Sainte Gemme
Vierge et Martyre
Résumé
Vierge d'origine portugaise et fille du préfet de Galice, sainte Gemme fut martyrisée en 109 pour avoir refusé d'épouser le seigneur Régulus. Après avoir survécu aux flammes, elle fut décapitée. Son culte, très répandu en Aquitaine et dans de nombreuses provinces françaises, est marqué par la translation de ses reliques par ses sœurs Quiterie et Libérate.
Biographie
SAINTE GEMME, VIERGE ET MARTYRE À SAINTES (109).
Cette Sainte, si célèbre dans l'Aquitaine et dans plusieurs provinces des Gaules, était d'origine portugaise ; elle vivait dans le Ier siècle de l'Église, et était, dit sa légende, d'une beauté remarquable ; de bonne heure, elle s'était consacrée à Jésus-Christ. Son père Catilius, personnage de haute distinction, était préfet de Galice et de Lunitanie. Il mit tout en œuvre pour la marier avec un jeune seigneur du pays, nommé Régulus ; n'ayant pu y parvenir, il ordonna de renfermer la jeune fille dans un noir cachot où on lui fit endurer de tels tourments qu'elle faillit en perdre la vie. Bientôt on la jeta dans les flammes qui respectèrent son corps virginal ; enfin elle eut la tête tranchée, et consomma ainsi son glorieux sacrifice le 15 du mois d'août de l'année 109.
Dès la plus haute antiquité, les provinces de la Saintonge et de l'Aunis vouèrent un culte de vénération à cette jeune Martyre dont la légende et les reliques furent, dit-on, apportées en Aquitaine par ses deux sœurs sainte Quiterie et sainte Libérate, qui fuyaient la persécution cruelle de leur propre famille.
Par une charte de 1063, le duc d'Aquitaine, Guy-Geoffroi, concéda à l'abbaye de la Chaise-Dieu d'Auvergne le territoire de Sainte-Gemme, en Saintonge, et ses dépendances, pour y établir une abbaye de Bénédictins. À cette époque, la petite chapelle, déjà dédiée à la Sainte, était notablement endommagée. Voici les termes de ce cartulaire :
« Le duc Guy, par un sentiment de tendre piété envers la bienheureuse vierge, a fondé le prieuré conventuel de Sainte-Gemme de Saintonge, et lui a assuré de belles aumônes. En 1105, le duc Guilhem, allant en Palestine, donna à cette abbaye la dîme de la forêt de Bacône ; Édouard II, par une charte subséquente de 1322, fit à cette maison religieuse de nouvelles concessions en fond de terre ».
Au jour anniversaire du 22 mai, on couronnait et dotait avec solennité et de temps immémorial, une rosière à Sainte-Gemme.
Les moines d'Auvergne, qui, sous la conduite de l'abbé de la Chaise-Dieu, vinrent se prendre habiter le monastère de Sainte-Gemme, y apportèrent le culte de saint Didier, évêque de Vienne, qui était mort martyr à quelques lieues de leur pays, sur les bords de la Chalaronne, victime des ordres
SAINT LATUIN, PREMIER ÉVÊQUE DE SÉEZ. 177
barbares de Brunichant. La nouvelle chapelle érigée alors, fut donc mise sous l'invocation de saint Didier, souvenir précieux de la patrie pour les moines exilés.
La fête de sainte Gemme se célébrait, d'après le martyrologe gallican, le 16 du mois d'août, le 15 d'après le martyrologe du Père Arthur du Moustier et, en Saintonge, le 20 juin, époque de la translation, du pays d'Auvergne en celui de Saintonge, des reliques de la jeune Martyre.
L'église de Brizambourg est sous le vocable de la Sainte, qui a également donné son nom à une commune du département de la Gironde, près de Monségur. Deux paroisses de la Vendée se trouvent aussi sous l'invocation de la même Sainte ; une autre dans les Deux-Sèvres ; deux dans le Gers ; une autre dans le département de Lot-et-Garonne, dans le Tarn, le Cher, le Loir-et-Cher, le Maine-et-Loire, la Marne, la Mayenne ; cette multiplicité d'autels prouve la singulière dévotion de nos aïeux envers la jeune Martyre du Portugal.
Rahiquet, *Biographie Saintongeaise*.
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## SAINT LATUIN, PREMIER ÉVÊQUE DE SÉEZ (110).
