Jean-Baptiste Rauzan
Fondateur et premier Supérieur général de la Société des Missions de France
Résumé
Jean-Baptiste Rauzan était un prêtre bordelais, fondateur de la Société des Missions de France. Après avoir traversé les tourmentes de la Révolution en exil, il consacra sa vie à la prédication de missions à travers la France et à l'éducation chrétienne. Il mourut à Paris en 1847 après avoir fait approuver sa congrégation par le Saint-Siège.
Biographie
LE T.-R. P. JEAN-BAPTISTE RAUZAN,
FONDATEUR ET PREMIER SUPÉRIEUR GÉNÉRAL DE LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS DE FRANCE,
SUPÉRIEUR DE LA CONGRÉGATION DES DAMES DE SAINTE-CLOTILDE.
1847. — Pape : Pie IX. — Roi de France : Louis-Philippe.
Jean-Baptiste Rauzan naquit le 5 décembre 1757, à Bordeaux, au sein d'une de ces familles patriarcales que Dieu se plaît à bénir, et où il fait volontiers choix de ses ministres : il était l'aîné de sept enfants, dont le plus jeune embrassa également l'état ecclésiastique. Tous furent admirablement préparés à une vie solidement chrétienne par leur pieuse mère qui les habitua de bonne heure à rechercher la vertu par instinct, avant même que leur raison pût la connaître. Grâce à ses leçons, Jean-Baptiste fut, dès son enfance, le modèle de ses compagnons, par son obéissance et par un travail assidu, au moyen duquel il suppléait avec avantage au talent équivoque d'une conception prompte, que Dieu lui avait refusé.
Ces heureuses dispositions, aidées et développées en lui par les exemples de deux saints prêtres, l'amenèrent peu à peu à choisir pour lui-même la carrière ecclésiastique. Mais sa vocation fut dès le principe mise à l'épreuve et il rencontra pour la suivre les mêmes difficultés que saint François de Sales. Son père s'y étant opposé, Jean-Baptiste, pour lui obéir, se livra à l'étude du droit ; mais en même temps il consacra tous ses moments de loisir à l'étude de la théologie. Éclairé par tant de sagesse et de persévérance, son père céda de lui-même à l'appel de Dieu : Jean-Baptiste entra au séminaire, et, le 25 mai 1782, il recevait le sacerdoce des mains de Mgr de Saint-Sauveur, évêque de Bazas. Deux ans après, il obtint son diplôme de docteur en théologie, puis demeura quelque temps sans emploi dans sa famille, où il témoigna, par sa sollicitude pour les jeunes gens de la paroisse, quelle serait la prédilection de toute sa vie. Nommé vicaire de Saint-Projet, sa réserve, son zèle, aussi éclairé que prudent, lui attirèrent bientôt la confiance de tous : il ne s'y fit pas moins remarquer par son amour pour les pauvres, en particulier pour les enfants des pauvres, qu'il était heureux d'appeler près de lui et de gagner à Dieu par ses aumônes. C'est là que, après une absence de quelques mois pendant lesquels il dirigea le petit séminaire de Saint-Raphaël, l'abbé Rauzan, devenu curé de la paroisse, prit bientôt rang parmi les orateurs, très-rares à cette époque, et afin de développer davantage le talent qu'il avait reçu pour la chaire, se mit à l'école de deux orateurs célèbres, le P. Beauregard et Mgr de Roquelaure, les étudia, les consulta et mit tous ses soins à profiter de leurs sages conseils.
Sur ces entrefaites éclata la Révolution qui interrompit brusquement ses travaux et le jeta dans l'exil. L'abbé Rauzan partit pour l'Angleterre, déguisé en soldat, n'échappant qu'à grand'peine, par une protection particulière de Dieu, aux recherches et aux balles des soldats de la République. Arrivé à Londres, il donna tous ses soins au salut de ses compatriotes et accepta des conférences avec les ministres protestants. Son séjour y fut de courte durée : au bout d'un an il se rendit à Liège, où il se lia avec l'abbé Augé, et bientôt après à Anvers, où il déploya ses talents oratoires. Ce fut dans cette ville qu'il prononça sur la Providence un admirable discours, après lequel Mgr l'évêque d'Anvers, qui était présent, le fit appeler : « Vous avez admirablement parlé de la Providence », dit-il ; « je veux être votre Providence ». L'abbé Rauzan devint dès lors l'hôte et l'ami de l'évêque. Malgré cela, son séjour à Anvers ne fut pas long, car il dut fuir bientôt devant les armées républicaines, et après avoir été peu de temps à Munster et à Dusseldorf, il se fixa enfin à Berlin, où il entra comme aumônier chez une comtesse. Les vertus de l'abbé Rauzan ne tardèrent pas à faire impression dans la capitale : d'abord son désintéressement, que rendait d'autant plus méritoire la situation précaire de l'exilé et qui se manifesta dans le refus constant de sommes d'argent qui lui furent offertes ; puis son dévouement pour ses compatriotes malheureux ; et surtout son zèle infatigable pour sauver les âmes. Il eut la consolation de ramener à Dieu la comtesse, sa bienfaitrice, et il fut particulièrement heureux de reconnaître ainsi la généreuse hospitalité que cette dame lui avait offerte, et qu'il ne voulut jamais échanger contre des propositions plus brillantes.
