Saint Malo (Macout)

Évêque d'Aleth et Confesseur

Fête : 15 novembre 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Né en 497 près d'Aleth, saint Malo fut formé par saint Brendan avant de devenir le premier évêque d'origine britannique d'Aleth en 575. Chassé par des persécutions locales, il s'exila en Saintonge auprès de saint Léonce où il accomplit de nombreux miracles. Il mourut en 630 à l'âge de 133 ans après avoir ramené la paix et la prospérité dans son diocèse breton.

Biographie

SAINT MALO OU MACOUT,

ÉVÊQUE DE L'ANCIEN SIÈGE D'ALETH, EN BRETAGNE, ET CONFESSEUR

*In omnium ore virtutum ejus fama versabatur.*

Son éloge était sur toutes les lèvres.

*Office de saint Malo, à Rennes.*

Saint Malo, plus connu en Saintonge sous le nom de Macout (*Maclovius, Machutus*), était probablement d'origine irlandaise, à en juger par la forme primitive de son nom, qui, selon toute apparence, a dû être *Mac-Low*. On ignore quelle circonstance avait amené ses parents sur le continent; mais il naquit à Raux ou Roc, près d'Aleth, selon Bili, le plus ancien de ses biographies. Sa naissance aurait été accordée aux prières de son père et de sa mère. Celle-ci, nommée Darval, avait déjà soixante-six ans quand elle mit au monde notre Saint, le jour de Pâques 497. Dieu voulait que tout fût surnaturel dans cet enfant. Son père, nommé Gwent, était seigneur de l'ancienne province des Silures. Il passe pour le fondateur de la ville de Castel-Gwent, aujourd'hui Cherstow, dans le golfe de Bristol.

A cette époque, de saints anachorètes, tels que les Cadoc, les Eltut, les Brendan, avaient fait de leurs monastères autant d'écoles, où ils travaillaient à la civilisation de l'Irlande et de la Grande-Bretagne par l'éducation chrétienne des enfants des premières familles du pays. Macout, dès qu'il fut en âge d'étudier, fut confié aux soins de saint Brendan, abbé de Lan-Carvan. Les légendes ont dit, et la liturgie ancienne se plaisait à répéter les traits de vertu et les faits merveilleux de son enfance. Dieu montra un jour, par une préservation merveilleuse, avec quel soin sa Providence veillait sur cet enfant. Un soir, les jeunes élèves de Lan-Carvan prenaient leurs ébats sur le rivage de la mer, voisine du monastère. Macout, cédant à son attrait pour la solitude, était allé, loin de ses compagnons, sur un tertre où il s'endormit, couché sur des algues. Le reflux de la mer avait forcé la jeune troupe de s'éloigner, et avait envahi le lieu où dormait Macout. On ne s'aperçut de son absence que lorsqu'on fut de retour au monastère. Le saint abbé, plein d'anxiété, court alors au rivage qu'il fait retentir de ses cris répétés. Il appelle Macout. Macout ne répond pas. Sans doute, hélas! il est noyé. En proie à sa douleur, Brendan regagne sa cellule, et il y passe la nuit à prier pour son cher enfant qu'il croit mort. Le lendemain, de grand matin, moins dans l'espoir de le retrouver que pour satisfaire un élan de son cœur, il retourne au rivage. Des points les plus élevés, il jette un regard anxieux sur l'immensité des flots. O prodige! Le jeune Macout, debout sur les algues que les eaux ont soulevées sans même mouiller ses habits, chante les louanges du Créateur. Le maître et le disciple se trouvent assez rapprochés pour s'entendre; un dialogue s'établit entre eux. L'enfant raconte comment la divine bonté l'a préservé de tout péril, et Brendan, attendri et joyeux, remerciant Dieu du fond du cœur, ramène au monastère son cher pupille, dont les condisciples attendaient le retour. Le moine Sigebert, de Gembloux, autre biographe du Saint, dit que la motte de terre, sur laquelle dormait Macout, s'accrut au moment du reflux, et forma une île qui domine encore les flots.

