Vénérable Étienne Bellesini
Religieux Augustin
Résumé
Religieux augustin né à Trente, Étienne Bellesini se distingua par son dévouement à l'éducation gratuite lors des bouleversements napoléoniens. Après avoir dirigé les écoles du Tyrol, il s'enfuit à Rome pour retrouver la vie monastique, finissant ses jours comme curé exemplaire à Gennazzano. Il mourut en 1840, victime de son zèle auprès des malades lors d'une épidémie.
Biographie
LE VÉNÉRABLE ÉTIENNE BELLESINI,
RELIGIEUX AUGUSTIN DU COUVENT DE SAINT-MARC, À TRENTE
retira des leçons de sa mère, que le curé ne fit pas difficulté de l'admettre à la première communion à peine âgé de sept ans. Il fut confirmé à dix, par l'évêque de Trente, Pierre-Vigile, comte de Thunn.
Bellesini fit toutes ses études au collège de Trente, sans quitter la maison paternelle, jusqu'à seize ou dix-sept ans, qu'il entra dans l'Ordre des Augustins. Son père s'opposa d'abord à sa vocation, mais il céda bientôt devant ses instances. Ainsi, en 1790 ou l'année suivante, Bellesini fut reçu chez les Augustins de Trente, et partit bientôt pour le noviciat de Bologne; il prononça les vœux solennels à l'expiration de l'année. Sa piété et ses talents le firent remarquer entre tous les autres. Il fut envoyé à Rome pour les études de philosophie et de théologie. Un autre Père, Étienne-Augustin Bellesini, de Pérouse, était général de l'Ordre. Les témoins du procès parlent de la parfaite distinction avec laquelle Bellesini fit le cours de philosophie et subit l'épreuve des disputes publiques; il mérita le grade de prodéfendant, qu'on ne donne, dans l'Ordre des Augustins, qu'aux plus distingués. Il retourna ensuite à Bologne professer les hautes études; il y était encore en 1797, quand les armées de la république envahirent cette partie de l'Italie. Un des premiers édits contre les Ordres religieux ayant ordonné l'expulsion de tous ceux qui étaient étrangers à l'État romain, Bellesini dut, à son grand regret, quitter sa maison de Bologne, et se réfugia à Trente, chez les Augustins de Saint-Marc, qui l'accueillirent avec bonheur.
Quoiqu'il ne fût encore que diacre, ses supérieurs l'appliquèrent à la prédication, pour laquelle il montrait les plus heureuses dispositions. Les procès attestent le bien que ces prédications firent parmi les fidèles. L'affluence était grande. On y vit la marque d'un secours particulier que Dieu avait réservé à ces religieuses populations dans des temps si mauvais. Dès qu'il atteignit l'âge pour être prêtre, l'évêque de Trente lui imposa les mains. Il fallut le porter en litière à la cathédrale, car il venait d'avoir une longue et douloureuse maladie. Le zèle qu'il déploya dans le ministère, dans la prédication et la confession, sa vie pénitente, sa piété, tout cela est attesté dans les enquêtes juridiques.
L'invasion étrangère et le changement de régime qui s'ensuivit ouvrirent une nouvelle carrière au vénérable serviteur de Dieu. C'était en 1809. Un édit impérial ayant supprimé les Ordres religieux dans le Tyrol, les Augustins de Saint-Marc quittèrent leur maison, à l'exception de quatre qui obtinrent permission d'y rester. Bellesini était de ce nombre. Il se consolait de la suppression de son Institut en se livrant avec plus de zèle aux œuvres du divin ministère; mais bientôt cette ressource lui fut ôtée. Un décret prescrivit le serment à tous les prêtres qui exerçaient publiquement le ministère; le vénérable serviteur de Dieu aima mieux renoncer aux prédications que de prêter ce serment. C'est alors qu'il conçut le dessein des écoles gratuites, par opposition aux écoles élémentaires, dites normales, dont le gouvernement poursuivait l'établissement avec tant de persistance. Dieu versa sa bénédiction sur la tentative du vénérable serviteur de Dieu, et les persécutions tentèrent de l'entraver.
