Saint Léonce de Saintes

Évêque de Saintes

Fête : 19 mars 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Saintes à partir de 596, saint Léonce fut reconnu pour sa piété et sa science. Il accueillit saint Macoux en exil, participa au concile de Reims en 625 et mourut en 640, laissant le souvenir d'un pontife charitable dont les reliques reposent près de saint Eutrope.

Biographie

SAINT LÉONCE, ÉVÊQUE DE SAINTES (640).

Saint Léonce, né vers le milieu du VIe siècle, commença à gouverner l'église de Saintes vers l'an 596. On lui accorda un fonds inépuisable de science et de piété. Il succéda à saint Pallais.

Un des actes les plus saillants de cet épiscopat fut la réception généreuse et empressée faite par saint Léonce à saint Macoux ou Molo, évêque d'Aleth, en Bretagne, qui, fuyant les rives inhospitalières de l'Armorique, était venu se réfugier dans le territoire des Santons. Léonce lui offrit une maison rapprochée de la ville, avec des revenus suffisants pour la fondation d'une petite communauté.

On rapporte que, sous ce pontificat, l'île de Ré, couverte de bois, n'offrait d'asile qu'aux pêcheurs ou navigateurs battus par la tempête. Dès le VIe siècle, on voyait, au lieu dit encore aujourd'hui Sainte-Marie, une chapelle dédiée à la Vierge, qui était en grande vénération dans la Saintonge et l'Aunis. On y venait en pèlerinage de tous les points d'alentour. Vers le IXe siècle, ce pieux édifice, ainsi que la maladrerie qui en dépendait, furent renversés par les Normands.

C'est encore du temps de l'évêque Léonce que saint Amand choisit cette île pour s'y livrer à la contemplation des choses divines.

En 625, un concile se réunit à Reims. Plus de quarante évêques des Gaules s'y trouvèrent, et avec eux saint Léonce. Il termina sa sainte vie le 19 mars 640 : son corps fut inhumé à côté du tombeau de saint Eutrope, qui était dès lors placé dans la crypte, au lieu même où il se voit encore de nos jours. La fête du saint pontife Léonce se célèbre chaque année le 22 ou le 19 mars, ou bien le 22 novembre. Quant à ses reliques, on présume qu'elles reposent encore dans un pilier de la crypte, non loin de celles de saint Eutrope.

Biographie Saintengeoise, par P. D. Raingent, 1852.

SAINT LANDOALD, MISSIONNAIRE DES PAYS-BAS.

SAINT LANDOALD,

MISSIONNAIRE DES PAYS-BAS, COMPAGNON DE SAINT AMAND (666).

Saint Amand, s'étant démis de son évêché de Maëstricht entre les mains de saint Remacle, pour reprendre sa première vocation, qui était celle des missionnaires évangéliques parmi les peuples fidèles et infidèles de diverses provinces, en qualité d'évêque apostolique, alla à Rome faire approuver au pape saint Martin le dessein qu'il avait de travailler comme auparavant à la conversion des païens, sans s'attacher à aucun diocèse. Ce saint Pape ne se contenta pas de le recevoir favorablement et d'approuver sa conduite ; il choisit encore, comme il l'en avait prié, d'excellents ouvriers dans Rome, pour aller avec lui travailler à cette ample moisson de l'Évangile que le Seigneur se préparait dans le pays où il devait l'envoyer. Le principal des coopérateurs associés à saint Amand, fut saint Landoald, prêtre de l'église de Rome, originaire d'une famille des Lombards, considéré pour son éminente vertu. Il crut entendre la voix de Dieu qui l'appelait par l'organe du vicaire de Jésus-Christ ; et, tout brûlant de l'amour qu'il lui inspira pour le salut des peuples, il quitta sans délibération son pays et les habitudes qu'il y avait, pour se mettre en la compagnie de saint Amand avec le diacre saint Amance, et quelques autres personnes de piété que saint Martin y joignit : sainte Vinciane, sainte Adelirude, saint Julien et sept autres personnes, tant hommes que femmes. Ils partirent de Rome à la nouvelle que saint Amand reçut de l'ordination de saint Remacle, qui fut sacré évêque de Maëstricht en sa place.