Cependant les Anglo-Saxons avaient envahi toute la partie orientale de la Grande-Bretagne. Vers l'an 536, les ravages qu'ils exerçaient sur la côte occidentale forcèrent Macout et plusieurs saints personnages à émigrer en Armorique. De ce nombre était saint Samson, qui avait reçu déjà la consécration épiscopale à titre d'évêque auxiliaire, selon l'usage du temps, et qui fut premier évêque de Dol; puis saint Magloire, saint Brieuc, saint Pol et saint Méon. Ces nouveaux apôtres abordèrent dans une île peu éloignée du continent, appelée l'île d'Aaron (aujourd'hui la ville de Saint-Malo-de-l'Île), du nom d'un saint anachorète qui l'habitait. Macout, sous la conduite de Samson, ne songeait qu'à s'appliquer aux vertus monastiques et à goûter les charmes de la solitude, quand les chrétiens de la ville d'Aleth, séparée de cette île par un étroit canal, le choisirent unanimement pour évêque, avec l'assentiment de leur prince que Bili nomme Judé-lus, et qui est connu dans l'histoire sous le nom de Judwal ou Alain. Le roi Childebert Ier (557) venait de rétablir ce prince dans les États de ses pères, usurpés en 546 par Canao.

Sigebert, parlant de l'élection de Macout, dit qu'on le fit asseoir sur la chaire épiscopale. Cette expression ne paraît pas indiquer la création d'un nouvel évêché. Il n'en aurait donc pas été le premier titulaire, comme plusieurs l'ont prétendu. Les actes de saint Samson nomment Gurval, l'évêque d'Aleth qui assista aux funérailles de ce Saint en 565. Manet donne pour prédécesseur à saint Macout un prélat du nom de Budoc. Il eût été plus vrai de dire que notre Saint fut le premier évêque d'Aleth d'origine britannique; tous les autres avant lui ayant appartenu à des familles armoricaines.

C'était en 575. Jusqu'en 594, année de la mort de Judwal, le saint évêque ne cessa d'exercer en paix son apostolat, et d'édifier son diocèse et l'Armorique tout entière par sa parole, ses exemples et ses miracles. Halloch ou Hoël III, fils et successeur de Judwal, n'avait pas hérité de la piété de son père. Il fut le premier persécuteur du saint évêque. Voici à quelle occasion. Macout avait fait tout exprès le voyage de Luxeuil pour prendre de la bouche de saint Colomban connaissance de sa Règle, déjà célèbre. De retour à Aleth, il construisit à Raux, lieu de sa naissance, un monastère qu'il plaça sous cette Règle. Il aimait à y mener lui-même la vie cénobitique. Les richesses de cette abbaye bientôt florissante avaient tenté la cupidité d'Hoël. Il voulut détruire l'église; mais Dieu le frappa de cécité. Forcé de se reconnaître coupable, il implore son pardon et sa guérison. Macout, toujours disposé à faire du bien à ses ennemis, lui lave les yeux avec de l'huile et de l'eau qu'il a bénites et lui rend la vue. Le prince se montra toute sa vie reconnaissant de ce bienfait. A sa mort, arrivée en 612, la persécution recommença. Macout avait eu d'abord la douleur de voir massacrer, dans sa propre cellule, où on l'avait caché, un des enfants du comte. L'auteur de ce meurtre, nommé Rethwel, voulait faire périr ainsi tous les fils d'Hoël III. Trois jours après, en punition de son crime, il était lui-même frappé d'une mort honteuse. Les esprits n'en étaient pas moins

soulevés contre Macout. Dieu permit, pour l'éprouver, qu'il trouvât des adversaires jusque chez ses collègues dans l'épiscopat. Il se vit chassé de son siège ; le prince osa même renverser sa cathédrale.

