Bienheureux Hugues de Vaucelles
Religieux
Résumé
Ancien doyen de Cambrai, Hugues de Villa se retira au monastère de Vaucelles au XIIIe siècle pour mener une vie d'humilité. Connu pour sa simplicité et son amour des oiseaux, il libéra son vautour favori en entrant en religion. Il mourut paisiblement en 1236, laissant l'image d'un moine exemplaire.
Biographie
LE BIENHEUREUX HUGUES DE VAUCELLES (1236).
Un des religieux les plus fervents et les plus exemplaires que l'on rencontrait au monastère de Vaucelles, au commencement du XIIIe siècle, était Hugues de Villa, auparavant doyen de l'église de Cambrai. Il était aussi distingué par la noblesse de sa naissance et ses talents, que par ses éminentes vertus. La crainte d'être appelé à quelque siège épiscopal le détermina à aller s'ensevelir dans le monastère de Vaucelles, où la régularité des premiers enfants de saint Bernard se conservait fidèlement.
Lorsque le projet du pieux doyen fut connu, beaucoup de personnes de qualité vinrent le prier de leur céder un magnifique vautour qu'il possédait. Le Bienheureux s'y refusa et dissimula son intention jusqu'au moment de son entrée en religion. Il arriva aux portes de l'abbaye avec cet oiseau, qui avait été pour lui dans le monde une innocente distraction et dont il voulait faire un généreux sacrifice. Rompant, en effet, en ce moment, la corde qui retenait l'oiseau captif, il lui rendit la liberté en lui adressant, avec la plus touchante naïveté, ces paroles : « Oiseau, ici je te quitte, te délie et t'envoie jouir en paix de ta liberté ».
On racontait encore de ce vénérable Religieux, et, dit Thomas de Cantimpré, je l'ai entendu moi-même de la bouche de plusieurs qui en avaient été témoins, que, pendant son noviciat, des oiseaux venaient quelquefois s'abattre familièrement sur ses mains et manger des miettes de pain qu'il y tenait. Le maître des novices, pour éprouver sans doute la vertu de son nouveau disciple,
30 MARS.
en contrariant ce plaisir innocent, en fit un léger reproche au bienheureux Hugues. Le digne Religieux éloigna aussitôt ces oiseaux qui voltigeaient autour de lui, en disant avec cette simplicité qu'on retrouvait dans toute sa conduite : « Oiseau, retire-toi, et ne sois pas étonné que je te force de partir : l'âge, la condition demandent que tu m'obéisses et non que je t'obéisse ».
Cet humble serviteur de Dieu édifia longtemps la communauté de Vaucelles par ses admirables exemples. Au moment de sa mort, il était pénétré d'une joie si vive et si sensible, que ses confrères qui l'environnaient crurent que Dieu le favorisait d'une révélation. Il remit paisiblement son âme au Seigneur au mois de mars de l'année 1236.
Vies des Saints de Cambrai et d'Arras, par M. l'abbé Destombes.
Événements marquants
- Doyen de l'église de Cambrai
- Entrée au monastère de Vaucelles pour fuir l'épiscopat
- Libération de son vautour aux portes de l'abbaye
- Noviciat marqué par la familiarité avec les oiseaux
- Mort paisible en 1236
Miracles
- Oiseaux venant manger dans sa main durant son noviciat
Citations
Oiseau, ici je te quitte, te délie et t'envoie jouir en paix de ta liberté
Oiseau, retire-toi, et ne sois pas étonné que je te force de partir : l'âge, la condition demandent que tu m'obéisses et non que je t'obéisse