Saint Aurélien d'Arles

Évêque d'Arles et Confesseur

Fête : 17 juin 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque d'Arles au VIe siècle et vicaire du Saint-Siège dans les Gaules, Aurélien fut un défenseur de l'orthodoxie lors de l'affaire des Trois Chapitres. Fondateur de deux monastères à Arles, il mourut à Lyon en 551. Son tombeau fut redécouvert en 1308 dans l'église Saint-Nizier.

Biographie

SAINT AURÉLIEN, ÉVÊQUE D'ARLES ET CONFESSEUR (551).

Aurèle ou Aurélien succéda à Auxane, sur le siège d'Arles (546). Il florissait au temps du pape Vigile et de Childebert Ier, roi des Francs. Quel homme il fut, quel rôle important il joua, quel zèle il déploya, de quelle autorité il jouit auprès des rois et des évêques, quelle était sa vigueur, sa vigilance, son amour de la discipline et ses autres vertus : on en peut facilement juger par les lettres des souverains pontifes Vigile et Grégoire. Vigile, à la demande du roi Childebert, le nomma vicaire du Saint-Siège dans les Gaules et lui accorda le *Pallium*. Il assista au saint concile d'Orléans, célébré sous le pontificat de Vigile, la trente-huitième année du règne du roi Childebert, le 28 octobre 549.

Il donna, en une mémorable circonstance, une preuve frappante de son attachement à la saine doctrine. L'empereur Justinien avait condamné ce qu'on appela les *trois Chapitres*, c'est-à-dire les écrits de Théodoret contre saint Cyrille, la lettre d'Ibas, évêque d'Édesse, à Marie Perran, et les écrits et la personne de Théodore de Mopsueste, le coryphée du nestorianisme. Les Entychiens avaient poursuivi avec ardeur cette condamnation dont ils espéraient tirer de grands avantages, et la plupart des catholiques en étaient alarmés, dans la crainte qu'on n'en abusât pour donner atteinte au concile général de Chalcédoine. Cet édit fut publié en 546. Le pape Vigile, qui s'était rendu à Constantinople en 547, refusa d'abord de recevoir l'édit impérial, mais, séduit ensuite par l'espérance de voir la paix rétablie dans l'Église, il condamna lui-même les *trois Chapitres* avec cette réserve : « Sauf l'autorité du concile de Chalcédoine ». Cette décision ne contenta personne, et des diacres de l'Église de Rome écrivirent à quelques églises d'Occident que le Pape avait abandonné le saint concile. Aurélien, ayant reçu une de leurs lettres, voulut s'assurer de la vérité, et envoya à Constantinople un clerc de son église, nommé Anastase, avec des lettres pour Vigile. Celui-ci répondit, le 29 avril 550, au saint évêque d'Arles : « Qu'il n'avait rien admis qui fût contraire, soit aux constitutions de ses prédécesseurs, soit à la foi identique des quatre conciles de Nicée, de Constantinople, d'Éphèse et de Chalcédoine, ni rien qui pût faire injure soit aux personnes de ceux qui avaient souscrit à la définition de cette foi sainte, soit aux décrets de ses prédécesseurs Célestin, Xiste, Léon et les autres ; que son respect, sa vénération pour les conciles susdits ne pouvait être mise en doute ; qu'il condamnait au contraire tous ceux qui s'écartaient de la ligne de foi de ces conciles, tous ceux qui la rejetaient, soit partiellement, soit totalement.

« Que Votre Fraternité », continuait le Pape, « en qualité de vicaire du Saint-Siège, avertisse tous les évêques qu'ils ne doivent point se laisser surprendre par les écrits supposés que l'on répand, ou par les faux bruits qu'on débite... Votre envoyé Anastase vous rapportera ce qu'il a été en notre pouvoir de faire pour la défense du dépôt de la foi, qui nous a été transmis par les saints conciles et nos prédécesseurs. Lorsque l'empereur nous aura permis de retourner en Italie, nous vous enverrons quelqu'un pour vous instruire plus en détail de ce qui se sera passé ». Le Pape exhorte ensuite Aurélien à prier instamment Childebert de protéger l'Église dans la triste nécessité où elle se trouvait ; à écrire au roi des Goths, Tutila, qui venait d'entrer à Rome, de ne porter aucun dommage à l'Église romaine, de ne rien faire qui fût de nature à troubler la foi catholique. Tutila se laissa fléchir par les prières d'Aurélien, et s'abstint de piller Rome.

Aurélien soutint, par ses talents et par ses vertus, la gloire d'un siège illustré par tant de grands et de saints évêques. En 548, il fonda à Arles un monastère pour les hommes et fut secondé dans cette œuvre par le roi Childebert qui avait pour lui la plus haute estime. Il enrichit l'église de ce nouveau monastère de reliques fort précieuses et la consacra sous le titre des Apôtres et des martyrs. Il donna aux religieux une règle pleine de l'esprit de sagesse et de mortification. La même année, il fonda, dans sa ville épiscopale, un autre monastère destiné à réunir les filles qui voudraient se consacrer à Dieu dans la retraite. Il le mit sous la protection de la sainte Vierge et donna, aux religieuses qui y vivaient, une règle copiée presque mot à mot de celle qu'il avait donnée aux moines.

Quelques écrivains mettent la mort du saint évêque en 550, d'autres la reculent jusqu'en 553, mais une inscription découverte, en 1308, sur son tombeau, dans l'église de Saint-Nizier de Lyon, en fixe la véritable époque. Il y est dit expressément qu'Aurélien mourut dans cette ville le 16 des calendes de juillet, la sixième année après le consulat de Justin, indicium XIV, ce qui revient au vendredi 16 juin 551.

L'Église d'Aix, d'Arles et d'Embrun célèbre sous le rit double, le 17 juin, la fête de saint Aurélien, évêque et confesseur.

Propre d'Aix; — Cf. La France pontificale, par Fisquet.

Événements marquants

  • Accession au siège d'Arles en 546
  • Nomination comme vicaire du Saint-Siège dans les Gaules par le pape Vigile
  • Participation au concile d'Orléans le 28 octobre 549
  • Échanges épistolaires avec le pape Vigile sur l'affaire des Trois Chapitres
  • Fondation d'un monastère d'hommes à Arles en 548
  • Fondation d'un monastère de filles à Arles en 548
  • Intercession auprès de Tutila pour épargner Rome

Citations

Qu'il n'avait rien admis qui fût contraire, soit aux constitutions de ses prédécesseurs, soit à la foi identique des quatre conciles

— Lettre du Pape Vigile à Aurélien