Le Saint résolut alors de quitter cette terre ingrate qu'il cultivait depuis près de quarante ans. Il appela sur elle, en partant, les malédictions du ciel, non dans un esprit de vengeance, mais dans le but de faire rentrer les pécheurs en eux-mêmes sous le coup des châtiments temporels. Il s'embarqua avec trente-trois religieux qui voulurent partager son exil. Après plusieurs jours de navigation vers les côtes d'Aquitaine, on aborda dans une île de Saintonge, que Bili nomme Agenis, et qui nous paraît être l'île d'Aix (Aia, Agia, Aias, Ais, Ayensis, Aquensis). Macout s'informe des mœurs et de la religion des habitants. Apprenant qu'ils sont catholiques, il leur demande s'il trouverait dans la cité voisine un évêque ou quelque autre personne considérable exerçant les œuvres de miséricorde, qui voulût bien leur donner asile, à lui et à ses compagnons. On lui nomme Léonce, évêque de Saintes, en ce moment dans une autre île appelée Euria, et que nous croyons être celle d'Hiers. On fait voile aussitôt vers ce lieu. Léonce, apprenant quelle considération Macout s'était acquise par ses vertus, l'accueillit avec empressement et lui donna, pour sa demeure et celle de ses moines, un magnifique domaine près de sa ville épiscopale, avec de beaux revenus. A ces libéralités, les habitants du voisinage ajoutèrent un âne destiné à porter le bois pour l'usage de la communauté. Un jour, l'âne mal gardé fut dévoré par un loup. Macout contraignit alors la bête féroce à se charger du bât de l'âne et à en remplir les différents offices. Ce qu'il fit volontiers, dit la légende, tant que vécut le Saint.

Dieu se plaisait à manifester par des miracles une vertu qui s'efforçait de se faire oublier des hommes. Une nouvelle circonstance la fit connaître davantage. La fille du gouverneur de Saintes, mordue par un serpent venimeux, était sur le point d'expirer. Macout, ému de compassion, accourt, trempe dans l'eau bénite une feuille de lierre qu'il applique sur la plaie, et en fait entièrement découler le venin. Le gouverneur, par reconnaissance, donna à Macout des terres considérables, pour l'aider dans les aumônes qu'il distribuait chaque jour aux indigents. Un autre jour, saint Léonce avait mis en réserve de l'eau dans laquelle Macout s'était lavé les mains. Une femme aveugle en baigna ses yeux et recouvra la vue.

Léonce, désirant faire jouir tout son diocèse des bienfaits et de l'édification que procurait la présence de Macout, l'invita à faire avec lui la visite des paroisses. Le cours de cette visite avait amené les deux évêques dans une ville que Sigebert nomme Brea, le manuscrit d'Hérouval Briage, et le Bréviaire de 1542 Brya. Il y avait dans cette ville deux églises ou chapelles. L'analogie du nom, l'ancienne importance du lieu attestée par les restes imposants d'un antique donjon, et surtout l'existence de deux églises, dédiées, l'une à saint Pierre, et l'autre à saint Eutrope, comme en font foi des chartes de Notre-Dame de Saintes, toutes ces circonstances réunies nous portent à croire qu'il s'agit ici de l'ancienne ville de Broue. Elle était alors fièrement assise, dans le golfe de Brouage, sur un promontoire élevé que battaient les flots de l'Océan. Léonce avait assigné à Macout une des deux églises pour y exercer les fonctions sacrées, pendant qu'il les remplirait dans l'autre. Or, il arriva qu'un jeune garçon de douze ans, de la maison de l'évêque de Saintes, tomba dans un puits et s'y noya. Emu par ce triste événement, touché des larmes de la famille de l'enfant, Léonce fait porter le corps du défunt dans l'église qu'il avait assignée à Macout. Celui-ci a compris ce qu'on lui demande. Il passe toute la nuit en prières, et le lendemain, se prosternant sept fois sur l'enfant, à l'exemple du prophète Elisée, il lui rend la vie. Par humilité, il attribuait ce miracle aux seuls mérites de Léonce.

