Sainte Prisque

Vierge et Martyre

Fête : 18 janvier 1ᵉʳ siècle • sainte

Résumé

Jeune romaine de treize ans et fille de consul, Sainte Prisque est considérée comme la protomartyre de l'Occident. Sous l'empereur Claude Ier, elle subit de nombreux supplices dont elle sort miraculeusement indemne avant d'être décapitée en 54. Son culte est centré sur le mont Aventin à Rome.

Biographie

SAINTE PRISQUE, VIERGE ET MARTYRE

Vers 54 de Jésus-Christ. — Pape : Saint Pierre. — Empereur : Claude Ier.

Sainte Prisque est regardée comme la protomartyre de l'Occident. Ainsi le premier sang régénérateur qui coula sur la vieille Rome fut un sang romain, un sang illustre, un sang virginal.

*Les trois Rome*, 1, p. 432, édition de 1804.

Cette jeune fille, dont le père avait été honoré par trois fois de la charge de consul, ayant été arrêtée en qualité de chrétienne, fut présentée à l'empereur qui, la voyant si jeune et d'une si régulière beauté, se persuada qu'il la ferait aisément changer de résolution et de dessein ; car elle avait treize ans à peine. Pour cet effet, il la fit conduire dans un temple d'Apollon afin qu'elle adorât cette idole, mais la sainte fille répondit constamment qu'elle ne fléchirait jamais le genou que devant le seul et le vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, et devant son Fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'empereur, transporté de colère pour une réponse si généreuse, commanda qu'elle fût rudement souffletée et conduite en prison jusqu'au lendemain. Il la fit de nouveau comparaître, et la trouvant toujours inébranlable, la fit dépouiller, afin qu'en cet état elle fût battue de verges ; mais Celui qui revêt les prairies de fleurs, la pourvut d'un riche vêtement : ce fut une clarté admirable qui la fit briller comme un soleil ; plus les bourreaux déchargeaient de coups de fouets sur ses petits membres, plus sa chair paraissait d'une blancheur agréable ; de sorte qu'elle éblouissait par son éclat les yeux des assistants. Un certain Liménius, parent de l'empereur, lui donna conseil de la frotter d'huile afin qu'elle perdît ce lustre et cette beauté de son corps qui charmait les yeux de ceux qui la regardaient. Cet avis fut suivi ; mais il eut un succès contraire à la pensée de ce misérable, parce qu'au lieu de l'odeur fétide que ces matières devaient causer, elles exhalèrent un très-doux parfum qui était senti même par les païens, tellement que l'empereur, perdant courage, se retira tout confus, donnant ordre à son préfet de faire déchirer le corps de la Sainte avec des ongles de fer : ce qui fut exécuté. Ensuite, elle fut ramenée en prison dans l'état de nudité où elle était : la même clarté enveloppa son corps.

Ceci étant rapporté au juge, il la fit tirer de ce cachot et exposer dans l'amphithéâtre, pour être dévorée par un lion qu'on lâcha sur elle ; mais cet animal, oubliant sa cruauté naturelle, se jeta à ses pieds comme un mouton. L'empereur, outré de dépit, la fit appliquer à la torture et étendre sur le chevalet, afin de lui torturer les bras et les jambes; de là, elle fut jetée dans un brasier; mais le feu n'eut pas plus de prise sur elle que n'en avaient eu les autres tourments. Enfin, après l'avoir fait raser, par ignominie, et tenue longtemps enfermée dans un temple d'idoles, il lui fit trancher la tête hors de la porte d'Ostie, le 19 janvier, l'an de Notre-Seigneur 54.

Le corps de sainte Prisque fut enterré par les chrétiens, sur le chemin d'Ostie, où elle avait souffert le martyre, et depuis il fut transporté dans la ville, en une église de ce nom, sous le pape Eutychien. Quelques-unes de ses reliques ont été apportées en France par Galon, 63e évêque de Paris, l'an de grâce 1108 : Jean, comte de Soissons et seigneur de Chimay, en Hainaut, en apporta encore d'autres ossements, l'an 1281 : ces derniers ont péri dans l'incendie de la ville de Chimay lorsque les Français la saccagèrent en 1552.

