Saint Hubert d'Aquitaine

Évêque de Maestricht et de Liège, Patron des chasseurs

Fête : 3 novembre 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Noble d'Aquitaine et grand chasseur, Hubert se convertit après avoir vu un cerf portant un crucifix entre ses bois. Disciple de saint Lambert, il lui succéda comme évêque de Maastricht avant de transférer le siège à Liège, dont il est considéré comme le fondateur. Il est célèbre pour son étole miraculeuse invoquée contre la rage.

Biographie

SAINT HUBERT D'AQUITAINE,

ÉVÊQUE DE MAESTRICHT ET DE LIÈGE, PATRON DES CHASSEURS.

727. — Pape : Grégoire II. — Roi de France : Thierry IV.

Nihil Deo et angelis gratius animæ conversionae. Bien n'est plus agréable à Dieu et aux sages que la conversion d'une âme. Saint Ambroise.

La noblesse, la sainteté, le zèle apostolique et le don des miracles ont rendu ce grand homme un des plus illustres prélats des premiers siècles de la monarchie française. L'Aquitaine le reconnaît pour un de ses seigneurs; la plus ancienne race de nos rois, pour un de ses princes, et le pays des Ardennes, pour son apôtre. Il eut pour père Bertrand, que Molan et Baronius font duc d'Aquitaine, et que quelques autres font descendre de Clotaire Ier, roi des Francs, et pour mère Hugberne, ou Afre, sœur de sainte Ode, femme d'une naissance proportionnée à celle de son mari. On l'éleva dans les lettres et dans tous les autres exercices d'une personne de sa qualité, et il y devint si adroit, qu'il était estimé comme un des jeunes seigneurs les plus accomplis du royaume. Lorsqu'il fut en âge de paraître à la cour, ses parents l'envoyèrent à celle de Thierry III, fils de Clovis II; il s'y rendit si recommandable par sa prudence, son honnêteté et ses manières agréables, qu'il mérita d'être élevé à la dignité de comte du palais. Cette haute fonction lui fournit l'occasion de montrer la sagesse et la probité qui le distinguaient et qui l'élevèrent bien haut dans l'estime de ses compagnons de cour. Ici encore il fut témoin des plus beaux exemples de piété, d'abnégation et de dévouement.

Plusieurs de ces nobles seigneurs quittaient la cour, et renonçaient aux honneurs et à l'éclat du monde pour se vouer aux travaux apostoliques, ou s'enfermer dans un monastère. Mais Hubert n'imita pas d'abord ces beaux exemples de vertu qu'il avait sous les yeux. Vivant à la cour, entouré des séductions qui en font un séjour si dangereux, même pour le plus sage, sa jeunesse fut enveloppée dans les troubles de ces fréquentes révolutions qui, grâce à l'indolence des rois fainéants, bouleversèrent si souvent le trône de France, et permirent tantôt aux factions, tantôt à l'intrigue de se mettre au-dessus des lois.

Le jeune Hubert passa quelque temps à la cour de Thierry; cependant la tyrannie du ministre Ebroïn rendit odieuse la domination du maître. Les sujets se révoltèrent et en vinrent jusqu'à déposer leur roi. Celui-ci ayant

3 NOVEMBRE.

remonté sur le trône quelque temps après, Hubert passa encore plusieurs années à la cour de ce roi, son protecteur. Là sa vie, sans être celle d'un prince déréglé, se ressentit néanmoins du tumulte au milieu duquel il était obligé de vivre. À la vérité on ne remarquait pas en lui des vices grossiers ni des actes bien répréhensibles; mais toute sa religion se bornait à observer ce que dictent les principes de la probité naturelle. Ses vertus étaient purement humaines: c'était dans le christianisme un honnête homme selon le monde. Il ne connaissait pas encore cet esprit d'humilité pratique, de mortification et de prière qui est la base du christianisme, et sans lequel le chrétien ne l'est que de nom et d'apparence.

Il aimait la chasse avec passion, et il y perdait un temps précieux qu'il aurait dû consacrer au service de Dieu. Il se livrait aveuglément aux plaisirs d'une vie mondaine, lorsque tout à coup le cruel Ebroïn s'échappe de sa prison, recouvre sa dignité de maire du palais, et en exerce tyranniquement le pouvoir. Rien ne l'empêche de suivre ses mouvements d'avarice et d'oppression contre les grands et les évêques: il pille les églises et les couvents, et donne un libre cours à ses vengeances impies et cruelles.

Une sorte de migration, causée par les cruautés d'Ebroïn, s'établit de la Neustrie vers l'Austrasie. Pépin de Herstal ou d'Héristal, qui exerçait dans ce dernier pays les fonctions de maire du palais sans en avoir le titre, recevait les transfuges à bras ouverts. Le jeune comte Hubert, voulant se soustraire à la tyrannie d'Ebroïn, quitta la cour du roi de Neustrie, et se retira en Austrasie, auprès de Pépin, son parent, qui l'accueillit favorablement. Il lui donna des emplois et le créa grand-maître de sa maison. Hubert dut suivre son protecteur dans les différents voyages qu'il faisait, tantôt à son château de Landen et de Jupille, et à sa terre d'Amberloux, tantôt dans les guerres qu'il avait à soutenir contre les princes, ses voisins: ce qui donna à Pépin l'occasion de reconnaître le mérite et la valeur du jeune Hubert. Il voulut alors qu'il s'établît dans le pays par les liens du mariage. C'est en effet vers cette époque (682), qu'eut lieu son mariage avec Floribanne, fille de Dagobert, comte de Louvain, princesse recommandable autant par ses vertus que par ses rares qualités.

Cependant Hubert, lancé dans la dissipation de la cour, continuait à se livrer aux folles joies d'une vie mondaine. Ce n'est pas qu'il manquât, à la cour, d'avis salutaires et d'exemples édifiants de piété chrétienne. Saint Lambert y prêchait avec force les saintes maximes de la religion catholique; Plectrude, femme de Pépin, pratiquait les plus héroïques vertus: elle vivait, il est vrai, au sein des grandeurs; mais elle avait à déplorer la vie criminelle de son mari, et tâchait de dissiper par des voyages et par son éloignement de la cour, les affronts qu'elle recevait à cause de la belle mais ambitieuse Alpalde, mère de Charles-Martel.

Il ne fallait rien moins qu'un coup extraordinaire de la grâce pour ramener Hubert d'une vie toute mondaine à une vie plus chrétienne. Ce coup arriva. Dieu, qui avait sur lui des desseins secrets, et touché sans doute par les prières de tant de saints parents d'Hubert, l'arrêta dans la plus grande impétuosité de son aveugle passion. Il le transforma de chasseur de vils animaux, en apôtre zélé qui devait porter la lumière de l'Évangile dans ces contrées mêmes, devenues le théâtre de ses vains amusements.

Ainsi, un jour de fête solennelle, que les fidèles s'assemblaient en foule dans les églises, pour y entendre la parole de Dieu et y assister aux saints mystères, ce jeune seigneur, accompagné de ses gens et précédé d'une meute de chiens, s'en alla dans la forêt d'Ardennes pour y chasser; mais

Notre-Seigneur se servit de cette occasion pour lui toucher le cœur et le gagner entièrement à lui. Pendant qu'il chassait, un cerf d'une beauté remarquable se présenta devant lui, et à son grand étonnement il aperçut un crucifix entre les branches de son bois, et il entendit une voix qui lui dit: « Hubert, Hubert, jusqu'à quand poursuivrez-vous les bêtes dans les forêts? Jusques à quand cette vaine passion vous fera-t-elle oublier le salut de votre âme? Ignorez-vous que vous êtes sur la terre pour connaître et aimer votre Créateur et ainsi le posséder dans le ciel?... Si vous ne vous convertissez au Seigneur, en embrassant une sainte vie, vous tomberez dans les abîmes de l'enfer ». Ce spectacle et cette voix le remplirent en même temps d'admiration et de frayeur; il descendit de cheval, se prosterna contre terre, adora la croix de son Maître que le cerf lui présentait, et protesta qu'il abandonnerait le monde et se consacrerait entièrement aux saints exercices de la religion.

Après ces protestations, il alla trouver saint Lambert, évêque de Maëstricht, dont les vertus et la sainteté lui étaient d'ailleurs bien connues; il le choisit pour maître dans les voies du salut. Saint Lambert le reçut avec une grande bonté, le retint auprès de lui plusieurs jours, pour l'instruire plus parfaitement dans la perfection chrétienne, et pour lui parler de Dieu et des choses célestes. Quoique le miracle de la grâce eût changé le cœur d'Hubert, et qu'il aspirât aussitôt à quitter le monde et ses folles joies, des liens consacrés par la religion et la justice, l'y retinrent encore quelques années (683-685). Il lui fallait d'ailleurs encore ce temps d'épreuve pour correspondre à la grâce, pour crucifier le vieil homme, pour en détruire tous les sentiments, et pour préparer la voie à l'accomplissement des desseins que Jésus-Christ avait sur sa nouvelle conquête. Sous la direction de saint Lambert, il fit des progrès rapides dans la vocation qu'il avait reçue du ciel. Il travaillait et priait sans cesse pour faire régner Dieu dans son âme. Il aurait volontiers fait le sacrifice de ses biens, si cela eût été possible dans le moment pour suivre saint Lambert dans le ministère de la parole de Dieu et la sanctification des âmes.

