Saint Léonce Ier dit l'Angien
Archevêque de Bordeaux
Résumé
Archevêque de Bordeaux au VIe siècle, Léonce Ier se distingua par sa grande charité, distribuant ses biens aux pauvres et aux captifs. Il fit bâtir une vaste église à Bordeaux et présida le concile d'Orléans en 541. Il finit ses jours au monastère de Saint-Léons dans le diocèse de Rodez vers 542.
Biographie
SAINT LÉONCE Ier DIT L'ANGIEN,
ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX (vers 542).
Aussi illustre par sa naissance que par la droiture de sa conduite, Léonce jouit d'une grande influence, et sur le peuple et sur les grands. Son sacre eut lieu vers 520. À peine eut-il été installé sur le siège métropolitain de Bordeaux, qu'il donna tous ses biens à son Église et aux pauvres. Voyant que l'église bâtie par son prédécesseur Amélius devenait trop petite pour contenir tous les fidèles, car la population de Bordeaux commençait à prendre un accroissement considérable, il en fit construire une autre sur de plus grandes proportions. Suivant l'opinion la plus générale, c'est lui et non pas Léonce son successeur, qui présida en 541 au quatrième concile d'Orléans. Il mourut fort peu de temps après. Fortunat, dans une très-longue épitaphe qu'il lui consacra et qu'on trouve dans le IVe livre de ses poésies, fait l'éloge le plus magnifique des vertus de Léonce. Voici cette épitaphe :
« C'est sous cette pierre que reposent les cendres du vénérable Léonce, qui porta haut la mitre pontificale : son peuple, par des gémissements et des murmures confus, nous annonce toute la grandeur de sa perte; l'enfant, le jeune homme, le vieillard lui donnent à l'envi des larmes. Léonce ne le cédait à personne sous le rapport de la naissance, la pureté elle-même avait formé ses mœurs; on ne chercha point d'autres titres et en aurait-on pu désirer de plus précieux pour l'élever dans sa place ? Plus il était distingué par son rang et par ses vertus, plus il cherchait à s'abaisser par humilité profonde. Sa seule présence mettait la discorde en fuite, elle cédait en frémissant, l'amour et le respect lui livraient tous les cœurs. En le perdant, chaque âge a perdu son défenseur. Qu'est-il besoin de le dire ? leurs larmes ne nous l'apprennent qu'avec trop d'éloquence. Voit-on quelqu'un parler de sa mort sans s'attendrir ? On ne se console qu'en dressant dans son cœur un temple à sa mémoire. Passerons-nous sous silence l'immense charité de ce généreux pasteur ? Il prodigua pour l'amour du Christ jusqu'à l'héritage de ses pères. Le pauvre recourait à lui avec confiance, le captif lui demandait le prix de sa rançon et l'indigent avait acquis le droit de disposer de ses richesses. Ne doutons point qu'une si belle âme n'ait volé de la terre dans les cieux. Léonce vécut moins pour lui que pour Dieu; il ne cessait d'étudier et de suivre les vues de la Providence sur ceux qui lui étaient confiés. Le prince lui-même rendait justice à son mérite; enfin, pour tout résumer en un mot, il était devenu l'idole de son peuple, parce que toute son ambition avait été de régner sur les âmes. Il vécut puissant cinq lustres et sept ans, et fut à la fin de jour enlevé de ce monde ».
Après une existence consacrée à étendre le royaume de Jésus-Christ, Léonce vint finir ses jours dans le diocèse de Rodez. C'est à Saint-Léons, non loin de Millau, alors célèbre par un monastère de Religieux bénédictins, qu'il rendit doucement son âme à Dieu, vers 542.
Tiré de la France Pontificale, et de Notes communiquées par M. l'abbé Bousquet de Rodez.
Événements marquants
- Sacre épiscopal vers 520
- Installation sur le siège métropolitain de Bordeaux
- Donation de ses biens personnels à l'Église et aux pauvres
- Construction d'une nouvelle église à Bordeaux plus vaste que celle d'Amélius
- Présidence du quatrième concile d'Orléans en 541
- Retraite et mort dans le diocèse de Rodez
Citations
C'est sous cette pierre que reposent les cendres du vénérable Léonce, qui porta haut la mitre pontificale
Léonce vécut moins pour lui que pour Dieu