servir chaque jour ses parents à l’heure du repas, voir les mets, les porter et n’y pas toucher !

Dans les commencements, cette abstinence, dont la pensée seule fait frémir, réduisit la Bienheureuse à un état de maigreur et de pâleur effrayantes. Mais lorsqu’elle se fut aperçue que ses mortifications écrites sur ses traits lui attiraient la vénération du monde, elle pria le céleste Époux de lui rendre les dehors de la santé. Jésus exauça sa prière, son visage se revêtit d’une beauté angélique, et l’on ne put soupçonner le martyre qu’elle faisait endurer à son corps.

Cette vie si mortifiée était protégée par l’humilité la plus profonde et ornée des vertus les plus rares. Les habitants de Quito ne l’appelaient que la Sainte : elle l’ignora longtemps. Un jour qu’elle se rendait à l’église, elle entendit une voix qui disait d’elle : « Voici la Sainte » ; la rougeur monta à son front et la confusion entra dans son âme ; elle versa des torrents de larmes sur l’erreur de ses concitoyens à son endroit. Elle augmenta ses austérités pour se punir de la bonne opinion qu’on avait d’elle, et changea désormais de rue pour aller à l’église ; mais le chemin était plus long : il fallut toute l’autorité de son confesseur pour l’obliger à reprendre l’ancien.

Les pauvres étaient ses amis particuliers, comme ils le sont de Jésus-Christ et de tous les Saints. Lorsqu’elle servait à table, on lui donnait sa part qu’elle leur distribuait aussitôt. Pour eux, elle se dépouilla du peu qu’elle avait ; quand elle n’eut plus rien, elle demanda à son beau-frère la permission de prendre dans sa maison ; elle l’obtint et en profita largement.

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Mais Dieu, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, augmentait les provisions à mesure que la Bienheureuse y puisait. Elle nourrissait en particulier une veuve, et pétrissait de ses mains le pain qui lui était nécessaire; pour cela, elle prenait deux onces de pâte : en sortant du four, ces deux onces devenaient un pain de deux livres.

Le Seigneur, pour augmenter les mérites de sa fidèle servante, la visita par les infirmités corporelles : elle fut atteinte d'une hydropisie qui la fit cruellement souffrir, et lui donna ainsi l'occasion de pratiquer d'une manière plus pénible encore l'abstinence du boire qu'elle s'était imposée. Elle profitait de ses maladies pour se faire tirer du sang : cette opération la comblait de joie, parce qu'elle s'unissait alors à Jésus-Christ répandant son sang divin pour le salut du monde. Elle fut, dit-on, saignée cent cinquante fois en deux ans. On ne pouvait assez admirer qu'un corps aussi exténué que le sien fournit une si grande abondance de sang. Un miracle lui rendait sans doute ce qu'elle abandonnait dans des vues inspirées par l'amour pour son Sauveur souffrant. Les servantes jetaient ce sang dans une fosse du jardin : il y resta pur et vermeil. Après la mort de la Bienheureuse, on vit pousser près de la fosse un lis d'une beauté admirable, dont les racines plongeaient dans ce sang lui-même. Ce prodige, qui manifestait ainsi l'innocence de la servante de Dieu, la fit appeler par ses contemporains *le lis de Quito*.

On pense bien que la sainte pénitente dut être favorisée pendant sa vie d'un grand nombre de grâces extraordinaires. Malheureusement le souvenir n'en a pas été conservé : elle avait commencé à écrire ses visions, mais sur l'ordre de son confesseur, elle brûla ce qu'elle avait écrit. Nous savons seulement que Notre-Seigneur lui apparaissait souvent, que dans ses extases son âme s'envolait au paradis, que sainte Gertrude lui annonça son bonheur éternel.

Elle fit aussi plusieurs prédictions remarquables et opéra de nombreux miracles. Nous rapporterons des unes et des autres quelques exemples.

Un jour elle voit arriver sa nourrice. Sans donner à celle-ci le temps d'ouvrir la bouche, la Bienheureuse lui dit : « Je sais ce qui vous amène ; mon frère de lait est à la mort. Hâtez-vous de lui faire recevoir les Sacrements, car il n'en reviendra pas ». Le jeune homme mourut en effet, et la Bienheureuse consola la pauvre mère en lui assurant que son fils était sauvé. Elle prédit que la maison de son beau-frère deviendrait un couvent, en montra la distribution et spécifia qu'à la place de son appartement serait le chœur des religieuses ; la chose se réalisa, lorsque les Carmélites Réformées vinrent s'établir dans cette maison. Sa nièce Jeanne lui avait confié sa petite-fille en partant pour la campagne. Un jour que l'enfant jouait près des mules, elle en reçut un coup de pied qui lui fracassa la tête. La Bienheureuse la fit porter dans sa cellule : s'étant mise en prières, elle la guérit si parfaitement en un instant, qu'on ne put reconnaître la place où elle avait été frappée qu'à un filet de sang sous l'épiderme. Un indien, qui était au service de la famille, crut avoir à se plaindre de la conduite de sa femme. Aveuglé par la jalousie, le malheureux l'entraîne dans un bois, l'accable de coups, l'étrangle et la jette dans un précipice. La Bienheureuse avait tout vu des yeux de l'esprit : elle fait venir un marchand qu'elle connaissait et le prie d'aller en tel endroit du bois où il trouvera le corps d'une indienne et de le lui apporter secrètement. Le corps est apporté ; la Bienheureuse le frotte avec quelques feuilles de rose qui se trouvent sous sa main, et bientôt l'indienne a recouvré la vie, la santé et les forces. Quand on lui demanda qui l'avait assistée dans cet horrible danger, elle répondit

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que Marianne lui était apparue comme dans un songe et lui avait dit de ne pas perdre courage.