Au moment où Hubert, ne faisant qu'obéir à l'influence de la grâce divine dans son cœur, concevait la pensée et le violent désir d'une vie plus parfaite, arriva la mort de Floribanne. Cette princesse mourut (685) en donnant le jour à Floribert, qui succéda à saint Hubert sur le siège épiscopal de Liège. Affranchi par son veuvage de l'obligation de paraître dans les assemblées des seigneurs, Hubert évitait avec soin les pompes et les jouissances de son rang. Son cœur en était déjà détaché, mais cela ne suffisait pas à son ardeur; son âme avait encore trop de points de contact avec le monde, et ce monde lui faisait mal. L'exemple et les paroles de saint Lambert l'enflammaient tellement de l'amour divin, qu'il en vint jusqu'à former le projet d'abandonner le monde et d'embrasser la vie monastique, afin de mener une vie plus parfaite, et plus rapprochée de Dieu. Il se sentait le même courage que son maître, le même amour de Dieu, le même zèle pour le salut des âmes. Il voulut devenir son disciple.

Il renonce à toutes ses dignités et dépose les insignes militaires, pour se revêtir de l'insigne sacré de la religion. Il remet au roi Thierry le collier et la ceinture de soldat; il ne pense plus qu'à fouler aux pieds par quelque action généreuse, la gloire et les appâts du monde. Devenu héritier du duché d'Aquitaine par la mort de son père (688), il cède ses droits à son frère Eudon, et lui confie son fils Floribert âgé de trois ans. Il renonce ainsi aux affections les plus légitimes.

3 NOVEMBRE.

Rempli de mépris pour les richesses et les biens du monde, Hubert distribua aux pauvres ce qu'il possédait: il trouvait que c'était acheter à bon compte le salut éternel de son âme, que de lui sacrifier ces périssables richesses. Il ne retint du monde qu'une haire et un corselet dont il se revêtit, pour se retirer dans la solitude. Voilà donc son sacrifice accompli et son divorce avec la vie consommé, par un de ces efforts qui vont même au-delà des prescriptions du devoir chrétien. Les mondains le poursuivent de leurs attaques et de leurs railleries; mais, à l'exemple d'autres nobles contemporains, ses modèles, il ne répond aux invectives dont on l'accable, que par ces paroles: « Ô heureux affronts que de déplaire avec Jésus-Christ! »

Hubert avait vaincu son premier ennemi, le monde, en le fuyant. Il lui avait été assez longtemps dévoué; il en avait connu les attaques et les innombrables pièges; il avait été victime de ses fausses hontes, de ses préjugés, de ses mensonges. C'en était trop. Maintenant il lui dénie ses prétendus droits sur lui; il désobéit à ses lois; il brave ses calomnies; il méprise ses faux raisonnements. Il se retire loin de son ennemi à jamais terrassé et va jouir du prix de sa victoire au sein des mystérieuses joies de la pénitence.

Il avait arrêté le projet de vivre dans la retraite, à l'exemple de tant de ses contemporains et d'autres nobles compagnons de cour. Mais avant d'agir, il consulta Dieu et prit l'avis de saint Lambert, à qui il était parfaitement soumis. Ce fut par les conseils du saint évêque qu'il se conduisit dans cette affaire. Il choisit pour séjour de sa pénitence volontaire les lieux mêmes qui avaient été le théâtre de son divertissement favori; voulant désormais expier sur les lieux, par une vie pénitente, l'attache trop violente qu'il avait eue aux plaisirs de la chasse. Il alla donc (689) fixer sa demeure dans la grande forêt d'Ardennes, dans un endroit non éloigné du monastère d'Andage (aujourd'hui Saint-Hubert), où, pendant plusieurs années, il mena la vie la plus austère. D'autres prétendent que saint Hubert se retira au monastère de Stavelot, qui est aussi dans la forêt d'Ardennes; mais qu'après un certain temps d'épreuve de fidélité, profitant du privilège qu'accorde la Règle de Saint-Benoît, il put quitter cette maison, et aller mener dans une solitude complète un genre de vie plus austère.

Attentif à veiller sur lui-même et à joindre la solitude de l'âme à celle du corps, il ne craignait rien tant que de tomber dans la lâcheté et de perdre par là les avantages qu'il s'était procurés. Après avoir vaincu le monde, il travailla à se vaincre lui-même. Sachant que Dieu agrée principalement le sacrifice du cœur, et que les sacrifices qu'il avait faits jusque-là seraient défectueux et sans mérites, qu'ils seraient même un acte d'hypocrisie, s'il n'y joignait la pratique des vertus et le renoncement intérieur, il commença par s'établir solidement dans l'humilité et le mépris de soi-même; il employa toute l'activité dont son âme était capable à examiner le dérèglement de ses affections, à veiller sur ses sens et sur tous les mouvements de son cœur. Dès lors, la prière, les veilles, les macérations devinrent les délices de ce héros de la pénitence. Son vêtement était plutôt un instrument de supplice, qu'un abri contre la rigueur du climat qu'il habitait. Sa nourriture, comme celle d'autres pénitents qui l'avaient précédé, consistait en un peu d'herbes et de racines; l'eau pure était sa boisson. Il cherchait ainsi à briser les liens de sa prison de chair, et à se rapprocher de Dieu. Si, dans les combats incessants que le vieil homme livre au nouveau, sa pensée se reportait malgré lui au milieu des joies et des pompes d'une

vie mondaine, cette voix qui l'avait une première fois appelé résonnait encore dans son cœur, et cela suffisait pour étouffer le cri de la nature.

Quoiqu'il fût caché au sein de la solitude, il ne laissa pas que d'éprouver les assauts du tentateur. On a beau fuir le monde, le démon nous suit partout, et lors même que nous nous sommes retranchés sous la protection du Très-Haut, toujours il entretient des intelligences secrètes avec cet ennemi domestique qui réside dans notre propre cœur, qui ne mourra qu'avec nous et qui cherche à lui livrer la place. C'est par son exacte vigilance sur ses sens, par ses austérités continuelles, son humilité profonde, sa confiance en Dieu et sa prière fervente que notre Saint triomphait des tentations violentes du démon. Les fréquentes attaques et les ruses nouvelles de l'ennemi du salut ne l'empêchèrent point de vivre dans la plus intime union avec Dieu, et dans une inaltérable tranquillité d'âme: avantages précieux que ne manque pas d'obtenir l'homme qui est accoutumé à mortifier ses sens et à maîtriser ses passions. Cette sainte vie lui rendait comme sensible la présence de Dieu et de ses anges.

Nous apprenons de Gilles d'Orval, dans ses additions à la vie de notre Saint, composée par Anselin, chanoine de Liège, que saint Lambert, désirant qu'un si cher disciple reçût de nouveaux accroissements de grâces par les mérites des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, lui persuada de faire un voyage à Rome pour y rendre honneur à leurs cendres et y implorer, au pied de leurs tombeaux, la faveur de leur assistance et de leur protection. Hubert obéit au désir de son maître. Il quitta sa solitude, se rendit à Rome et y honora les dépouilles sacrées de ces fondateurs de la religion. Pendant qu'il y était, saint Lambert fut martyrisé pour le sujet et de la manière que nous l'avons dit en sa vie, et à la même heure un ange apparut au pape Serge Ier qui, après l'office des Matines et une longue prière, prenait un peu de sommeil, et lui présentant le bâton pastoral de ce glorieux martyr, il le pressa d'ordonner en sa place Hubert qu'il découvrirait le matin à certains signes dans l'église de Saint-Pierre. Sa Sainteté eût pu douter de cette révélation si elle n'eût été accompagnée d'un signe extérieur qui l'eût rendue indubitable; mais il en connut évidemment la vérité, lorsqu'à son réveil il trouva auprès de lui cette précieuse crosse qui avait été la marque de la vigilance et de la fermeté intrépides de ce grand martyr.

Il ne fut plus question que de trouver cet excellent homme que le ciel voulait lui donner pour successeur. On observa diligemment tous les étrangers qui entraient dans Saint-Pierre, et aux marques que l'ange avait données on le reconnut facilement. Le Pape, l'ayant fait venir devant lui, lui fit savoir le martyre de son maître et lui exposa comment Dieu lui avait révélé qu'il devait lui succéder. Il lui présenta en même temps le bâton pastoral dont il s'était servi et qu'Hubert pouvait aisément reconnaître, et l'exhorta à plier le cou sous ce fardeau que la divine Providence voulait lui imposer. Alors Hubert, se prosternant en terre, protesta de son indignité et pria instamment le souverain Pontife de l'exempter de cette obéissance. La révélation qu'il avait eue ne l'obligeait point de passer outre; ce n'était peut-être que pour l'éprouver et pour voir s'il savait se tenir dans le dernier rang que la vie trop libre qu'il avait menée dans le monde lui devait faire garder jusqu'à la mort. Tandis qu'il était dans cette contestation d'humilité, l'ange de Dieu, pour confirmer son élection surnaturelle par un nouveau prodige, apporta au Pape, en sa présence, les habits pontificaux de saint Lambert, et comme il y manquait une étole, il en présenta une de soie

3 NOVEMBRE.

blanche qu'il dit avoir été envoyée au Saint par la sainte Vierge. Ces miracles lui ôtèrent tout moyen de résister et l'obligèrent enfin de se rendre. Le Pape lui conféra tous les ordres qui lui manquaient et, lui mettant ensuite en main la crosse de saint Lambert, il le consacra évêque de Tongres et de Maëstricht. On dit que, pendant cette consécration, il arriva une autre merveille: saint Pierre lui apparut et lui présenta une clef d'or, comme il avait fait autrefois à saint Servais, l'un de ses prédécesseurs et celui qui avait transféré l'évêché de Tongres à Maëstricht. Dieu lui donna en même temps, par infusion, les sciences qui lui étaient nécessaires pour l'instruction de son peuple, avec la grâce des guérisons et surtout un don particulier de guérir les malheureux atteints de fureur et de rage.