Sa charité pour les pauvres n'était pas moins digne d'admiration. Plus d'une fois, n'ayant rien à donner, il quitta ses habits pour les en vêtir. La nièce du vénérable serviteur de Dieu, religieuse dans un monastère de Rome, a déposé ce qui suit, entre autres faits édifiants: « Des gens pauvres venaient lui demander quelque argent à emprunter, et portaient en gage des paniers qui semblaient pleins de linges, et le serviteur de Dieu leur donnait ce qu'ils demandaient, et retenait les gages, qu'il avait coutume de confier en dépôt à ma mère; en ouvrant ces paniers pour prendre note des objets, on trouvait des chiffons sans valeur; remarquez que les emprunteurs ne rendaient jamais et ne se faisaient plus voir. Il ne se plaignait jamais de ces tromperies, et quand ma mère lui faisait remarquer la fraude et qu'elle l'avertissait d'être plus attentif, il répondait qu'il ne croyait pas que ceux qui recouraient à lui fussent coupables de le tromper. Je me souviens qu'on me racontait comme quoi, bien souvent, le serviteur de Dieu distribuait aux pauvres gens les habits qu'il avait sur lui, et plus d'une fois il rentrait à la maison, tantôt sans pantalon, tantôt sans chemise; aussi ma mère, qui tenait compte du linge, lui disait d'aller doucement en distribuant les chemises, parce qu'il en restait peu; une fois il répondit, entre autres, que, n'ayant pas d'argent pour un pauvre malheureux, il avait pris le parti de donner sa chemise. Ma mère, parlant des dépenses faites par le serviteur de Dieu pour le soutien de ses écoles pendant plusieurs années, me disait qu'on les évaluait à dix mille florins; elle ajoutait qu'elle ne pouvait que rapporter à une providence spéciale que la famille n'ait pas été ruinée par cette dépense d'argent et de meubles, à une époque où les troupes dévastaient les campagnes, où l'on ne retirait pas les produits, et l'on devait loger non-seulement les officiers supérieurs, mais encore bon nombre de soldats, en leur fournissant tout ce qu'ils voulaient. Quoique mon père ressentit un grand déplaisir au départ du serviteur de Dieu, son frère, néanmoins il était temps qu'il partît, sans quoi il aurait consommé tout le patrimoine de la famille au bénéfice des écoles et des pauvres. Sa vie était plus celle d'un pénitent que de quelqu'un qui n'eût été que sobre; il mangeait très-peu, et bien souvent il portait les restes sous son manteau à quelque famille pauvre. Quand il savait qu'il y avait des malades qu'il connaissait de quelque manière, surtout ceux des écoles, ou des pauvres, non-seulement il allait les voir, mais il portait des secours, il les assistait dans le corps et l'esprit, et il ne quittait pas les moribonds avant qu'ils eussent rendu le dernier soupir entre ses bras ».
2 FÉVRIER.
Après des journées si pleines, sanctifiées par l'exercice de la charité, le vénérable serviteur de Dieu passait une partie des nuits en prières. « Je ne sais pas précisément », a déposé un témoin, « quel était son repos de la nuit, mais j'ai su par ma mère que le soir, quand il rentrait dans sa chambre pour prier, en compagnie du Père dall'Orsola, ils employaient un long temps à la méditation, chose qui m'a été confirmée par le Père dall'Orsola, qui ajoutait que, dans ces longues prières, il se sentait accablé du sommeil, au lieu que le Père Étienne semblait n'être jamais las de prier; il nous racontait aussi que sa chambre, étant contiguë à celle du serviteur de Dieu, il était réveillé quelquefois par ses gémissements et ses soupirs. Il avait coutume de se coucher très-tard et de se lever de grand matin; et comme il avait mis sa messe de très-bonne heure, on avait soin qu'il y eût quelqu'un dans la maison pour lui ouvrir la porte; on savait ainsi qu'ordinairement il disait sa messe à l'heure marquée; mais il arriva plusieurs fois qu'à cette heure on ne le voyait pas sortir de sa chambre, et par crainte qu'il ne fût indisposé, on voulut y entrer, et on le trouvait à genoux par terre avec un livre à la main, et quelquefois sur le prie-Dieu, ce qui fit croire que, s'étant endormi en priant, il avait passé la nuit dans cette position. Bien des fois on le voyait, dans la prière, rester immobile un long espace de temps, de sorte qu'il fallait l'appeler à plusieurs reprises. Il gardait les Constitutions de son Ordre autant que faire se pouvait, ne permettant à aucune femme d'entrer dans sa chambre, pas même à sa belle-sœur. En somme, la conduite très-exemplaire qu'il garda, dans toute la rigueur du mot, ne fut jamais sujette à la critique, si ce n'est de la part des ennemis de la religion; toute la ville le respectait comme un saint. Il avait la coutume de faire quelque petit voyage pendant les vacances de l'automne, non point comme simple délassement, mais pour prêcher et engager les représentants des autres pays à fonder des écoles pour la jeunesse sur le modèle de celle de Trente ».