Les talents aussi vrais que modestes de l'abbé Rauzan ne tardèrent pas à être appréciés, tant dans ses rapports avec les personnes les plus instruites que dans la chaire chrétienne, où il fut souvent appelé. À Berlin, comme à Bordeaux, il porta sa sollicitude du côté des jeunes gens : et parmi eux il eut le bonheur d'amener à Dieu une âme d'élite, le P. Magalon, qui était alors page du roi de Prusse, et qui fut plus tard fondateur de l'Ordre de Saint-Jean de Dieu.
Cependant la France commençait à retrouver un calme depuis longtemps inconnu : l'abbé Rauzan, comme tous les exilés, s'empressa de rentrer dans sa patrie et vint à Paris avec l'intention d'y continuer l'œuvre de la sanctification des âmes. Il y demeura fort peu de temps ; après quelques sermons qui attirèrent sur lui l'attention publique, son humilité s'effraya, et, soit pour l'abriter, soit pour répondre à l'appel de Mgr d'Aviau, son nouvel archevêque, il regagna son diocèse, où il reçut dès son arrivée les plus grandes marques de confiance et de distinction : Mgr d'Aviau le choisit pour vicaire général honoraire et le chargea de la visite d'une partie du diocèse de l'arrondissement de Blaye. Cette première mission de confiance remplie, il dut employer son talent de prédicateur à remédier aux maux produits par la Révolution : il prêcha à Bordeaux, sur l'invitation de son archevêque, une mission des plus fructueuses, à la suite de laquelle un canonicat lui fut offert. L'abbé Rauzan refusa avec le désintéressement le plus délicat en faveur d'un ecclésiastique pauvre, et, resté libre et sans emploi, toujours fidèle au penchant qui l'attirait vers l'enfance, il reprit avec bonheur ses catéchismes auxquels il consacra tous ses soins et qu'il n'interrompit que pour aller par obéissance prêcher un Carême à Lyon, en 1806. La volonté de Dieu allait se manifester dans cette ville. Le cardinal Fesch formait le projet de fonder dans son diocèse une maison de missionnaires destinés à venir en aide au clergé des paroisses : mais il fallait avant tout un supérieur à cette maison, et M. Courbon, vicaire général, fut chargé de s'en occuper. Les succès de l'abbé Rauzan dans la prédication et sa piété dans la célébration du saint sacrifice de la messe fixèrent le choix du grand vicaire, qui s'empressa de le signaler au cardinal. Celui-ci, sûr du dévouement de l'abbé Rauzan, s'occupa aussitôt de le demander à l'archevêque de Bordeaux ; mais ce fut avec peine que Mgr d'Aviau se rendit aux instances du cardinal. L'entreprise des missions fut aussitôt menée avec une grande activité. Les événements, du reste, semblèrent s'y prêter de la manière la plus inattendue : car Napoléon, mécontent de son oncle, trop bon, à son gré, pour le souverain Pontife, le rappela de Rome, et le cardinal, débarrassé du soin de toute autre affaire, obtint de l'empereur l'approbation de son projet et installa immédiatement les missionnaires à Lyon, sous la direction de leur supérieur qui fut nommé en même temps chanoine de la métropole, membre du conseil de l'archevêque et grand vicaire honoraire.
Les débuts des missionnaires à Lyon furent très-brillants : ils venaient même d'obtenir de l'empereur une vive approbation, quand, par un soudain retour, celui-ci, irrité de la résistance de Pie VII, et enveloppant dans sa haine contre le clergé la société naissante, lui fit interdire tout exercice du ministère dans les paroisses. La société dissoute ne fut néanmoins pas entièrement détruite : une partie de ses membres demeura à Lyon, et le cardinal Fesch prit avec lui, à Paris, les abbés Rauzan et Guyon, qui firent depuis partie de sa famille. La vie que l'abbé Rauzan mena à Paris est peu connue ; bien qu'il fût chapelain de l'empereur, il préférait toujours le silence et l'obscurité : cependant il fut deux fois obligé de prêcher devant lui. Dans son premier discours, il exposa le mystère de la croix avec tant de foi et de simplicité qu'il en reçut immédiatement les félicitations du souverain. Son second discours, malheureusement détruit, comme le précédent, par l'auteur lui-même, fut encore plus à sa gloire par la manière loyale et en même temps habile, avec laquelle il sut, dans l'éloge funèbre du cardinal Caprara, respecter les droits de l'Église, tout en ménageant les susceptibilités du pouvoir.
