Bienheureux Jean d'Avellino

Frère laïc de l'Ordre de Saint-François

Fête : 12 juin 14ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Né en 1250, Jean d'Avellino mena une jeunesse tumultueuse avant de se convertir et de devenir frère laïc franciscain. Reconnu pour son humilité extrême et ses extases mystiques, il finit ses jours au couvent de Todi en 1313. Sa vie fut marquée par un passage de la violence guerrière à une sainteté rayonnante, ponctuée de miracles et de visions divines.

Biographie

LE BIENHEUREUX JEAN D'AVELLINO,

FRÈRE LAÏC DE L'ORDRE DE SAINT-FRANÇOIS (1313).

Le bienheureux Jean d'Avellino, qui naquit en 1250, dans le royaume de Naples, était fils de Jean-Jacques Armenius de Montfort, et de Thomasine de Capoue. Sa jeunesse fut loin d'être irréprochable ; il se mêla aux terribles guerres de cette époque, et se laissa entraîner à des excès de toutes sortes. Sa piété était plus que douteuse ; son père se disposait à relever à ses frais l'église d'Avellino, qui avait été brûlée. Jean fit tous ses efforts pour le décider à consacrer à un autre usage les sommes d'argent déjà recueillies, et, sur le refus du comte, il conçut contre lui une mortelle haine, et jura qu'il prendrait, les armes à la main, l'or destiné à l'église.

En ce moment, survint à Avellino un vénérable religieux, disciple et compagnon de saint François ; Montfort courut à lui comme à un envoyé du ciel : « Mon ami », lui dit le moine, « votre fils sera un jour frère lai et donnera l'exemple de toutes les vertus ». Quelques semaines plus tard, cette prophétie se réalisait.

Dès l'année de son noviciat, cet impie converti atteignit à la perfection chrétienne des plus saints religieux. On le voyait quelquefois, dans les rues de la ville, les yeux pleins de larmes, se jeter aux pieds d'un de ses anciens amis en disant : « Toi qui m'as connu comme un misérable pécheur, et pour qui j'ai été un sujet de scandale, je t'en supplie, suis-moi maintenant dans la voie du repentir ». Il ramena au bien par son exemple un certain nombre de personnes, entre autres une femme de mauvaise vie, qui, dans l'espoir de l'épouser, avait essayé de le faire retomber dans ses anciens égarements. Le bienheureux Jean d'Avellino ne s'épargnait aucune espèce de mortifications : il jeûnait, il prolongeait ses veilles, il se donnait de sévères disciplines, il marchait pieds nus, les yeux attachés à la terre, craignant comme un criminel de rencontrer des regards qui le condamneraient.

À la chapelle, il priait avec la piété des anges. Aucun bruit ne le dérangeait de ses méditations, et plus d'une fois ses frères le virent avec étonnement s'élever de terre dans un tourbillon de lumière.

Cependant la renommée de sa sainteté s'était peu à peu répandue dans la province, et on accourait de tous côtés lui demander des consolations, de bons conseils, des exemples de vertus. Le respect qu'on lui témoignait et dont il se croyait indigne, lui causait une véritable souffrance ; il demanda à ses supérieurs et obtint d'être envoyé en Ombrie, où il espérait trouver la solitude et le calme. Il se trompait ; à peine arrivé au couvent de Todi, il se vit en butte à ce qu'il appelait les mêmes persécutions. On venait à lui comme à un envoyé du ciel, les malades pour être guéris, les pécheurs pour se convertir, les hommes de bien pour se soutenir et s'encourager par son exemple. Le bon frère ne savait comment se délivrer de cette affluence ; à force de prières, il obtint de ne plus accomplir de miracles ; il n'eut jamais le bonheur d'échapper à la vénération des hommes.

Durant l'année qui précéda sa mort, il fut sujet à de fréquentes extases, méritées sans doute par un redoublement d'austérités. Les souffrances de sa dernière maladie furent tempérées par des entretiens spirituels du Bienheureux avec saint François, la sainte Vierge et le Fils de Dieu lui-même, qui lui apparut plusieurs fois dans sa pleine et infinie majesté. C'est le 11 juin 1313, à l'âge de soixante-trois ans, qu'il s'endormit doucement dans le sein du Seigneur.

La nouvelle de sa mort attira dans la chapelle du couvent une foule d'hommes et de femmes, désireux d'honorer les précieux restes du frère Jean, de baiser ses pieds et ses mains. Il fut enseveli dans l'église de Todi, dans le même caveau que le frère Jean de Todi. Des miracles s'accomplirent sur son tombeau.

Acta Sanctorum.

12 JUIN.

Événements marquants

  • Naissance en 1250 dans le royaume de Naples
  • Jeunesse dissipée et participation aux guerres
  • Conflit avec son père au sujet de la reconstruction de l'église d'Avellino
  • Conversion suite à la prophétie d'un disciple de saint François
  • Entrée dans l'ordre des Franciscains comme frère laïc
  • Retraite en Ombrie au couvent de Todi pour fuir sa renommée
  • Visions de saint François, de la Vierge et du Christ avant sa mort

Miracles

  • Lévitation dans un tourbillon de lumière pendant la prière
  • Guérisons de malades
  • Cessation volontaire de miracles par humilité
  • Miracles posthumes sur son tombeau

Citations

Toi qui m'as connu comme un misérable pécheur, et pour qui j'ai été un sujet de scandale, je t'en supplie, suis-moi maintenant dans la voie du repentir.

— Paroles rapportées aux anciens amis

Date de fête

12 juin

Époque

14ᵉ siècle

Décès

11 juin 1313 (naturelle)

Invoqué(e) pour

guérison des malades, conversion des pécheurs, consolation

Autres formes du nom

  • Jean-Jacques Armenius de Montfort (fr)

Prénoms dérivés

Jean

Famille

  • Jean-Jacques Armenius de Montfort (père)
  • Thomasine de Capoue (mère)