LE VÉNÉRABLE ÉTIENNE BELLESINI. 65
En 1812, la Bavière rentra en possession du Tyrol. Un des premiers actes du gouvernement fut de nommer le Père Bellesini directeur général des écoles. Le vénérable serviteur de Dieu travailla à détruire tout vestige des écoles normales; il abolit leurs règles et leurs méthodes, et les remplaça par des règlements propres à garantir la piété et l'instruction. C'étaient ceux dont il avait fait l'expérience dans ses écoles gratuites. Nous les trouvons parmi les documents imprimés à l'occasion de l'introduction de sa cause. Le gouvernement les approuva, et comme l'expérience a continué d'en montrer l'excellence, le gouvernement autrichien ne les a jamais abrogés et les observe encore aujourd'hui. Le vénérable serviteur de Dieu remplit l'emploi de directeur général pendant cinq ans, jusqu'en 1817. Dans la crainte de perdre un prêtre si dévoué et si utile, on fit tout pour le retenir à Trente; on lui offrit un canonicat de la cathédrale qu'il refusa: ses vœux se portaient ailleurs.
Étienne Bellesini n'avait jamais cessé de regretter son couvent, et demandait instamment au Seigneur la grâce d'y rentrer. La restauration des Ordres religieux, dont s'occupa Pie VII aussitôt après son retour à Rome en 1814, lui offrit les moyens de remplir enfin ses vœux. Huit années s'étaient écoulées depuis la suppression du couvent de Saint-Marc, et il ne restait aucun espoir de le rétablir. Le vénérable Bellesini tourna les yeux du côté de l'État Pontifical, où la magnificence de Pie VII avait rétabli les cloîtres. Prévoyant que les habitants de Trente ne consentiraient pas de bon gré à son départ, il résolut de s'évader secrètement, sans confier son secret, sans prendre de passeport pour l'étranger. Nous dirons tous les périls d'un semblable voyage. La lettre qu'il écrivit de Ferrare pour donner sa démission des écoles et annoncer son dessein, produisit à Trente une sensation des plus douloureuses. Le gouvernement, espérant le ramener par la sévérité, lui intima par la voie des journaux l'ordre de retourner dans sa patrie sous peine de confiscation et d'exil. Mettant son devoir au-dessus de tout, le vénérable serviteur de Dieu laissa volontiers au gouvernement une partie de son traitement de directeur qu'il n'avait pas touchée, et se résigna à l'exil perpétuel.
Deux obstacles s'opposaient à son départ : d'abord le gouvernement autrichien ne donnait jamais aux religieux de passeport pour l'étranger; en outre, une loi de cette époque défendait expressément que les religieux expulsés des couvents pendant la domination française pussent émigrer pour rentrer dans leurs cloîtres. Les couvents étaient supprimés dans ces régions, et l'on ne voyait pas d'espoir de les rétablir. Il résolut de courir tous les risques d'un départ furtif, dès qu'il sut que les maisons religieuses étaient rouvertes dans l'État Pontifical. Obtenir le passeport pour l'étranger n'était pas chose possible pour un religieux : il le prit pour les États Vénitiens. Il accomplit son dessein pendant les vacances; comme s'il eût voulu prendre un peu de cillégiatura, il fit croire à ses parents qu'il allait faire une petite tournée. Il prit pourtant une voiture à son compte, et se mit en route, en se confiant à Dieu. Arrivé dans un poste où les agents de police lui demandèrent son passeport, il présenta celui qu'il avait, et dit qu'il se rendait à un pays voisin, qu'en effet il devait traverser. A la frontière, il fit prendre les devants à sa voiture, et la suivit de loin, à pied, le bréviaire à la main, se recommandant instamment à Dieu, et les gardes ne firent pas attention à lui. Ce grand péril passé, il en trouva un autre. La voiture était déjà embarquée, et les passeports des autres passagers ayant été examinés, le vénérable serviteur de Dieu se trouvait dans la plus grande perplexité, faute de pouvoir montrer le sien, quand un des hommes qui dirigeaient l'embarcation lui dit de se hâter d'entrer dans le bateau; il le fit, et on oublia de demander son passeport. En arrivant à Ferrare, il se présenta au cardinal Spina alors légat en cette ville, et lui fit part de sa position et du motif qui l'avait porté à quitter son pays; le cardinal lui fit donner un passeport pour l'État Pontifical, et c'est ainsi qu'il put librement arriver à Rome au couvent de Saint-Augustin. Dans le temps qu'il s'arrêta à Ferrare, il logea au couvent des Mineurs de l'Observance, et il écrivit à son frère qui habitait Trente, pour faire savoir qu'il était en lieu de sûreté, qu'on ne pensait plus à lui, et qu'il rentrait dans son Ordre.