Cependant les difficultés entre le Pape et le souverain devenaient de jour en jour plus grandes : une commission ecclésiastique fut choisie pour statuer sur le différend ; mais les membres éminents du clergé qui la composaient, n'ayant pas donné la solution désirée, l'empereur convoqua aussitôt un Concile national, et celui-ci sembla au début devoir être plus docile. Peut-être même allait-il trahir tout à fait ses devoirs, sans une parole de l'abbé Rauzan, qui amena heureusement plusieurs évêques à se rétracter : ces évêques furent emprisonnés, mais l'Église de France était sauvée.
Après ces événements, l'abbé Rauzan demeura encore trois ans à Paris, donnant ses soins à toutes les œuvres de piété, et se préparant par la retraite, la prière et l'étude, à reprendre l'œuvre à laquelle il songeait toujours, et qui était si nécessaire à l'Église à cette époque. L'ignorance, en effet, était générale parmi les chrétiens ; les uns avaient oublié, les autres n'avaient même pas appris leurs devoirs envers Dieu. Ceux qui, par exception, savaient encore ce qu'ils lui devaient, n'osaient le prier par respect humain ; car la haine pour la religion avait été très-vive, et elle subsistait encore dans bien des cœurs. Or, les missions combattaient précisément tous ces obstacles : elles ouvraient sur le peuple tous les canaux par lesquels la grâce arrive dans l'âme et la prépare : elles instruisaient, en mettant la parole évangélique à la portée de tous, savants et ignorants, en attirant sur elle par des prières bien plus nombreuses, les bénédictions de Dieu qui la fécondent. Puis l'entraînement qu'elles produisent, ce courant religieux qui passe à travers une ville pendant les missions, aident la faiblesse, font taire les préjugés, en un mot, élèvent au-dessus du respect humain. Et après ce premier résultat obtenu, les cantiques, les cérémonies plus solennelles, la parole de Dieu plus touchante, quelquefois la plus grande facilité de faire connaître à des confesseurs étrangers, des aveux qui pèsent depuis longtemps, apporte le salut à un grand nombre d'âmes. Telle est la mission, tels sont, en résumé, ses fruits, qu'il tardait à l'abbé Rauzan de procurer à sa patrie si éprouvée et d'autant plus aimée.
Ce fut en 1814 qu'il trouva la possibilité de reprendre ses travaux si prématurément renversés. Le vainqueur de l'Europe était exilé, et son captif libre de nouveau sur la chaire de Saint-Pierre : l'Église assemblait les fidèles autour des chaires, et le peuple entendait avec bonheur la parole de Dieu si longtemps muette ; il revoyait avec attendrissement les cérémonies proscrites depuis tant d'années, dont plusieurs se souvenaient à peine. À la vérité, à côté de cela il y avait contre l'Église une haine des plus vives : c'étaient ses ennemis trompés dans leurs espérances, les renégats qui ne pouvaient lui pardonner leur crime ; c'étaient aussi les ennemis du trône qui recommençaient la guerre contre les deux puissances unies, et répandaient à profusion sur l'une et sur l'autre les mensonges les plus grossiers. L'abbé Rauzan voyait tout cela : il accepta l'espoir et la lutte. Il venait d'être nommé chapelain du roi, et de conquérir l'amitié d'un homme puissant, du cardinal Talleyrand-Périgord : mais là n'était pas sa voie ; il abandonna les honneurs et de nouveau reprit patiemment son œuvre. Cette fois, Dieu semblait le favoriser ; il lui envoya un homme également remarquable par sa naissance, ses talents et sa fortune, l'abbé de Forbin-Jeanson, qui s'offrit à l'abbé Rauzan, et l'aida puissamment par l'influence que lui donnaient son nom et sa famille. Ils s'installèrent aussitôt dans une petite maison de la rue Notre-Dame des Champs avec les premiers missionnaires de Lyon et deux autres ecclésiastiques. La maison était pauvre, son aménagement plus pauvre encore ; mais Dieu lui accorda d'être protégée par l'abbé Frayssinous, MM. Augé et Liautard ; et surtout par M. Legris-Duval ; elle eut en outre le bonheur d'intéresser la piété de plusieurs dames illustres, et grâce au zèle qu'elles déployèrent, ainsi qu'aux aumônes qu'elles obtinrent pour eux, les ouvriers évangéliques purent dès le commencement de 1815 inaugurer leurs travaux.