Suivant la tradition, Latuin fut ordonné évêque par le pape saint Clément, et envoyé en Gaule avec Taurin d'Évreux, Nicaise de Rouen, Denis de Paris et d'autres illustres hérauts de l'Évangile ; il vint à Séez, et y jeta les premiers fondements de la foi. C'est lui, en effet, qui, le premier, ouvrit les yeux des Sagiens, des Oximiens et des peuples voisins à la lumière admirable de la religion du Christ. En lui, la majesté du visage se joignait à toutes les vertus de l'âme et donnait de l'attrait à sa prédication, que Dieu autorisait encore par de nombreux miracles. La tradition rapporte que, comme la sainte Écriture le dit de l'apôtre Pierre, son ombre seule guérissait les malades et les infirmes. Il fut en butte à la calomnie ainsi qu'à des pièges de toutes sortes, de la part des adorateurs des idoles et surtout d'une femme puissante, que l'on dit avoir été la femme du gouverneur. Il fut quelquefois traîné ignominieusement par les rues de la ville. À cause de ces mauvais traitements et de ceux plus graves encore qu'il prévoyait, il se retira pour un temps non loin de la ville, en un lieu nommé Chersi, pour laisser passer l'orage.
La fureur des persécuteurs eut à découvrir le lieu de sa retraite. Comme il avait coutume d'annoncer l'Évangile à tous ceux qui venaient à lui, parmi la foule de ceux qui venaient pour l'entendre, ses ennemis envoyèrent des sicaires qui devaient le frapper. Mais la parole du saint Apôtre toucha tout à coup ces hommes, qui tombèrent à ses pieds, avouèrent leur coupable projet et implorèrent leur pardon. Il leur donna même le Baptême quelque temps après, lorsqu'il les eut instruits. Il rentra dans la ville de Séez lorsque les calomnies élevées contre lui furent détruites et que la paix lui fut rendue. Il se vit encore une autre fois obligé d'en sortir ; il désirait le martyre ardemment, et s'écriait souvent : « Ô bon Jésus ! qui me donnera de mourir pour vous ? » Mais il sentait que son œuvre avait encore besoin de lui, et c'est pourquoi il fuyait devant la persécution.
Le saint évêque, en consacrant son église et sa cathédrale sous le titre de Notre-Dame, ne se contenta pas de prêcher lui-même l'amour de Marie ; il ordonna plusieurs prêtres qui, animés de son esprit, allèrent dans toute la contrée faire connaître et aimer Jésus-Christ et Marie, et apprendre aux peuples que le culte de l'un est inséparable du culte de l'autre.
Il mourut épuisé de fatigues et de vieillesse, vers l'an 110, le 20 juin.
Sous le règne de Charles le Chauve, lorsque les bandes du nord se précipitèrent comme un torrent sur la Neustrie, les reliques de saint Latuin furent transportées à la forteresse d'Anet, dans le diocèse de Chartres, où le souvenir de cet événement se célèbre le 31 août de chaque année. Plus tard, au XIIe siècle, les habitants de ce lieu cédèrent à Yves de Bellême le quatrième doigt de la main droite du pontife, doigt mystique où chaque évêque a coutume de porter l'anneau de son alliance avec l'Église dont il est le pasteur. Cette précieuse relique ne put trouver grâce devant les fureurs sacrilèges des Calvinistes aux dernières années du XVIe siècle.
Depuis l'époque de l'invasion des Barbares du nord, le diocèse de Séez était privé des vénérables dépouilles de son premier évêque ; mais, grâce à la bienveillance de Mgr Regnauld, évêque
20 JUIN.
de Chartres, un os de la jambe (le tibia) de saint Latuin fut cédé, en 1856, à Mgr Rousselet, évêque de Séez, qui en fit la translation solennelle dans sa cathédrale, le 22 juin 1858, en présence de Mgr Pie, évêque de Poitiers, qui prononça l'éloge du Saint.
La mémoire de cet Apôtre est honorée dans le diocèse de Séez à la date du 20 juin, et quelques auteurs ecclésiastiques pensent que saint Latuin n'est point différent de saint Lain dont le diocèse de Chartres célèbre la fête le 19 janvier.
Propre de Séez. — Voir, pour plus de détails, les *Vies des Saints du diocèse de Séez*, par M. l'abbé Billot.
Événements marquants
- Consécration précoce à Jésus-Christ
- Refus de mariage avec le seigneur Régulus
- Emprisonnement et tortures dans un cachot
- Épreuve des flammes
- Décapitation
Miracles
- Incombustibilité du corps dans les flammes