VIES DES SAINTS. — TOME XV. 5
2 FÉVRIER.
Le Père Rotelli, général des Augustins, confia à Bellesini l'emploi de maître des novices, qu'il remplit à Rome pendant quatre ans, et ensuite cinq ans à Citta di Pieve, où le noviciat fut transféré; il s'en acquitta à la satisfaction générale. Les vertus qu'il pratiqua dans cette période de neuf ans, comme maître des novices, ne firent pas moins éclater sa sainteté que dans les temps antérieurs. On vit sa charité par le zèle qu'il témoignait à tout le monde, sans acception de personne, fervent dans son ministère, plein de sollicitude dans les réprimandes, paternel dans les corrections, discret dans les commandements, compatissant à toutes les faiblesses, en un mot, se faisant tout à tous en toutes choses. L'Esprit de Dieu qui régnait en lui se montrait dans la fidélité à remplir les lois divines et les règles de son Ordre, dans sa pureté angélique, la haine constante de soi-même, son mépris de toutes les choses de ce monde pour ne désirer que celles du ciel.
Il alliait constamment la douceur avec la fermeté, la charité avec la régularité. Les novices le respectaient et l'aimaient à cause de l'humilité et de la douceur avec laquelle il les traitait, de la charité qu'il mettait, soit à les reprendre, soit à les assister dans leurs maladies; on le voyait jour et nuit près de leur lit pour leur porter les secours dont ils avaient besoin. Citta di Pieve étant située dans un climat très-froid, le serviteur de Dieu, afin que le lever du matin fût moins pénible, se chargeait d'éveiller tout le monde, ce que chaque novice aurait dû faire à son tour; il allumait le feu, faisait chauffer l'eau, et la portait dans les cellules. Il était si attentif à tout ce que l'on faisait, que rien ne lui échappait. Il corrigeait les moindres défauts, les plus légères transgressions de la Règle. Ses pénitences consistaient à baiser la terre, qu'il appelait notre mère, à priver le coupable de vin, ou de la moitié du déjeuner ordinaire; quelquefois il l'excluait de la chapelle particulière du noviciat pendant plusieurs jours; ces punitions étaient toujours justes. Il donnait ses avis avec une fermeté toujours accompagnée de douceur; il y mettait une amabilité, une précaution inexprimables. On le voyait constamment présider aux exercices du noviciat, semblable au flambeau sur le candélabre, se faisant novice avec les novices, et pratiquant le mot de l'Évangile: *Carpe Jesus facere et docere*. Il venait plusieurs fois la nuit, pour voir si l'on dormait; car il défendait de veiller sans permission, même pour étudier. Il n'entrait jamais dans son lit, et on le trouvait constamment en prière, ou à genoux devant son Crucifix. Pouvait-on ne pas vénérer un homme toujours occupé à prier, et qui s'était condamné à un jeûne perpétuel ? Il ne laissait rien voir de forcé : tout était naturel en lui et portait l'empreinte de la vertu.
Le vénérable serviteur de Dieu désirait ardemment le rétablissement de la vie commune dans les couvents de l'Ordre. Il en demandait la grâce à Dieu par d'incessantes prières, et faisant partager ses désirs à ses novices, il les engageait à prier pour cela. Il faisait aussi son possible pour leur inspirer l'amour de la pauvreté religieuse, en leur disant qu'il fallait être riche d'esprit, et pauvre de biens temporels, se dépouiller de tout attachement aux commodités, aux aises et à l'argent, et imiter sur ce point comme dans le reste l'esprit de pauvreté de saint Augustin. Léon XII rétablit la vie commune dans le couvent de Gennazzano, en 1826. Bellesini demanda aussitôt à passer dans cette maison, et l'obtint dès que son temps de maître des novices fut fini. Il y pratiquait la pauvreté depuis quatre ans, lorsque la paroisse ayant vaqué par la mort du curé, il fut choisi pour le remplacer.