Les missions données à cette époque sont très-nombreuses : disons un mot de celles auxquelles l'abbé Rauzan prit part et qui furent les plus importantes. La première, donnée à Beauvais, fut malheureusement interrompue par les Cent-Jours, pendant lesquels l'abbé Rauzan suivit le roi à Gand, pour n'en revenir avec lui qu'après la chute nouvelle et définitive de Napoléon. La petite maison de Notre-Dame des Champs avait été respectée : le Supérieur y réorganisa promptement son personnel, puis ouvrit au mois de novembre la mission d'Orléans, féconde en résultats les plus beaux, que de pieuses associations entretinrent longtemps dans la ville. Tout n'y avait cependant pas été facile ; des contrariétés s'étaient présentées ; mais l'abbé Rauzan, par sa prudence, et par l'onction persuasive que l'on trouve dans l'oubli de soi-même et dans l'amour des âmes, triompha de toutes les résistances, et ramena même les plus endurcis dans le giron de l'Église. Le même succès se renouvela à Angers, malgré les efforts des impies qui furent réduits au silence autant par la patience et la dignité des prédicateurs que par l'attitude chrétienne et dédaigneuse de la population ; puis à Nantes, où deux faits assez remarquables se produisirent : le théâtre y fut entièrement laissé désert malgré les efforts du directeur, et la croix de mission, par une circonstance aussi fortuite qu'émouvante, fut plantée à l'endroit même où Charette avait été fusillé.
A la suite de ces premiers travaux, les missionnaires se divisèrent en deux groupes, afin de pouvoir répondre à toutes les demandes : l'un de ces groupes, dirigé par l'abbé de Forbin-Jeanson, alla évangéliser Poitiers et Tours, tandis que l'autre, présidé par l'abbé Rauzan, allait donner une mission à Caen, où le succès se fit un peu attendre, mais où ensuite la pêche fut vraiment miraculeuse. Ce fut dans cette ville qu'il tomba malade de fatigue et dut un instant céder sa place à l'abbé Guyon. Celle de toutes les missions qui répondirent le mieux aux aspirations du cœur du saint prêtre, fut, sans contredit, celle de Bordeaux, sa patrie, qu'il aimait tant, et à laquelle il fut heureux d'apporter les bénédictions de Dieu.
La petite société multipliait ses travaux : en 1817 et 1818, Arles, Grenoble, Clermont, furent successivement évangélisés, et presque partout le fruit des prédications se manifestait par des réconciliations éclatantes. Mais presque partout aussi la contradiction qui s'était attachée à Jésus-Christ s'attachait également à son œuvre : à Bayonne et à Toulon le P. Rauzan eut à subir les injures violentes des ennemis de la religion, qui s'efforçaient par tous les moyens de paralyser l'action de son zèle ; néanmoins, la grâce l'emportait toujours et Dieu continuait à bénir visiblement les travaux de ses ministres. Il leur donnait même de temps en temps de ces joies qui font oublier au missionnaire toutes les autres peines, et lui rendent un courage nouveau pour sa tâche si souvent difficile ; ainsi fut pour le P. Rauzan le succès inespéré qu'il obtint auprès des galériens de Toulon et qui demeura une de ses grandes consolations jusqu'à la fin de sa vie. C'est peut-être à Paris que le succès fut plus chèrement acheté que partout ailleurs : les méchants s'étaient ligués, les mauvais journaux redoublant d'injures et d'efforts avaient soulevé tant de haine, que les missionnaires eux-mêmes y coururent les plus grands dangers et que leur ministère fut loin d'y obtenir les fruits qu'ils s'étaient promis ; cependant, grâce à l'intervention du gouvernement et aux bonnes intentions des vrais fidèles, leur prédication ne fut pas entièrement inféconde, et le P. Rauzan en reçut plus tard les plus sérieux témoignages. Ceci se passait dans les premières années de l'épiscopat de Mgr de Quélen, en 1821-1822.
Pendant les deux années suivantes, le P. Rauzan se donna peu aux missions ; ce qui l'occupa davantage, ce furent les retraites ecclésiastiques, et l'établissement d'associations et de confréries pour conserver les heureux effets des missions : l'action la plus importante de sa vie à cette époque, fut l'oraison funèbre de Louis XVIII qu'il prononça en 1824. Rentré dans la lice, le P. Rauzan recueillit l'année suivante une abondante moisson de joies, car Dijon, Strasbourg, Besançon répondirent avec un ensemble merveilleux à la voix des missionnaires, et particulièrement ces deux dernières villes où la garnison entière avec ses chefs rendit tout respect humain, non-seulement impuissant, mais impossible, par son empressement à accomplir les devoirs de chrétiens. La mission de Rouen fut loin d'être aussi consolante, et des troubles y éclatèrent même avec violence; mais peu de temps après la Providence réconforta le courage de ses apôtres par celle de Lyon où le P. Rauzan, toujours vivant dans les souvenirs, fut largement consolé par les nombreuses conversions qui eurent lieu.