Étant comblé de tant de faveurs et même de la bénédiction apostolique, il partit de Rome et se rendit au plus tôt à son siège épiscopal. Les habitants de Maëstricht n'eurent nulle peine à le recevoir, et, bien qu'ils n'eussent point contribué à son élection, reconnaissant néanmoins qu'elle venait du ciel, et que c'était pour cela que les habits pontificaux et la crosse de saint Lambert étaient disparus et avaient été transportés à Rome, ils se soumirent avec joie à son autorité pastorale. Hubert, sachant la différence qui doit exister entre l'évêque et le peuple, s'étudia plus que jamais à donner en sa personne des exemples de toutes les vertus évangéliques. Il était humble, sobre, chaste, vigilant, modeste, retenu dans ses paroles, assidu à la prière, fervent en toutes ses actions, patient dans les injures, ennemi des délices et grand ami de la croix. Sa vie était une mortification continuelle; il avait un désir extrême du martyre et ne pouvait assez exalter le bonheur de son prédécesseur d'avoir donné son sang et sa vie pour la défense de la justice et de la piété. Il était l'asile des pauvres et des affligés; tous les malheureux étaient bienvenus chez lui, il les recevait comme ses enfants, il les secouait de toutes les manières qu'il lui était possible et les soutenait de sa protection; enfin, il a mérité le surnom glorieux de *Refuge des veuves* et de *Père des orphelins*.

Une des actions les plus mémorables de saint Hubert, c'est l'invention et la translation des reliques de saint Lambert. Il fut porté à faire cette translation, d'abord par les grands miracles qui se faisaient à son tombeau, ensuite par diverses révélations. Pour être encore plus certain de la volonté de Dieu, il ordonna un jeûne général par tout son diocèse. Lorsqu'il fut certain que la divine Providence l'ordonnait ainsi, il convoqua les évêques ses voisins, savoir: ceux de Cologne, de Reims, de Tournai, d'Arras, d'Amiens, de Thérouanne et d'Utrecht et, en leur présence, il fit l'ouverture du saint tombeau. Il trouva le corps du saint martyr aussi frais et aussi entier que le jour de son décès et exhalant une odeur très-agréable; puis, assisté de ces vénérables prélats, qui portaient tour à tour le cercueil, il fit la cérémonie de cette translation. On ne peut exprimer l'honneur avec lequel cette précieuse relique fut reçue dans toute la marche. Aussi elle fit partout de grands miracles et elle apporta à Liège une grande abondance de bénédictions. Saint Hubert fit bâtir en ce lieu une église magnifique sous le nom de la sainte Vierge et sous celui de saint Lambert, pour lui servir de sépulture et pour faire retentir jusqu'à la fin des siècles les cantiques de louanges que l'on donnerait à sa mémoire.

Depuis, ne pouvant demeurer séparé des dépouilles de son bienheureux maître, il transféra le siège de son évêché en ce petit bourg. Il avait déjà été transféré de Tongres à Maëstricht par saint Servais; mais Dieu voulut aussi priver Maëstricht de cet honneur, pour le donner à Liège qui par ce

SAINT HUBERT D'AQUITAINE, ÉVÊQUE. 129

moyen est devenue une des plus riches et des plus puissantes villes de la Belgique. Ce fut saint Hubert qui commença de la faire accroître par de nouveaux bâtiments, qui lui donna le nom et les privilèges de ville, qui en régla les poids et les mesures pour le pain, le vin et les autres marchandises, qui voulut qu'elle eût pour sceau l'image de saint Lambert, avec cette inscription: *Sancta Legia, romanæ Ecclesiae filia*; « Liège la sainte, fille de l'Église romaine ». Peut-être prévoyait-il dès lors que Maëstricht tomberait un jour sous la puissance des hérétiques et boirait le calice de l'infidélité qui lui serait présenté par cette femme prostituée de l'Apocalypse, et que Liège, au contraire, demeurerait constante et inébranlable dans la véritable religion, sans jamais souffrir que le Wiclefisme, le Luthéranisme, ni le Calvinisme fussent reçus au dedans de ses murs. Il y fit bâtir une seconde église en l'honneur de saint Pierre, prince des Apôtres, pour lequel il avait une extrême dévotion, et y mit quinze chanoines dont la conversation lui était très-agréable. Mais depuis elle a été donnée à des chanoines et changée en collégiale. Enfin, il ennoblit encore cette ville par la translation de saint Théodat, l'un de ses prédécesseurs, et de sainte Madelberte, vierge, qu'il plaça dans une même chasse, auprès de saint Lambert.

Mais rien n'égalait la tendre dévotion de notre saint évêque envers la sainte Vierge. Il l'honorait d'un culte plein d'une pieuse reconnaissance. Pendant sa résidence à Maëstricht, il allait fréquemment passer les nuits dans l'église dédiée à la très-sainte Vierge, entièrement occupé à la prier et à l'honorer.

Sa piété ne se borna pas là. Il donna publiquement des marques éclatantes de son amour affectueux pour la Mère de Dieu. Il chercha à allumer et à entretenir dans les fidèles confiés à ses soins, cette dévotion si agréable à Dieu, si nécessaire aux hommes. La première église qu'il bâtit, fut dédiée, comme nous l'avons dit, à la sainte Vierge; il lui en consacra une seconde (742) au hameau d'Emal, non loin de Maëstricht. Il exigeait que ceux qui lui demandaient quelque grâce recourussent à la toute-puissante intercession de la Reine du ciel; et il a voulu que la mémoire de sa dévotion envers elle fût attachée au bienfait signalé qu'il nous a légué avec son étole miraculeuse, et se perpétuât avec lui pour nous être plus sûrement transmise. Et aujourd'hui encore, le répit se donna au nom de la très-sainte Trinité et de la sainte Vierge; la neuvaine prescrite se fait aussi en son honneur: tant il est vrai que dans tous les siècles on a toujours reconnu dans l'Église catholique que la sainte Vierge est remplie de toutes les grâces, qu'elle est la dispensatrice des bienfaits et des grâces que le Seigneur veut accorder aux hommes: Dieu voulant que tous les bienfaits et toutes les grâces que les hommes attendent du ciel passent par les mains de Marie et soient dus à son intercession.

Ces actions si solennelles l'ont fait appeler, par quelques auteurs, le fondateur et le premier évêque de Liège, quoique en considérant cet épiscopat comme une continuation de celui de Tongres et de Maëstricht, il n'en ait été que le trentième. Dès lors, il ne pensa plus qu'à étendre la foi de Jésus-Christ dans tous les endroits de son diocèse et aux environs, en détruisant ce qui restait des superstitions du paganisme. Il parcourut pour cela la grande forêt des Ardennes et le pays du Brabant, qui avait alors d'autres limites qu'aujourd'hui, et y fit partout tant de conversions qu'il a mérité d'être appelé l'Apôtre de l'un et de l'autre. Les merveilles qu'il opérait à tous moments contribuait beaucoup à cet heureux succès. Faisant la visite de son diocèse, il rencontra dans un village, nommé Vivoch, une

VIES DES SAINTS. — TOME XIII.

3 NOVEMBRE.

femme qui, pour avoir travaillé le dimanche, avait perdu l'usage des mains; ses doigts et ses ongles s'étaient tellement serrés contre les paumes qu'il n'était pas possible de les en séparer. Il pria donc pour elle et, sur la promesse qu'elle lui fit d'avoir désormais plus de respect pour les fêtes, il commanda à ces mains de se dénouer et, par ce seul commandement, il les remit en leur premier état. La Somme étant extrêmement basse et ne pouvant commodément porter les bateaux chargés qui servaient à quelque édifice qu'il avait entrepris, il leva les yeux au ciel, qui se couvrit aussitôt de nuages, et au bout de quelques jours, les eaux avaient repris leur niveau ordinaire. Par la vertu du signe de la croix, il chassa du corps d'une femme un démon qui s'en était emparé, pour troubler une procession qu'il faisait faire dans la campagne avec les châsses des Saints. Il éteignit, par le même signe de la croix, un grand feu qui avait pris à son palais et qui le menaçait d'un embrasement général. Il délivra du naufrage, bien qu'il fût absent, plusieurs de ses disciples qui étaient déjà presque submergés en mer et qui implorèrent son assistance. Il rendit aussi la santé à quantité de malades, par ses prières et par d'autres moyens qui étaient toujours efficaces. Il apprit à son peuple à recourir aux processions et à porter les reliques des Saints pour avoir de la pluie, pour obtenir la sérénité, pour nettoyer les champs des insectes qui les gâtent et pour toutes sortes de nécessités publiques.

Jamais les prodiges que Dieu opérait par ses mains ne le firent devenir infidèle à cette profonde humilité qui le rendait si agréable devant le Seigneur. Toujours occupé de l'abîme de son néant, il rapportait à Dieu la gloire du bien qui était en lui et qu'il opérait en faveur des autres. Il ne se glorifiait que dans ses infirmités; en même temps qu'il mettait ses complaisances dans son abjection, il se réjouissait que Dieu seul fût grand dans lui et dans toutes les créatures. Au milieu des bienfaits éclatants que Dieu répandait par ses mains, il n'attendait que d'en haut le succès de son ministère. Sa ferveur, loin de diminuer, augmentait de jour en jour et se manifestait par la continuité de ses jeûnes, de ses veilles et de ses prières.