La fin de la Bienheureuse fut ce qu'avait été sa vie : une expiation des péchés de ses frères. En 1645, une épidémie terrible visita Quito et fit un grand nombre de victimes. D'affreux tremblements de terre vinrent se joindre à ce fléau et augmenter la consternation. Le quatrième dimanche de Carême, qui tombait le 25 mars, le confesseur de la Sainte, un saint prêtre de la Compagnie de Jésus, prêchait dans une église de Quito : tout à coup il se sent inspiré de s'offrir en holocauste à la colère de Dieu, annonce son sacrifice à l'auditoire et l'exhorte à apaiser le ciel irrité par de dignes œuvres de pénitence. La Bienheureuse, qui se trouvait dans l'église, se lève emportée par un mouvement du Saint-Esprit, et en quelques paroles de feu offre à son tour sa vie pour ce peuple désolé ! Les tremblements de terre cessèrent le jour même et l'épidémie commença à diminuer. En revanche, Marianne se trouva accablée de plusieurs maladies qui la conduisirent rapidement vers la mort. Chacun s'informait de sa santé ; chacun eût voulu pénétrer dans sa cellule pour lui témoigner la vénération et la reconnaissance de tous. L'évêque de la ville seul fut admis.

On songea bientôt à lui administrer les derniers Sacrements. À la pensée que le divin Époux allait venir la visiter, elle reprit quelques forces, et voulut le recevoir à genoux.

Marianne avait vécu pauvre toute sa vie ; nous l'avons vu. Non-seulement elle donnait de son superflu et de celui de ses parents, mais tout le travail de ses mains était pour les pauvres. Elle n'avait jamais voulu porter qu'une robe de laine ; et une fois qu'à l'occasion de sa première communion, son beau-frère lui avait donné une robe de soie, elle eut tant de chagrin de l'avoir portée un seul jour, qu'il fallut la lui reprendre. Cet esprit de pauvreté et de détachement l'anima jusqu'à son dernier soupir. On croit donc que ce fut par esprit de détachement qu'elle demanda à quitter sa chambre, la seule chose qui lui appartînt en propre, et se fit porter dans le lit de sa nièce, afin de n'avoir rien à elle au moment où elle quitterait la terre. Elle perdit la parole trois jours avant sa mort, mais elle conserva toute sa présence d'esprit et toute l'ardeur de sa piété. Enfin, épuisée par la souffrance, cette vertueuse fille brisa les derniers liens de cette vie mortelle et passa aux noces éternelles, un vendredi, entre neuf et dix heures du soir (26 mai 1645). Elle avait vingt-six ans, six mois et vingt-six jours. Sainte Catherine lui avait prédit l'heure de sa mort, et elle-même en avait fait part à ceux qui l'entouraient de leurs soins dans sa dernière maladie. La maladie épidémique qui affligeait Quito disparut quand la sainte victime eut rendu le dernier soupir.

On accourut en foule pour voir son corps une dernière fois, et pour obtenir, comme des reliques, quelques morceaux de ses vêtements.

Elle fut inhumée le 28 mai, revêtue de l'habit de Saint-François, accompagnée d'une foule nombreuse qui pleurait sa perte. L'église des Jésuites eut l'avantage de recevoir le dépôt sacré de son corps. Elle avait elle-même choisi sa sépulture chez ces religieux, à cause de la confiance et de la vénération qu'ils lui avaient toujours inspirées. Heureux le pays qui possède ce tombeau ! Heureux ceux que des exemples d'une pénitence si spontanée arracheront aux séductions de la chair et du monde !

La bienheureuse Marianne de Jésus de Parédès y Florés a été béatifiée par Sa Sainteté Pie IX, le dix-neuvième dimanche après la Pentecôte de l'année 1853.

On peut à bon droit donner pour attribut à notre Bienheureuse le lis des vierges. Pour la distinguer des saintes auxquelles revient le même attribut, on pourrait peindre près d'elle un jardin où cette fleur pousse dans une mare.

D'après les continuateurs de Godescard (éd. Lefort) et Ribadeneira (éd. Vivès).

Événements marquants

  • Naissance un samedi à Quito
  • Baptême le 22 novembre
  • Vœu de chasteté perpétuelle à l'âge de sept ans
  • Retraite solitaire dans un appartement isolé de sa maison familiale
  • Offrande de sa vie pour faire cesser une épidémie et des tremblements de terre à Quito en 1645
  • Béatification par Pie IX en 1853

Miracles

  • Étoile brillante au-dessus de la maison à sa naissance
  • Soutenue en l'air par une main invisible lors d'une chute dans une rivière
  • Guérison instantanée d'une gangrène au doigt devant une image de la Vierge
  • Multiplication du pain pour une veuve pauvre
  • Résurrection d'une femme indienne assassinée
  • Lis poussant dans une fosse remplie de son sang après sa mort

Citations

Attends un peu, tu vas voir comme je me guéris

— Texte source (paroles à une compagne)

Date de fête

26 mai

Époque

17ᵉ siècle

Décès

26 mai 1645 (naturelle)

Catégories

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

protection contre les tremblements de terre, protection contre les épidémies

Autres formes du nom

  • Marianne de Parédès y Florés (es)
  • Le Lis de Quito (fr)

Prénoms dérivés

Marianne, Mariana

Famille

  • Don Jérôme (père)
  • Marianne (mère)
  • Dona Géromine (sœur aînée)
  • Côme de Casso (beau-frère)
  • Jeanne (nièce)