Cependant l'opposition grandissait de jour en jour : malgré leurs éloquents défenseurs à la Chambre, malgré le bon vouloir d'un gouvernement trop peu énergique, les missionnaires voyaient les obstacles se multiplier devant eux, et de vrais troubles éclater à chaque instant à l'instigation de l'impiété : ainsi à Chartres en 1827, et en 1828 à Limoges et à Tulle, qui furent presque les dernières données par la petite société, avant la révolution de 1830. Les reproches faits aux missionnaires, les calomnies répandues contre leur œuvre, furent à la vérité reconnus par des hommes instruits comme autant de mensonges. Nous ne voulons pas dire toutes les inventions inspirées par la haine des méchants, pas plus qu'il ne nous est possible en ce court abrégé de faire connaître les apologies nombreuses qui vinrent consoler les missionnaires et soutenir leur confiance. Du reste, peu des récriminations de leurs ennemis étaient nouvelles, et la plupart tombaient d'elles-mêmes. Le P. Rauzan ne s'en effrayait nullement; jamais sa confiance n'en fut ébranlée et sa sérénité au milieu des luttes les plus vives demeurait entière, grâce à la persuasion profonde où il était, que les contradictions ne peuvent rien contre l'œuvre de Dieu qui les permet, se réservant de les faire cesser à son heure. Dieu, en effet, bénissait les efforts de ses apôtres : les associations nombreuses, qu'ils avaient fondées pour continuer au milieu des peuples l'œuvre des missions, subsistaient toujours et affirmaient la persévérance de ces conversions nombreuses, que les incrédules se plaisaient tant à traiter de passagères: il serait trop long d'examiner une à une ces diverses associations ou confréries, voyons-en du moins l'ensemble et le caractère général. Invariable dans le bien qui était son but, faisant volontiers plier ses plans particuliers quand il le reconnaissait utile ou au salut du prochain ou à la gloire de Dieu, ennemi de ce qui met en dehors des devoirs communs, préférant même de beaucoup leur exact accomplissement aux œuvres extraordinaires, oublieux de lui-même, vivant, priant, agissant toujours pour Dieu et pour les âmes, le P. Rauzan anima du même esprit toutes les institutions qu'il avait fondées. Ainsi on peut voir dans les associations établies à Sainte-Geneviève en 1822, soit pour les hommes soit pour les dames, où il exige de chaque membre le dévouement le plus absolu pour rendre facile à tous la fidélité aux engagements pris et profitables à la gloire de Dieu, les bonnes œuvres communes, et où pour combattre plus efficacement l'amour-propre et l'envie, ces deux enfants de l'orgueil si habiles à détruire, il incline par l'ensemble de ses conseils et par sa propre conduite, à préférer au bien que l'on fait de soi-même, le bien que l'on aide à faire. Nous ne pouvons même citer l'une après l'autre toutes ses œuvres; disons donc seulement que pas une des nombreuses classes que l'on trouve dans l'Église ne demeura étrangère à son dévouement. A tous les chrétiens, en général, il offrit des endroits où la foi et la piété pouvaient venir se retremper presque à chaque jour au spectacle des solennités les plus imposantes et les plus touchantes de la religion : tel fut le Calvaire du Mont-Valérien jusqu'en 1830. Aux chrétiens fidèles il offrit l'appui des œuvres communes, des confréries et des associations pieuses. Mais le repentir avait eu aussi une large part dans sa sollicitude : la maison du Bon-Pasteur offrit aux filles détenues et repentantes, au sortir de la prison, un asile qui leur facilitait la persévérance en leur assurant avec le bon exemple un travail suffisant pour vivre ; le même asile fut offert aux jeunes détenus : c'étaient là deux œuvres dont M. Legris-Duval avait eu la première pensée sans avoir le bonheur de la réaliser. L'enfance chrétienne, grâce à la prévoyante sollicitude du vénérable prêtre, eut, elle aussi, de sages institutions, créées spécialement pour elle ; et ce qui est à remarquer dans le collège Stanislas destiné aux garçons, et plus encore dans la maison de Sainte-Clotilde destinée aux filles et l'œuvre privilégiée du P. Rauzan, c'est l'obligation imposée par lui aux maîtres et aux maîtresses de vivre entièrement pour leurs élèves, avec leurs élèves, et de cesser de s'appartenir à eux-mêmes pour être tout entiers à leurs élèves, afin de procurer à l'enfance la vie de famille, dont le défaut à notre époque se fait si vivement sentir. Tel est à peu près l'ensemble des œuvres que l'Église de France doit au dévouement du P. Rauzan, et auxquelles il ne cessa de donner ses soins jusqu'à la fin de sa vie, sans négliger pour cela son œuvre la plus importante, la Congrégation des Missions. Il nous reste à voir quelle persévérance il fallut au pieux fondateur pour donner une règle à cette nouvelle société, pour la soutenir et en assurer l'existence dans l'esprit qu'il s'était efforcé de lui inspirer dès les premiers jours.