Pour donner à sa prière la force invincible dont elle était douée, Hubert n'avait pas trouvé de meilleur moyen que l'exercice continu de cette précieuse vertu. Du lieu de son exil, il entretenait un commerce habituel avec son Père céleste. Dans toutes les circonstances de sa vie, il invoquait avec confiance son secours tout-puissant, et il en recevait tous les jours de nouvelles grâces et de nouvelles faveurs, pour prix de sa fidélité et de sa persévérance. Malgré ses nombreuses fonctions et ses courses lointaines, pour porter à son peuple le pain de la parole sainte, il savait trouver au milieu de ses fatigues, de longues heures pour la méditation et la prière; il savait unir avec un rare bonheur la vie active et la vie contemplative. Après avoir pourvu, comme son divin Maître, avec une laborieuse sollicitude, aux besoins de son peuple, il se retirait comme lui dans la solitude pour se perdre dans la contemplation de ses grâces et de ses miséricordes. Il priait tantôt sur le tombeau de saint Lambert, afin de nourrir sa piété par le souvenir du courage qui avait éclaté dans le martyre se vouant à la défense de la vérité et de la chasteté; tantôt c'était dans la forêt, où la voix de son Bien-Aimé l'avait appelé, afin de déplorer le malheur de ne pas avoir aimé plus tôt cette beauté toujours ancienne et toujours nouvelle. D'autres fois, c'était dans les champs, pendant la nuit, sous la voûte du ciel, au milieu de cette nature dont chaque détail lui rappelait la grandeur et la clémence du Créateur. Tous les objets qui l'entouraient lui servaient admi-

rablement pour élever son cœur vers son Dieu, centre unique de son amour. Son âme élevée au-dessus des sens découvrait un nouveau monde, dont les richesses et les beautés la ravissaient hors d'elle-même. Les grandeurs et les plaisirs de la terre, dont les prestiges trompeurs séduisent leurs malheureux partisans, ne lui paraissaient plus que néant; les affections, les délices terrestres n'avaient plus de charmes et ne pouvaient pas même arriver jusqu'à la région élevée où l'esprit de la prière et de la méditation l'avait porté.

Pendant qu'il avait tant de douceur et d'indulgence pour les autres, il n'avait de la sévérité que pour lui-même. Un ouvrier lui ayant par hasard écrasé la main sur un pieu de bois, il souffrit cette douleur et cette peine avec une constance merveilleuse et sans en demander la guérison; il répétait seulement ce verset du psaume: « Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande miséricorde ». Son mal lui ayant donné un peu de relâche, il s'endormit, et, pendant son sommeil, il aperçut Jésus-Christ qui, lui montrant le beau palais de l'éternité bienheureuse, lui dit: « Tu vois plusieurs demeures dans la maison de mon Père, mais voilà celle que je t'ai préparée en particulier. Dans un an, je dénouerai le lien de ta tribulation, je te délivrerai, et tu me glorifieras ». Cet avertissement lui donna de nouvelles forces pour travailler au grand ouvrage de son salut. Il redoubla ses veilles, ses prières et ses aumônes, et se rendit plus attentif à faire toutes ses actions avec perfection. Souvent il baignait le sépulcre de saint Lambert de ses larmes, et de là il passait dans l'église de Saint-Pierre, où il se prosternait contre terre devant l'autel qu'il avait consacré en l'honneur de saint Aubin. Un jour qu'il avait fait une longue prière accompagnée de larmes et entrecoupée de sanglots, il se leva en prononçant ces paroles: « Le juste sera dans une mémoire éternelle ». Ensuite, se tournant vers la paroi, en mesurant avec ses bras la grandeur de son sépulcre, il dit: « Voilà l'endroit où je serai bientôt placé ».

Cependant il fut prié par plusieurs personnes considérables du Brabant de venir chez eux faire la dédicace d'une nouvelle église. Il ne voulut pas les refuser, quoiqu'il s'aperçût bien de la proximité de sa mort, et il s'acquitta de cette fonction avec son zèle et sa piété ordinaires; mais, comme il remontait sur la rivière pour s'en retourner à Liège, la fièvre le saisit avec tant de violence, qu'il fut contraint de s'arrêter dans une de ses métairies appelée Tervueren (*Fura Ducis*), entre Bruxelles et Louvain. Le saint prélat, pressé des douleurs de l'agonie, vit paraître au milieu de la nuit l'ennemi des hommes qui s'efforçait de l'effrayer par des figures horribles; mais il le repoussa vigoureusement en récitant le psaume: *Qui habitat in adjutorio Altissimi*, et par le moyen de l'eau bénite qu'il se fit apporter par un de ses domestiques. Le jour commençant à paraître, il fit venir son fils Floribert et tous ceux de sa famille, et leur dit un dernier adieu. Ensuite, étant muni des saints sacrements de l'Église, il récita devant tout le monde le Symbole de la foi, et comme il voulait aussi réciter l'Oraison dominicale, à ces paroles: « Notre Père qui êtes aux cieux », il termina sa vie terrestre et mortelle pour en aller posséder une éternelle et immortelle dans le ciel, le 30 mai 727.

On voit représentés, dans l'église de Saint-Hubert, les actes principaux de la vie du Saint: 1° La Naissance de saint Hubert: bas-relief unique dans la face latérale droite. On y voit, d'un côté, les statues de trois anges présentant l'enfant nouveau-né à la Religion, qui le bénit; de l'autre côté, quatre statues représentant les diverses classes de l'humanité souffrante:

3 NOVEMBRE.

les pauvres, les infirmes que la religion secourt, console et guérit. On y voit également figurer d'avance les nombreuses guérisons dont l'enfant nouveau-né sera un jour l'auteur. Au-dessus, on aperçoit dans la perspective, le Père Éternel dont la main conservatrice soutient le globe du monde qu'il gouverne, et dont les pieds se perdent dans les nuages de son éternité. Autour se voient des anges portant, les uns, les insignes de l'épiscopat où l'enfant sera élevé, les autres, des instruments de musique, comme pour fêter dans le ciel l'heureuse naissance qui va réjouir la terre.

2° La Conversion, dans le compartiment du milieu de la grande face. Le jeune Franc est à la chasse dans la forêt hercynienne, ou forêt des Ardennes; un cerf portant le signe lumineux de la Rédemption entre ses deux ramures, lui apparaît. Hubert se prosterne; la grâce pénètre dans son âme; tandis que la voix d'un ange, représenté dans le tableau, lui crie: « Convertissez-vous au Seigneur, car l'abîme est ouvert sous vos pas ». On voit dans le même tableau les divers instruments de chasse. Le cerf et le cheval y paraissent détachés et placés avec beaucoup d'art. On ne leur voit cependant que le devant, l'épaisse forêt voile le reste du corps. Au-dessus, on aperçoit dans le lointain, à travers les découpures du tympan, les hauts arbres de la forêt et les rayons du soleil qui brille sur la conversion du chasseur, comme la lumière de la grâce brille dans son âme.

3° La Pénitence, dans le compartiment du milieu de la face opposée. Hubert, fidèle à son Dieu, s'est éloigné de la cour et du monde, afin d'accomplir sa conversion si divinement commencée. Il vit en anachorète dans la forêt ardennaise, revêtu d'une haire et d'un corselet, jeûnant et priant. Là encore, on voit les vieux arbres de la forêt élever leurs cimes vers le ciel où montent sans cesse les vœux et les soupirs du pénitent. On le voit lui-même agenouillé, priant devant une simple croix plantée sur le reste encore debout d'un vieux tronc. À son côté se voit son ange tutélaire accompagné d'un autre ange porteur d'une harpe qu'il pince: symbole de l'enchantement salutaire que les deux accents de la parole du Saint et l'ardeur de son zèle vont exciter dans les peuples qu'il sera appelé à évangéliser.

4° L'Ordination, dans le compartiment droit de la grande face du devant. Hubert se trouve en pèlerinage à Rome au moment où y parvient la nouvelle du massacre de saint Lambert par Dodon. Le pape Serge Ier, à qui il a été désigné par une révélation divine comme successeur de l'évêque massacré, vient, accompagné de son clergé, le trouver pieusement agenouillé à la porte de l'église Saint-Pierre; il l'introduit et lui remet les insignes sacrés qu'on voit entre les mains de ses lévites.

5° Les Miracles, bas-relief gauche dans la même face. Saint Hubert est élevé sur la chaire épiscopale de Maëstricht. Le saint prélat, rempli de zèle et de tendresse, tend la main aux faibles et aux affligés. Les enfants, les veuves, les indigents, les prisonniers, l'entourent sur son trône, trouvent en lui un tendre père et un sauveur. Les mères affligées lui apportent leurs enfants infirmes; les aveugles s'y font conduire; les énergumènes y sont amenés, et tous y trouvent la guérison de leurs maux et la consolation de leurs peines.

6° La Translation de saint Lambert, dans le compartiment gauche de la face opposée. Saint Hubert, d'après un avis céleste, fait transporter les reliques de saint Lambert de Maëstricht, au bourg de Liège, théâtre du massacre de son maître. Le Saint, en costume d'évêque, environné de ses

lévites, accompagne lui-même la pompe funèbre que des pauvres campagnards accourent vénérer sur son passage. Et pour ne pas se séparer de ces restes chéris, il s'y établit lui-même, et devient le véritable fondateur, comme le premier évêque de la belle cité.

7° La Mort de saint Hubert, dans la face latérale opposée à celle qui contient sa naissance. Le pontife expirant est entouré de son clergé et d'hommes du peuple: les uns pleurant, les autres demeurant immobiles dans l'attente de sa glorieuse migration. Le Saint, soutenu par son ange, lève les mains au ciel, et dans une divine extase, s'écrie: « Je quitte ce corps de boue pour apparaître devant mon juge!... »

8° L'Enterrement, dans le compartiment droit de la grande face opposée à ses miracles. Là, on voit la dépouille mortelle du Saint, déposée sur le linceul funèbre, soutenu par des religieux qui, en présence de saint Floribert, successeur du Saint, l'enterrent dans l'église Saint-Pierre à Liège.

