Saint Aphraates (Solitaire d'Antioche)

Anachorète et Solitaire

Fête : 7 avril 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Noble persan converti, Aphraates devint un célèbre anachorète à Antioche au IVe siècle. Il s'opposa courageusement à l'empereur arien Valens pour défendre les catholiques persécutés, comparant son action à celle d'une jeune fille sortant de sa maison pour éteindre un incendie. Il finit ses jours respecté pour sa sainteté et ses miracles.

Biographie

VII JOUR D'AVRIL

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## MARTYROLOGE ROMAIN.

En Afrique, la naissance au ciel des saints martyrs Épiphane, évêque, Donat, Rufin et treize autres. — À Sinope, dans le Pont, deux cents bienheureux Martyrs. 310. — En Cilicie, saint Calliope, martyr, qui, sous le préfet Maximien, après divers autres tourments, fut crucifié la tête en bas, et mérita l'honneur et la couronne du triomphe. 304. — À Nicomédie, saint Cyriaque et dix autres martyrs. — À Alexandrie, saint Pelouse, prêtre et martyr. — À Rome, saint HÉGÉNIPPE, voisin des temps apostoliques, lequel vint à Rome auprès du pontife Anicet, y demeura jusqu'au pontificat d'Éleuthère, et composa une histoire des actes ecclésiastiques, depuis la passion du Seigneur jusqu'à son époque, d'un style simple, désireux non-seulement d'imiter la vie des Saints, mais encore de la reproduire par le discours. 480. — À Vérone, saint Satornin, évêque et confesseur. IVe s. — En Syrie, saint APRRAATES, anachorète, qui, au temps de Valens, défendit, par la vertu des miracles, la foi catholique contre les Ariens. Fin du IVe s.

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## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

A la Chartreuse d'Arvières, en Valromey, au diocèse de Belley, le B. Jean d'Abondance, abbé de Sainte-Marie d'Abondance, en Savoie : il déposa la crosse abbatiale pour aller se cacher dans la Chartreuse d'Arvières, où il mourut comblé de grâces et de bénédictions. 1202. — En l'abbaye de Crespin, en Hainaut, saint ALBERT, prêtre et religieux d'une éminente vertu. 1140. — À Donai, le bienheureux CHRÉTIEN, confesseur, que l'on invoque pour les fièvres et pour les femmes en travail d'enfant. — À Reims, le vénérable Jean-Baptiste de La Salle. — À Vitry, en Champagne, saint Clotaire, confesseur, dont les reliques reposaient au monastère de Saint-Jacques près de cette ville. On ignore quelle fut sa condition. VIIIe s. probablement. — À Martinvelle, dans les Vosges, saint Gibard ou Gibert, abbé de Luxeuil, massacré par les Normands. Saint Gibard et ses compagnons, mis à mort par les mêmes barbares, étaient honorés dans le calendrier de Luxeuil. 888. — À Luxeuil, saint Tetelm et ses compagnons, tués dans la même invasion près du monastère. Une chapelle fut bâtie sur le lieu où les Saints étaient tombés. On n'y pouvait enterrer que des enfants ayant moins d'un an. 888.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

Martyrologe de l'Ordre des Prémontrés. À Steinfeld, le bienheureux HERMAN, confesseur, que la Vierge Mère de Dieu voulut se fiancer à elle-même, et à qui elle donna le nom de Joseph. Illustre par des révélations très-fréquentes, par le don de prophétie et par ses vertus, il remit son esprit entre les mains du Sauveur Jésus, le jeudi de Pâques, et éclata en miracles après la mort. 1230.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