Les jours agités de 1830 étaient arrivés : malgré le bien qu'ils avaient fait, les missionnaires furent en butte à la haine la plus vive et désignés aux premiers coups des hommes de désordre. Aussi la petite maison, centre de la Société, que le P. Rauzan avait eu tant de peine à obtenir, et qui lui avait donné ensuite tant de joie et d'espoir, fut envahie, pillée, presque incendiée, tandis que les prêtres de la société et le vénérable supérieur lui-même échappaient à grand peine à la fureur populaire. Les missionnaires se trouvant dans l'impossibilité de se réunir de nouveau, le supérieur donna à ses prêtres quelques conseils en prévision d'un avenir meilleur, s'assura de leur persévérance, et résolut d'utiliser le temps de l'orage pour donner à la Société sa constitution définitive. C'était affirmer son inébranlable confiance, rendre son œuvre durable, et en même temps ses travaux plus utiles, en reliant les efforts d'un grand nombre par l'unité qui en garantit le succès. C'est pourquoi il partit pour Rome le 8 septembre, afin de puiser là, à sa source, l'esprit de Jésus-Christ et de l'Église, dont il voulait animer ses constitutions. Rien de plus affectueux et de plus consolant que l'accueil qu'il y reçut du souverain Pontife Pie VIII, et de tous ceux qui avaient entendu parler des missions ; rien de plus sincères que les félicitations de ces hommes éminents qui tous avaient suivi avec intérêt ses travaux apostoliques. Le P. Rauzan se mit donc aussitôt en prière et ne connut plus de repos que son œuvre ne fut prête à recevoir la sanction du Saint-Père. Dieu semblait enfin vouloir récompenser la foi de son apôtre, tant il lui rendit facile la réalisation de ses plus chères espérances : à Pie VIII, déjà si favorable à Rauzan, avait succédé Grégoire XVI, qui se disait son ami, et qui le pressait, afin de la bénir, d'achever au plus tôt son œuvre ; plusieurs membres du Sacré Collège l'assuraient de leur appui et l'encourageaient, de sorte que, quand le calme rendu à la France lui permit d'y rentrer, le vénérable prêtre put présenter ses constitutions achevées à l'approbation du souverain Pontife, qui la donna quelque temps après, le 18 février 1834.
A cette époque, le P. Rauzan était depuis plusieurs mois de retour à Paris ; il y avait retrouvé avec bonheur la plupart de ses prêtres, ses enfants d'autrefois, accourus pour se mettre de nouveau sous sa direction, le dévouement de tous les amis qu'il avait laissés, et l'attachement si filial de ses Filles de l'Institution de Sainte-Clotilde, que sa longue absence n'avait pu amoindrir. Mais à côté de cela, le P. Rauzan ne trouvait plus auprès du gouvernement les mêmes dispositions qu'autrefois : au lieu de bienveillance et d'appui, c'était la défiance, qui allait restreindre le cadre de ses travaux et mettre des bornes à son zèle. Néanmoins les missionnaires se mirent courageusement à l'œuvre, résignés à la situation qui leur était faite, mais consolés par la présence de leur vénéré supérieur, et par l'espérance de se dévouer jusqu'à la mort dans la Société définitivement approuvée. Les contradictions et la haine qui chez un certain nombre persévéraient vis-à-vis de la Société des Prêtres de la Miséricorde (nouveau titre des missionnaires), jetèrent sur la vie du P. Rauzan un voile de tristesse. A partir de ce moment il cessa presque entièrement de paraître au dehors ; une fois pourtant il consentit à prêcher à Versailles où il émut encore un nombreux auditoire, mais toute son attention et tout son temps étaient absorbés par le soin de ses institutions principales. Ce fut là seulement qu'il se fit entendre dans l'intimité, au Conseil des Dames à Sainte-Clotilde et dans sa communauté des Prêtres de la Miséricorde, et là brillaient avec d'autant plus d'éclat, qu'il parlait avec plus d'abandon, l'ardeur de sa foi, la pénétration de son esprit, son dévouement entier à la cause de Dieu et des âmes.
Cependant, à mesure que la Société était devenue plus nombreuse, il avait fallu songer à créer des établissements nouveaux : les premières tentatives ne furent pas heureuses, car une maison tout d'abord fondée à Rome, s'entretint péniblement et cessa d'exister en 1849 par défaut de sujets. Une autre maison, fondée à Marseille, n'y avait fait que naître, car la Société étant fort peu nombreuse à cette époque, les missionnaires avaient dû tout aussitôt en être rappelés. Mais l'année 1837 vit se former deux établissements qui eurent plus de succès. Il y avait à Bordeaux un sanctuaire très-renommé, consacré à l'apôtre saint Jacques, qui, en partie détruit par la Révolution, fut vendu et transformé pendant quelque temps en théâtre : M. Allary, curé à Bordeaux, conçut le projet de restaurer ce sanctuaire, et le P. Rauzan, instruit de ce projet, adopta pour lui-même l'entreprise, qui lui semblait indiquée par Dieu, et que son amour pour sa patrie lui rendit d'autant plus chère. Il vint lui-même à Bordeaux à l'âge de quatre-vingts ans, termina promptement les négociations, et un an plus tard les Prêtres de la Miséricorde y furent installés. De même, à Orléans, la Société fut installée dans l'abbaye de Saint-Euverte, profanée par la Révolution et affectée jusqu'alors à un usage profane : ce fut le P. Caillau, si renommé par son érudition, qui dirigea jusqu'en 1850 cette maison florissante, où le P. Rauzan n'eut jamais le bonheur de venir. Enfin, quelques missionnaires allèrent aussi en Amérique avec Mgr de Forbin-Janson, et y firent connaître avantageusement la Société des Prêtres de la Miséricorde ; mais le Supérieur n'y participa en aucune façon : affaibli par l'âge et la maladie, il se contentait de féliciter ses courageux enfants, de les suivre de la pensée et de les bénir.