Lorsqu'après avoir visité divers monastères de France, ils furent arrivés dans le pays situé entre la Meuse et l'Escaut, saint Remacle fit tant auprès de saint Amand, qu'il obtint que Landoald demeurerait près de lui pour le soulager dans le ministère épiscopal. Notre Saint eut un grand champ dans toute l'étendue du diocèse de Maëstricht, pour exercer sa patience et sa charité. Sa vigilance et son zèle furent infatigables dans tout ce qu'il eut à faire et à souffrir pour instruire les peuples grossiers de la campagne, et pour déraciner les vices qui régnaient dans le pays avec l'ignorance.

Un homme riche et noble, nommé Aper, lui ayant donné un fonds dans la terre de Wintershoven, sur la rivière de Herck, à l'occident de Maëstricht, il y bâtit une église qu'il fit dédier par saint Remacle, vers l'an 629, sans le nom de Saint-Pierre. Après la démission de saint Remacle, Landoald continua sous son successeur, saint Théodard, de travailler avec son activité ordinaire, à l'ouvrage auquel Dieu l'avait appelé.

Le roi Chidéric II, qui ne régnait encore alors que dans l'Austrasie, ayant établi le siège de son séjour à Maëstricht, ne fut pas longtemps sans reconnaître sa sainteté. Il n'en demeura pas aux termes de l'excès et de la vénération qu'il avait pour lui, mais il voulut encore pourvoir à sa subsistance et à celle de la petite communauté qu'il avait rassemblée à Wintershoven. Cette bonne volonté du prince obligea Landoald à envoyer de temps en temps un homme à Maëstricht pour aller quérir ses annuites. Celui qu'il employait pour cela était un de ses disciples, nommé Adrien, qui fut assassiné en chemin, près de Villiers, revenant de Maëstricht à Wintershoven, par des voleurs qui le croyaient chargé d'or et d'argent. L'Église l'honora depuis comme un martyr. Saint Landoald ne survécut pas beaucoup à cet accident, et l'on a lieu de croire qu'il mourut avant que saint Lambert eût succédé, dans l'évêché de Maëstricht, à saint Théodard, qui fut martyrisé l'an 668.

Il fut enterré dans son église de Wintershoven, où Dieu fit divers miracles par son intercession. Son corps demeura en terre jusqu'à ce que, en 735, il fut levé par saint Florebert, évêque de Liège, fils et successeur de saint Hubert, qui avait transporté le siège épiscopal de Maëstricht en cette ville, avec les reliques de l'évêque et martyr saint Lambert, son prédécesseur. On célébra depuis la mémoire de cette élévation au premier jour de décembre, auquel elle s'était faite. La crainte des Normands, qui vinrent près de deux cents ans après ravager ces provinces, fut cause que l'on remit en terre ce saint corps, qui, par ce moyen, fut dérobé à leur fureur. On le leva de nouveau avec ceux du diacre saint Amance, du martyr saint Adrien, et de quelques autres qui avaient été de la compagnie de saint Landoald. Cette nouvelle cérémonie se fit du temps de l'évêque de Liège, Euracle, prédécesseur de Netger, qui fit travailler à une nouvelle vie du Saint, après que celle qu'on avait faite autrefois eut péri dans les ravages des Normands. Les saintes reliques n'y demeurèrent pas longtemps depuis, car l'abbé et les moines de Saint-Savin de Gand, en Flandre, qui étaient seigneurs de la terre de Wintershoven, usèrent de leur droit, les firent transporter dans leur abbaye l'an 980, où elles furent reçues le 25 de mars avec beaucoup d'appareil. On en fit l'élévation ou la translation solennelle le 13 de juin, jour que l'on a érigé en fête, et qui est la principale de notre Saint et de ses compagnons, après celle de 15 de mars, qu'on croit être le jour de sa mort.

20 MARS.

Événements marquants

  • Naissance vers le milieu du VIe siècle
  • Début de l'épiscopat à Saintes vers 596
  • Réception de saint Macoux (Molo) fuyant l'Armorique
  • Participation au concile de Reims en 625
  • Mort et inhumation à côté de saint Eutrope en 640