À Antioche, les saints martyrs Timothée, Diogène, Macaria et Maxima, avec saint Eleusus, prêtre. — Les saints martyrs Donat, Cyrille, Eugène, Eusèbe et Marin, dont il nous suffit de savoir qu'ils ont aimé Dieu de tout leur cœur. — En Lybie, les saints Coprique, Victor, Donat, martyrs, mentionnés dans le martyrologe de saint Jérôme. — Aux deux cents martyrs de Sinope, lesquels étaient soldats, il faut ajouter saint Rufin le Thaumaturge, diacre, et sainte Aquilina la jeune, qui tous deux allaient porter des secours aux confesseurs dans les prisons, et furent les instruments de la conversion de ces soldats : persécution de Maximien. Vers 310. — À Mitylène, dans l'île de Lesbos, saint Georges, évêque, qui fut exilé par Léon l'Arménien. Vers l'an 816. — À Schaffhouse, en Souabe, le bienheureux EVRARD, qui, de comte de Nellenburg, se fit moine de l'Ordre de Saint-Denolt. XIe s. — À Vérone, décès de la bienheureuse Ursuline, vierge, née à Parme, où ses reliques reposent dans l'église de Saint-Quentin ; elle reçut une mission divine pour l'antipape Clément, qu'elle vint trouver deux fois à Avignon et sollicita vivement de mettre un terme au grand schisme. Ursuline fut une enfant de prodige : à l'âge de quatre mois, elle prononça ces mots : « Mon Dieu, mon Père ». Mais elle ne marcha qu'à l'âge de cinq ans. Elle étudia les Écritures et les Docteurs de l'Église. Un théologien ergueilleux lui ayant dit : « S'il est vrai que vous ayez des entretiens avec Dieu, vous devez savoir qui sera sauvé ou damné ». Elle répondit : « Quand vous voyez un arbre en fleurs, pouvez-vous dire quelles fleurs donneront des fruits, ou tomberont avant le temps de la fructification ? » Elle fut accusée de sorcellerie, mais échappa à la condamnation, faute de preuves. Chassée de Parme, à la suite d'une révolution politique, elle se réfugia à Vérone où elle mena une vie cachée en Dieu, partagée entre le travail et la prière. An 1410.

## SAINT APHRAATES, SOLITAIRE D'ANTIOCHE

Fin du IVe siècle.

Celui qui n'est point avec moi est contre moi, et celui qui n'amasse point avec moi dissipe.

Luc. II.

En ce temps-là (370 de l'Incarnation), les catholiques avaient été chassés par les Ariens des deux églises qu'ils possédaient à Antioche. Alors, ils s'assemblèrent au pied de la montagne dans des grottes où saint Paul s'était caché autrefois ; on leur disputa cet asile et ils se réunirent tantôt aux bords de l'Oronte, tantôt au champ de Mars, partout persécutés et traqués, partout inébranlables dans leur attachement à la foi et à leurs pasteurs. L'empereur arien Valens se vengeait en Néron païen de ces nobles résistances; il faisait noyer dans l'Oronte ceux des orthodoxes qui le gênaient.

Au nombre des hommes généreux qui bravaient le courroux du tyran et enflammaient de leur propre courage l'église opprimée d'Antioche était le grand solitaire Aphraates. Persan de naissance et d'une famille illustre, il avait embrassé le christianisme. Pour le pratiquer dans sa perfection, il était venu s'établir près d'Édesse, en Mésopotamie, dont l'église comptait alors presque autant de Saints que d'enfants. Au premier bruit des troubles d'Antioche, il se rapprocha d'elle et se bâtit aux portes de la cité une pauvre demeure où tout le monde accourait pour le voir ou le consulter. Là, dans un grec barbare, il expliquait à ses nombreux auditeurs les vérités sublimes qu'il brûlait de répandre. La sainteté de sa vie, l'ardeur de ses convictions, l'étrangeté même de sa parole donnaient du succès à son enseignement et attiraient les foules. Un morceau de pain mangé le soir au coucher du soleil était sa nourriture unique. Un jour, un noble chrétien, de ses amis, le sénateur Anthémius, qui fut depuis consul, revenant d'une légation de Perse, crut faire une chose agréable à l'anachorète en lui apportant une tunique de son pays : Aphraates la déposa sur un siège de sa cellule; mais bientôt comme si la présence de ce luxueux objet eût réveillé dans son âme un remords : « Je me trouve dans un grand embarras, sur lequel il faut que je vous consulte. Un persan m'est venu voir et me presse de le prendre à mon service, parce qu'il est de mon pays. Quoique je sois touché de cette raison, je suis néanmoins retenu par la reconnaissance que je dois aux services d'un ancien serviteur, dont je suis très-satisfait ». — « Vous avez raison », lui dit Anthémius, « je crois même que vous devez préférer un ancien domestique, dont vous êtes content, à un autre qui peut-être ne vous satisferait pas ». — « Eh bien ! reprenez cela », poursuivit le vieillard, « j'ai une tunique qui me sert depuis seize ans, la vôtre est plus belle, la mienne m'est plus chère, je n'en puis avoir deux ».