Pendant les dernières années de sa vie, sa santé de plus en plus chancellerante ne lui permettait plus d'assister aux exercices communs de la communauté ; il lui fallait même les plus grands efforts et l'appui d'un serviteur dévoué, pour venir, comme saint Alphonse de Liguori, contempler le Dieu caché, du seuil de la chapelle entr'ouverte. Une seule chose en lui demeurait ferme : c'était sa foi ; mais Dieu l'avertissait par une faiblesse générale qui envahissait peu à peu ses facultés intellectuelles aussi bien que son corps que le temps de la récompense était proche. Enfin sa faiblesse devenant extrême, on reconnut que le dernier jour était venu, et le vénérable prêtre lui-même s'en aperçut sans crainte ; il reçut avec la plus vive dévotion les sacrements de l'Église, bénit une dernière fois ceux des siens qui étaient à Paris et qu'il avait appelés près de lui, puis il tomba dans une longue prostration, d'où il ne sortit plus qu'un instant. Un de ses prêtres s'était approché de lui pour lui dire : Mon Père, bénissez-vous aussi vos filles de Sainte-Clotilde ? Oui, oui, oui, répondit-il. Ce furent ses dernières paroles ; il retomba dans son assoupissement jusqu'à six heures du soir, où il rendit le dernier soupir. C'était le dimanche 5 septembre 1847 : il avait quatre-vingt-neuf ans et neuf mois.
Sa mort, toute prévue qu'elle était, jeta partout un grand deuil, et révéla quelle profonde vénération professaient pour lui tous ceux qui l'avaient connu. Ses obsèques eurent lieu à Notre-Dame de l'Abbaye-aux-Bois, et une foule nombreuse et recueillie vint y prier une dernière fois pour le saint prêtre qui avait servi de guide et de modèle à un si grand nombre pendant de longues années. Son corps fut ensuite transporté à Bordeaux, à la demande de cette ville, et inhumé au milieu de la solennité la plus grande et la plus digne, dans cette église Saint-Jacques qu'il avait tant aimée, où il avait fait sa première Communion, et qu'il avait rendue au culte catholique.
## VIe JOUR DE SEPTEMBRE
## ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.
François Bardinet, prêtre et chanoine régulier de la Congrégation de France ; né à Limoges (Haute-Vienne) en 1751 ; arrêté dans cette ville en 1793 ; condamné à la déportation à la Guyane ; mort en exil à l'âge de quarante-trois ans. 1794. — Nicolas Béné, curé de Limay (Seine-et-Oise, arrondissement de Mantes) ; massacré dans sa paroisse pour refus du serment constitutionnel. 1792. — François-Joseph Broily, né dans la Haute-Alsace en 1753, prêtre insermenté ; déporté à la Guyane, déposé à Cayenne, puis relégué à Sinnamari ; mort d'une fièvre putride à l'âge de quarante-cinq ans. 1798. — Jean-Marie Dulin, prêtre du diocèse de Lyon ; refusa le serment constitutionnel de 1791 et fut condamné à la déportation ; assassiné à Rochefort par les gendarmes qui le conduisaient au lieu de l'embarcation. 1797. — Pierre Grandcolas, prêtre et religieux Carme déchaussé, sous le nom de Père Thomas, sous-prieur de la maison de son Ordre à Saint-Michel (Meuse, arrondissement de Commerce) ; refusa le serment de la constitution civile du clergé (1791) ; prêta, puis rétracta celui de liberté-égalité (1792) ; arrêté en 1793 et condamné à la déportation maritime ; mort à l'âge de soixante ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Claude-Barnabé Laurent de Masclou, né au Dorat (Haute-Vienne, arrondissement de Bellac), prêtre et chanoine de la collégiale de cette ville ; refusa le serment constitutionnel et resta au Dorat après la suppression de son chapitre ; arrêté en 1793, puis conduit à Rochefort pour être déporté ; mort à l'âge de cinquante-neuf ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — André Lepape, né à Pont-l'Abbé (Finistère, arrondissement de Quimper) en 1755, vicaire à Sainte-Tréphine (Côtes-du-Nord, arrondissement de Guinguamp, canton de Bothoa) ; refusa le serment constitutionnel, sortit de France, puis revint à Quimper ; arrêté et condamné à la déportation maritime ; mort dans le désert de Konanama, à l'âge de quarante-trois ans. 1798. — Nicolas Muller, né à Luxembourg en 1757, prêtre du diocèse de Trèves, professeur de philosophie dans cette ville ; ne fit aucun des serments révolutionnaires ; arrêté en 1797 et envoyé à Rochefort pour être déporté ; mort dans le désert de Sinnamari à l'âge de quarante-et-un ans. 1798. — Quignard, prêtre et religieux Minime à Mâcon (Saône-et-Loire) ; resta dans cette ville après la suppression des Ordres monastiques et ne fit aucun des serments révolutionnaires ; arrêté en 1793 et conduit à Rochefort pour être déporté ; mort à l'âge de quarante-deux ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Antoine Tournaire, né à Saint-Ours (Puy-de-Dôme, arrondissement de Riom, canton de Pontgibaud), prêtre du diocèse de Clermont ; arrêté comme insermenté en 1793 et conduit à Rochefort pour être déporté ; mort à l'âge de cinquante-cinq ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Jean-Baptiste Van-Coumenberche, né au diocèse de Malines en 1749, curé de la paroisse de Saint-Jacques de Louvain ; arrêté comme insermenté en 1797 et conduit à Rochefort pour être déporté ; mort dans le désert de Konanama, à l'âge de cinquante ans. 1798.