Il remplit ces fonctions pastorales pendant neuf ans jusqu'à sa mort. C'est la plus glorieuse période de cette belle vie. Ce saint et fervent religieux, déjà brisé par la mortification et la maladie, ne se lassa pas un instant dans l'accomplissement de ses devoirs. On le vit infatigable dans le culte de Dieu, l'administration des sacrements, l'instruction spirituelle de son troupeau, la discipline des mœurs, le soin des pauvres, l'observation des règles ecclésiastiques. Tous les moments de sa vie étaient appliqués aux devoirs de son ministère; il n'en réservait aucun pour se soulager. Quoique affaibli par l'âge et tourmenté cruellement par une hernie chronique, il était toujours prêt, la nuit comme le jour, à confesser, à prêcher, à visiter les malades. Jamais il ne témoigna le moindre ennui, la moindre impatience; rien ne fut jamais capable de l'arrêter, ni l'éloignement, ni la rigueur de l'hiver ou la chaleur de l'été.
Toute sa vie est un parfait modèle du vrai pasteur et père des âmes. Non-seulement il prêchait chaque dimanche et à toutes les fêtes d'obligation, conformément aux règles canoniques, mais il le faisait aussi dans les fêtes supprimées, et tous les jours pendant le Carême. Le catéchisme était ses plus grandes délices; il n'y manquait jamais le dimanche, le matin et le soir, et presque tous les jours pendant toute l'année. On raconte ce qu'il faisait pour la sanctification du dimanche, pour extirper le blasphème, pour ôter les scandales, réconcilier les familles, soulager les pauvres, et assister les malades. Il établit les sœurs de charité dans sa paroisse, de concert avec le vénérable Gaspard de Buffalo. Il demandait partout des aumônes pour ses pauvres, aux portes des maisons en faisant des quêtes. Il ne craignait pas de s'endetter pour ses pauvres. Dieu lui avait donné, comme à Salomon, latitudinem cordis quasi arenam, quæ est in littore maris. C'est au lit des malades que sa charité brillait d'un plus vif éclat. Par des aliments, des remèdes, des secours de toute espèce, on le voyait toujours occupé à secourir les infirmes.
Sa vie privée fut la même qu'à Trente, et dans le noviciat de Rome ou de Citta di Pieve. Mortification universelle, prière continuelle, abnégation de soi-même, c'est ce qu'on voit dans les dépositions des témoins. Il se surpassa lui-même pendant l'épidémie qui envahit sa paroisse en 1839. On vit ce vieillard de soixante-cinq ans, brisé par l'âge et les maladies, ne se donner aucun instant de repos, parcourir de jour et de nuit les rues de la ville pour soigner les malades, riches ou pauvres, recevoir les confessions, administrer les sacrements, et recevoir les derniers soupirs des mourants. Cette épidémie sévissait encore quand sonna la dernière heure du vénérable serviteur de Dieu. Il rendit son âme à Dieu le 2 février 1840, fête de la Purification de la sainte Vierge.
Sans parler de l'ardente foi du Père Bellesini, de son constant amour pour la sainte Vierge, de son affection filiale pour l'Église et le souverain Pontife, on peut résumer en deux mots les principaux traits de sa vie publique dont l'influence moralisatrice et enseignante dure encore : ce fut un vrai martyr de la charité envers le prochain, une hostie vivante de dévouement et de sacrifice au bien général.
Peu de temps après sa mort, sa réputation de sainteté et les nombreux miracles qui s'opérèrent à son tombeau par son intercession, firent naître le désir de sa canonisation. La sacrée Congrégation des Rites ayant reçu, en 1843, les enquêtes juridiques faites à Trente, à Rome et dans le diocèse de Palestine, dix ans ne s'étaient pas écoulés, lorsque l'introduction de la cause fut soumise à la même Congrégation en 1852, et signée par le pape Pie IX le 15 janvier de la même année.
Nous avons emprunté cette vie aux Amérits.
Événements marquants
- Entrée dans l'Ordre des Augustins à 16 ou 17 ans (vers 1790)
- Études de philosophie et théologie à Rome
- Expulsion de Bologne par les armées républicaines en 1797
- Fondation d'écoles gratuites à Trente après la suppression des ordres en 1809
- Directeur général des écoles du Tyrol (1812-1817)
- Fuite secrète vers l'État Pontifical pour réintégrer son ordre en 1817
- Maître des novices à Rome puis à Citta di Pieve
- Curé à Gennazzano pendant neuf ans jusqu'à sa mort
Miracles
- Nombreux miracles opérés à son tombeau après sa mort
Citations
Carpe Jesus facere et docere
latitudinem cordis quasi arenam, quæ est in littore maris