L'Oronte baignait au nord le palais de l'empereur. Du côté du midi, un grand portique à deux étages, flanqué de deux tours, touchait aux murailles de la ville. Entre le palais et le fleuve, une route menait aux jardins suburbains. Du haut du portique, Valens aperçut Aphraates, vêtu d'un pauvre manteau, et se dirigeant à la hâte vers le champ de Mars : « Où vas-tu, lui cria le prince. — Je vais, répondit l'anachorète, prier avec mes frères pour la prospérité de ton empire. — Mieux vaudrait garder ta cellule, répliqua le César... C'est ce que j'ai fait jusqu'à ce jour, ô empereur ! tant que les brebis du Christ étaient en sûreté; mais à présent que des bêtes féroces se jettent sur elles, je dois tenter tous les moyens pour les sauver. Dis-moi, ô empereur ! si j'étais une fille, vivant dans le gynécée et gardant la maison de son père, et que je la visse devenir tout à coup la proie des flammes, devrais-je rester renfermée et laisser l'incendie dévorer tout, ou me précipiter au dehors pour crier au secours, pour apporter l'eau et m'opposer au mal de mon mieux ? Ta réponse, César, n'est pas douteuse. Eh bien ! c'est toi qui as mis le feu à la maison de mon père, et je cours l'éteindre ». Valens regarda le solitaire d'un œil menaçant et se tut ; mais un des eunuques de sa chambre dit des injures au saint vieillard du haut de la galerie et le menaça de mort. Quelque temps après, cet eunuque étant allé voir si le bain de l'empereur était assez chaud, la tête lui tourna, et il se jeta dans la chaudière d'eau bouillante ; comme il était seul, il y demeura et y périt. L'empereur envoya un autre eunuque pour l'appeler, mais il revint dire qu'il ne trouvait personne dans aucune des chambres. Plusieurs y accoururent, et, à force de chercher dans toutes les cuves, à la fin ils trouvèrent ce misérable étendu mort. Le bruit s'en répandit dans toute la ville, et tous louaient le dieu d'Aphraates. L'empereur, épouvanté, n'osa l'envoyer en exil, comme il l'avait résolu, mais il ne laissa pas de persécuter les autres catholiques.

Tel était ce grand Aphraates qui vint alors au secours de la religion et fit ensuite plusieurs miracles. Il fut enseveli dans l'église des Martyrs, au faubourg d'Antioche. Les Grecs font sa fête le 29 janvier ; le martyrologe romain le mentionne le 7 avril.

Cf. Œuvres de saint Jean Chrysostome, t. xv, p. 29 (éd. de Bar) ; les Pères des déserts d'Orient, t. v; Théodoret, Vit. Patrum, c. VIII.

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Les quatre Notker. — Plusieurs auteurs ont confondu Notker avec les trois autres du même nom. Notker le Médecin (physicus ou medicus) était disciple de notre Notker, et jouissait de beaucoup de considération à la cour d'Othon IV, à cause de ses connaissances en médecine. La sévérité avec laquelle il fit observer la discipline à Saint-Gall, lui valut le surnom de Grain de poivre (piperis granum). Il perdit la vue dans sa vieillesse. On a de lui un comput en vers et quelques hymnes.

Notker ou Notger, prieur de Saint-Gall, devint évêque de Liège en 972. Il est auteur de quelques ouvrages, et mourut en 1000. Voyez Chronicon Magdeburgense, et l'Hist. litt. de France, t. VII, p. 208. Sigebert et Honorat l'ont confondu avec Notker le Sage.

Notker à la grosse livre (labus) était un des plus grands savants de son temps. Outre la connaissance qu'il avait de l'Écriture des saints Pères, des auteurs ecclésiastiques et des classiques, il était très-versé dans la musique, la poésie, les mathématiques et l'astronomie. Comme il avait beaucoup de charité, il fit donner, à l'approche de sa dernière heure, un repas aux pauvres, auprès de son lit. Il mourut le 22 juin 1027, laissant plusieurs ouvrages qui existent encore en manuscrit.

LE B. ÉVRARD OU EBERHARD, COMTE DE NELLENBURG. 263

Événements marquants

  • Conversion au christianisme en Perse
  • Établissement près d'Édesse en Mésopotamie
  • Installation aux portes d'Antioche pour défendre la foi catholique
  • Opposition publique à l'empereur arien Valens
  • Mort d'un eunuque persécuteur dans un bain bouillant après avoir insulté le saint
  • Sépulture dans l'église des Martyrs au faubourg d'Antioche

Miracles

  • Mort miraculeuse de l'eunuque persécuteur dans une chaudière d'eau bouillante
  • Plusieurs miracles non détaillés après la confrontation avec Valens

Citations

C'est toi qui as mis le feu à la maison de mon père, et je cours l'éteindre.

— Dialogue avec l'empereur Valens

J'ai une tunique qui me sert depuis seize ans, la vôtre est plus belle, la mienne m'est plus chère, je n'en puis avoir deux.

— Réponse au sénateur Anthémius

Date de fête

7 avril

Époque

4ᵉ siècle

Décès

Fin du IVe siècle (naturelle)

Autres formes du nom

  • Aphraate (fr)
  • Aprraates (la)

Prénoms dérivés

Aphraate