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VIIe JOUR DE SEPTEMBRE
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ANNIVERSAIRES ET COMMÉMORATIONS.
François Oudinot de la Boissière, prêtre et chanoine titulaire de Saint-Germain de Masséré (diocèse de Limoges), né dans cette ville en 1746 ; déporté au-delà des mers pour refus de serment ; mort en exil à l'âge de quarante-huit ans. 1794. — Louis-Dominique Ceyras, prêtre du diocèse de Marseille ; condamné à mort comme contre-révolutionnaire par le tribunal criminel des Bouches-du-Rhône. 1793. — Pierre David, né à Chapeau (Allier, arrondissement de Moulins, canton de Neuilly-le-Réal), curé de Nulles (arrondissement de La Palisse, canton de Cosset) ; prêta, puis rétracta le serment constitutionnel de 1791 et celui de liberté-égalité de 1792 ; condamné à la déportation maritime ; mort à l'âge de quarante-quatre ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Jean-Pierre Diville, prêtre de la cathédrale de Rouen ; arrêté comme insermenté en 1793 et déporté au-delà des mers ; mort à l'âge de cinquante-huit ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Jean-Joseph Havelange, né en 1749, prêtre du diocèse de Malines ; ne prêta aucun des serments révolutionnaires ; arrêté en 1797 et conduit à Rochefort pour être déporté ; débarqué à Cayenne, puis conduit à Sinnamari ; mort dans ce désert à l'âge de cinquante ans. 1798. — Louis-François Hursche, né à Amiens (Somme) en 1738, curé de Saint-Mard (Aisne, arrondissement de Soissons, canton de Braisne) ; ne fit aucun des serments révolutionnaires ; arrêté et traîné à Rochefort pour être déporté ; débarqué à Cayenne, puis relégué dans le canton d'Oyepok ; mort en ce lieu à l'âge de soixante ans. 1798. — Pierre-François Hupbrecht, prêtre du diocèse de Gand, curé de la cathédrale de cette ville ; refusa le serment constitutionnel, s'éloigna de sa paroisse, puis y rentra en 1797 ; arrêté et conduit à Rochefort pour être déporté ; mort du scorbut dans le désert de Konanama, à l'âge de quarante-sept ans. 1798. — Claude-Joseph Lallemand, né à Lanéville, prêtre du diocèse de Nancy, religieux de l'Ordre des Carmes déchaussés, dans la ville épiscopale, sous le nom de Père Clément ; refusa le serment constitutionnel et habita Lunéville après la suppression des cloîtres ; arrêté en 1793 et déporté au-delà des mers ; mort en exil à l'âge de cinquante ans et inhumé dans l'île Madame. 1794. — Jacques-Pierre Vinand, né à Font-Couverte (Charente-Inférieure, arrondissement et canton de Saintes), prêtre du diocèse de La Rochelle ; arrêté comme insermenté en 1793 et déporté au-delà des mers ; mort à l'âge de quarante-neuf ans et inhumé dans l'île Madame. 1794.
Le vénérable Charles de Ramène, instituteur des Hiéronymites de Fiesolos (Italie), mort à Venise. Il fut inhumé dans l'église de Sainte-Marie-des-Grâces, et son tombeau fut glorifié par de nombreux miracles. 1417.
Événements marquants
- Naissance à Bordeaux le 5 décembre 1757
- Ordonné prêtre le 25 mai 1782
- Exil en Angleterre et en Allemagne pendant la Révolution
- Fondation de la Société des Missions de France à Lyon
- Chapelain de l'empereur Napoléon Ier puis du roi Louis XVIII
- Approbation des constitutions de la Société des Prêtres de la Miséricorde par Grégoire XVI en 1834
- Restauration du sanctuaire Saint-Jacques à Bordeaux
Citations
Je veux être votre Providence
Oui, oui, oui