On voit encore, à côté de l'autel de la chapelle dite de Saint-Hubert, un ancien tableau: c'est un présent que le collège de Bastogne fit à l'église de Saint-Hubert en 1666. Il représente le Saint terrassant un dragon, symbole du paganisme vaincu; une belle aurore apparaît répandant d'agréables lueurs devant lesquelles fuient les épaisses ténèbres de la nuit: image de la lumière de la foi que le Saint répandait dans ces pauvres et ignorantes contrées. L'évêque Hubert domine tout le tableau.

Dans le chœur de l'église de Saint-Hubert, sur les panneaux des stalles du côté droit, sont dessinés des traits de la vie du Saint: 1° On y voit saint Hubert à cheval, en costume de comte du palais dont il exerçait les fonctions à la cour de Thierry III, roi de Neustrie; — 2° Saint Lambert, évêque de Maëstricht, bénit le mariage du jeune Hubert avec Floribanne, fille du comte de Louvain; — 3° Hubert chasse dans la forêt d'Ardennes; le cerf, qu'il poursuit, se retourne portant l'image du Christ entre les branches de son bois. Le chasseur, frappé de surprise, tombe à genoux et se soumet à la volonté divine; — 4° Hubert, arrivé à Rome en 696, est introduit dans l'église de Saint-Pierre par le pape saint Serge, qui le sacre évêque de Maëstricht, successeur de saint Lambert; — 5° Saint Pierre remet à saint Hubert une clef d'or, symbole de la puissance qui lui est accordée de lier et de délier sur la terre, et de guérir les furieux; — 6° Saint Hubert terrasse, par le signe de la croix, les assassins de saint Lambert, venus à sa rencontre, lors de son retour de Rome, pour lui ôter la vie; — 7° Saint Hubert, ministre de Celui dont il est écrit: « Le diable sortira de devant ses pieds », délivre un possédé; — 8° Un ange, député de la sainte Vierge, remet à saint Hubert l'Étole miraculeuse; — 9° Saint Hubert, sur son lit de mort, expire, entouré de son fils et de ses serviteurs fondant en larmes. Ces bas-reliefs sont traités avec beaucoup de hardiesse et beaucoup de talent; leurs proportions et leur perspective sont d'un effet admirable.

## CULTE ET RELIQUES. — ABBAYE DE SAINT-HUBERT.

ORDRE DES CHEVALIERS DE SAINT-HUBERT. — LA SAINTE ÉTOLE, LA TAILLE, NEUVAINE DE SAINT-HUBERT, LE RÉPIT. — CONFRÉRIE DE SAINT-HUBERT.

INDULGENCES.

Le corps de saint Hubert fut transporté à Liège, dans l'église de Saint-Pierre, où il demeura exposé quelque temps à la vénération des fidèles; puis il fut déposé au lieu que le Saint avait

3 NOVEMBRE.

désigné, près de l'autel Saint-Aubin, dans l'église collégiale de Saint-Pierre, où Dieu ne tarda pas à manifester par plusieurs miracles la sainteté de son serviteur. En 743, saint Floribert procéda à l'exaltation de ses reliques en présence d'un concours nombreux de fidèles. Le roi Carloman voulut assister à cette cérémonie avec toute sa cour. Le corps fut trouvé sans aucune altération et exhalant une agréable odeur. Plein d'admiration pour ce gage de la miséricorde divine, le roi voulut retirer lui-même de la fosse, avec l'aide des grands de sa cour, ce corps sacré et odoriférant, et le porte processionnellement dans l'église. On plaça les restes du Saint dans un nouveau cercueil, et on le déposa devant le maître-autel, où ils furent révérés pendant quatre-vingt-deux ans. Le roi fit à cette occasion de riches présents à l'église de Saint-Pierre, et lui légua par testament des terres et de nombreux revenus. Cette exaltation eut lieu le 3 novembre: on fixa à ce jour la fête de saint Hubert dans toute l'Église catholique.

Le 21 septembre 825, l'évêque de Liège, Walcand, ouvrit la tombe du Saint en présence de Louis le Débonnaire et d'une foule innombrable de fidèles. Le corps du saint Pontife fut retrouvé dans le même état de conservation qu'on l'avait trouvé lors de la première translation. Sa chair s'était conservée aussi intacte que le jour de son inhumation. Ce corps sacré fut ensuite transporté au milieu d'une pompe extraordinaire à l'église de Saint-Lambert, où il demeura de nouveau exposé pendant trois jours à la vénération des fidèles. Après ce temps, l'évêque remit ce précieux dépôt entre les mains des moines d'Andage, qui le transportèrent solennellement à leur monastère.

Arrivés à leur destination, les moines ouvrirent le cercueil et s'assurèrent de nouveau que le corps saint y était en entier; ils en ôtèrent l'étole miraculeuse, la crosse d'ivoire, une sandale, le peigne et le cornet tous deux d'ivoire; tous objets que l'on montre encore aujourd'hui, à l'exception de la sandale. La précieuse dépouille fut ensuite déposée dans une chapelle ardente de l'église, relevée par Bérégise et réparée par Walcand. À peine le corps de saint Hubert fut-il arrivé à Andage, que les peuples vinrent en foule prier sur les lieux sanctifiés par sa pénitence et par la présence de ses augustes reliques: cette tendre confiance des fidèles fut récompensée par de nombreux miracles. Les guérisons éclatantes obtenues par son intercession et l'emploi de son étole miraculeuse, dans des maladies graves et pour des morsures dangereuses, attirèrent à Andage une foule de pèlerins si grande, que ce pèlerinage fut bientôt mis au nombre des plus célèbres pèlerinages du monde chrétien. Le nom d'Andage disparut comme par enchantement devant l'amour des peuples pour le nom de Saint-Hubert.

La petite ville de Saint-Hubert renferme aujourd'hui environ 2,200 habitants. Son origine ne doit pas remonter au-delà de 817; elle la doit, avec ses développements successifs et ses ressources, au monastère du lieu. Ce n'était primitivement qu'un mauvais village de pauvres et de travailleurs qui vinrent appuyer leurs cabanes aux murs du monastère dont ils recevaient la nourriture, l'instruction et des terres toutes défrichées et exemptes de contributions. Quand les reliques de saint Hubert furent transférées à Andage (825), les nombreux miracles qui s'opérèrent sur son tombeau et surtout les effets merveilleux de la sainte étole, y attirèrent une foule de pèlerins, de marchands et d'étrangers qui peu à peu y fixèrent leurs demeures pour être plus près du patronage du Saint et du monastère: ce qui augmenta considérablement le nombre des cabanes. Dès lors le village existe; le saint patron lui a donné son nom; sa prospérité augmente avec la réputation de la sainte étole et avec les bienfaits du monastère. Protégé constamment par les abbés, ce village arrive insensiblement à l'état de ville. Aujourd'hui encore, sa belle église et les reliques fameuses y attirent de tous les points de la chrétienté un grand nombre de pèlerins et d'étrangers: ce qui constitue en grande partie la ressource des habitants. Les riches éclats de la crosse abbatiale n'ont pas moins servi à y créer quelques fortenes. De belles routes ouvertes récemment la mettent en communication avec les autres pays et y amènent chaque jour une foule de voyageurs qui, bien qu'effrayés de la rigueur du climat et de l'aspect du sol, s'y laissent cependant attirer par la célébrité du pèlerinage. En arrivant, tout leur parle du patron; ses traces, ses souvenirs se rencontrent partout; son nom est dans toutes les mémoires et sur toutes les lèvres, comme sur toutes les parties du monument.

Le pèlerin pieux s'empresse d'aller faire sa prière devant l'autel du Saint; le voyageur plus curieux et moins pressé, s'arrête à contempler les somptueux bâtiments du palais abbatial; il demande l'origine de l'abbaye, ses progrès et sa suppression.

Voici à quelle occasion fut fondé le monastère d'Andage, aujourd'hui Saint-Hubert: il y avait au centre de la forêt d'Ardennes, non loin d'une route romaine, un château-fort nommé Ambra, chef-lieu du domaine d'Amberloux. Saint Materne, évêque de Tougres, y avait érigé une église et l'avait dédiée à saint Pierre. Les Huns, en ravageant les Gaules, avaient démoli ce château-fort de fond en comble avec l'église: ce ne fut que des ruines pendant deux cent trente-sept ans. Bérégise, aumônier de Pépin d'Héristal, ayant obtenu de lui la donation de ce lieu, alla prendre possession d'Ambra en 687, menant avec lui des moines du monastère de Saint-Trond et quelques amis fidèles. Aidé de leur concours, il défricha ce désert et le rendit habitable. Il releva de ses ruines l'église qui existait autrefois dans ce château, et que saint Materne avait dédiée à saint Pierre; il dirigea dans le service de Dieu la petite communauté des moines. Telle fut l'origine du monastère d'Andage, dont Bérégise fut le fondateur et le premier abbé.