Pendant que la Saintonge était heureuse de posséder une si éclatante lumière, le diocèse d'Aleth présentait le plus déplorable aspect. Jamais on n'y avait vu autant de boiteux, d'aveugles et de lépreux. Des miasmes infects répandaient dans toutes les maisons des maladies contagieuses. La terre était devenue stérile : la famine était générale. Les habitants, touchés de repentir, demandent au ciel le retour de leur saint pasteur. On le prie instamment de revenir vers son troupeau. En même temps un ange l'avertit de ne point différer de se rendre aux désirs de son diocèse. A son arrivée, tous les fléaux cessent ; les effets des malédictions du saint évêque ont fait place à d'abondantes bénédictions.

En quittant la Saintonge, Macout avait promis d'y revenir pour y finir ses jours. La fin de sa carrière approchait. Dieu lui fit connaître que sa volonté était qu'il reprit le chemin de Saintes. A peine Léonce a-t-il appris l'heureux débarquement de Macout, qu'il accourt à sa rencontre jusqu'à un lieu nommé alors Archembiacum. Girya traduit ce mot par Archembray ; mais il n'existe en Saintonge aucune localité de ce nom. Nous croyons trouver Archembiacum, dont le nom s'est perdu, à Lugon, autrement dit Saint-Macout, aux environs de Nancras, non loin de Brouc, où le Saint a pu fort bien aborder. Dans une charte du XI° siècle, relative au monastère de Sainte-Gemme, il est question de celui de Lucum (Lugon). C'était encore, au siècle dernier, un prieuré à la collation des Jésuites de Limoges. Ce lieu, situé dans l'antique forêt de Baconais, offrait à Macout des charmes qui l'y fixèrent. Léonce et lui s'entretinrent longtemps du bonheur de l'autre vie. Il fallut se séparer. L'évêque de Saintes avait à peine gagné sa ville épiscopale, que le Bienheureux tomba malade. Il ne voulut point d'autre lit que la cendre et le cilice, disent ses biographes. Il tint constamment ses mains et ses yeux dirigés vers le ciel. C'est dans cette attitude qu'il expira doucement, le 45 novembre 630, à l'âge de cent trente-trois ans, comme l'affirment formellement toutes les anciennes vies, le Bréviaire de Saintes de 1542 et le Martyrologe de France.

On représente saint Malo : 1° guérissant un seigneur qui avait perdu la vue pour s'être efforcé de renverser une église élevée par le saint évêque ; 2° porté par une motte de terre qui flotte sur les eaux, comme nous l'avons raconté ; 3° faisant travailler un loup qui lui avait mangé son âne, et le contraignant à porter des fagots ; 4° disant la messe sur le dos d'une baleine. Les Bretons veulent que dans une navigation prolongée, le saint se soit trouvé en mer le jour de Pâques. Alors, désirant pouvoir célébrer la messe, il se serait fait débarquer sur une île qui se trouva n'être qu'une baleine. Il put cependant offrir le saint sacrifice sur ce pied-à-terre singulier, sans trop d'accidents, si l'on en croit la légende, et l'animal ne plongea qu'après la messe finie.

Il est patron de Rouen, de Saint-Malo, de Valognes, de Conflans-sur-Oise, de Dinan. On l'invoque avec succès contre l'hydropisie.

VIES DES SAINTS. — TOUS XIII.

45 NOVEMBRE.

[ANNEXE: CULTE ET RELIQUES.]

Saint Léonce accourut rendre à son ami les derniers devoirs. Il fit transporter à Saintes ses restes précieux, et leur donna la sépulture qui convient à ceux d'un Saint, dans la belle église qu'il fit construire, hors des murs, à l'occident de la ville, dans le quartier qui porte encore aujourd'hui le nom de Saint-Macout.