Les actes de sainte Prisque ressemblent beaucoup à ceux de sainte Martine : en sorte qu'on lui donne aussi pour attribut l'aigle qui défend son corps; le lion qui se couche à ses pieds; l'épée avec laquelle on lui tranche la tête; etc. — On pourrait la distinguer en la faisant baptiser par saint Pierre.

## AUTRES SAINTES DU MÊME NOM.

La tradition de Rome est que saint Pierre consacra un autel dans l'église de Sainte-Prisque, et qu'il y baptisa dans une urne de pierre qu'on y montre encore. Il n'y a rien d'increvable en cela, s'il est vrai, comme on le dit, que cette église ait été bâtie à l'endroit où était la maison d'Aquila et de Priscille dont parle saint Paul. Il paraît, par le dernier chapitre de l'épître aux Romains, où l'Apôtre salue vingt-cinq personnes, que la maison dont il s'agit était la seule où il y eut une église; du moins n'y en a-t-il pas d'autre nommée. Cette église subsiste encore sur le mont Aventin.

Aquila ou Acylas, né dans le Pont, et Priscille ou Prisque, sa femme, tous deux juifs de naissance et faiseurs de tentes, s'étaient établis à Rome; mais l'édit de bannissement que l'empereur Claude porta contre tous les Juifs les ayant contraints de sortir de cette ville, ils se retirèrent à Corinthe. Ce fut chez eux que logea saint Paul, qui les avait convertis, et qui exerçait le même métier. Ils risquèrent leur vie pour sauver celle de l'Apôtre, qu'ils conduisirent jusqu'à Éphèse quand il quitta Corinthe. Ils retournèrent ensuite à Rome. Ils y étaient lorsque saint Paul les salua dans son épître aux Romains. Enfin, ils retournèrent une seconde fois à Éphèse, où ils étaient lorsque saint Paul écrivit sa seconde épître à Timothée, dans laquelle ils sont salués tous deux. Il faut cependant remarquer que l'Apôtre y donne le nom de Prisque à celle qui est appelée Priscille dans les Actes, dans l'épître aux Romains et dans la première aux Corinthiens. Les Grecs font l'office d'Aquila, comme d'un apôtre, le 14 juillet. La fête de ce Saint, ainsi que celle de sainte Priscille, est marquée au 8 du même mois dans le Martyrologe romain. On les honore en ce jour à Rome, dans l'église de Sainte-Prisque, Vierge et Martyre, dont ils sont conjointement avec elle patrons titulaires. Il y a une partie considérable de leurs reliques sous le grand autel de la même église. Voyez les Actes des Apôtres, XVIII, 2; les Épîtres de saint Paul; les notes de Baronius sur le Martyrologe romain, au 18 janvier et au 8 juillet, et les notes de Chastelain.

Une autre sainte Priscille figure dans les Actes de sainte Pudentienne et de sainte Praxède. Le livre du Pasteur parle d'un cimetière construit par ses soins. On voit encore, dit Baronius, auprès des thermes de Novatus, des cellules jointes entre elles par des voûtes en maçonnerie; elles sont dans un état de conservation remarquable et presque encore entières; elles passent pour avoir servi à la sépulture des martyrs enlevés en secret. C'est de celle-ci qu'il s'agit au Martyrologe romain le 16 janvier, dernière mention; elle fut disciple des Apôtres et mère du sénateur Pudens, comme l'attestent les Actes de sainte Pudentienne.

Événements marquants

  • Arrestation à l'âge de treize ans sous l'empereur Claude Ier
  • Refus d'adorer l'idole d'Apollon
  • Supplice des verges et miracle de la clarté lumineuse
  • Exposition aux lions dans l'amphithéâtre
  • Supplice du chevalet et du brasier
  • Décapitation hors de la porte d'Ostie

Miracles

  • Clarté lumineuse enveloppant son corps après la flagellation
  • Parfum suave émanant de l'huile fétide
  • Lion s'apprivoisant à ses pieds dans l'amphithéâtre
  • Insensibilité aux flammes du brasier