Après la mort de Bérégise, la ferveur se ralentit peu à peu parmi les moines; les bâtiments

tombèrent en ruine, et bientôt le monastère ne fut plus habité que par un petit nombre de solitaires, qui eurent recours à l'évêque de Liège, Walcand, afin qu'il améliorât leur position. Celui-ci fit réparer l'église et relever les bâtiments qui tombaient en ruine; il y ajouta de nouvelles constructions qu'il étendit un peu plus à l'orient, vers la fontaine qui donna le nom d'Andage (Andalman ou Andagium) au monastère. En 817, il supprima la communauté des clercs d'Andage et les remplaça par des religieux Bénédictins tirés du monastère de Saint-Pierre, à Liège, fondé par saint Hubert, auxquels il accorda de riches possessions et de nombreux revenus. Le monastère acquit en peu de temps de grands biens. Dès 825 à 837, plusieurs paroisses contractèrent la coutume de venir chaque année en procession à l'église de Saint-Pierre à Saint-Hubert, et d'y apporter chacune son offrande. C'est aussi à cette époque qu'il faut rapporter l'origine des confréries de Saint-Hubert, autre source de revenus pour l'abbaye. Des familles et des provinces entières, désirant se mettre sous la protection du Saint et avoir part aux prières des religieux, s'engageaient à payer une rente annuelle à Saint-Hubert. De là est venue l'expression encore usitée, se faire arrenter, qui signifie aujourd'hui se faire inscrire dans la Confrérie de Saint-Hubert. Cette confrérie fut approuvée et enrichie d'indulgences par les papes Jules II, en 1510, et Léon X, en 1515. Les ducs de Bouillon, les comtes de Flandre, de Namur, de Montaigu, de Durbuy, de Chiguy, de Mouson, se déclarèrent les protecteurs et les défenseurs de l'église de Saint-Hubert. Plus tard, Charles-Quint, Charles le Téméraire et Henri IV prirent le monastère sous leur protection. Quatorze souverains Pontifes, depuis saint Grégoire VII jusqu'à Urbain VIII, donnèrent des bulles ou des rescrits en faveur de l'abbaye de Saint-Hubert, lui accordèrent de nombreux privilèges et lancèrent anathème contre quiconque porterait atteinte aux biens meubles ou immeubles qu'elle possédait ou acquerrait à l'avenir. En 1090, le monastère de Saint-Hubert brilla de son plus vif éclat, et la Règle de Saint-Benoît y fleurit de toute la perfection de la vie religieuse. Saint-Hubert a donné le jour à quelques hommes qui se sont fait un nom dans les lettres et les arts, et dont toute la gloire revient encore au monastère; il a aussi, dans tous les temps, produit de grands hommes pour gouverner d'autres monastères. Les Papes confiaient à ses abbés des missions importantes.

L'état du monastère fut prospère jusqu'à vers l'an 1096. Alors, ses biens temporels furent dilapidés et le monastère lui-même mis au pillage par les agents du simoniaque Otbert de Brandebourg, prince-évêque de Liège. Vers 1130, un incendie consuma l'église du monastère, qui fut reconstruite par l'abbé Gislebert et terminée par son successeur, Jean de Waha: ce fut la troisième église bâtie au même lieu. Ce fut aussi vers cette époque que le monastère reçut par donation la forme dite Connerserie, située à environ une lieue nord-est du monastère. C'est en cet endroit que saint Hubert chassant fit la rencontre du cerf miraculeux; c'est là encore que, suivant la tradition la plus accréditée, il passa plusieurs années de pénitence. Une chapelle bâtie là en mémoire de ces deux grands faits de la vie du Saint consacra longtemps ce souvenir; on en voyait encore les ruines en 1535. De 1200 à 1415, les affaires temporelles du monastère furent rétablies considérablement; les mœurs et la discipline reçurent également une heureuse réforme; mais la deuxième moitié du XVe siècle fut encore une époque de malheurs et de souffrances pour le monastère. Le pays fut livré à un tel désordre par suite des guerres, que souvent des gens armés pénétraient dans l'abbaye, la pillaient, et allaient jusqu'à frapper et blesser les moines. Le commencement du XVIe siècle ouvrit une nouvelle ère pour le monastère. Nicolas de Malaise, élu abbé en 1503, rétablit une discipline sévère et obtint plusieurs privilèges des papes Jules II et Léon X. Une châsse d'argent, qu'un moine habile avait ornée d'or et de pierres précieuses, renfermait le corps du Saint qui demeurait exposé dans l'église à la vénération des fidèles. Le monastère, protégé par les Papes et les princes temporels, prospérait sous tous les rapports, lorsque, le 20 janvier 1525, un incendie éclata dans le bourg et consuma la plupart des bâtiments du monastère et une grande partie de l'église. Par suite de ce désastre, l'abbé de Malaise conçut le dessein d'élever une plus vaste et plus belle église que celle que le feu venait de détruire. Il ne conserva de celle-ci que les tours qu'il fit réparer et le portail du transept, et il jeta les fondements de l'église actuelle. On dit que les pierres de cette église furent amenées à grands frais de Namur et de Maestricht. Quand on répara la façade, en 1844, on dut également amener les pierres de Sprimont, près de Liège.

En 1568, le monastère fut pillé et l'église brûlée par une bande de Huguenots; mais les reliques furent mises en un lieu sûr par les moines prévenus à temps de leur approche. Après la rentrée des religieux, la communauté se trouva dans un tel état de privation, que l'abbé se vit obligé de vendre l'argenterie de l'église, et même la châsse d'argent qui renfermait le corps de saint Hubert. Un nouvel incendie vint bientôt augmenter les pertes de l'abbaye, qui eut encore à subir toute sorte de violences de la part du conseil provincial du duché de Luxembourg. L'abbé Jean de Bulla (1585-1599) releva les tours de l'église qu'il dota de cloches et d'un beau carillon; il répara l'orgue dévasté par l'incendie des Huguenots et l'augmenta considérablement. Cependant le monastère eut encore beaucoup à souffrir de l'état continuel des guerres du XVIe et du XVIIe siècle. Le relâchement de la discipline monastique inspira à l'abbé Nicolas de Fanson (1611-1633) l'introduction d'une nouvelle réforme (1618), qui ramena les religieux obstinés à la régularité primitive de l'Ordre de Saint-Benoît, et replaça le monastère au niveau de son ancienne splendeur. L'abbaye

3 NOVEMBRE.

était dans un état prospère, lorsqu'en 1633 un incendie vint de nouveau consumer les quartiers de l'abbé et des frères, la bibliothèque et un riche mobilier. Sous l'abbé Cyprien Maréchal (1602-1686), l'église reçut deux autels en marbre, un jubé, un orgue qui existe encore et de riches ornements sacerdotaux. La voûte de la grande nef fut terminée (1683). Clément Lefebvre (1686-1727) remplaça la belle façade gothique écroulée en partie dans l'incendie des Huguenots, par la façade actuelle; il fit paver de marbre le sanctuaire et le chœur, et commencer leur élégante clôture en marbre, qui ne fut terminée que sous son successeur, Célestin de Joug (1727-1760). Celui-ci construisit les beaux bâtiments de l'abbaye tels qu'on les voit encore; mais le faste de son administration entraîne des dépenses excessives, qui furent encore augmentées par les malheureuses spéculations et les entreprises infructueuses de Nicolas Spirlet, dernier abbé de Saint-Hubert, qui fut obligé d'émigrer en Prusse où il mourut en 1794. Enfin arriva le vandalisme républicain; les religieux sont expulsés de l'abbaye (1796); avec eux s'en va le riche trésor de l'église et du monastère, dont les biens sont vendus au profit de la nation. En 1807, l'église fut vouée à la destruction, mais elle fut rachetée pour être rendue à la piété des fidèles et au culte catholique (1808), et Mgr Pisani, évêque de Namur, l'érigea en église paroissiale (1809). À partir de cette époque, l'église, privée de revenus suffisants, eut beaucoup à souffrir des ravages du temps et de l'incurie des hommes. En 1843, le roi Léopold Ier, à la vue de l'édifice dont il reconnut le mérite architectonique, le dota magnifiquement et depuis il fut considéré comme monument national. Quant aux bâtiments de l'abbaye, après avoir appartenu à la province de Luxembourg et à des particuliers, ils sont rentrés dans le domaine du gouvernement qui y a établi une maison pénitentiaire pour les jeunes délinquants.

Les deux Ordres des Chevaliers de Saint-Hubert s'établirent en l'honneur de la très-sainte Trinité, des cinq plaies de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, sous la protection de saint Hubert: le premier, à cause d'une victoire remportée le jour de la fête, 3 novembre; le second, pour mettre fin aux dissensions entre les seigneurs barrois et lorrains. Le chef de l'Ordre qui, vers 1420, portait le titre de Roi, prit, vers 1422, celui de Grand-Veneur, et deux siècles plus tard, celui de Grand-Maître de l'Ordre.

Les enseignes étaient un collier supportant une médaille pendante sur la poitrine du chevalier. Sur cette médaille on voyait saint Hubert adorant le Crucifix représenté dans le bois du cerf. On peut voir un modèle en petit de cette médaille dans une croix donnée par un prince palatin et suspendue à l'ostensoir de l'église.

Pour être admis dans l'Ordre de Saint-Hubert, il fallait être catholique romain, de bonnes mœurs, et posséder au moins quatre quartiers de noblesse. Les dames y étaient admises. Les chevaliers s'obligeaient à réciter cinq Pater et cinq Ave chaque jour, à jeûner la veille de la fête du Saint, à respecter les liens du mariage, à défendre la religion et les intérêts du souverain légitime, et à secourir les malheureux.

Les rois Louis XIV, Louis XV, Louis XVI et Louis XVIII ne dédaignèrent point l'honneur d'en être les chefs souverains; et grands-maîtres, les ducs de Choiseul et d'Aumont. Le chapitre de l'Ordre fit déposer à l'église de Saint-Hubert un volume in-4°, contenant l'état nominatif des grands-croix, commandeurs, chevaliers, officiers d'armes de l'Ordre noble de Saint-Hubert de Lorraine, où sont inscrits les noms des empereurs d'Allemagne, des rois de France et des princes lorrains, avec le cérémonial des réceptions religieuses et la formule de l'acte à en dresser.