A cette translation, le Saint opère plusieurs miracles, délivrant un possédé, rendant la vue à deux aveugles, redressant un contrefait. L'église construite par saint Léonce, ajoute le Bréviaire de Saintes de 1542, a été ruinée par les Anglais quand ils envahirent l'Aquitaine au XVe siècle. Après la guerre, elle fut réédifiée ; mais elle était loin d'avoir sa splendeur première.

Nous apprenons, par les mémoires du chanoine Tabourin, que le Chapitre de Saint-Pierre de Saintes venait en procession à Saint-Macout la veille et le jour de la fête du Saint, le jeudi après Pâques et le jour de la Saint-Marc. Ce jour-là, comme le jour de la Saint-Macout, la messe était dite dans cette église par le prieur du lieu, qui, du temps de Tabourin, était un chanoine de Saintes. Tous ceux qui assistaient à la procession entendaient cette messe, et « y en avoit », ajoute-t-il, « plus dehors que dedans, parce que l'église estoit fort petite ».

Une notice manuscrite, qu'on lisait à l'office de saint Macout dans plusieurs églises, tant de France que de Bretagne, raconte que le seul attouchement de ses reliques ressuscita beaucoup de morts, et que depuis les Apôtres il ne s'est pas vu d'homme plus signalé par ses miracles, plus recommandable par ses vertus, plus puissant pour la conversion des âmes.

Depuis plusieurs années le corps de saint Macout reposait à Saintes, quand il fut enlevé par un gentilhomme breton nommé Ménobert. L'évêque de Saint-Malo avait promis à ce gentilhomme de le réintégrer dans ses biens s'il rapportait en Bretagne le précieux trésor qu'elle enviait à la Saintonge. De semblables larcins étaient considérés alors comme actes de piété. Ménobert vint donc à Saintes et se mit au service du clerc chargé de la garde des reliques du Saint. Il épia l'absence de ce clerc, pendant laquelle, après avoir jeûné trois jours et fait au Saint de ferventes prières, il se saisit secrètement du précieux dépôt.

Apporté à Saint-Malo, le corps fut placé dans l'église de Saint-Aaron, où il opéra de grands miracles. Ménobert aurait laissé à Saintes un bras et le chef. Cette dernière relique fut transférée à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angely. Elle figure sur l'inventaire de celles qu'on y conservait au moment des guerres de religion. Le bras, qui serait resté à Saintes, s'il faut en croire une ancienne chronique, aurait été mis en sûreté au château de Merpins à l'approche des Normands. On aurait également soustrait à la rapacité de ces barbares le trésor de l'église Saint-Macout, en l'enfonçant sous l'autel.

Lors de l'invasion des mêmes Normands, les précieux ossements de notre Saint ont été transportés d'Aleth au monastère de Gembloux, et Sigebert, qui en était moine, écrivit en cette occasion la vie du Saint. De là on les transféra à Paris, où le roi Lothaire les fit mettre dans l'église Saint-Michel du Palais, qui était sa chapelle. Les religieux de Saint-Magloire les ont ensuite possédées, soit dans leur petite église devant le palais, soit dans leur abbaye de la rue Saint-Denis, soit dans celle qui leur fut donnée au faubourg Saint-Jacques.

Le chef, conservé à Saint-Jean-d'Angely, fut détruit en 1562 par les Calvinistes. Vingt ans plus tard, les reliques honorées à Paris tombèrent aux mains d'une troupe de soldats. N'y trouvant rien qui satisfait leur cupidité, ceux-ci les laissèrent dans l'abbaye de Saint-Victor, où elles furent placées dans une châsse en cuivre. Le corps était presque entier, à l'exception cependant du chef et d'un bras qui avaient été rendus à la cathédrale de Saint-Malo, de quelques ossements donnés à l'église de Saint-Maclou de Pontoise, et d'une côte qu'obtint la ville de Bar-sur-Aube, où une collégiale fut établie en l'honneur du saint évêque. En 1706, la paroisse de Saint-Maclou de Moisselles, près de Versailles, fut enrichie d'un os de l'épaule de son saint patron, qu'elle conserve encore. C'est peut-être la seule relique du Saint aujourd'hui subsistante. Celles qui étaient à Saint-Victor ont été détruites ou dispersées lors de la suppression de l'abbaye, en 1794. La persécution a été si horrible dans la ville de Saint-Malo pendant la révolution, que cette église a perdu la relique qu'elle possédait.

