Le Bienheureux Rostang II de Capre
Archevêque d'Arles
Résumé
Né à Grans et issu d'une famille napolitaine, Rostang II de Capre fut archevêque d'Arles de 1287 à 1303. Juriste de formation, il se distingua par sa piété, son rôle de médiateur politique entre la Sicile et l'Aragon, et son activité législative lors du concile de l'Isle. Il est vénéré comme bienheureux dans le diocèse d'Arles.
Biographie
LE BIENHEUREUX ROSTANG II DE CAPRE,
ARCHEVÊQUE D'ARLES
*Domum episcopi decet sanctitudo, decet modestia, decet honestas, horum disciplina custos.*
La sainteté, la modestie, l'honnêteté et la régularité, qui est la gardienne de toutes ses vertus, souviennent à la maison de l'évêque.
Saint Bernard.
Issu d'une famille originaire du royaume de Naples et établie primitivement dans la petite ville d'Aubagne, Rostang de Capre naquit à Grans, bourg qui appartient aujourd'hui au canton de Salon (Bouches-du-Rhône). Voué de bonne heure à la carrière ecclésiastique, il avait professé le droit à Aix et était chanoine de l'Église d'Arles, lorsque les suffrages de ses confrères l'appelèrent à la chaire de saint Trophime après la mort de Bertrand d'Amalric, ainsi que le constate le titre de son élection, longtemps conservé dans les archives du chapitre, et aujourd'hui aux archives départementales. Son élection, nous ne savons pour quel motif, ne plut point d'abord au pape Honoré IV, qui, peut-être, la présumait faite contre les règles canoniques. Mieux informé cependant, le souverain Pontife la ratifia et fit remettre le pallium à Rostang par Bernard de Languissel, évêque de Porto, l'un de ses prédécesseurs sur le siège d'Arles. C'était en juillet 1287.
L'année suivante, Rostang de Capre réunit à l'Isle, près d'Avignon, un concile provincial où furent dressés dix-huit canons. Les treize premiers sont tirés des conciles précédents de la province et sont relatifs à l'absolution des excommuniés, aux legs pieux, aux vicaires perpétuels, aux ravisseurs des biens de l'Église, ou aux oppresseurs de ses libertés. Le quatorzième excommunie ceux qui vendent du poison pour faire mourir quelqu'un, provoquer l'avortement, de même que ceux qui donnent conseil ou aide aux empoisonneurs ou qui ne les font pas connaître aux ordinaires. Le quinzième défend l'exportation du blé avant le prélèvement de la dîme. Le seizième défend aux seigneurs temporels d'obliger les églises à payer le ban pour leur clergé, leurs serviteurs ou leurs animaux. Le dix-septième établit qu'on ne donnera aux enfants baptisés qu'un habit blanc. — Il s'était glissé un abus par rapport au baptême des enfants. Les parrains étaient obligés, suivant cet abus, de leur faire des présents considérables, à eux et à leur mère, d'où il arrivait que la difficulté de trouver des parrains était cause que beaucoup d'enfants mouraient sans baptême. C'est cet abus que le concile condamne ici, en statuant que les parrains ne donneront qu'un habit blanc aux enfants qu'ils tiendront sur les fonts baptismaux. Le dix-huitième canon ordonne l'observation des statuts des conciles précédents.
LE BIENHEUREUX ROSTANG II DE CAPRE, ARCHEVÊQUE D'ARLES. 631
Le 11 octobre de cette même année 1288, Bertrand de Baux, comte d'Avellino, lui rendit hommage pour le château de Trinquetaille, que Rostang acheta le 13 août 1300. Le pape Boniface VIII, qui faisait un grand cas du mérite de l'archevêque d'Arles, le chargea, avec Guillaume de Mandagot, archevêque d'Embrun, d'accompagner, en mai 1295, en Catalogne, Charles, roi de Sicile et comte de Provence, et de l'assister de ses conseils. Les deux légats parvinrent à cimenter la paix entre ce prince et le roi Jacques d'Aragon.
La vie privée de Rostang de Capre était une leçon publique de modestie, de continence et de piété. Tout ce qui pouvait sentir le luxe du siècle était banni de sa maison. Il passait la plus grande partie de la nuit à la prière, et employait presque tous ses revenus à augmenter les biens de son Église. C'est à sa munificence que les archevêques d'Arles durent la construction du château de Salon et l'acquisition de plusieurs terres à Mondragon. Il fonda dans son église métropolitaine la chapelle des saintes Marie, Jacobé et Salomé. Le 20 avril 1303, il permit l'érection de la pieuse confrérie des Pelletiers et des Couturiers, qu'il plaça sous le patronage de Notre-Dame des Alyscamps.
Après dix-sept années environ d'épiscopat, Rostang de Capre alla recevoir au ciel la récompense de ses travaux et de ses vertus. La mort le ravit à ses diocésains affligés, le mardi 23 juillet 1303. Les fidèles, en apprenant son décès, accoururent en foule pour vénérer ses restes. Les vêtements et le linge qu'il avait portés furent recherchés comme autant de précieuses reliques. On l'inhuma, suivant ses désirs, sous l'autel de la chapelle qu'il avait fait ériger en l'honneur des saintes Maries, dans la cathédrale d'Arles, et où son corps fut découvert lorsque l'un de ses successeurs, Gaspard du Laurens, consacra cette chapelle aux rois Mages.
Le nom de Rostang de Capre se lit dans la plupart des martyrologes, ainsi que dans l'ancien Bréviaire d'Arles, avec la qualification de bienheureux, à la date du 23 juillet.
Ce fut sous l'épiscopat de Rostang et vers le milieu de l'année 1290, que les Bénédictins de Montmajour, violemment expulsés par les Antonins du prieuré de la Mothe-Saint-Didier ou de Saint-Antoine de Viennois, revinrent à Arles apportant avec eux les précieuses reliques du patriarche saint Antoine, qu'ils déposèrent avec respect dans la grande église de l'abbaye de Montmajour. Ces reliques comprenaient le corps entier du Saint, à l'exception seulement d'une partie d'un bras qui en avait été détachée, il y avait un peu plus d'un siècle, et mise dans un reliquaire séparé pour l'Église de Vienne.
Rostang de Capre avait pour armoiries : de gueules, à une chèvre saillante d'argent, surmontée d'une fleur de lis d'or. Le mot Cabra, en provençal, signifie chèvre.
Gallia christiana nova, par Fisquet ; et Notes dans à l'obligeance de M. l'abbé Trichaud, supérieur des Dominicains de Nizon (Vaucluse).
SUPPLÉMENT
Événements marquants
- Professeur de droit à Aix
- Chanoine de l'Église d'Arles
- Élection au siège d'Arles (juillet 1287)
- Concile provincial à l'Isle (1288)
- Légation en Catalogne pour la paix entre Charles de Sicile et Jacques d'Aragon (1295)
- Achat du château de Trinquetaille (1300)
- Fondation de la chapelle des saintes Marie, Jacobé et Salomé
Citations
Domum episcopi decet sanctitudo, decet modestia, decet honestas, horum disciplina custos.