La relique principale, celle qui attire surtout l'attention et le respect, c'est l'étole qui a appartenu à saint Hubert et qui opère tous les jours des effets merveilleux. Elle est renfermée dans une petite boîte d'argent qui a succédé à un reliquaire d'or d'un travail admirable. D'après des documents anciens parvenus jusqu'à nous, il est constaté que la sainte étole fut employée, dès le IXe siècle, comme remède infaillible contre la rage, pourvu que le patient eût une vraie foi et qu'il observât les prescriptions ordonnées pour cette guérison. Aussi voyons-nous dès lors la coutume établie d'aller en procession à Saint-Hubert: coutume contractée à l'occasion de nombreux miracles. Plus le bruit de ces prodiges se répandait au loin, plus on voyait s'accroître la foule des malheureux de tout genre qui venaient solliciter la guérison de leurs maux. L'étole du Saint était connue partout pour ses effets miraculeux. Sa vertu consiste principalement à préserver des suites du venin de la rage ceux auxquels il a été communiqué, soit par la morsure d'un animal atteint de cette terrible maladie, soit par sang, par bave, haleine, nourriture infectée, soit de toute autre manière.

La médecine n'a aucun remède certain contre la rage; elle se borne à indiquer des précautions préventives pour empêcher que le virus rabique ne soit absorbé et porté dans la circulation du sang. On y va plus simplement à Saint-Hubert pour accorder infailliblement la guérison de la rage, quelle que soit la manière dont le virus soit absorbé. Voici comment s'obtient cette guérison:

Dès qu'une personne se croit infectée du venin de la rage, elle se rend à Saint-Hubert; si elle a été mordue à sang par un animal enragé, elle subit l'opération qu'on appelle la Taille; si elle n'a pas été mordue à sang, elle reçoit le Répit. Après quoi la personne retourne chez elle, accomplit une neuvaine. Elle est assurée de sa guérison. Voici comment se fait l'opération de la Taille: L'aumônier fait une petite incision au front de la personne qui a été mordue; l'épiderme étant légèrement soulevé à l'aide d'un poinçon, il introduit dans l'incision une parcelle exiguë de l'étoffe

de la sainte étole, et l'y maintient à l'aide d'un étroit bandeau de toile noire, qui doit être porté pendant neuf jours, c'est-à-dire pendant une neuvaine qui est prescrite à Saint-Hubert.

Voici les dix articles de la neuvaine de Saint-Hubert: la personne, à qui on a inséré dans le front une parcelle de la sainte étole, doit observer les articles suivants:

« 1° Elle doit se confesser et communier sous la conduite et le bon avis d'un sage et prudent confesseur qui peut en dispenser; — 2° elle doit coucher seule en draps blancs et nets, ou bien toute vêtue lorsque les draps ne sont pas blancs; — 3° elle doit boire dans un verre ou autre vaisseau particulier; et ne doit point baisser sa tête pour boire aux fontaines ou rivières, sans cependant s'inquiéter, encore qu'elle regarderait ou se verrait dans les rivières ou miroirs; — 4° elle peut boire du vin rouge, clair et blanc mêlé avec de l'eau, ou boire de l'eau pure; — 5° elle peut manger du pain blanc ou autre, de la chair d'un porc mâle d'un an ou plus, des chapons ou poules aussi d'un an ou plus, des poissons portant écailles, comme harengs, saurets, carpes, etc.; des œufs cuits durs; toutes ces choses doivent être mangées froides; le sel n'est point défendu; — 6° elle peut laver ses mains et se frotter le visage avec un linge frais, l'usage est de ne pas faire sa barbe pendant les neuf jours; — 7° il ne faut pas peigner ses cheveux pendant quarante jours, la neuvaine y comprise; — 8° le dixième jour, il faut faire délier son bandeau par un prêtre, le faire brûler et en mettre les cendres dans la piscine; — 9° il faut garder tous les ans la fête de saint Hubert, qui est le troisième jour de novembre; — 10° et si la personne recevait de quelques animaux enragés la blessure ou morsure qui allât jusqu'au sang, elle doit faire la même abstinence l'espace de trois jours, sans qu'il soit besoin de revenir à Saint-Hubert; — 11° elle pourra enfin donner répit ou délai de quarante jours, à toutes personnes qui sont blessées ou mordues à sang ou autrement infectées par quelques animaux enragés.

On trouve cette neuvaine établie de temps immémorial. On l'observe depuis qu'on recourt à saint Hubert. Depuis le IXe siècle, depuis le temps de saint Hubert même, l'usage constant et établi était de pratiquer ce que cette neuvaine prescrit, pour obtenir le bienfait signalé qui a toujours été accordé à ceux qui l'ont demandé par cette pratique. N'est-il pas légitime de conclure que cette neuvaine exprime les dispositions que saint Hubert demandait de ceux qu'il guérissait pendant sa vie? Si l'observance de la neuvaine est une condition de la guérison, c'est parce que l'humilité et l'obéissance qui font embrasser des pratiques qui, loin d'avoir rien de répréhensible, ne contiennent que des actes de piété, de prudence et de pénitence, disposent l'âme à une confiance plus vive et mieux fondée, et ainsi aux bénédictions de Celui qui regarde les humbles avec amour et détourne les yeux des superbes et des dédaigneux.

Le Répit consiste à assurer contre la rage les personnes mordues, ou autrement infectées par des animaux enragés, jusqu'à ce qu'elles puissent se rendre à Saint-Hubert pour y être définitivement assurées. La tradition historique fait remonter l'origine du pouvoir de donner le Répit jusqu'à Saint-Hubert. Ajoutez à cela que les faits continuels viennent confirmer tous les jours cette tradition. Les aumôniers, desservant la chapelle de Saint-Hubert et les personnes taillées peuvent seules donner ce Répit.

Les aumôniers, attachés à l'œuvre de saint Hubert, peuvent donner Répit à terme ou à vie. — Les personnes taillées peuvent le donner seulement pour quarante jours, comme leur instruction le porte au n° 11; mais elles peuvent le répéter de quarante en quarante jours. — On a vu des personnes mordues à sang se contenter d'aller demander le Répit tous les quarante jours, pendant trente-huit ans, à une personne taillée demeurant à plusieurs lieues de leur endroit, et venir après cette époque se faire tailler à Saint-Hubert.

On accorde le Répit aux personnes mordues par un animal qui ne donne que des indices douteux d'hydrophobie, ou auxquelles la morsure n'a pas été jusqu'à faire couler le sang, ou encore aux personnes qui se croient infectées du venin de la rage de quelque manière que ce soit. — On l'accorde encore aux enfants qui n'ont pas fait leur première communion, et qui ne sont pas préparés à la faire, quelle que soit leur blessure. — De deux enfants mordus à sang par le même animal enragé et dans les mêmes circonstances, l'un est taillé parce qu'il peut remplir les conditions de la neuvaine; l'autre, trop jeune, reçoit le Répit à terme, et jamais la confiance au Répit n'a été trompée. Avant l'expiration du terme, il doit revenir à Saint-Hubert pour être taillé, ou recourir au Répit de quarante jours. — Les parents demandent le Répit pour les petits enfants: cette pratique était déjà usitée dès 1550.

Enfin on donne Répit aux personnes prises de la peur. On connaît assez les tristes effets que la peur entraîne dans le corps et les désordres intellectuels qui en résultent. Le Répit ne manque jamais de remonter le moral du patient, de bannir entièrement de son esprit la maladie de la peur et de le rassurer contre le danger de la rage quelque imminent qu'il lui paraisse. Les esprits forts pourront ne voir dans ce Répit qu'une vaine cérémonie, qu'une pratique puérile et déraisonnable, mais nous n'en pouvons rien. Les résultats obtenus tous les jours sont là debout comme des murs inébranlables contre lesquels viennent se briser tous les raisonnements.

L'effet produit par la Sainte-Étole sur la rage déclarée, c'est que les personnes taillées ont le pouvoir, mille fois reconnu, d'arrêter, de calmer et de faire périr les animaux enragés sans en être inquiétées.

On bénit à Saint-Hubert des Clefs ou Cornets qu'on touche à la Sainte-Étole: C'est un fer

3 NOVEMBRE.

conique d'environ dix centimètres de longueur et de cinq millimètres de grosseur, terminé par un espèce de sceau représentant un cornet. L'usage de ces clefs ou cornets est suffisamment indiqué dans l'Instruction suivante:

« Dès qu'on s'aperçoit qu'un animal a été mordu ou infecté par un autre, il faut faire rougir le cornet ou clef au feu et l'imprimer sur la plaie même, si cela se peut commodément, sinon sur le front jusqu'à la chair vive, et tenir ledit animal enfermé pendant neuf jours, afin que le venin ne puisse se dilater par quelques agitations immodérées.

« Les animaux sains seront aussi marqués au front, mais il ne sera pas nécessaire de les tenir enfermés.

« Cela fait, quelqu'un de la famille, soit pour un ou plusieurs bestiaux, commencera le même jour à réciter, pendant neuf jours consécutifs, cinq Pater et Ave, à l'honneur de Dieu, de sa glorieuse Mère et de saint Hubert. Pendant tout ce temps on donnera tous les jours audit animal, avant toute autre nourriture, un morceau de pain ou un peu d'avoine bénite par un prêtre, à l'honneur de saint Hubert.

« La vertu merveilleuse de ces cornets pour les bestiaux est suffisamment constatée par l'expérience journalière, et quand même, malgré cette précaution, la rage se communiquerait à un tel animal, on voit qu'il crève sans nuire aux autres.

« Ce serait un abus, et ces clefs seraient profanées, si on s'en servait pour marquer des hommes, ou si on les imprimait sur du bois ou autre chose, lorsqu'elles sont rougies au feu, puisqu'elles ne sont bénites que pour marquer les animaux.

« Ce serait un abus de croire qu'elles sont profanées lorsqu'on les laisse tomber à terre, ou qu'on les touche avec la main.