Le culte de saint Macout est très-ancien et presque universel en Bretagne et dans les provinces voisines. En Saintonge, il avait à Saintes, dans le faubourg de son nom, l'église fondée par saint Léonce, et près de Nancras, celle de Lugon. Ces deux églises ont été primitivement desservies par des moines. Saint Macout est encore patron des paroisses de Thézac, de Colombiers et d'Ars, près Cognac.

En Poitou, sur les bords du Claix, à la Folie-Saint-Gelais, autrefois Granges-Saint-Gelais, existait une chapelle dédiée à saint Entrope et à saint Macout. Une inscription en vers hexamètres nous apprend que le jour de l'Assomption 1485, Charles de Saint-Gelais, évêque de Margi, aujourd'hui Passarowitz, et abbé de Montierneuf, a consacré et dédié l'autel de cette chapelle à ces deux Saints. Depuis la destruction de ce sanctuaire, la pierre qui porte l'inscription a été insérée dans le mur du bassin d'une fontaine dite de Saint-Macout, à laquelle on vient de fort loin en pèlerinage pour y plonger les enfants mocouins. On appelle ainsi ceux dont les membres sont noués.

Notre saint évêque n'est pas inconnu en Italie, où on l'appelle saint Mauto. Il y a à Rome, près

LE BIENHEUREUX ALBERT LE GRAND, ÉVÊQUE DE RATISBONNE. 419

de la basilique de Saint-Pierre, une petite église qui lui est dédiée, et un obélisque de cette ville a porté le nom de Saint-Macut, qui est le même que celui de Malo.

Cette biographie, beaucoup plus exacte que celle du Père Giry, est de M. l'abbé Grasilier, de Saintes. Cet écrivain s'est inspiré, pour son travail, de la savante dissertation sur saint Malo, due à la plume de M. Brillouin, et adressée en 1842, à M. l'abbé Dunnea, curé de Saint-Vivien de Saintes.

Événements marquants

  • Naissance le jour de Pâques 497
  • Éducation au monastère de Lan-Carvan par saint Brendan
  • Émigration en Armorique vers 536 pour fuir les Anglo-Saxons
  • Élection comme évêque d'Aleth en 575
  • Voyage à Luxeuil pour rencontrer saint Colomban
  • Exil en Saintonge après des persécutions en Bretagne
  • Séjour auprès de saint Léonce à Saintes
  • Retour triomphal à Aleth pour faire cesser les fléaux
  • Mort à l'âge de 133 ans à Lugon

Miracles

  • Préservation de la noyade enfant sur un tertre devenu île
  • Guérison de la cécité du roi Hoël III avec de l'huile et de l'eau bénite
  • Domestication d'un loup pour remplacer un âne dévoré
  • Résurrection d'un jeune garçon noyé dans un puits à Broue
  • Célébration de la messe de Pâques sur le dos d'une baleine

Citations

In omnium ore virtutum ejus fama versabatur.

— Office de saint Malo, à Rennes

Date de fête

15 novembre

Époque

6ᵉ siècle

Décès

15 novembre 630 (naturelle)

Invoqué(e) pour

hydropisie, enfants mocouins (membres noués)

Autres formes du nom

  • Macout (fr)
  • Maclovius (la)
  • Machutus (la)
  • Mac-Low (ga)
  • Mauto (it)
  • Macut (it)

Prénoms dérivés

Malo, Maclou

Famille

  • Gwent (père)
  • Darval (mère)