« C'est un abus criminel de se servir des cornets ou clefs de Saint-Hubert pour gagner de l'argent, ou tout autre présent. La seule intention d'en recevoir rend ces cornets inutiles, pour obtenir l'effet qu'on en espère, et par conséquent, ils sont profanés ».

C'est un fait attesté par des milliers de témoins que les animaux marqués au front de la clef de Saint-Hubert, s'ils sont mordus par d'autres animaux enragés, ne sont nullement à craindre; car dans le cas même où la rage leur serait communiquée, on les voit mourir sans nuire ni aux personnes ni aux autres animaux.

Afin de se préserver de la rage, on porte dévotement sur soi des objets bénits et touchés à l'Étoile miraculeuse de Saint-Hubert, comme des croix, des bagues, des chapelets, médailles, etc. Un autre moyen fort usité pour obtenir la protection de saint Hubert contre l'hydrophobie est de se faire inscrire dans la Confrérie de Saint-Hubert.

Les indulgences accordées soit aux confrères et consœurs de la Confrérie de Saint-Hubert en Ardennes, ci-devant diocèse de Liège, présentement diocèse de Namur, soit aux autres fidèles qui visitent l'église dédiée à ce grand Saint, sont les suivantes:

1° Indulgence plénière le premier jour de leur réception dans ladite Confrérie, à tous ceux et celles qui, vraiment pénitents et s'étant confessés, auront communié ledit jour de leur réception.

2° Indulgence plénière à ceux qui, à l'article de la mort, invoqueront dévotement et de cœur (s'ils ne le peuvent de bouche) le très-saint Nom de Jésus.

3° Indulgence plénière le jour de Saint-Hubert (fête principale de la Confrérie), depuis les premières Vêpres jusqu'au soleil couché dudit jour, en faveur de ceux qui, avec les mêmes dispositions que ci-dessus, visiteront l'église dudit Saint et prieront aux intentions du souverain Pontife.

4° Indulgence de sept ans, et autant de quarantaines, à ceux qui, étant pareillement disposés comme ci-dessus, visiteront ladite église, aux fêtes de la Pentecôte, du Saint-Sacrement, de l'Assomption et de la Conception de la sainte Vierge, et prieront aux intentions du souverain Pontife.

5° Indulgence de soixante jours, à ceux qui, le cœur au moins contrit, pratiqueront dévotement quelque œuvre de piété, comme d'accompagner le Saint-Sacrement lorsqu'on le porte aux malades, ou aux processions légitimement autorisées; d'enseigner aux ignorants les articles de notre foi et les commandements de Dieu; de réciter cinq fois le Pater et l'Ave Marie, soit pour les malades ou agonisants, soit pour les âmes des Confrères trépassés; de loger les pèlerins, etc. Cette indulgence de soixante jours est accordée pour chacune desdites œuvres de piété, et autant de fois qu'on les exercera.

6° Indulgence plénière, une fois chaque année seulement, à tous les fidèles de l'un et de l'autre sexe, qui vraiment contrits et étant confessés et communiés, visiteront dévotement la susdite église de Saint-Hubert en Ardennes, et y prieront pour la concorde entre les princes chrétiens, l'extirpation des hérésies et l'exaltation de notre Mère la sainte Église.

7° Indulgence plénière à tous les fidèles qui, vraiment contrits et étant confessés et communiés, visiteront dévotement chaque année ladite église, le jour de la fête de saint Hubert, et les neuf jours consécutifs qui précèdent immédiatement, et y prieront pour les fins ordinaires exprimées dans le n° 6. Cette indulgence plénière ne peut se gagner qu'une seule fois par an, dans l'espace desdits jours, au choix de chaque fidèle.

8° Rémission de deux cents jours de pénitences enjointes ou autrement dues, de quelque

façon que ce soit, pendant chacun des huit autres jours désignés au n° 7, accordée dans la forme accoutumée de l'église, auxdits fidèles qui, au moins contrits, visiteront ladite église et prieront comme ci-dessus.

Pour pouvoir gagner les indulgences indiquées dans les cinq premiers numéros ci-dessus, lesquelles sont accordées à perpétuité, d'après un Rescrit apostolique du 7 septembre 1814, il faut être de la Confrérie. Les autres indulgences mentionnées dans les nos 6, 7 et 8, accordées ad septemnium, par deux Brevets donnés à Rome, le 9 septembre 1814, peuvent être gagnées sans être de ladite Confrérie.

C'est une tradition universelle dans le monastère, dans l'Église de Liège et partout où le Saint est connu, que son corps est caché dans un caveau secret de l'église où il fut placé par mesure de prudence, et que les moines qui connaissaient sa retraite, vu les désordres des temps, ont emporté le secret avec eux dans le tombeau. Ce ne fut que vers la fin du XVIe siècle que la châsse qui contenait ses restes sacrés ne fut plus exposée à la vénération des fidèles.

Autray, autrefois abbaye de chanoines réguliers et présentement petit séminaire du diocèse de Saint-Dié, possède un os du pied ou de la main, attribué à saint Hubert. Cette relique fut l'objet d'un pèlerinage considérable. La chapelle de Saint-Hubert, à voûte plate avec caissons, existe encore; elle est de l'époque de la Renaissance et de même style que la chapelle des Évêques dans la cathédrale de Toul; elle était ornée de vitraux peints très-remarquables, desquels une partie seulement se voit au musée d'Épinal. En 1495, les religieux de Saint-Hubert en Ardennes attaquèrent la vérité de la relique d'Autray, alléguant que le corps du saint évêque de Tongres reposait entier dans leur monastère. La question fut plaidée devant l'évêque de Bâle, puis, en 1513, devant l'évêque de Toul; quelques années plus tard elle fut portée en cour de Rome. Elle ne fut point jugée quant au fond. En effet, de telles questions ne peuvent être tranchées par une sentence d'autorité. La relique d'Autray, qui a une possession notoire de fois séculaire, ne peut être dépossédée que par l'exhibition du corps de saint Hubert entier, et sans aucune altération dans aucun de ses membres; or, à Saint-Hubert des Ardennes on n'est point en mesure de fournir la preuve de cette affirmation avancée il y a près de quatre siècles.

Depuis 1792, la relique de saint Hubert de l'abbaye d'Autray se conserve dans l'église paroissiale de Rambervillers, qui en est distante de dix kilomètres. À cette date, un prêtre de cette ville, à cheval, et suivi d'un certain nombre de cavaliers, en fit l'enlèvement et la translation au moment où elle n'aurait pas manqué de périr à tout jamais. Ce dernier fait, qui eût été curieux à raconter, est tout notoire dans la contrée, mais n'a point encore été constaté par aucun acte.

Limé, dans le canton de Braine, possède une relique de saint Hubert, évêque de Liège, mort en 727. Chacun sait que ce saint évêque est spécialement invoqué contre la rage; c'est ce qui, depuis plusieurs siècles, a amené à Limé un grand nombre de pèlerins. On présume qu'à l'époque où les courses des Normands inquiétaient la paix des monastères du Nord, les religieux de la célèbre abbaye de Saint-Hubert, dans les Ardennes, transportèrent à Limé les reliques de leur saint patron, et que, par reconnaissance, ils donnèrent un de ses os à l'église du lieu.

« Ces saintes reliques », dit un ancien procès-verbal, rédigé en 1735, par l'ordre de l'évêque de Soissons, « ont été de temps immémorial révérées des peuples, sous l'invocation de saint Hubert, notamment de ceux qui avaient eu le malheur d'être mordus par des bêtes enragées; lesquels ont souvent ressenti la protection de ce grand Saint, n'ayant encouru aucun dommage de leurs blessures; faits qu'il est aisé de prouver par les sujets encore existants, qui ne cessent de le publier, en se rendant assidûment chaque année, par reconnaissance, audit Limé, lieu de son culte, etc. »

Les habitants de Limé tiennent de la tradition que jamais aucune bête enragée n'a commis le moindre ravage dans le territoire de leur commune.

Nous nous sommes servi, pour revoir et compléter cette biographie, du *Pèlerinage de Saint-Hubert en Ardennes*, par M. l'abbé Bertrand; des *Antiquités du diocèse de Soissons*, par M. l'abbé Lequeux; et de *Notes* fournies par M. l'abbé Deblaye, curé d'Imling.

3 NOVEMBRE.

Événements marquants

  • Comte du palais à la cour de Thierry III
  • Mariage avec Floribanne en 682
  • Conversion miraculeuse par la vision d'un cerf crucifère dans les Ardennes
  • Retraite monastique dans la forêt d'Ardennes (689)
  • Pèlerinage à Rome et consécration épiscopale par le pape Serge Ier
  • Translation des reliques de saint Lambert à Liège
  • Fondation de la ville de Liège

Miracles

  • Vision du cerf crucifère
  • Réception d'une étole de soie blanche apportée par un ange de la part de la Vierge
  • Guérison d'une femme aux mains nouées à Vivoch
  • Extinction d'un incendie par le signe de la croix
  • Don de guérir la rage

Citations

Hubert, Hubert, jusqu'à quand poursuivrez-vous les bêtes dans les forêts ?

— Voix céleste lors de la vision du cerf

Ô heureux affronts que de déplaire avec Jésus-Christ !

— Réponse aux railleries des mondains

Date de fête

3 novembre

Époque

8ᵉ siècle

Décès

30 mai 727 (naturelle)

Invoqué(e) pour

guérison de la rage (hydrophobie), protection des animaux, peur

Autres formes du nom

  • Hubertus (la)

Prénoms dérivés

Hubert

Famille

  • Bertrand (père)
  • Hugberne (ou Afre) (mère)
  • Sainte Ode (tante)
  • Floribanne (épouse)
  • Floribert (fils)
  • Eudon (frère)